Sanctus Diavolos

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Nom du groupe Rotting Christ
Nom de l'album Sanctus Diavolos
Type Album
Date de parution 20 Septembre 2004
Labels Century Media
Style MusicalBlack Gothique
Membres possèdant cet album152

Tracklist

1. Visions of a Blind Order 03:46
2. Thy Wings, Thy Horns, Thy Sin 04:13
3. Athanati Este 05:40
4. Tyrannical 05:07
5. You My Cross 04:19
6. Sanctimonius 03:16
7. Serve in Heaven 03:55
8. Shades of Evil 05:14
9. Doctrine 06:28
10. Sanctus Diavolos 06:41
Total playing time 48:39

Chronique @ ArchEvil

09 Décembre 2007
Après le surprenant Genesis qui intégrait une nette évolution sur l'harmonisation entre sonorités d'ambiance et travail structurel, Sakis Tolis et sa bande reviennent en 2004, une nouvelle recette sur le plateau. Probablement satisfaits d'avoir parfaitement réussi l'assemblage sur le précédent, une nouvelle voie s'offrait à eux, et la participation de Chris Antoniou de Chaostar leur aura permis de concrétiser ce projet qu'est Sanctus Diavolos.

Il est une tradition chez nos artistes grecs : Chaque album se voit presque entièrement renouvelé par rapport au précédents, aptitude due à un talent remarquable qui leur permit d'accoucher de certaines oeuvres pour le moins magnifiques, Thy Mighty Contract en tête. Cependant, le christ pourrissant se montre toujours fidèle à certains points de repères, évoluant méandriquement au moyens d'un char très hybride aux sources difficilement attribuable, mais claires : Prenez un Dark Metal léger, un Death mélodique étrange, mixez le tout en rajoutant des influences Thrash moderne et Heavy sans vous priver d'une poignée gourmande dans le Black epique si vous voulez un Genesis ou un Non Serviam. Il fût un temps, Rotting Christ posa la première pierre du Black Metal en Grèce et fut suivit quelques temps après par Zemial. Bien entendu, ce Sanctus Diavolos se montre très différent de Non Serviam, le groupe ayant mis un terme à son black metal depuis Triarchy of the Lost Lovers.

Celui-ci dans son ensemble représente bien une invocation au diable la plus fétichiste qui soit, et l'album peut bien s'exalter de son homogénité enviable, tout se tient à merveille sur cette galette à l'aspect religieux.
Tout d'abord par sa production parfaitement mise en oeuvre, trouvant un juste milieu entre le souffre et la performance technique, tout en évitant soigneusement le savon studio sans trempe, suivie d'une réverbération discrète mais indispensable enfermant l'assortiment dans un climat très sombre, ajoutant une légère touche de grandiloquence intelligente.
Là où Antoniou intervient, c'est avec cette chorale. Je rassure les allergiques aux productions cinématographiques dont je fais partie, ces choeurs n'ont rien à voir avec la musique d'un navet catastrophe ou l'orchestre à la masturbation facile d'un Death Cult Armageddon. Sans jouer la carte d'un artifice boursouflé, cette chorale agit comme un atout qui donne à la musique de Rotting Christ une grande partie de sa dimension dévotieuse sans pour autant en cacher un quelconque laisser aller de la part des artistes.
Nous avons alors devant nous des musiciens équilibrés, exploitant à la perfection leurs instruments sans débordements et faisant preuve d'une honnêteté bienvenue, se réservant quelques démonstrations rigoureuses dont le riff d'anthologie de Athanati Este, morceau inoubliable notamment par son refrain prodigieux, les rythmiques thrashysantes de Serve in Heaven ou Doctrine, les blasts beats agressifs sur Visions of a Blind Order, You My Cross ou Shades of Evil.
Crachant une rage troublante sur l'intégralité des titres, en particulier sur Tyrannical ou ses déclamations atteignent leur paroxysme, Sakis exploite un registre vocal très sec et profond toujours très bien accordé.
Les nappes d'ambiance, très discrète au point de se fondre dans l'ensemble de l'oeuvre, opèrent très efficacement sur toute la longueur, même si Sanctimonius, seul titre ambiant de l'album, nécessite davantage leur présence, les guitares construisant la totalité des mélodies gardent l'album sur sa droite lignée pour enfin clôturer l'oeuvre sur le sublime morceau titre, une piste de 6 minutes à la puissance progressive dont le point orgasmique déclenché par la chorale sous un roulement de grosse caisse ne se contente pas de stopper brutalement. Un formidable solo de guitare vient annoncer l'arrivée de la bête sur l'autel, la foule se prosterne. Ainsi, le rideau est tiré sur la messe. Chapeau!

On peut en déduire que Rotting Christ n'a pas frappé à côté avec ce disque, on sent que la formation a voulu exprimer une idée bien précise : Donner au grand cornu une robe plus chaleureuse tout en ne lui enlevant pas son tempérament extrème. Si je devais résumer le disque à une phrase bien précise, ce serait celle-ci : Sanctus Diavolos est un poing dans la figure de tout vaniteux symphonique et une référence pour tout amateur de musique sombre et théatrale.

J'espère qu'avec cette déclaration, je vous aurais donné au moins un tantinet l'envie de vous le procurer, je vous le promet, il déchire...

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Commentaire @ Stench

03 Octobre 2004
Je trouve que la carrière de Rotting christ a toujours été un peu en dent de scie, et que cette incapacité à garder un niveau constant a porté préjudice au groupe, et l’a empêché de devenir une référence malgré son étonnante longévité. Capable du meilleur (« A Dead Poem », « Triarchy of the Lost Lovers ») comme du très moyen (le plutôt chiant « Khronos »…), on a parfois l’impression que le groupe se cherche depuis 15 ans… Eh ben j’espère qu’ils se sont enfin trouvés, parce que des albums de cette qualité, j’en boufferais par paquet de six !! Cette fois c’est un vrai bijou que le groupe a pondu, et ils nous ont chier des diamants ! Dans l’ensemble assez rapide et brutal, cette frénésie n’est pas sans rappeler le classique « Thy Mighty Contract », à la fois speed et haineuse, baignée dans une ambiance occulte. En même temps, l’aspect symphonique est décuplé, et cette démarche qui consiste à durcir le ton tout en amplifiant la mélodie fait penser au dernier Septic flesh, dont l’approche était sensiblement la similaire. Des chœurs dans tous les sens, des orchestrations somptueuses, des claviers grandioses, des atmosphères dignes des bandes sons des plus grands films fantastiques, tout est réussi. La dualité entre la violence(« Visions of a blind order » par exemple) et la mélancolie ( « Tyrannical ») est une fois de plus présentée avec magnificence, et ces compositions sont ciselées comme autant de pierres précieuses, froides, belles, mais tranchantes. Un effort qui me réconcilie avec Rotting christ, et j’espère vraiment que le groupe saura se maintenir à ce niveau pour la suite de sa carrière !

5 Commentaires

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KRegoR - 20 Mai 2008: A noter que la 1ère piste est une grosse rempompe d'une de leur propre musique en l'occurence The fifth illusion de l'album Non serviam
ArchEvil - 30 Mai 2008: C'est pas la première, mais bien la 7ème, Rege Diabolicus
KRegoR - 07 Août 2008: non non c'est bien la première
ArchEvil - 02 Novembre 2008: Vérifie ton lecteur, mildiou, j'suis pas aveugle ni sourd. C'est la 7ème. On parle bien de theogonia, hé?
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