Death Row

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15/20
Nom du groupe Accept
Nom de l'album Death Row
Type Album
Date de parution 04 Octobre 1994
Labels BMG Records
RCA
Enregistré à Roxx Studios
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album238

Tracklist

1.
 Death Row
 05:17
2.
 Sodom and Gomorra
 06:28
3.
 The Beast Inside
 05:57
4.
 Dead on
 04:52
5.
 Guns 'r' Us
 04:41
6.
 Like a Loaded Gun
 04:19
7.
 What Else
 04:39
8.
 Stone Evil
 05:23
9.
 Bad Habits Die Hard
 04:41
10.
 Prejudice
 04:14
11.
 Bad Religion
 04:26
12.
 Generation Clash II
 05:05
13.
 Writing on the Wall
 04:25
14.
 Drifting Apart
 03:03
15.
 Pomp and Circumstance
 03:44

Durée totale : 01:11:14


Chronique @ frankhammer

12 Octobre 2011

Death Row ou l'album mal aimé des fans.

Sortie un an après un Objection Overruled bien corsé, Accept nous sort du plus lourd encore. Plus lourd dans le son, dans les riffs, et puis dans la voix de son front(dwarf) man qui aura rarement été aussi rocailleux dans son timbre de chant.

Le style général, quant à lui, marquera une sacré évolution : du heavy plombé bien mélodieux qu'on avait connu jusqu'ici, on retiendra surtout le "plomb". Car il faut le savoir, cet album, c'est du lourd - limite thrash - et ce, dès le premier titre (éponyme) de la galette : Death Row. Mid-Tempo bien agressif, avec un break au solo avant de remonter en force sur une rythmique marteau. J'adhère. Oui j'adhère, et complètement (pourtant fan moi aussi des Restless & Wild et autre Balls to the Wall d'anthologie).

Certes, si vous êtes un inconditionnel des albums qui ont fait la gloire du groupe, il est compréhensible qu'on vous entende crier au scandale ; le sens mélodique d'un Russian Roulette ou d'un Metal Heart est ici aux abonnés absents. Encore que la ballade Writting on the Wall est vraiment bien foutue, Bad Religion envoie le rock à la sauce Accept, et que le très ACDCien Bad Habits Die Hard devrait faire taper du pied aux ...Die-Hard du groupe.

Pour le reste, il est vrai que si l'on adule des anciens titres comme Midnight Mover ou Hard to Find a Way, on peut être déboussolé par l'agressivité de certaines compositions. Prenez le très speed Sodom & Gomorra, le bien lourd Dead On!, ou l'archi agressif Like A Loaded Gun, vous avez le pack qui enfoncera le clou de l'aspect bourrin de Death Row. Mais Accept, dans cette nouvelle mouture, maîtrise son sujet : les riffs puissants font mouche à la première écoute et les refrains se retiennent immédiatement.

De plus, quand on dit "bourrin" pour parler de Death Row, c'est relatif : faut pas s'attendre à du Hatebreed non plus. La patte mélodieuse de Wolf Hoffmann, par exemple, reste très reconnaissable (sur les solos plus particulièrement), et on retrouve une partie de la finesse Acceptienne dans les ambiances très soignées d'un Stone Evil (mélodie et rythmique y sont très réussies), d'un The Beast Within, ou même d'un What Else (la voix d'Udo y a quelque chose d'hypnotisant).

Les deux seules fautes de frappe étant à mon avis Guns 'R' Us (un peu trop forcé à mon goût) et Prejudice (trop quelconque). Ces derniers n'ont ni le groove des titres plus lourds/mid-tempo, ni l'agressivité des moments les plus speed. Dommage. Generation Clash II fait un petit saut dans le temps assez sympathique et nous montre ce qu'aurait pu être Eat the Heat (où le chant était assuré par David Reece) si Udo y avait participé. Quant aux deux dernières pistes instrumentales, si elle ne sont pas indispensables, elles restes très appréciables et nous démontre tous le talent et le feeling d'un guitariste d'exception.

Je tiens tout de même à souligner que si l'on apprécie Death Row, ce ne sera pas pour les mêmes raisons qui nous font aduler Metal Heart. Évidemment non. Ou disons plutôt : pas à 100% pour les mêmes raisons. Si on écarte les solos, la moitié des chansons de Death Row s'accentuent davantage sur les rythmiques lourdes et puissante, et relèguent quelque peu les mélodies en arrière plan... Alors qu'ils faisaient exactement l'inverse sur les précédents albums. Tout dépend du "formatage" de votre oreille, mais si le style ne déplait pas, on peut dire que la mixture est réussie.

Vous l'aurez compris, en 1994, Accept s'est inspiré de l'air du temps (thrash, grunge, tout ce qui finit en "core" - on pensera à Pantera par exemple) et a tenté sa chance. Pour moi, le pari est réussi, quand bien même cela a fait éloigner le groupe de son style d'antan (et qu'on est quand même assez loin du niveau de Balls to the Wall). Death Row n'est qu'une évolution plus agressive et plus Thrash d'un Objection Overruled, et la marque d'un groupe qui veut explorer d'autres horizons sans dégueuler sur ses racines. Accept n'y a pas perdu sa personnalité : elle a juste changé, évolué - comme change et évolue les personnes au fil de la vie sans pour autant cesser d'être ce qu'elles sont.

A ce propos, on remarquera sur Predator (l'album suivant) que le groupe reviendra à des titres plus mélodieux, plus proche de son style originel, sans pour autant cesser son exploration dans le plus "in-your-face" et le plus sombre (Diggin in the Dirt, Predator, Crucified, etc.). Et au passage, étant également grand fan d'UDO (d'Animal House à Rev-Raptor, en passant par Holy), j'aurais aimé que monsieur Dirkschneider prenne ce même genre de risque dans sa carrière solo. Ses albums en auraient été sans doute bonifiés.

16 Commentaires

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Elevator - 09 Juin 2013: Bien parlé Overkill !!!
OVERKILL77 - 10 Juin 2013: Je sais que tu l'aimes également beaucoup ce Death Row. Nous en avons déjà parlé je crois.

De mon côté, il est prêt pour demain soir. Reprise du taf après 15 jours de bullage intensif... snif!!!
 
phantasmagoria - 27 Août 2014: oui bon album.Ce qui peut surprendre à première écoute c'est le nombre assez limité de solos, c'était dans l'air du temps à l'époque. Sinon pour UDO sur mastercutor et dominator il prend une orientation plus thrashy au niveau des riffs.
PhuckingPhiphi - 22 Octobre 2014: Hoooouuu, que voilà un album injustement décrié dans la discographie d'Accept !

Certes, "Death Row" comporte exclusivement des mid-tempos et vous n'y trouverez pas de brûlots speed comme "Fast as a Shark" ou "T.V. Wars". Mais si vous aimez les titres à la "Balls to the Wall" (comme tout bon fan d'Accept qui se respecte ;), vous ne pourrez qu'être conquis par ce disque : Accept fait du Accept, les riffs sont classiques (mais diablement entraînants, vos cervicales vont souffrir sur "Dead On !", "Stone Evil", "Prejudice" et j'en passe), les solos sont un peu plus rares que sur les albums précédents (mais contrebalancés par deux beaux instrumentaux en fin de galette, "Pomp and Circumstance" étant une reprise du compositeur Edward Elgar) et Udo, fidèle à son registre, braille avec un entrain qui fait plaisir à entendre. De plus, la ballade "Writing on the Wall" est une franche réussite, ce qui ne gâche rien et apporte un petit courant d'air rafraîchissant dans une œuvre par ailleurs particulièrement heavy et sans concession.

Finalement, le seul tort de "Death Row", hormis son grand classicisme (mais est-ce vraiment un défaut ?) est d'être sorti à une époque où le Grunge et la Fusion régnaient en maîtres absolus, et où tous les groupes de la décennie précédente étaient passés du jour au lendemain pour de vieux ringards colporteurs d'un style agonisant. Si ce disque sortait aujourd'hui, il serait acclamé comme un chef d'œuvre du Heavy Metal old school, hélas en cet an de grâce 1994, tel ne fut pas sa destinée. Il serait pourtant dommage de passer à côté de cette contribution fort réussie au Métal teuton, dont "Death Row", plus de vingt ans après sa sortie, constitue un fleuron des plus honorables.

Un bon 16/20 pour ma part.
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Chronique @ dark_omens

17 Juin 2013

Death Row est un album bien trop moderne pour ceux qui goutèrent avec délice au Heavy Metal d'antan d'Accept...

Indiscutablement, il manqua une certaine audace pour faire de l'album qui scella le retour des allemands d'Accept (Objection Overruled (1993)) une véritable réussite. Bien trop ancré dans les automatismes systématiques d'un autrefois définitivement disparu, ce disque se contentait, en effet, d'être le fruit d'une expression essentiellement conforme aux gammes que le groupe avait lui même crées. En d'autres termes, Accept se complaisait à y faire du Accept sans presque aucune témérité.

Animé par la volonté farouche de ne pas se laisser conditionné par ce conservatisme, les saxons décidèrent donc de délaisser les habitudes archaïques de cet autrefois poussiéreux et de construire un nouvel opus résolument enraciner dans l'actualité artistique de l'époque dans laquelle il sortit. Ce nouvel effort pris le nom de Death Row.

Impossible de ne pas parler tout de suite de la teneur plus moderne de cette nouvelle orientation musicale qui dès les premières notes de cet album nous propose une lourdeur, notamment dans les rythmes et dans la construction de ces riffs de guitares pesants, ainsi qu'une répétitivité très représentative du Groove Metal et de l'Alternatif de cette époque là. Le dessein est judicieusement audacieux, cependant il n'est pas certain qu'il soit de nature à contenter un auditoire nostalgique du passé révolus de ces allemands, ni même à satisfaire les adeptes de ces mouvances là d'ailleurs. Udo Dirkschneider et ses complices se trouvent donc dans une situation éminemment inconfortable hésitant ainsi entre passéisme et modernité.

Ne pas se laisser emprisonner par son histoire mais vivre avec elle, et continuer à nourrir ses inspirations de l'ère du temps, était sans aucun doute la meilleure solution. Néanmoins encore eut-il fallut que l'équilibre entre ces deux aspirations soit réussis. Car, en effet, à trop vouloir s'inscrire dans la nouveauté on finit par dénaturer l'esprit originel de son art. Tant et si bien que si Accept fit du Accept trop traditionnelle avec Objection Overruled, avec ce Death Row il donne dans une expression artistique qui lui ressemble trop peu. De telle sorte que les titres denses et pesants de cette album, outres leurs évidentes qualités, du moins pour certains d'entre eux, laisseront les partisans de ces saxons assez décontenancés (Death Row, Sodom and Gomorra dans lequel Wolf renoue avec la tradition de s'inspirer de la musique classique puisqu'il ponctue une de ces interventions en jouant un court extrait de "La Danse du Sabre" d'Aram Khatchatourian, le très intéressant The Beast Inside, Dead On, Like a Loaded Gun, What Else, Prejudice...)

Bien évidemment, on retrouvera ça et là, l'âme profonde de ce groupe (Guns 'r' us, Stone Evil, Bad Habits Die Hard, Bad Religion, Generation Clash II) à peine altérée par des guitares alourdies.

Writing on the Wall est la ballade de l'album. Bien plus réussi qu'Amamos la Vida (Objection Overruled (1993)), elle nous offre un instant de quiétude assez appréciable.

L'album se clôt sur deux instrumentaux (Drifting Appart et Pomp and Circumstance reprenant le célèbre thème classique du même nom de Sir Edward Elgar) qui, quant à eux, sont proprement déconcertant. Loin de toutes velléités Neo Groove Alternatif Metal contemporain, ils s'inscrivent dans la plus pure habitude Hard Rock d'Accept, se démarquant ainsi terriblement du reste de l'œuvre. Un décalage assez incompréhensible.

Décidément Death Row est un album bien trop moderne pour ceux qui, comme votre modeste serviteur, goutèrent avec délice au Heavy Metal d'antan d'Accept. Et Objection Overruled, quant à lui, fut un album bien trop désuet. L'album parfait pour ces teutons devrait donc se trouver au milieu de ces deux là. A la fois actuel et à la fois suranné. Ce que ce Death Row n'est assurément pas.

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dark_omens - 24 Juin 2013: Je ne niais pas avoir écrit ce que j'avais écrit, je cherchais juste à savoir en quoi utiliser le terme «saxons» en parlant d'un groupe allemand vous semble aussi imbécile. Les saxons sont un peuple germanique (donc allemand) d'antan. Pour éviter quelques répétitions, j'ai pris la liberté d'user de cette expression. Y a-t-il vraiment là matière à polémiquer? Je ne pense pas...
drrock - 24 Juin 2013: J'ignorai que les Saxons (et là je pense immédiatement et instantanément au groupe à Biff Bifford) étaient un peuple allemand.

Pour moi les Saxons sont de Grand Bretagne uniquement, tandis que les Germains ou les teutons sont eux allemands.

Merci d'éclairer ma lanterne dark_omen, et accessoirement celle d'autres intéressés, parce que là pour le coup, le doute soudain m'habite.

@+
dark_omens - 24 Juin 2013: Je ne prétends pas avoir un savoir incommensurable concernant l'histoire alémanique. Cependant, il me semble que les Saxons ont bien été un peuple germanique qui a envahit durablement une partie de la Grande-Bretagne vers le cinquième siècle après Jésus Christ (devenant ainsi les Anglo-saxons).

Les quelques recherches que j'ai faites en ce sens confirment plutôt mes convictions mais peut-être avez-vous d'autres sources à me fournir. Des sources qui étayeraient plutôt les vôtres. Auquel cas je serais ravis de les lires et de corriger mes erreurs si tant est que j'en ai commise.
drrock - 25 Juin 2013: J'appel Biff et vous tiens au courant...

A bientôt.
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Commentaire @ lartistafred

27 Décembre 2009
Death Row est l'album avec lequel j'ai découvert Accept, ce groupe de métal allemand fondé en 1971 par Udo DIRKSCHNEIDER (chant), et Michael WAGENER (guitare). Ils furent plus tard rejoint par Wolf Hoffman à la lead guitar.
Je me souviens avoir emprunté cet album à la médiathèque de ma petite ville de province, là bas dans l'Ain (3 000 habitants et 90 vaches), et d'avoir eu le coup de cœur pour cette œuvre.
C'était en 1996, sachant que l'album est sorti en 1994, en pleine vague grunge qui a (presque) failli enterrer pour un temps les métalleux des 80's et 70's...mais on ne peut tuer le métal !
Après près de 25 ans de carrière (le groupe fut formé en 1971), Accept sortait là son 10ème album Studio.

Dès le premier morceau, "Death Row", on est frappé par la production qui est tout simplement ÉNORME.
La guitare de Wolf HOFFMAN, gorgée de Whah Whah, attaque le premier riff de l'album, suivie de peu par une section rythmique compacte et un cri de la voix si caractéristique d'UDO (quelque chose comme "Hummmmmmm" !): le moins qu'on puisse dire, c'est que l'entrée en matière est sonoriquement couillue !
Le refrain est émaillé de choeurs qui donnent plus d'emphase à ce superbe morceau bien heavy...vient ensuite le plus speed "Sodom & Gomorrha", très enjoué, et durant lequel Wolf HOFFMAN nous gratifie d'un superbe solo de guitare qui digresse sur le thème de la "danse du sabre" du compositeur arménien KHATCHATOURIAN.
HOFFMAN est d'ailleurs coutumier du fait, ayant fait référence à "la lettre à Elise" de BEETHOVEN (entre autres) sur les précédents albums, et à d'autres thèmes classiques (comme dans "Pomp and circumstance" à la fin de l'album, d'ailleurs si quelqu'un peut nommer le thème classique en question, qu'il m'écrive sur la messagerie du site).

On continue dans le heavy avec "The beast inside" et "dead on", et on donne un coup d'accélérateur avec le sarcastique "guns 'r us"
Le reste de l'album est tout aussi plaisant, même lors de la superbe ballade écolo "Writting on the wall".
Chaque couplet, chaque refrain donne envie de trinquer à la Kro avec Udo DIRKSCHNEIDER, l'enthousiasme étant, commme d'habitude chez Accept, très communicatif.
L'album se termine avec deux magnifiques instrumentaux lors desquels Wolf HOFFMAN exprime une grande sensibilité.....un bluesman du métal en quelque sorte !

Bref : une production qui arrache, des musiciens inspirés, des riffs attachants, un chanteur qui ne faiblit jamais, voilà qui fait de "Death Row" un grand album de métal (curieusement boudé lors de sa sortie).
Un 18/20 très mérité pour cet album !

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OVERKILL77 - 14 Avril 2012: A l'occasion de la sortie de Stalingrad, j'ai décidé hier de me prendre quelques CD d'Accept pour la nuit. Dont Death Row et Objection... Sans aucun doute Death Row est bien meilleur... Pour s'en rendre vite compte, il n'y à qu'à monter les Watts sur Somdom & Gomorra ou encore Guns'R'Us, Stone Evil, mais surtout Prejudice, la plus féroce et où la voix de Udo n'a jamais semblé si haineuse...

Un bulldozer cet album !

 
lartistafred - 05 Mai 2012: Oui, le son est d'acier !
rhinobucket75 - 27 Juillet 2013: C'est pas le meilleur du groupe (il est très bon, je ne dis pas le contraire) mais en tout cas il est mieux que Predator.
Après toute les chansons ne sont pas indispensables (notamment les deux instrumentales Drifting Apart et Pomp and Circmstance) mais j'adore Prejudice, Bad Religion et Like a Loaded Gun
PhuckingPhiphi - 22 Octobre 2014: Un très bon album, simplement sorti à une époque où le Métal traditionnel était en perte de vitesse et où il était de bon ton d'écouter du Nirvana et autres Rage Against The Machine. Sorti 10 ans plus tôt, ça serait devenu un classique, sorti 10 ans plus tard, on aurait acclamé une résurrection, sorti en 1994, c'était juste plus à la mode… Mauvais timing, tout simplement, pour une très bonne galette de Métal teuton. 16/20.
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