Predator

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Nom du groupe Accept
Nom de l'album Predator
Type Album
Date de parution 15 Janvier 1996
Produit par Michael Wagener
Enregistré à 16th Ave. Sound Studios
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album218

Tracklist

1.
 Hard Attack
 04:46
2.
 Crossroads
 05:13
3.
 Making Me Scream
 04:14
4.
 Diggin' in the Dirt
 04:01
5.
 Lay It Down
 05:02
6.
 It Ain't Over Yet
 04:17
7.
 Predator
 03:37
8.
 Crucified
 03:01
9.
 Take Out the Crime
 03:12
10.
 Don't Give a Damn
 02:58
11.
 Run Through the Night
 03:19
12.
 Primitive
 04:38

Durée totale : 48:18


Chronique @ frankhammer

13 Octobre 2011

Accept montre les crocs et revient à des sonorités plus rock

Dernier album avec Udo Dirkschneider, Predator est la conclusion des albums de la reformation de 1993 - laquelle avait vu la naissance du très bon Objection Overruled. Ensuite, Accept avait pris la courageuse décision (mais foireuse selon d'autres) de tenter d'explorer d'autres horizons musicaux, ce que tout le monde a pu constater avec Death Row. Si quelques canards de la presse Metal se sont montrés élogieux à son sujet (on pensera à Hard Force et Dinosaur Rock), une partie des fans n'ont pas montré le même enthousiasme : où était passé le grand Accept de Metal Heart et Balls to the Wall?

Question qui en pose indirectement une autre : un groupe qui a atteint les hauts sommets doit-il se cantonner par la suite à faire des copier/coller de ses plus grandes œuvres, risquant l'auto-parodie? Ça a marché pas trop mal avec certains groupes, mais ça a fini par être franchement gonflant pour d'autres (je vous laisse mettre vos propres groupes dans ces deux catégories, personnellement j'ai mon idée bien précise). C'est toujours une question sensible et épineuse pour le groupe qui a connu un grand règne.

Ça l'a été pour Accept.

Je l'ai déjà dis dans ma chronique de Death Row, la nouvelle mouture m'avait plu. Le sujet était maîtrisé, et le groupe avait su rester lui-même en exprimant autre chose. Certes, on n'était loin du niveau des albums majeurs (pour faire vite : de Breaker à Russian Roulette), mais est-ce si condamnable de ne pas rester éternellement au top?

Il n'en reste pas moins qu'il est difficile de chroniquer un disque comme celui-ci, même après 15 ans de recul : loin d'être linéaire, les expérimentations de ces messieurs Hoffmann et Baltes font lorgner Predator dans pas mal de directions à la fois. Et dans ce carrefour, difficile de dénicher un fil conducteur pour vous donner une description générale. Le son varie dans des sphères multiples passant du Rock au Heavy lourd en revenant à du plus traditionnel. On notera que Accept renoue ici avec une vieille tradition datant de Breaker : sur certaines chansons, c'est Peter Baltes qui prend le micro (trois au total sur cet album-ci).

Pour débuter, on fera un saut dans le temps avec l'excellent premier titre : Hard Attack. Ici, on revient à du plus mélodique - avec quelques influences AC/DC sur les bords- pour un titre Heavy Rock à souhait vraiment entraînant. S'ensuit Crossroads, une chanson chantée en duo avec Peter Baltes (le bassiste). Toujours très mélodique, le titre reste dans la veine d'un Hard Attack bien rythmé, mais enchaîne très naturellement (et avec brio) sur un très bon refrain au tempo ralenti.

Making me Scream marque le premier changement de cap : si quelques belles envolées de guitare hispano-oriental accompagne la chanson de temps à autre, le ton général se montre déjà plus dur, l'ambiance plus sombre et oppressante. On alterne entre des passages mid-tempo et des passages atmosphériques qui se font mutuellement relief. La sauce prend bien, et on sent ici la volonté d'expérimenter du nouveau. Mais là où Predator va nous rappeler les aventures "Power / Core" du skeud précédent, c'est en enchaînant brutalement avec le très dur Diggin' in the Dirt : gros riff heavy lourd tendance thrash, un chant éraillé et saccadé sur les couplets avant une montée en puissance pour le refrain. A ce stade de l'album, on a déjà un aperçu de ce que la suite nous réserve.

A l'instar de Hard Attack et Crossroads, Don't Give a Damn et Run Through the Night renouerons avec le bon Heavy Metal classique d'Accept, plus traditionnel et mélodique - alors que Crucified et Take out the Crime sonneront bien plus comme les titres les plus bruts de Death Row.

Mais cet opus intègre également un autre aspect, c'est celui entrevu dans Making me Scream ; des titres très atmosphériques. Comme le morceau éponyme Predator et son ambiance lourde où on se sent parfois prédateur et parfois traqué. On aime ou on n'aime pas, et venant d'Accept ça déroute c'est sûr ... mais prenez le temps de bien vous plonger dans l'ambiance, et vous verrez à quel point le titre est réussi. Avec sa voix rugueuse, Udo s'y montre très convaincant!

Quant aux trois chansons chantées par le bassiste, là encore, c'est loin d'être monolithique. Les deux titres qui précèdent Predator sonnent très rock. Peter Baltes s'y défend plutôt bien, tantôt sur le rythmé Lay it Down, tantôt sur le calme et ...atmosphérique It Ain't Over Yet (la transition sur Predator est d'ailleurs foutrement bien balancée). Maintenant si on parle de Primitive (par ailleurs le dernier titre de l'album), c'est heu... original. Avec sa rythmique limite disco, le chant bizarre de Peter et la guitare qui sonne par intermittence, on est ici assez loin de tout ce à quoi on avait entendu d'Accept. Personnellement ça m'a amusé ; j'ai trouvé ça marrant même s'il n'y a vraiment pas de quoi crier au génie - reste qu'à mon avis, y'en a pas beaucoup qui vont apprécier.

On a appris par la suite que Udo avait refusé de chanter sur ces trois titres composés par Baltes et Hoffmann. Ces derniers ont décidé de les enregistrer malgré tout - à l'insu de Herr Dirkschneider. Des faits qui créeront des tensions... qui elles-même amèneront les signes d'un malheureux futur split.

Pour finir, par son côté plus mélodique, Predator se rapproche plus que Death Row de ce que fut Accept sur Objection Overruled. Les nouvelles expérimentations y sont intéressantes et on y retrouve un feeling plus old-school. Si Death Row me plaisait par son aspect brut, massif, technique et entraînant (sans cesser d'être soigné dans ses côtés "dark"), Predator joue une carte un tantinet plus "Rock" et se mélange à des ambiances et sonorités très atmosphériques. Un 13/20 me paraît mérité : je le répète, on n'est pas au niveau des grandes œuvres passées, mais le talent est là et le tout est bien construit.

10 Commentaires

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samolice - 09 Juin 2013: Merci pour cette excellente chronique qui m'a donné très envie d'entendre le seul disque du groupe que je ne connais pas afin de me faire mon petit avis.
OVERKILL77 - 09 Juin 2013: Il est vrai que cet album est quelque peu déroutant à la 1ere écoute. Mais à la longue, on se laisse prendre au jeu.
On jurerait qu' AC/DC s'est collé au Heavy-Metal sur "Heart Attack". Un peu comme sur le "Bad Habits" de Death Row

"Don't Give a Damn", "Crossroads" et surtout "Diggin'in the Dirt" envoient carrément le pâté. Par contre "Primitive" et "Lay It Down" là désolé, c'est au dessus de mes forces !

Un album pas mal dans l'ensemble, même si j'aurais vraiment aimé qu'Accept continue dans la lignée d'un "Death Row" vraiment monstrueux... m'enfin

Ta note de 12/20 est mérité

Merci Frankhammer pour la kro.
frankhammer - 19 Juin 2013: Merci à toi pour ton commentaire!
 
phantasmagoria - 26 Août 2014: Merci pour ta chro, je réécoute cet opus qui n'est pas si mal que cela en fait.Dans les années 90 les groupes prenaient des risques au moins pour le meilleur et le pire.Contrairement à aujourd'hui où on essaye surtout de rassurer ses fans en la jouant vintage 80's.
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Chronique @ dark_omens

17 Juin 2013

Egaré dans une démarche pas franchement claire...

Le cas des allemands Accept demeure, sous certains points, assez incompréhensible. Référent incontournable jusqu'à la fin des années 80, le groupe disparait presque totalement dans la décennie suivante. Bien évidemment certains des aspects de cette mystérieuse absence artistique peuvent trouver une part d'explication dans les bouleversements d'une décade fatigué par un classicisme dont les saxons, de par leur cultures rigoristes, n'ont jamais véritablement su se défaire. Il y eut aussi deux albums qui alimentèrent indiscutablement une incessante controverse. D'abord Russian Roulette qui fut l'album le plus mélodique jamais produit jusqu'alors pas ces germains. Loin d'être anodin et raté, bien au contraire, l'album suscita pourtant des rancœurs exprimées par la colère d'adeptes iconoclastes sourds aux volontés de changements. Ces ressentiments finirent par atteindre le groupe et par provoquer la scission de celui-ci. Puis il y eut ensuite Eat the Heat qui, quant à lui, fut la source de tensions et de débats plus nombreux encore. Premier, et seul, album dans lequel officia le chateur américains David Reece en lieu et place du charismatique Udo Dirkschneider. Il est clair que la voix à la musicalité plus douce de l'américains ainsi que les morceaux moins âpre de ce manifeste ne firent pas l'unanimité. Pourtant quoiqu'en pensent les puristes, éternel gardien du temple et de ces traditions, ce Eat the Heat demeure un très bon album. Simplement il est bien trop éloigné du Heavy Metal et bien plus encore d'Accept. Nul doute que si d'autre avait sortis ce manifeste de Hard Rock mélodique estampillé à l'entête d'un autre patronyme, son destin eut put être différent. Finalement, à bien y regarder de plus prêt, le cas de ces germains n'est pas si énigmatique qu'il y paraissait d'emblée. La séparation du groupe était donc inéluctable.

Dans cette décennie de silence relatif, ponctuée par nombres de compilations et de Live divers, il y eut pourtant cette reformation tant attendue. Il y eut aussi quelques albums moyennement convaincant tels que Objection Overruled (1993) ou encore Death Row (1994). Mais il y eut surtout ce Predator sortis en 1996.

Poursuivant sur la voie tracée, en partie, par Death Row, le groupe, sur cet album, nous propose une vision plus moderne de sa musique. Toutefois il le fais maladroitement. Ou plutôt de manière tronquée. Puisqu'alourdissant sensiblement ses riff, donnant l'opportunité à Peter Baltes de donner de sa voix rauque et offrant à sa musique quelques saccades, il s'approche des rives propres au Power Metal dissonant à l'américaine, aussi appelé Groove Metal. Une face plus lourde que le groupe a décidé, dans une sorte de démarche hybride, de conjuguer à l'aspect plus mélodique d'un Heavy qu'il maitrise davantage. Inutile de dissimuler plus longtemps qu'outre ces passages exclusivement modernes peu passionnant, dans lesquels le groupe s'égare, le résultat de ces autres moments où il combine ces deux aspirations, Power et Heavy mélodique, est désespérément sans saveur (Making me Scream, Diggin' In The Dirt, Lay it Down, Predator ou encore, par exemple, le pénible Primitive). L'ensemble de ces titres, fruit d'un hideux métissage, manque donc cruellement d'intérêt.

Et exception faites de ces morceaux désagréables, lorsque les allemands Accepte enfin de revenir sur les terres plus classiques de ce Heavy mâtiné de ce bon vieux Hard Rock, il en résulte un Hard Attack au climat mélodique coincé entre Eat the Heat et Russian Roulette, desservis par ces riffs teintés de Rock délicieusement suave. Sur le même schéma l'excellent Crossroad et son refrain très réussis mais aussi Take Out the Crime, Don't Give a Damn ou encore Run Through the Night parviennent à éveiller en nous l'once d'une bienveillance à l'encontre d'un Accept à la dérive.

Egaré dans une démarche pas franchement claire dans laquelle, d'un côté il mêle son Heavy traditionnelle à un Groove Metal à l'américaine pour un résultat poussif, et de l'autre il se contente de parfaitement réciter ces gammes les plus classiquement classiques, Accept nous propose un Predator totalement insignifiant que seul quelques trop rares moment viennent sauver d'un désastre complet.

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AlonewithL - 17 Juin 2013: Autant j'ai trouvé le son soudain beaucoup plus viril, autant le disque est sans la moindre saveur. J'y ai absolument rien retenu. D'ailleurs ça m'a fait penser au Jugulator de Priest, qui a partagé la même déconvenue.
dark_omens - 17 Juin 2013: L'analogie avec le Jugulator est assez pertinente. Deux albums qui m'ont profondément déçu...
ZazPanzer - 19 Juin 2013: Tu décris exactement ce que j'avais ressenti à l'époque. J'ai promis de redonner une chance à ce Predator ainsi qu'au Death Row qui ne font plus partie de ma discothèque, je les rachèterai un jour pour voir s'ils passent mieux maintenant.
Je te trouve par contre très dur avec Objection Overruled qui est selon moi un excellent cru des teutons.
Quant à Jugulator, il m'avait brisé le cœur...
Elevator - 19 Juin 2013: Moi, j'avais trouvé à l'époque l'album peu marquant même si plutôt agréable, mais il n'est pas vraiment "Acceptien". Je l'avais écouté quelques fois à l'époque de sa sortie puis il a disparu ensuite dans un tiroir, ceci jusqu'à une écoute récente qui a révélé à mes oreilles un côté assez mou que j'avais un peu oublié ...

Contrairement à Zaz, je suis d'accord pour ce qui est de la réserve à propos du poussif "Objection Overruled", mais pas pour "Death Row", album méchant que j'adore.

Merci en tous cas pour la chronique !
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