The Circus Maximus

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16/20
Nom du groupe Manilla Road
Nom de l'album The Circus Maximus
Type Album
Date de parution 1992
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album28

Tracklist

1.
 Throne of Blood
 05:01
2.
 Lux Aeterna
 08:01
3.
 Spider
 07:15
4.
 Murder by Degrees
 04:38
5.
 No Sign from Above
 05:23
6.
 In Gein We Trust
 06:47
7.
 Flesh and Fury
 04:11
8.
 No Touch
 06:20
9.
 Hack It Off
 04:04
10.
 Forbidden Zone
 08:41
11.
 She's Fading
 08:00

Bonus
12.
 Lux Aeterna (Demo Recording Shelton/Park/Foxe
 
13.
 She's Fading (Rough Mix)
 

Durée totale : 01:08:21



DVD Official Bootleg Circus Maximus Live in Wichita, 11/1991 - Remastered issue in 2021 by Golden Core with bonus tracks and bonus DVD
1.
 A Touch of Madness (Incomplete)
 
2.
 Throne of Blood
 
3.
 Black Sabbath/In Gein we Trust
 
4.
 Flesh and Fury
 
5.
 No Touch
 
6.
 No Sign from above
 
7.
 She's Fading
 
8.
 Spider
 
9.
 Dig me no Grave
 
10.
 Murder by Degrees
 
11.
 Hack it off
 
12.
 Forbidden Zone
 

Chronique @ Hibernatus

25 Janvier 2022

« Mr Shelton, what went on in your head ? »

« Mr Shelton, what went on in your head ? », pourrait-on chanter en paraphrasant Ozzy. Fondé sur la lecture d'une multitude d'interviews concordantes, j'ai longtemps soutenu mordicus que « The Circus Maximus » était un projet personnel indépendant de Manilla Road que seule l'indélicatesse de Black Dragon Records avait indûment inclus dans la discographie du groupe. Le batteur Neudi s'est aussi laissé prendre à ce narratif, comme je viens de le vérifier à la relecture d'un entretien collectif dans lequel il abondait le discours du Shark.

Oui, mais voilà : ce même Neudi, infatigable bénédictin voué à la mémoire du groupe, sort en 2021 la réédition remastérisée et enrichie de l'album de 1992. Avec, preuves à l'appui, cette révélation fracassante : « The Circus Maximus » a bien été conçu comme un album plein et entier de Manilla Road, fût-ce avec une formation renouvelée et une expression différente, pour ne pas dire déroutante. L'un dans l'autre, Neudi doit l'avoir plus mauvaise que moi, j'étais seulement fan et non membre du groupe !

L'affaire est donc à ranger au côté des incompréhensibles foucades de l'ami Mark : la mise au rebut du remarquable « Dream of Eschaton » au profit de « Metal » (publié ultérieurement sous le nom de « Mark of the Beast »), et l'invention de EC Hellwell, cet ami d'enfance si timide et discret qui n'était autre qu'un alias de Shelton himself. Je remercie ma proverbiale flemme. En repoussant l'écriture de cette chronique, elle m'a permis d'éviter de colporter en toute bonne foi les galéjades d'un Shark à la langue fourchue. Avouons tout de même que l'histoire se tenait : jamais Manilla Road n'aura été aussi fuyant, on ne discerne la personnalité du groupe qu'à travers un filtre de progressif, de psyché, de pop et d'autres influences.

Revenons à 1990, à la sortie de « The Courts of Chaos ». Le groupe est à l'agonie, miné par les dissensions. Après la baffe que vient de m'infliger Neudi, je ne saurais affirmer que le groupe splitte ou si Shelton vire Park et Foxe ; en tous cas, Mark a tôt fait de leur trouver des remplaçants en la personne du bassiste Andrew Coss et du batteur Aaron Brown. Ces deux musiciens possédant aussi un bon organe vocal, une petite révolution va renforcer la légende du projet parallèle : pour la première fois Shelton ne va chanter que sur trois titres, les huit autres autres étant partagés entre les deux nouveaux venus. Si les compositions viennent toutes du Shark, paroles, arrangements et lignes vocales émanent de Coss et Brown, investissant les titres qui leurs sont impartis (un titre est partagé entre les deux, Flesh and Fury). Notons que le substrat des titres n'était pas toujours neuf et Shelton recycle d'anciennes compos ; le malicieux archéologue Neudi publie une démo instrumentale de Lux Aeterna enregistrée par le magique trio Shelton-Park-Foxe autour de 1988.

Au delà de ces péripéties, venons-en à la question importante : évolution ou révolution ? Rupture ou continuité ? Assurément, cette dernière prévaut à l'écoute de Forbiden Zone, un Manilla Road pur jus pourvu d'une intro langoureusement chantée par le Shark à laquelle succède une rythmique accélérée entonnée tour à tour par une voix rageuse et des accents plus amples et mélodieux. Les parties lead ont beau nous ramener à l'époque psychédélique des débuts, ce titre aurait pu trouver place dans n'importe quel album antérieur de MR.

Est-ce à dire que les titres chantés par Shelton sur « The Circus Maximus » ont plus à voir avec le Manilla Road qu'on connaît bien ? L'opener Throne of Blood aura tôt fait de nous détromper, qui m'avait positivement horrifié lors de sa découverte. Sacré nom d'un Shark, mais c'est quoi cette guimauve popisante et ces chœurs féminins dégoulinants ? Il m'a fallu du temps pour percevoir la qualité du chant de Shelton et l'armature indubitablement Metal de la chose. À mettre en parallèle avec certains titres de BÖC de la seconde moitié des 70'. Maintenant, je l'aime bien. No Sign from above occupe une position intermédiaire, moins perturbant que Throne of Blood, mais tout de même assez éloigné du phrasé roadien habituel. Un peu de persévérance permettra d'apprécier ce Heavy Rock bien balancé qui nous ramène aux racines du groupe.

Le chant d'Andrew Coss est beaucoup plus lisse et policé que celui de Shelton ; chez Blue Öyster Cult, on a un peu le même écart entre les voix de Bloom et de Roeser. On ne sera pas surpris de le voir choisir les trois power ballads composées par le Shark, un exercice encore inhabituel pour le Road de l'époque : Lux Aeterna, au solo beau à pleurer, No Touch, à la rythmique plus sévère mais que dément un chant tout de rondeur qui se dérobe à l'agression, et She's Fading, avec soli et leads cristallins d'une force et d'une qualité rarement égalées chez Shelton (c'est dire!).

Un riff swinguant à la guitare bien roadienne emporte Murder by Degrees, qu'accompagne Coss d'une voix faussement fragile et de plus en plus résolue ; épicée par un récitatif grondé de Brown et un hurlement de Shelton, elle n'aurait pas déparé dans « Courts of Chaos ». C'est encore dans le Heavy Rock mélodieux qu'officie Flesh & Fury, où alternent les voix de Coss et Brown (plus grave), sans que ce soit franchement perceptible. Sans doute le titre le moins palpitant, si ce n'est la guitare du Shark. Passons à présent aux titres portés par le seul Aaron Brown, les plus dérangeants et selon moi les plus puissants de l'album.

Armé d'une solide rythmique, Hack it off est chanté majoritairement d'une voix mélodieuse tout en surprenant par des passages hachés façon Rap, mais emportant la conviction sur un lead du feu de dieu. Sans les passages rapoïdes, il aurait fait bonne figure dans « Mystification ». Encore une scansion Rap sur Spider, qui frappe toutefois plus par son ambiance insane et malsaine bien rythmée par les secs accords d'un Shelton qui nous offre aussi de monstrueuses lignes de guitare. La voix nettement Metal de Brown, souvent grondée, est possédée par la démence ; ajoutez respiration trouble, gémissements, pleurs et ricanements, ce titre est un voyage au cœur de la folie. On ne change guère d'ambiance avec le lourdissime et sulfureux In Gein we Trust (Ed Gein, un fameux tueur en série nécrophile célébré 2 ans plus tôt par Slayer sur Dead Skin Mask). La voix de Brown y est juste fabuleuse : incantatoire, hypnotique, retorse, grinçante et rauque, bien soutenue quand il faut par les copains.

Quelques mots s'imposent pour évoquer le DVD bonus de 2021, le live in Wichita du 16/11/91. En un étrange lieu qui tient plus du bar que de la salle de concert, avec pourtant une scène plus que correcte. Andrew Coss joue raide comme la justice mais parfois déchaîné dans son jeu de basse, Aaron Brown est bien plus débridé derrière ses fûts, parfois au dessus. C'est un pur régal de voir un jeune Mark filiforme à la fine moustache et à l'abondante chevelure bouclée de hippie armé de sa vieille warlock rouge qu'il avait délaissée lors de ses derniers concerts ; et vas-y que te joue par derrière la tête et tout ça... Morceaux de bravoure : Spider et le medley Black Sabbath/In Gein we Trust , avec des relents du fameux triton sur ce dernier. Et cette foutue furie Heavy Metal, pleine de rage et d'orgueil qu'est Dig me no Grave (« The Courts of Chaos »), un titre que j'ai toujours rêvé voir exécuté par Manilla Road en concert. Une fort belle capture qui met en évidence le potentiel agressif du « Circus Maximus » et qui transforme la réédition en must have pour tout fan de MR.

Ah, coquin de Mark, tu nous as bien fait marcher sur ce coup ! Ce qui me réjouit le plus dans le rétablissement de la vérité, c'est de voir le nom de Black Dragon lavé de tout soupçon de forfaiture. Au demeurant, Manilla Road ou Circus Maximus, on s'en cogne un peu. Cet album est un énième monument à la gloire de ta créativité et de l'excellence des musiciens dont tu sus t'entourer. Merci pour ça et merci pour tout. See you in hell, my friend !

6 Commentaires

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Y_RPLEUT - 30 Janvier 2022:

Bon comme convenu je me repastille ce mal aimé, j'en suis à la moitié et même si je dois reconnaitre que l'album est beaucoup plus "Manilla Road" que dans mon souvenir ça passe toujours difficilement. Le morceau d'ouverture est dans le style du groupe, ça se gatte dès le deuxième ou là je décroche complétement, spider et Murder from above ne me marquent pas (ou mon esprit refuse d'entendre des choses innomables pour MR, No Signe From Above aurait pu être un putain de titre de MR sans ses Choeurs sirupeux et ce deuxième solo bateau qui n'a pas la pate du Shark, In Gein We Trust démarre vraiment sympa avec ce côté Doomesque jusqu'à que ça soit gaché par ce passage prog de merde qui rime à rien, Flesh & Fury -> chanson suivante j'ai un mot du docteur, là je suis au début de No Touch et mon urticaire ne s'arrange pas (allez refrain chanson suivante, tant pis si je rate un beau solo). Hack it Off sans ces passages expérimentaux qui n'amènent rien au bousin serait peut être très bien passée, Forbiden Zone démarre avec tout d'une grande et renoue avec avec ce que j'aime dans ce groupe malgrè les incursions progressives qui cassent un peu l'ambiance. SHe's fading j'arrête les frais trop de fatigue.

En bref non réhabilité chez moi, dommage la voix de Brown pourrait vraiment apporter un plus par contre l'autre chanteur au four direct de mon côté, à lui seul il bousille le disque. 

Comme dirait l'autre quand ça veut pas, ça veut pas 

En tout cas merci pour la chro qui m'a quand même permis d'avoir une autre lecture (qui ne change pas grand chose à mon avis au final) de ce skeud.

 

Hibernatus - 30 Janvier 2022:

laughMerci pour ta persévérance tout à fait remarquable et pour tes posts qui m'ont bien fait rigoler. Comme tu dis, quand ça veut pas ça veut pas et y'a rien à rajouter.

J'en profite pour expliquer une peu ma note assez élevée. Pour tout dire, j'aurais mis un 15 à "Circus Maximus", pour rester dans le suivi de celles que j'ai données aux autres albums de MR. Avec la réédition 2021 et tout ce qu'elle apporte (les bonus, le livret chiadé et surtout le DVD), j'ai mis deux crans de plus. Je suis en harmonie avec l'ami Elevator sur ce coup (merci pour ton com). Après, sur l'album lui-même, la remastérisation n'apporte pas grand chose, la production d'origine était plutôt bonne et dans la lignée de celle de "Courts of Chaos". En la matière, le groupe fera bien pire par la suite...

Elevator - 30 Janvier 2022:

Je trouve que la remastérisation apporte du mieux quand même, le son est un peu plus aéré et propre (dans le bon sens du terme). Je peux comprendre l'avis de Y-Repleut car cet album est vraiment à part mais j'adore la voix d'Andrew Coss, très rock. Moi c'est celle d'Aaron Brown qui coince parfois, sur "Hack It Off" surtout, car sur les autres ça passe mieux, il est même bon sur "In Gein We Trust" et "Spider" avec ce côté démoniaque. En fait, ce qui fait débat avec cette oeuvre, c'est le nom Manilla Road car à part "Forbidden "Zone" (excellent d'ailleurs), le reste est assez éloigné des albums précédents et 30 ans après certains crient encore à la trahison.

Hibernatus - 30 Janvier 2022:

OK avec toi, Christian, pour le son; mais le CD d'origine (oui, il n'y avait pas eu de vinyle en 92) avait une prod des plus correctes (pour du MR, s'entend).

Sur la voix de Coss, eh bien c'est celle qui m'a pris le plus de temps à apprivoiser, pareil en fait que celle de Buck Dharma dans BÖC, c'est pour ça que je fais la comparaison dans ma chronique. Pour celle de Brown, j'ai tout de suite tilté dessus, avec longtemps de très grosses réserves sur Hack it off, en effet. Soyons clair, il m'a fallu du temps pour parvenir à une relation complètement apaisée avec cet album. Je crois que j'y suis, maintenant.

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