Restless and Wild

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Nom du groupe Accept
Nom de l'album Restless and Wild
Type Album
Date de parution 04 Octobre 1982
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album609

Tracklist

1.
 Fast As a Shark
 03:49
2.
 Restless and Wild
 04:12
3.
 Ahead of the Pack
 03:24
4.
 Shake Your Heads
 04:17
5.
 Neon Nights
 06:01
6.
 Get Ready
 03:41
7.
 Demon's Night
 04:27
8.
 Flash Rockin' Man
 04:28
9.
 Don't Go Stealing My Soul Away
 03:15
10.
 Princess of the Dawn
 06:15

Durée totale : 43:49


Chronique @ PowerSlave7

14 Janvier 2012

En 1983, le groupe venait d'inscrire son album Restless and Wild au panthéon du heavy métal.

Accept, groupe créé sous le nom de nom de Band Xen 1968, commence réellement sa carrière en 1980 avec la sortie de son premier album, Lady You. très rapidement suivi de I'm a Rebel en 1981. Alors que le groupe est encore très influencé hard rock, l'année suivante verra débouler Breaker, avec une volonté de rendre leur musique plus tranchante. Mais c'est en 1983, année charnière de leur carrière, que le combo va réellement prendre son envol, en proposant un nouvel album, totalement forgé dans l'acier le plus dur : Restless and Wild,

Le 1er titre, Fast as a Shark, lance les hostilités. Une voix féminine, sur fond de musique folklorique se fait entendre ; qu'est-ce qu'il se passe ? Pas le temps de tergiverser, dans les secondes qui suivent le cri d'Udo se fait entendre, et lance la chanson à un rythme effréné. Souvent considérée comme l'une des premières musiques à utiliser la double grosse caisse, à tort, car Judas Priest en avait déjà tiré profit avec Exciter en 1978 et Motörhead sur Overkill en 1979, mais il est vrai, jamais à une telle vitesse. Pourquoi autant de fureur ? Le batteur Stefan Kaufmann désirait mettre sa force de frappe au service du groupe, pour créer un titre à la fureur inégalée. Suite au second refrain, un break arrive, nous permettant à peine de reprendre notre respiration, que les guitares repartent de plus belle, avec un magnifique solo, mélodique, en contraste total avec le reste. 3min49 plus tard, Fast as a Shark se termine. Un véritable ouragan de décibels vient d'emporter mes oreilles : le speed métal était né.

Vont alors s'enchaîner huit titres (je reviendrai au dernier plus tard) ayant chacun leur propre personnalité. Aucun temps mort durant la première partie de cet album. Restless and Wild, suivi de Ahead of the Pack et Shake Your Head donnent le ton, avec des riffs en acier trempé, bons à vous briser quelques cervicales, et une rythmique toujours là pour bétonner les compositions. Le cinquième titre, Neon Nights, vient amener un peu de douceur dans ce monde de brute. Pourtant, passé une mélodieuse introduction, le métal reprend ses droits, et les musiciens balancent un mid-tempo ravageur, avec une basse omniprésente et des guitares affûtées, notamment sur le magnifique solo du père Hoffmann, aux influences classiques évidentes. Quant à son final épique, que de frustration de voir le volume sonore petit à petit diminuer, alors que chaque organe du groupe repartait pour en découdre. Je vous conseille d'ailleurs d'en écouter la version qui figure sur le live Staying a Life, et qui fait justement honneur à ce final, en le prolongeant de quelques précieuses minutes. La première face se termine (je me base sur la version vinyle). Abasourdi par tant de métal à l'état pur, je m'empresse de passer à la face deux.

Plus hétérogène à mon goût (ce qui ne veut pas dire mauvais pour autant), les influences hard rock d'Accept sont encore présentes, à travers les deux titres que sont Get Ready et Don't Go Stealing My Soul Away. Le second est très jouissif, notamment grâce à son refrain entraînant et son riff principal. Il ne constitue pas, contrairement à ce que beaucoup disent, le point faible de ce disque. En même temps, y a-t-il vraiment un point faible sur cet album ? En total contraste sur cette face, figure l'ultra-sombre Demon's Night, au riff lourd et plombant, rappelant par moments un certain Black Sabbath. Pourtant, le titre s'écoute avec plaisir, et fait autant secoué la tête, notamment grâce à un jeu de batterie très plaisant, alternant le massacre en règle de la caisse claire, les roulements et la double pédale. En neuvième position, déboule Flash Rockin' Man. Pour la petite histoire, beaucoup prétendent qu'Iron Maiden aurait copié le riff d'intro de la chanson, pour son titre 2 Minuts to Midnight l'année suivante. Pourtant, on constate également une ressemblance avec le riff de Swords and Tequila de Riot, paru en 1981. Alors, qui imite qui ? En attendant, la chanson, continue sur la ligne de conduite de cet album, métalleuse à souhait, où Udo s'arrache les cordes vocales sur le pré-refrain.

Un petit point sur les musiciens, qui ont clairement voulu donner un coup de pied dans la fourmilière naissante du métal, dont les têtes de file n'étaient autres que Iron Maiden et Judas Priest (encore eux). Alors qu'Udo s'était permis quelques envolées criardes sur l'album précédent, il n'avait encore jamais atteint un tel niveau de hargne. Sa voix rauque, mais qui sait se faire plus mélodieuse, est à part dans notre paysage musical, et surtout en cette première partie des années 1980. La section rythmique, assurée par Peter Balls et Stefan Kaufmann est impériale, le premier assurant toujours les arrières, avec des lignes de basse à secouer la tête non stop, tandis que le second ne cesse de nous démontrer la haine qu'il porte envers son propre instrument, n'arrêtant jamais de massacrer sa batterie sous les coups répétés de ses baguettes, malgré quelques accalmies, simples mais efficaces (Neon Night et Princess of The Dawn). La guitare rythmique est correctement tenu par Hermann Franck Jr., mais c'est surtout le grand Wolf Hoffmann qui nous éclabousse de tout son talent et de toute sa grâce. Ses riffs sont forgés dans le métal le plus pur, et ses soli se révèlent de vrais bijoux mélodiques, comme sur Shake Your Head, où quelques notes suffisent à provoquer le frisson, mais surtout sur Neon Nights, où les émotions se mélangent, de la tristesse à la joie, via la grâce qu'il possède à tenir sa guitare.

Drôle de construction, que cette chronique. Pourquoi abordé le dernier morceau de l'album maintenant ? Tout simplement parce que cet ultime titre, est la symbiose parfaite des différents éléments cités précédemment. 6Min16 qui vont faire rentrer un groupe parmi les plus grands. Un seul titre qui pourrait résumer toute une carrière. Il s'agit évidemment du magistral Princess of the Dawn. Ce morceau, révélateur de l'état extatique dans lequel se trouvait le groupe, commence par un riff simple, mais ô combien efficace et entêtant. Udo démontre son talent à varier le ton de sa voix, et adopte un style plus sensuel, adapté à des paroles des plus explicites « You can feel the shadow of a princess, she waits for you inside » , avant de s'érailler sur chaque refrain. Après cette première partie, le chanson prend un virage à 90° et s'envole vers des contrées épique. L'intensité grimpe au fil des secondes, grâce à ces guitares et ces chœurs somptueux. Puis, arrive le solo de guitare qui va faire rentrer ce titre dans la légende. Dieu existe-t-il ? On peut légitimement se poser la question. Comment un simple mortel a pu composer un tel passage de guitare, à la fois gracieux et magnifique, mais aussi technique et virtuose ? Wolf Hoffmann est indéniablement touché par une force divine. Puis les guitares se montrent à nouveau agressives, avant de nous achever dans un dernier acte magistral, mélodieux et rempli de poésie. Cette Princesse restera à tout jamais gravée dans nos cœurs.

43Min52 et dix titres plus tard, Accept venait d'accomplir un travail titanesque, annonçant avec fracas l'arrivée d'un nouveau métal. Le groupe se hissait désormais aux niveau de ces modèles, en apportant ses propres ingrédients. En 1983, le groupe venait d'inscrire son album Restless and Wild au panthéon du heavy métal.
Qu'en reste-t-il aujourd'hui, presque 30 ans plus tard ? Une production qui n'a quasiment pas vieilli, et un plaisir d'écoute toujours présent, aussi bien pour l'ancienne que pour la nouvelle génération.

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swit35 - 15 Janvier 2012: Belle chronique - chapeau pour cette analyse. C'est un des albums cultes des années 80 - à ranger avec les Blackout, The Number of the Beast, Screaming for Vengence...
PowerSlave7 - 15 Janvier 2012: Déjà merci beaucoup pour vos réactions qui me permettent d'avoir différents avis pour ma première chronique.



@Samolice : En effet j'ai oublié d'évoquer la polémique autour de Heidi, Haido, Haida. Oui la chanson a été utilisée par la Wehrmacht durant la guerre dans les pays occupés. Mais pour sa défense, le groupe a bien précisé que cette chanson provenait du folklore allemand, et Udo a justement précisé que sa mère la lui chantait étant plus jeune. C'est pour ça que je me suis permis de parler de folklore.



@Yann.77 : Oui le premier album est bien de 1979, et se nomme Accept mais je l'ai souvent vu être nommé "Lady You", sur wikipédia et des sites d'achat, bien que ce soit l'une des chanson de l'album.



Ensuite je tiens à m'excuser des erreurs sur les dates (un comble pour un étudiant en histoire ^^).

Sur mon vinyle figure la date de 1983, alors que l'album date bien de 1982 (sûrement une réédition). Après il vous suffit juste de regarder sur le site pour corriger ces erreurs de dates.
steelhardos - 16 Janvier 2012: Grand album que celui ci et quel final !!! J'adore le riff du morceau Restless and Wild, du tonnerre !
DMGDevil - 24 Janvier 2018:

Fast as a Shark, sans doute le titre le plus speed que j'avais jamais entendu à l'époque… avant que Kill'em All ne vienne tout révolutionner quelques mois plus tard! Mon album préféré d'Accept (même si je ne connais pas leur période post-80s, mais d'après ce que j'en ai entendu, tout avait été dit dès 1985).

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Commentaire @ laillyboy

05 Mai 2007
Après 3 albums à chercher son style, Accept sort "Restless and Wild" et définit ainsi sa marque de fabrique au sein de l'oppulente scène HARD du début des 80's.
"Fast as a Shark" donne le ton, avec une intro provoq' et déferlement de riffs sur un rythme effreiné. La suite est, certes, moins speed, mais les guitares acérées, la voix du sieur UDO railleuse à souhait : à déguster sans modération.
Rien n'est à jeter, même si "Neon Nights" fait un peu baisser la température.
Le brulôt se termine sur un excellent Princess of the dawn, en mid-tempo, soli de guitares à l'envolée, et puis un je ne sais quoi qui nous fait taper du pied et se secouer la crinière !!
Bref, sur la disco d'Accept, c'est un pièce incontournable.

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mrbungle - 18 Octobre 2009: Un des meilleurs albums d'Accept...
OVERKILL77 - 04 Novembre 2011: Rhaaaa... p'têtre pas quand même !!! (;-)
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Commentaire @ RiouxisPainkiller(RI

29 Octobre 2008
Cet été j'ai suivi des cours de guitare et mon prof, qui est un fan de métal, m'a fait écouter cet album (il le possède en vynile !!!). Je vais citer ce qu'il m'a dit en mettant le vynile sur le lecteur : Ça, si tu trouves ça, tu t'pose pas d'questions. Tu l'ramasses !
Finalement, après avoir fait plusieurs boutiques de cd, je l'ai trouvé et je l'ai acheté.
... Toute cette histoire pour vous dire que c'est un EXCELLENT album. Il est bon du début à la fin.
Fast as a Shark : si vous n'avez jamais entendu cette chanson, vous ratez quelque chose ! C'est une des premières chansons de speed metal (avec Exciter de Judas Priest) avec double grosse caisse.
Toutes les autres chansons sont très bonnes et ont des solos du tonnerre (entre autre celui de Fast as a Shark, celui de Shake your heads, celui de Neon Nights et celui de Don't go stealing my soul away).
Alors si vous le trouvez... Ne vous posez pas de questions, achetez-le !

8 Commentaires

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zvlorg - 30 Avril 2010: Surtout sur Parasite, mais un peu partout en fait, sauf qu'en général la double caisse n'a pas de rôle rythmique et ne s'entend que sur les transitions, à part sur Parasite justement où ça cogne plus dur dessus (toute proportion gardée), d'ailleurs wikipedia et d'autres articles citent ce titre comme l'un des plus vieux précurseurs du speed/thrash, avec Symptom Of The Universe de Black Sabbath et Stone Cold Crazy de Queen (eh oui), les 3 datant de 1974-1975
ZazPanzer - 30 Avril 2010: Très intéressant, je vais réécouter tout ça ! Merci !
MattMaiden - 07 Septembre 2010: je crois aussi que sur l'album "In Rocks" de Deep Purple (1970), Ian Paice utilise 2 grosses caisses sur "Black Night". Sinon Restless and Wild est pour moi l'album de la maturité d'Accept : un style bien ancré, une vois qui a trouvé son fameux timbre rocailleux, des riffs efficaces... Mon préféré de leur discographie ! De plus, je suis complétement fou de la fabuleuse chanson Princess of the Dawn. J'ai du l'écouter 1684165 fois !!
Ad_Waste - 18 Avril 2011: MattMaiden, tu l'as dis, Princess of the Dawn est une musique de toute beauté, qui me fais partir loin, très très loin...
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