Eat the Heat

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14/20
Nom du groupe Accept
Nom de l'album Eat the Heat
Type Album
Date de parution 11 Mai 1989
Labels Epic Records
RCA
Enregistré à Dierks Studios
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album340

Tracklist

1.
 X-T-C
 04:25
2.
 Generation Clash
 06:22
3.
 Chain Reaction
 04:38
4.
 Love Sensation
 04:42
5.
 Turn the Wheel
 05:24
6.
 Hellhammer
 05:30
7.
 Prisoner
 04:50
8.
 I Can't Believe in You
 04:48
9.
 Mistreated
 08:53
10.
 Stand 4 What U R
 04:05
11.
 Break the Ice
 04:12
12.
 D-Train
 04:25

Durée totale : 01:02:14


Chronique @ dark_omens

14 Juin 2013

Eat the Heat est un très bon album de David Reece...Et un très moyen d'Accept...

L'exercice consistant à rédiger un texte dont le but est de décrire une œuvre, doit nécessairement s'assujettir du minimum d'objectivité minimal pour prétendre à un quelconque intérêt. Mais parfois les chroniqueurs que nous sommes faillissent dans cette noble tâche. En effet, nous ne parvenons pas toujours à prendre suffisamment de hauteur par rapport à nos ressentis et nous alourdissons alors chaque mot que nous écrivons d'un peu trop de nous-mêmes. Et les textes ainsi composés en deviennent forcément moins attrayants pour ceux qui ne trouvent pas d'écho dans ce fanatisme incontrôlé qui nous guide. Parfois l'impartialité glisse donc sur nous et nous nous mettons à aimer des albums en dépits de tous leurs défauts. Souvent, aussi nous aimons, pour de très mauvaises raisons. Mais nous aimons. Car nous sommes humains.

Eat the Heat est un album dont les imperfections sont connues. Elles ont longuement été discutées en d'interminables débats dans lesquels chacun s'est exprimé sur cette orientation musicale que les Allemands d'Accept ont tenté d'y défendre. Chacun a pu aussi déverser son flot d'amertume sur ces douze titres, Hard Rock aux effluves Heavy et aux arômes mélodiques très prononcés, formatés pour le marché américain dont les goûts pour des sonorités moins âpres et moins crues, sont notoires. Chacun a pu également s'indigner de la présence de David Reece dont les capacités vocales, en adéquation avec cette nouvelle volonté musicale, ne sont, bien évidemment, pas celle de l'excellent Udo Dirkschneider partis poursuivre sa route seul, échaudés par cette nouvelle musicalité trop mélodieuse dont il n'était, à priori, pas vraiment partisan.

Une fois la liste, non exhaustive, de ces tares, faite, convenons que cette œuvre aura d'abord pâti de la réputation d'un Accept connu, surtout, pour être l'un des pères fondateurs de la scène Heavy Metal allemande. Et qu'assurément Eat the Heat n'est pas un album défendant cette tradition saxonne de ce Heavy Metal là.

Tentons maintenant, exercice difficile s'il en est, de faire abstraction du passé de ces chevaliers teutoniques. Et plus dure encore, tentons d'oublier complètement Accept. Considérons donc dès à présent cet album comme celui d'un groupe lambda. Que reste-t-il alors? Dans l'absolu, un excellent disque de Heavy mélodique, aux relents Hard Rock, dans lequel le groupe fait preuve d'une inspiration assez convaincante.

De plus, concernant les performances honteuses de David Reece, le sont-elles réellement? Pas nécessairement si l'on poursuit dans cette optique d'oubli de qui est responsable (coupable, diront certains) de ce manifeste. De plus que peut-on vraiment lui reprocher concernant une nouvelle orientation musicale choisie par le groupe lui-même ? Et, une fois encore, les détracteurs de cette œuvre seraient-ils aussi virulents avec celle-ci si elle n'avait pas été celle de Wolf Hoffman et de ses complices ? Pas sûr.

L'hérésie est proche. Le moment où la partialité de votre humble serviteur osera enfin franchir le mur immense de cet opprobre érigé devant ce honteux Eat the Heat est là. Les limites seront irréparablement franchises lorsque les mots seront écrits. Lorsque j'aurais noirci cette page d'un "j'aime beaucoup ce Eat the Heat".

Oui, j'aime cet Eat the Heat. Oui, les constructions à la fois mélodiques et à la fois âpres, car même si nous sommes ici loin tout de même de la brutalité des grandes heures d'Accept les riffs restent suffisamment incisifs, de certains de ces superbes titres me ravis (XTC, Generation Clash, Chain Reaction, Love Sensation, le remarquable Hellhammer au break magnifique, Break the Ice ou encore, par exemple, D-Train).

Et en admettant, effectivement, que des morceaux tels que I Can't Believe in You, Mistreated ou encore Stand 4 What U R, soient trop harmonieux; ils ne le seront que si l'on envisage ces chansons comme des titres d'Accept. Dès lors que l'on s'affranchira de ce joug mental, le plaisir sera présent.

La conclusion de cette démonstration partisane s'impose donc d'elle-même. Eat the Heat est un très bon album, mais trop peu conforme à la personnalité attendue par les adeptes de ces saxons pour réellement les séduire. Et l'on sait que la colère née d'une frustration est tenace.

La suite de l'histoire de ces saxons, certes, plus conformiste mais nettement plus médiocre à l'aune d'opus aussi indigents qu'Objection Overruled, Death Row ou encore, par exemple, Predator; pourrait même, ô cruelle hérésie, nous pousser à penser que cet Eat the Heat, après tout, n'était pas si mal, même pour du Accept. Mais n'allons pas trop loin.

Au final l'album nécessitera donc un effort considérable pour être apprécié à sa juste mesure puisqu'il faudra le voir comme une œuvre détachée de toute parenté et de toute histoire. Or les défenseurs du traditionalisme à l'allemande ne sont pas nécessairement réputés pour être d'un grand progressisme.

2 Commentaires

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AlonewithL - 14 Juin 2013: Il en était question de celui-là, il n'y a pas très longtemps. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est un album qui divise. Moi même je suis assez décontenancé par cet album. J'ai bien retenu X-T-C et D-Train. Je dois dire que la dernière fois que j'y ai prêté l'oreille ça remonte à ... ouhla! Début des années 2000, approximativement.
samolice - 15 Juin 2013: Merci pour la chronique, excellente, même si je ne partage pas forcément ton opinion (cf. les commentaires sous la chro de axikoma du même album).
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Commentaire @ axikoma

05 Janvier 2010
Souvent décrié cet album n'est pas si "mauvais" que ça.. Bien au contraire.
Mais il ne faut pas l'écouter comme un disque d'Accept. Plutôt comme un mélange de Hard US et de métal européen avec un chant à la David Lee Roth. Tout d'abord la prod' : énorme!! Avoir un son aussi massif en 1989 place le groupe dans la modernité. Les compos sont abouties et travaillées : XTC, D-Train, Generation Clash...

En fait ce qui fait que les fans ont tourné le dos au groupe, c'est que ce n'est plus du Accept. UDO est parti fonder son propre groupe qui marche plutôt bien avec un gratteux au moins aussi bon que Wolf Hoffmann en la personne de Mathias Dieth. De plus "Mean machine" sort la même année et se rapproche plus du Accept d'antan.

Néanmoins quand on voit le clip de "Generation Clash", on voit que le groupe, à force de trop vouloir conquérir le marché américain, a perdu ce qui faisait l'essence même du groupe, sculpté dans le moule Germanique. Les coupes de cheveux ressemblent à celles de Ratt et le chanteur tente de mimer Diamond Dave.
Peter Baltes a d'ailleurs joué avec Dokken lorsque le groupe s'est dissout quelques années plus tard.

16 Commentaires

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samolice - 24 Juin 2013: Aor et hard fm sont proches, ok, mais hard Us, pour moi, c'est davantage le premier Skid Row, Xyz, rough Cutt, etc. Enfin bon, je dis ça, du moment que je suis relaxé :-)
drrock - 24 Juin 2013: Bah oui mais avec toutes ces étiquettes, ça devient un vrai casse-tête pour s'y retrouver. Tiens je viens d'en trouver une nouvelle pour les 3 groupes sus mentionnés: Hard FM Velu.

Ouaip ! Au point ou on en est...
OVERKILL77 - 15 Mars 2015: "Ca me fait penser à un autre groupe allemand qui lorgnait vers l'amérique à la même époque, non pas Scorpions, mais Bonfire"

Sam le devin !!! Figure-toi que je viens de poster une news comme quoi David Reece a remplacé Claus Lessmann au sein de Bonfire depuis Janvier.
Alors là, je dis Môssieur !

MCGRE - 16 Fevrier 2018:

Generation Clasch j'adore cet album moi , ce n'est pas du Accept c'est vrai , mais du trés bon Hard Us , bref moi je kiffe bien .

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