Breaker

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Nom du groupe Accept
Nom de l'album Breaker
Type Album
Date de parution 16 Mars 1981
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album387

Tracklist

1.
 Starlight
 03:52
2.
 Breaker
 03:35
3.
 Run If You Can
 04:48
4.
 Can't Stand the Night
 05:23
5.
 Son of a Bitch
 03:53
6.
 Burning
 05:13
7.
 Feelings
 04:48
8.
 Midnight Highway
 03:58
9.
 Breaking Up Again
 04:37
10.
 Down and Out
 03:44

Durée totale : 43:51


Chronique @ PowerSlave7

08 Juin 2012

Malgré l'opposition des poids lourds anglais, Accept a su en 1981 donner une nouvelle vision au genr

1981 : La New Wave of British Heavy Metal (NWOBHM) est en pleine explosion. Iron Maiden sort son excellent Killers, Def Leppard High 'n' Dry et Saxon Denim and Leather qui prend un chemin déjà plus heavy. Quant à Judas Priest, déjà vieux briscard, il montre un signe de faiblesse en enregistrant le très moyen Point of Entry, surtout vu comme une trahison par les fans.
Pendant ce temps là en Allemagne, un petit groupe encore très Hard Rock, répondant au nom d'Accept, vient de sortir deux albums en l'espace de deux ans, qui ne furent pas spécialement remarqués. Mais en cette année 1981, ils vont poser les bases d'un nouveau Heavy Metal, jusque là très peu exploité, grâce à leur troisième album Breaker.

On constate d'entrée de jeu que ce nouvel album est un virage pris à 90 degrés par le groupe. Leur musique se durcit, mais plus important, se marie à une patte mélodique encore rarement utilisée dans le genre. Les deux premiers titres en sont le parfait exemple, posant les premières pierres du Heavy/Speed mélodique, rien que ça. Starlight avec ses riffs très incisifs montre qu'Accept est rentré dans un nouvel univers plus métallique, et plus violent. La voix d'Udo, ce nain brailleur, se montre violente à souhait, en total symbiose avec l'agressivité des guitares. Pourtant, au lieu de se contenter de cet aspect «rentre-dedans», le groupe innove également, sûrement grâce aux influences classiques de son guitariste leader, par des breaks et soli mélodiques. Ce premier titre, interroge, fascine, et surtout intrigue afin de connaître la suite de l'album. Un premier titre intelligemment utilisé, aussitôt culte et encore aujourd'hui joué en concert. Mais de ces deux titres, c'est surtout le second qui se hisse au rang de classique du Heavy. Le magnifique Breaker, qui se lance sur un riff acéré avant de laisser filer la double pédale à toute vitesse, ce qui est encore rare à l'époque. Une chanson magique, ensorcelante, combinant comme jamais violence et mélodie. Le refrain parachève cette impression de puissance, et chaque instrument culmine dans un final apocalyptique, entre guitares mélodieuses, basse au groove imparable et batterie impériale. Deux titres cultes, mais un seul classique.

Après ces deux tueries, pierres angulaires d'un nouveau métal, on se dit que tout l'album ne pourra être de cette trempe. Et bien on avait raison. Le reste n'est clairement pas mauvais, et même très bon par moment, mais sans jamais atteindre la grâce de ces deux titres. Cependant quelques pépites se baladent par-ci par-là. On a le droit à des titres sympathiques comme Run If You Can ou Down and Out. Mention spéciale au second souvent critiqué, qui est à mes yeux un vrai défouloir durant lequel on gueule le refrain avec plaisir. Puis rien que pour ce final où la batterie monte progressivement en intensité, il mérite sa place sur cet album. Il y a également le très Ac/Dcien Midnight Highway, un titre efficace aux premières écoutes, mais qui peut vite devenir lassant. L'atout majeur de ces titres est qu'ils bénéficient toujours d'une structure très carrée, typiquement allemande. La section rythmique bétonne comme il faut, et le batteur varie pas mal son jeu, permettant une écoute agréable car la diversité est tout de même bien là. De plus, les soli, plus ou moins plaisants sont toujours de la partie. Dans la section de ces titres, je place un cran au dessus l'envoûtant Feelings, un mid-tempo où la basse est vraiment mise en avant et vous écrase de tout son poids. Le refrain se fait très mélodique, avant l'arrivée d'un solo fougueux rappelant par instant le K.K Downing de Judas. Puis un break aux guitares mélodieuses et enivrantes pointe le bout de son nez, avant de repartir sur un dernier refrain dont l'énergie nous emporte une dernière fois. Pas le titre de la décennie, bien que très bon, mais un coup de cœur personnel.

Sur cet album se greffe également deux balades. La magnifique Can't Stand the Night, qui est à mes yeux l'une des plus belles balades tous groupes confondus, et la moins magnifique Breaking Up Again. La première est un vrai condensé d'émotions et chaque instrument nous le fait ressentir. De la basse discrète mais efficace, jusqu'à la batterie écrasante en passant par les guitares aiguisées à souhait, chacun participe à la construction de ce sentiment de mal-être. Les soli sont magistraux, et nous font ressentir tout la tristesse que contient cette chanson. Mais tout ça ne serait rien sans la performance vocale du chanteur Udo, qui mélange tendresse et éclat de rage, amenant l'intensité à son maximum sur les pré-refrains avant d'exploser sur un refrain où la noirceur n'a jamais été aussi magnifiée et aussi belle. Chaque membre s'est surpassé sur l'exercice de la balade pour donner un chef d'oeuvre au désespoir presque palpable.
Après une telle claque, la seconde est clairement insignifiante à côté. Une partie instrumentale très cliché, et un chant très mielleux font que cette chanson est vite zappée lors de l'écoute de l'album. Une seule balade, surtout vu son niveau, aurait suffit. En mettre une seconde est peut être l'erreur majeure de ce disque.

Bien que les deux premiers titres ont tendance à monopoliser l'attention, deux autres pépites sorties d'un autre monde composent l'album. Tout d'abord L'OVNI Son of a Bitch. Rien que le titre interpelle. Mais cette chanson est surtout un gros foutoir ultra jouissif. Udo se plaît à insulter son auditeur, pendant que Wolf Hoffmann le guitariste principal et le batteur Stefan Kaufmann sont en total roue libre, balançant des soli pour l'un, et de fulgurantes accélérations à la double pédale ainsi que de nombreux roulements pour l'autre. La basse, l'un des atouts principaux du groupe, est encore une fois impériale, permettant aux autres instruments de compter sur une assise solide pour partir dans leur délire. Vient ensuite l'ultra-énergique Burning, qui nous transcende dès la première écoute. Les influences Hard Rock sont encore présentes chez Accept (et le sauront encore légèrement sur l'album suivant), mais ici pour le meilleur. On a le droit à un titre très efficace, au riff entêtant qui dynamise vos enceintes et à un refrain fédérateur.

Cet album est sûrement l'un des plus originaux d'Accept, car il brasse plusieurs genres, tout en innovant, voire en en inventant de nouveaux. C'est un album très hétérogène, ce qui en fait sa force, mais également sa faiblesse par moments à cause de chansons trop légères, voire trop faciles. On note cependant la présence d'un classique, et de plusieurs pépites. Accept est clairement en train de façonner son propre Heavy Metal, en ajoutant les ingrédients de vitesse et de mélodicité. La production n'a pas spécialement vieilli (c'est le cas pour chaque album du groupe quasiment), et permet de profiter de chaque instrument. La basse et la batterie sont bien mises en avant, ce qui personnellement est un plus, et permet de ne pas passer dix minutes à chercher la basse dans une chanson, tout en ayant un chant très audible et des guitares parfaitement mixées à tout moment. Les paroles sont encore assez superficiels (histoire d'amour, amour du rock …) , mis à part Breaker qui se montre plutôt original. On est encore loin des textes plus engagés comme Balls to the Wall ou Love Child.

Malgré l'opposition des poids lourds anglais, Accept a su en 1981 donner une nouvelle vision au genre. L'album est comme un nouveau départ pour le groupe, qui saura affiner cette fibre Heavy sur les albums suivants. Malheureusement Breaker à tendance à être oublié dans la discographie du groupe à cause de ses quelques faiblesses. Il reste cependant un classique dont certains titres ont permis à ce style de musique d'avoir ses propres codes et d'être devenu ce qu'il est aujourd'hui.

Ma note : 16/20

14 Commentaires

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largod - 12 Juin 2012: Pour en revenir à ce LP d'Accept, d'accord avec Marko pour dire que ce fut un sacré détonateur à la suite d'une carrière phénoménale
higgins - 20 Juin 2012: Très bonne chro, thanx!
samolice - 30 Novembre 2012: Bon tout le monde s'en fout mais je sais enfin à qui est destiné le titre "Son of a bitch". C'est raconté par les membres du groupe dans un numéro de Rock Hard (numéro 30) qui consacre une story à Accept. C'est adressé à certains membres de leur ancienne maison de disque auxquels le groupe repprochait leur manque d'investissement (que du classique quoi!).
VENOM59 - 03 Décembre 2017:

Je me demande bien qui est cette femme sur la pochette.

Excellent album.

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