Dusk... and Her Embrace

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Nom du groupe Cradle Of Filth
Nom de l'album Dusk... and Her Embrace
Type Album
Date de parution 19 Novembre 1996
Style MusicalBlack Gothique
Membres possèdant cet album1102

Tracklist

Re-Issue in 2008 by Music For Nations with 1 bonustrack (Limited Digibook) & 2 bonustracks (Limited Coffin Shaped).
1. Humana Inspired to Nightmare 01:23
2. Heaven Torn Asunder 07:06
3. Funeral in Carpathia 08:24
4. A Gothic Romance (Red Roses for the Devil's Whore) 08:35
5. Malice Through the Looking Glass 05:30
6. Dusk and Her Embrace 06:09
7. The Graveyard by Moonlight 02:28
8. Beauty Slept in Sodom 06:32
9. Haunted Shores (ft. Cronos of Venom) 07:04
Bonustrack (Japanese release)
10. Hell Awaits (Slayer Cover) 05:41
11. Carmilla's Mask (Instrumental) 02:54
12. Nocturnal Supremacy '96 05:59
Total playing time 53:13

Chronique @ BEERGRINDER

25 Août 2009

Sophisticated Vempiric Black Arts

Enfin débarrassés de leur encombrant contrat avec Cacophonous Records grâce à un Vempire… composé dans l’urgence (et pourtant extraordinaire), les membres de Cradle Of Filth s’attellent immédiatement à la réalisation d’un troisième album pour leur nouveau label Music For Nations. Le disque précédent ayant eu un impact retentissant sur la scène, les anglais n’ont pas droit à l’erreur et sont attendus au tournant par une nouvelle génération de jeunes fans en cette période de vulgarisation du Black Metal. D’ailleurs en star du showbizz qui se respecte, Cradle a invité un guest à venir pousser la chansonnette sur Haunted Shores, et quel guest puisqu’il s’agit ni plus ni moins de Cronos (Venom).

Avant de se pencher sur la musique, on observe que la bande à Dani évolue toujours dans un univers visuel Erotico-vampirique très soigné qui contribuera à prendre dans ses filets de jeunes ados découvrant le mot Metal en ouvrant de grands yeux ébahis… Car Cradle Of Filth sait soigner son image et l’artwork est parfait, mélangeant allègrement ambiances de cimetières et romantisme noir.
Heureusement les sujets de sa majesté ne misent pas tout sur l’image et les morceaux mis en boîte pour Dusk… and Her Embrace (1996) démontrent une maturité et une efficacité rare, Damien le claviériste nous propose d’ailleurs une excellente mise en bouche avec l’intro Humana Inspired to Nightmare. Heaven Torn Asunder débute tout d’abord sur un riff d’inspiration Heavy avant de s’inscrire dans la pure lignée Cradle Of Filth avec la basse pulsante de Robin, les riffs virevoltants accompagnés d’un clavier très léger, le chant écorché et suraigu de Dani et les coups de boutoir de Nicholas (d’aucuns prétendent que c’est lui la créature du docteur Frankenstein…).

Si à première vue Dusk est assez proche de Vempire on notera tout de même des différences notables. Tout d’abord au niveau du son, le mixage est moins abrupt que sur Vempire, englobant tous les instruments en leur donnant chacun une juste place (oui, pas comme sur Cruelty and the Beast) et dégageant une force impressionnante, même si du coup on perd un peu le côté spontané de Vempire.
Dans tous les cas la réussite est là : puissance, variété, émotion, rien ne manque, prenant modèle sur le monumental Queen of Winter Throned du disque précédent, Cradle Of Filth nous gratifie de titres à tiroirs prenants et inspirés à souhait, à l’image de Funeral in Carpathia simultanément violent et très recherché, notamment dans les soli et le placement des chants féminins, ces derniers sonnant toujours comme des appels de vampires femelles vous attirant irrésistiblement dans leurs bras et donc vers la mort, surtout vue la taille de ceux de Sarah Jezebel Diva (moi taquin ?).

Cradle Of Filth se paye même le luxe de composer une balade « Black Metal » avec A Gothic Romance débutant quasiment à la façon d’un slow de Scorpions. Le morceau accélère ensuite crescendo, alternant riffs Heavy et Black avec brio. Afin d’équilibrer le disque au mieux, Dani et sa bande ont intelligemment placé les chansons plus posées entre des titres plus rapides, un Haunted Shores hystérique clôturant l’album juste après Beauty Slept in Sodom au registre plus introspectif et atmosphérique.
Mais c’est le titre Dusk and Her Embrace qui est à mon sens un des piliers de cet opus, on y retrouve le très grand Cradle Of Filth : les parties narrées envoûtantes, les breaks inquiétants laissant place uniquement au clavier, les vociférations effrénées de Dani Filth, et des accélérations de Nick Barker collant littéralement au siège, ce qui nous amène à l’unique reproche que je ferai à ce disque : quand on possède dans l’effectif un batteur de cette trempe on l’utilise à fond, or ce titre est le seul où le batteur chauve balance ses redoutables blast-beat, ce qui revient en football à faire rentrer CR7 seulement pour les 10 dernières minutes. En même temps quand on voit le « merveilleux » mixage réservé à la batterie sur la galette suivante on se dit que ce ne devait pas vraiment être une priorité pour eux…

A part cet élément batterie qui chiffonne un peu la brute qui sommeille en moi, il faut reconnaître que Dusk… and Her Embrace a réalisé là une pure merveille de Black Metal dit symphonique, qui s’imposera comme une référence du style cette année là aux côtés du Starfire Burning de Bal Sagoth et du Moon in the Scorpio de Limbonic Art et du Aspera Hiems Symfonia de Arcturus.
Cradle Of Filth a atteint son apogée musicale dès 1996 avec ses deux disques monumentaux (Vempire et Dusk pour ceux qui n’auraient pas suivi) sortis cette même année, dès lors et malgré un Midian de bonne facture, aucune production du groupe n’atteindra un tel niveau, rentrant même dans le rang en produisant des albums calibrés pour les ados de MTV et enchaînant les prestations live pitoyables (devant des salles combles, ce qui est justement un comble…).
Heureusement il nous reste Dusk… and Her Embrace, témoignage du talent d’un groupe parti complètement en déliquescence dans la spirale du pognon durant les années 2000.

Et oui, mais tout ça c’était avant que Dani ne fasse son fameux duo avec Étienne Daho, enterrant définitivement les dernières racines underground du combo (comprenne qui pourra).

BG

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BEERGRINDER - 24 Avril 2016: Bon, vu la suite de la carrière de Gourcuff, j'ai édité ma chronique ha ha ha.
Lordmike - 10 Juin 2016: Tu vas peut être devoir la rééditer encore une légère fois : Si je ne dis pas de bêtises ce n'est pas Marc Lavoine qui a repris "Comme un Boomerang" avec Danin c'est Etienne Daho.

Ou alors c'est une version qui m'a échappée, et ça voudrait dire que Dani n'a pas beaucoup de cordes à son arc pour reprendre à chaque fois la même chanson.

Sinon, pour ne pas être qu'hors sujet, je trouve que cet album est le bon équilibre entre le côté direct des précédents et le côté plus ambiancé des suivants.

A voir ce que va donner la réédition qui va prochainement sortir. Apparemment il s'agirait des enregistrements produits pour Cacophonous Records. Si c'est le cas, à voir si la différence est significative et si cela vaut le coup.
BEERGRINDER - 10 Juin 2016: Désolé, Daho, Lavoine, Biolay, ces chanteurs sans voix je les confonds tous ha ha ha.
Lordmike - 15 Juin 2016: N'est pas Karl Sanders qui veut !
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Chronique @ Lunuy

11 Mai 2011

Une oeuvre plus gothique que les deux précédentes offrandes des vampires britanniques

Cradle of Filth, chapitre III


À peine arrivée chez leur nouveau label Music for Nations, la bande à Dani retourne en cet été de 1996 en studio et nous livre seulement cinq mois après l’invincible Vempire, son troisième méfait. Entretemps, CoF a pu recruter un deuxième guitariste, John Piras (alias Gian Pyres) pour accompagner Stuart Anstis. De plus, le combo s’est attiré les faveurs de l’un des précurseurs du Metal extrême : le vénéré Cronos de Venom (groupe venant à peine de se reformer) vient en effet pousser son puissant cri de guerre à la fin du disque.

Un petit mot sur l’artwork ? Si la pochette de l’album est plus « sage » que celle des deux albums précédents de Cradle, l’arrière nous montre une vielle connaissance, la saignante jeune mariée en couronne de fleurs présente sur la photo avant de The Principle of Evil Made Flesh. Et l’intérieur du livret nous offre carrément une photographie présentant le combo en train de « se faire les dents » sur la peau d’une innocente beauté blonde offerte en festin ; quelle bande de petits vicieux ! Comme si cette image de banquet sacrificiel allait nous impressionner et nous dissuader d’écouter cette galette.

D’une certaine manière, cela permet déjà de saisir où veut en venir le combo : alors que celui-ci autoproclamait son appartenance à la scène black metal norvégienne lors de la sortie de son premier album studio, Dusk... and Her Embrace confirme le tournant amorcé sur Vempire en proposant un « Black vampirique » davantage tourné vers le symphonique, très teinté de touches slayeriennes et ajoutant des mélodies heavy typées NWoBHM, démarche artistique qui conservent les ambiances nocturnes mais qui met en retrait les anciens thèmes sataniques au profit du romantisme noir le plus explicite qui soit. Le décor : les châteaux transylvaniens, les vampires britanniques étant bien décidés à relever le flambeau de leurs lointains prédécesseurs et à repousser toute force du Ciel qui oserait tenter de troubler cet hommage sanglant à d’antiques serviteurs des ténèbres, dont en particulier la comtesse Bathory.

L'étreinte du crépuscule repose autour de titres d’une durée moyenne de 7 minutes, et propose donc une rythmique plus posée que le tir de barrage sans concession de son aîné, naviguant entre des passages épiques/écrasants et des lancées mélodiques plus lentes. Cette évolution ajoute ainsi un côté Gothic à l'ensemble, d'autant plus que CoF a enrichi son répertoire de quelques sympathiques semi-ballades, en particulier la folie furieuse “ A Gothic Romance...” ou l’angoissante “ Malice Through the Looking Glass ” dont les orchestrations utilisées au début et à la fin du morceau rappellent quelque peu le titre “ Of Mist and Midnight Skies ” du debut-album de 1994.
De son côté, la batterie n’est plus aussi sollicitée que par le passé, mais balance quand même de temps à autres des accélérations sans pitié : coups de tonnerre sur “ Heaven Torn Asunder ” ; déluge d'émotions brutes de “ Funeral in Carpathia ”...


Toutefois, l'omniprésence du chant criard pourra en rebuter plus d'un. Du coup, Dusk... and Her Embrace a du mal à rendre une ambiance horrifique aussi réussie que celles de ses prédécesseur et successeur directs (ce n'est que mon avis), à cause de ces multiples “ shrieks ”, beaucoup trop nombreux qui se conjuguent mal aux atmosphères planantes distillées par les claviers et les riffs de temps à autres thrash/heavy des guitares ; il arrive même que les approximations vocales de Dani en deviennent plus comiques qu’autre chose (au hasard : une horde de caniches mal élevés auxquels ont auraient coincé un micro dans le gosier)... sauf bien sûr si l’on saisit toute la portée de sa monstrueuse et délicieuse poésie.

On pourrait aussi critiquer un son studio trop étouffé, rendant mal certaines sonorités des claviers, les très belles “ velvet invocations ” narrées par Danielle Cneajna Cottington ou l'envoûtante “ dulcet ghostly song ” de Lady Jezebel Deva... oh ! Hum-hum ! Veuillez m’excusez, je me suis laissé transporté par les artifices ornementaux de CoF. Néanmoins, les morceaux arrivent à se suivre de fort belle manière. Exemple marquant : l’excellent interlude “ The Graveyard by Moonlight ” suivi de la semi-ballade “ Beauty Slept in Sodom ” puis de l’assaut final “ Haunted Shores ” forment une triade infernale redoutable.


Rappelons enfin un point essentiel : dans l’histoire du Black Metal, il y eu un avant et un après Dusk... and Her Embrace. C’est en effet avec cet album, très différent par son esprit théâtral et par sa musicalité aux canons scandinaves, que Cradle commencera à populariser le genre, même s’il est certain que l’imagerie gothico-vampirique déployée par le groupe n’y a pas été étrangère.
La suite confirmera qu’une telle audace ne pouvait qu’entraîner de nombreuses rancœurs à l’égard des Anglais ; et Dani ne cessera de donner de l’eau au moulin à ses ennemis en s’attachant au principe suivant : continuer de faire évoluer son propre style, devenu une véritable référence, à chaque nouvelle sortie d’album, quitte à atténuer de plus en plus les riffs black dans ses compositions, à ajouter plus d'éléments artificiels voire à en devenir méconnaissable.

Mais concluons sur cet opus, dernière contribution du claviériste Damien Gregori : force est de reconnaître que si ce n’est pas un pur joyau, alors c’est un coffret de gemmes diverses et variées (et noires, “ of course ” !), qui ne demande qu’à être soigneusement ouvert telle une boîte de Pandore, chacune des chansons s’avérant particulièrement jouissives. Au fond, il n’y a donc rien d’étonnant s'il garde une place à part dans le cœur d’une bonne partie des adorateurs absolus ou fans de la première heure de Cradle Of Filth.


“ Litanies of Damnation.
Death and the Darkly Erotic ”

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krakoukass56 - 29 Septembre 2011: Alors Lunuy, on sort le plumeau on dirait ? ^_^
krakoukass56 - 29 Septembre 2011: Toujours se remettre en cause, paraît que c'est la voie de la sagesse.
Bon courage !
BEERGRINDER - 05 Avril 2012: Du coup tu aurais peut-être du patienter avant de le chroniquer...

C'est casse gueule de traiter les disques cultes quand on en est pas suffisamment imprégné hin hin hin....
furaxyn - 15 Mai 2012: Ah ! ce disque et cette chro… que de chemin parcouru entre mon 16 initial et mon 19 final. Il y a dû y avoir une bonne cinquantaine d’edits au bas mot ici (en comptant les petites erreurs d’écriture). Rédaction symptomatique de l’autodidacte impatient, dirons-nous, n’est-ce pas Maître BG ?
;)
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Chronique @ MyLordAngus

13 Juillet 2008
Le deuxième album de Cradle... C'est parti au pays des vampires qui aiment quand même un peu plus la lumière que ceux de Transilvanian Hunger. Néanmoins, l'ambiance est tout de même sombre. Dès que l'on a le cd entre les mains, on est transporté ailleurs, grâce à la pochette et au livret superbes. En plus, les textes de Dani Filth sont particulièrement travaillés, contenant diverses références littéraires.

Commençons donc avec les instruments. Pour les grattes, c'est très black metal avec beaucoup de tremolo picking. On a quelques solos, plutôt sombres qui s'intègrent bien aux compos et à l'ambiance horrifique. La basse elle participe aussi à l'ambiance, surtout lorsque on l'entend seule, c'est un délice. Pis la batterie de Nicholas Barker... Ce jeu qui part dans tous les sens, les cymbales qui fusent, ça colle vraiment bien à un groupe comme Cradle. Quelle dommage qu'elle soit un peu en retrait. Les orchestrations au clavier ne sont pas trop pompeuses, ce qui aurait tué le disque à mon avis.

Le changement principal par rapport au premier, c'est la prod, qui sans être vraiment trop puissante, s'est largement améliorée (sauf la batterie sous mixée). On a aussi toujours les quelques voix féminines de rigueur pour tout disque gothique, mais elle ne sont pas envahissantes. Quand au chant de Dani, il ne me gêne pas du tout, même si il ne conviendra jamais à tout le monde. Je le trouve plutôt original, par rapport d'autres chanteurs qui préfèrent les voix plus classiques. Mais j'admets qu'il peut déranger certains, car c'est vraiment spécial.

Un autre point fort du disque, c'est la mixité des riffs. On passe de riffs heavy à du black, et quelques breaks thrash. Plus quelques moments plus ambiants. Même si les compos contiennent parfois quelques longueurs, elles possèdent toutes des qualités avec des passages excellents. Les changements de rythme, surtout les quelques ralentissements sont reposants, dans un disque où les tempos (j'aime pas dire tempi :p ) sont plutôt élevé. Les passages à l'atmosphère plus aérienne sont aussi magnifiques, un peu comme le calme dans l'œil d'un cyclone autour des chansons dévastées par la tempête. Les plus marquantes sont surement la chanson titre, belle à en crever, Beauty Slept In Sodom, ou encore Funeral In Carpathia. J'ai aussi un gros (trèèès gros) faible pour A Gothic Romance et son pont planant...

Bref, conclusion de ce commentaire, un cd qui ne peut laisser insensible, et qui peut se montrer terriblement accrocheur, si on n'est pas rebuté par ce mélange métallique extrème (et aussi ses vocaux si étranges)... 17/20, c'est clair je fais partie des séduits.

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Chronique @ SASJulo666

09 Octobre 2011

Attention chef d'oeuvre !

Au risque de faire hurler certains puristes, je parlerai ici de black metal. Dans le cas de Cradle, il ne s'agit pas, bien entendu, de true black metal, tel que peuvent le pratiquer les Darkthrone, Mayhem, Immortal, Gorgoroth ou autres Emperor (pour ne citer qu'eux). Car le cas de ce groupe est épineux et divise depuis près de 15 ans tous les metalleux de la planète. Il y a d'un côté, les fans purs et durs, et de l'autre, les anti. Je me situerais plutôt dans la première catégorie même si le groupe n'est pas exempt de critiques. Ce qui n'est pas le cas de cet album qui est, selon moi, un chef d'oeuvre.

Comme la plupart des albums qui m'ont marqué, Dusk... est celui avec lequel j'ai découvert le groupe à sa sortie. Et par chance, ce n'est ni plus ni moins que le meilleur (ou un des meilleurs) disque des anglais. Ce troisième album (deux si l'on considère que Vempire..., sorti la même année, n'est pas un album) est sorti en pleine période d'explosion du black metal. Alors que tout le monde ne jure que par les groupes scandinaves, les anglais de Cradle se font remarquer avec la sortie de leur deuxième excellent disque Vempire or Dark Fairytales in Phallustein (1996). La sortie de ce maxi (qui ressemble pourtant à un véritable album), leur permet de solder leur contrat avec le label Cacophonous et, afin d'honorer leur nouveau deal avec Music for Nations, ils sortent "Dusk..." dans la foulée. La pochette, superbe, n'est pas sans rappeler le premier Black Sabbath (clin d'oeil voulu ou non ?). Et dès l'intro, on est plongé dans cette ambiance sombre et horrifique, presque goth, qui flottait déjà sur le premier disque du Sabbat Noir. Car, à défaut de parler de black metal, on pourrait presque utiliser ici le terme de horror metal tant les albums des anglais sont construits comme une bande originale de film d'horreur. Si le style, d'un point de vue purement musical (riffs de guitares, voix,...), est proche du black metal scandinave des origines avec des relents thrash; les thèmes abordés, l'imagerie, les ambiances et les orchestrations font plutôt penser au courant gothic.

Le son de l'album, bien qu'il soit moins percutant que le précédent Vempire..., reste clair et puissant et de ce fait a très bien vieilli. Les morceaux sont longs, plus de 7 minutes en moyenne (exceptés pour l'intro et l'interlude). Ils alternent des passages calmes avec nappes de claviers (Heaven Torn Asunder) et d'autres extrêmes dans le plus pur style black metal (Haunted Shores); à l'image du chant de Dani Filth qui se veut tantôt rauque et presque parlé, tantôt criard, le tout appuyé par la soprano Sarah Jezebel Deva, qui reste à ce jour la meilleure choriste que le groupe ait jamais eue. Les différentes ambiances s'enchaînent parfaitement, soit par le biais de plages atmosphériques de claviers, de riffs de guitare ou de breaks de batterie monstrueux (Funeral in Carpathia) signés Nicolas Barker (futur ex-Dimmu Borgir), qui est encore considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs batteurs du genre. Les textes, écrits dans un anglais shakespearien, sont toujours aussi travaillés mais sont rendus incompréhensibles par la voix stridente du "nain hurleur" ("gentil" surnom donné par le batteur Nicolas après son éviction du groupe).

Et c'est bien là une des faiblesses du groupe, qui ne s'est pas arrangée avec les années. Dani peine à retranscrire ses parties vocales en live, à tel point qu'on en vient à se demander si c'est bien lui qui tient le micro en studio.
Cradle of Filth a toujours été plus performant en studio qu'en live, et cela n'a fait que se confirmer ces dix dernières années. Entre les prestations ternies par un son cradingue, des musiciens aux abonnés absents ou un Dani émêché sur scène, leur réputation scènique en a fortement pâti. La faute à des changements incessants de line-up et/ou au despotisme non-avoué du leader-chanteur ? Toujours est-il que si vous devez découvrir le groupe il vaut mieux se pencher sur leur discographie, et cet album en est la pièce maitresse!

(A écouter en priorité: Heaven Torn Asunder, Funeral in Carpathia, Malice Through the Looking Glass et Beauty Slept in Sodom)

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Herodias - 10 Octobre 2011: Tout à fait d'accord avec toi, cet album est la pièce maitresse de la discographie de Cradle (on peut ajouter aussi Cruelty bien que la qualité est très discutable !). Je pense que toutes les chansons de l'album ont un intérêt dans le sens où aucunes ne sont mauvaises (ça reste mon avis). Personnellement j'adore Haunted Shore (le riff d'intro est juste monstrueux).

Bonne chronique, merci !
Seul - 12 Octobre 2011: Quant tu parle Haunted Shore, le riff d'intro. Tu parle du truc joué au synthé ?
SASJulo666 - 17 Octobre 2011: Merci à tous pour vos commentaires et à toi Lunuy!
David_Bordg - 13 Décembre 2014: oh oui chef d oeuvre absolu, ainsi que le suivant, au tire evoquant un cetain number of the beast, non?
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Commentaire @ Metzly

01 Juin 2007
C'est avec cet album que j'ai découvert COF il fut un temps. Et je dois avouer que j'ai longtemps juré que par lui et en toute honnêteté il reste encore pour moi une référence. C'est un album qui s'écoute avant tout pour l'ambiance qui s'en dégage je pense et non pour la richesse des compositions (bien que les orchestrations symphoniques soient très soignées et assez impressionnantes).

Elisabeth Bathory en est bien évidemment la muse et pour avoir lu, que dis-je dévoré sa biographie officielle, je pense que toutes les facettes de cet album se marient à merveille avec les différents aspects de la personnalité torturée de la comtesse. Un petit arrêt tout d'abord sur la pochette où ce qui pourrait être une parfaite représentation d'Erzébéth, une noble couronnée et somptueusement drapée d'une cape noire à l'orée d'une forêt embroussaillée. En arrière-plan son château isolé qui pourrait là encore être la réplique exacte de celui perché sur les rochers des Carpathes où la comtesse hongroise torturait ses victimes.

Parlons musique maintenant. Comme je disais il y a une réelle atmosphère qui se dégage de cet album, les claviers sont omniprésents et souvent mis très en avant lors d'interludes ce qui donne une tournure plus lugubre et inquiétante que jamais. Orgues et violons apportent leur touche sinistre au tableau ainsi que les interventions de Sarah Jezebel Deva à la voix grave et dominante. L'univers y est glauque et malsain entre bruit de bûcher ardant et hurlements, les guitares se font possédées au rythme effréné de la batterie qui reste cependant et malheureusement bien en retrait la plupart du temps pour laisser la part belle au coté symphonique. Pas beaucoup d'évolution du côté de Dani depuis Vempire mais de toute façon son style vocal atypique est et restera sa marque de fabrique, pourquoi en changer, même si au bout d'un moment tout cela devient assez exaspérant pour l'oreille.

Le morceau éponyme de l'album est le petit bijou à ne pas manquer, l'intro est tout bonnement sublime avec ses magnifiques vocalises jouant sur les roulements de batterie, de toute beauté, tout y est violence, chaos, folie, accalmie instrumentale puis ambiance malfaisance. C'est sans doute le morceau qui caractérise le mieux ce personnage tourmenté et possédé par sa folie meurtrière qu'était Elisabeth Bathory ...Dusk est l'album possédant une identité bien plus développée que les précédents, il y a un fil conducteur qui nous guide tout du long comme une visite... Alors baissez les lumières fermez les yeux et pénétrez dans l'antre de Bathory...

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Phage - 21 Mai 2009: Cet album est pour moi une des references majeure du black metal, de part la beauté des textes et des ambiances symphonique omniprésente.

Cette album contient toute la beauté, la noirceur et le romantisme du mouvement gothique.

Le chant de Dani est un petit peu plus difficile d'accès que sur les autre opus du groupe.

Je conseille donc cet album car il est bien représentatif du gothisme et du talents des COF, qui sont hélas tombé bien bas maintenant
Eternalis - 17 Août 2009: Toujours le même refrain...oui, Dusk est un petit chef d'oeuvre, plus inspiré que Cruelty pour ma part, moins maléfique que Midian et moins rentre dedans que le génial Nymphetamine.
Finalement, il n'y a que Thornography de décevant, et il n'est pas complètement mauvais, donc dire que COF est "tombé bas" reste une réplique un peu trop facile...
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Commentaire @ Gothmog

21 Novembre 2008
Après avoir écouté, puis longtemps rejeté cradle en bloc, cet album est tombé entre mes mains par un hasard providentiel... et je me suis rendu compte qu'il n'était pas mal du tout en fait... je ne ferais pas de comparaison avec les autres albums car je ne connais que celui-ci et le Midian, mais il faut avouer que la bande à Dani a un sacré talent de composition, les compos sont variées et on ne s'ennuie jamais longtemps (ce qui est quand même un risque avec une moyenne de 7-8 minutes par morceau...); musicalement, ben c'est sûr, le guitariste (je sais plus qui c'est sur le dusk) n'est pas une véritable flèche mais bon... (en plus nick barker est là pour remonter le iveau à la batterie^^)... seul bémol cependant, le son un peu trop passé au détergent (mais bon on va pas chipoter...) le véritable défaut de cet album (et de cradle en général) est selon moi la... heu... "voix" de dani à base de hurlements suraigus et saccadés ; ca va comme cri de guerre de début de chanson mais bon à force de l'entendre vociférer on se lasse vite... un album qui se laisse quand même tout à fait écouter. morceau recommandé : Dusk an her Embrace.

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Commentaire @ Mika_Helvetia

21 Novembre 2008
Cradle était encore dans un esprit très proche du Black pluriste à cette époque même si l'on sentait, plus dans le marketting que dans la musique, un certain distancement de ce milieu. Toutefois c'est un album somptueux qui est livré par les anglais encore jeunes musicalement !
Influences anglaises avec quelques raisonnances de riffs à la Maiden, Dani et ses collègues d'époque foncent dans le symphonique ! Entre l'épique fantastique de Malice Through the Looking Glasses et le puissant Dusk And Her Embrace ce sont des morceaux incontournables comme Funeral In Carpatia ou Beauty Slept In Sodom chacun peut y trouver son compte. Les pistes font preuves d'une originalité impressionnantes les unes par rapport aux autres, mais forment un tout parfaitement homogène et satisfaisant. Appuyés par des claviers ténébreux et la somptueuse voix de Sarah Jezebel on ne peut que rêver d'un monde envahit par la peste, terrorisé par les monstres des ténèbres et régit par les seigneurs de la guerre.
Un album qui plaira aux fans de la première heure plus qu'aux autres et même à certains puritains du BM.

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Commentaire @ mayhem72300

27 Décembre 2011

Dusk And Her Embrace est un petit chef d'oeuvre de romantisme gothique !

Piochant allégrement dans la symbolique vampirique et horrifique classique, ce disque est une totale réussite. Les compositions sont mortelles, brumeuses, fantastiques et épiques.
Les arrangements sont faramineux et permettent d'imposer des atmosphères dignes du Dracula de Coppola. Les claviers y sont bien sûr omniprésents et nous propulsent dans une luxuriance sonore éprouvante. Le chant de Dani est ici parfaitement maîtrisé. Parties narratives graves alternent avec montées hystériques criées.

Parlons des guitares à présent. Stuart Anstis et Gian Pyres se partagent les affaires avec un égal bonheur. Là encore, la recherche mélodique est une priorité, et la dynamique élaborée n'est pas très éloignée de celle d'un... Iron Maiden. La majorité des titres s'étendent entre six et huit minutes, ce qui ajoute encore au côté cinématographique de l’œuvre.
Les chants féminins sont évidemment présents, mais ne sont jamais utilisés gratuitement. Ils sont surtout employés pour apporter une touche d'érotisme sombre, comme le veut la tradition du récit vampirique. Les ombres de William Blake, de Bram Stoker ou de Lautréamont planent sur ce disque. Tout l'univers gothique y est résumé avec maestria.

Musicalement, Cradle Of Filth signe ici un album de Black Metal symphonique qui fait référence. Pourtant, il se démarque de ses alter ego scandinaves de par son esthétisme raffiné. La pochette est somptueuse (ce qui ne sera hélas pas le cas de nombreux albums ultérieurs) et restitue très bien l'ambiance du disque.
"Funeral In Carpathia", "Beauty Slept In Sodom", "A Gothic Romance" et "Haunted Shores" en sont les pierres angulaires.

Dusk And Her Embrace est un chef-d’œuvre, 20/20.

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