The Heretics

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Nom du groupe Rotting Christ
Nom de l'album The Heretics
Type Album
Date de parution 15 Fevrier 2019
Style MusicalBlack Gothique
Membres possèdant cet album35

Tracklist

1.
 In the Name of God
 04:14
2.
 Vetry Zlye (Ветры злые)
 03:13
3.
 Heaven and Hell and Fire
 04:52
4.
 Hallowed Be thy Name
 05:06
5.
 Dies Irae
 03:46
6.
 I Believe (Πιστεύω)
 03:42
7.
 Fire God and Fear
 05:50
8.
 The Voice of the Universe
 05:23
9.
 The New Messiah
 03:07
10.
 The Raven
 05:23

Bonus
11.
 Sons of Hell
 

Durée totale : 44:36


Chronique @ Icare

09 Mars 2019

La magie opère encore une fois sur la majorité des titres, mais pour combien de temps encore?

Plus besoin de présenter Rotting Christ qui règne sur la scène metal grecque depuis maintenant trois décennies. Trois ans après un Rituals de très bonne facture qui entamait une thématique religieuse, Rotting Christ sort son treizième album, The Heretics, continuité parfaite, tant conceptuellement que musicalement de l’album précédent. Trop peut-être.

Là aussi, le son signé Jens Bogren est monumental et aide bien à donner le relief nécessaire à ces dix pistes plutôt minimalistes, les gonflant d’une puissance qui renforce leur impact et nous enveloppant de cette aura sacrée si chère au groupe. D’ailleurs, le côté ritualiste de l’album précédent est ici encore très creusé, avec des structures simples et répétitives qui donnent un effet hypnotique et une présence encore accrue des chœurs et des parties narratives. On est donc en terrain connu, et l’opener In the Name of God s’annonce comme un titre typique et impeccable de Rotting Christ, avec ce couplet puissant aux guitares saccadées qui bondissent sur ce rythme de batterie binaire et scandé propre au groupe, les vocaux graves et cérémoniels de Sakis et ce refrain prenant magnifié par des chorus de guitare très mélodieux ainsi que ces magnifiques chœurs religieux omniprésents. Du classique mais du bon donc.
Au rayon des bonnes surprises, on soulignera également Vetry Zlye, avec la prestation remarquée d’Irina Zybina qui apporte un vent de fraîcheur et de paganisme slave, ainsi que Fire God and Fear aux accents prononcés de Bathory, mid tempo simple et accrocheur aux accents épiques, auquel l’excellent solo de fin rajoute une profondeur mélodique et émotionnelle au morceau, qui se distingue assez largement du reste de l’album.


Mais à part ça, qu’est-ce qu’on a à se mettre sous la dent ? Pas grand-chose, malheureusement. Il faut bien le dire, Rotting Christ n’innove pas beaucoup et nous sert une fois de plus une recette usée jusqu’à la moëlle qui commence à devenir redondante (des titres comme Dies Irae, sorte de dark metal grégorien parfaitement foutu, ou The Time has Come, avec la narration d’Ashmedi sur ce couplet saccadé et ce très bon refrain, font mouche, mais ils sont déjà entendus une bonne dizaine de fois dans la discographie des Grecs). Même si, à titre personnel, je trouve encore l’album réussi et prenant avec des mélodies simples et efficaces qui parviennent à m’accrocher, je me dois de rester objectif : mis à part les orchestrations bien mises en avant par ce son boosté aux hormones et la présence renforcée des chœurs, on ne distingue pas beaucoup cet album des précédents, et l’ensemble est un peu linéaire et monolithique. Si chaque pièce est indubitablement travaillée avec des arrangements aux petits oignons, l’ensemble n’en reste pas moins assez dépouillé, avec un ou deux riffs par titre, un pont, un beau refrain et basta. Parfois – souvent ! - la recette fonctionne encore, mais sur certains morceaux, on sent Rotting Christ en panne d’inspiration : le lent et cérémoniel Hallowed Be Thy Name, pas désagréable, mais manquant trop de variations pour nous tenir sur la longueur, le poussif I Believe qui se contente du strict minimum en habillant de la rythmique et du riffing saccadé typiques du Christ pourrissant une déclamation de 3,42 minutes sans aucune imagination… Sans oublier les bons titres dont l'album est paré mais qui n'apportent rien au schmilblick (Heaven and Hell and Fire, The Time Has Come...).


Que l’on me comprenne bien : objectivement, The Heretics est un – très - bon album, et d‘une manière générale, la magie opère encore une fois sur la majorité des titres, seulement voilà, il arrive après une flopée de bons disques qui ont déjà tendance à se répéter et surtout un Rituals auquel il ressemble finalement beaucoup mais dont il n’a ni l’intensité ni la primeur savoureuse de ce côté plus rituel et cérémoniel, il peut donc légitimement commencer à lasser l’auditeur en quête de nouveauté. Il est donc nécessaire que les Grecs renouvellent leur propos sur leur prochain album s’ils ne veulent pas, comme le Christ qu’ils dénoncent, pourrir cloués au piloris dans l’indifférence générale. Amen !
“Now, I feel that brightest hour
To come back to life after being dead”

12 Commentaires

15 J'aime

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David_Bordg - 12 Mars 2019:

Exact c'est "the voice universe" qui est d'ailleurs un super morceau..... Je me tate à me prendre soit Genesis ou Sanctus en premier quel serait votre option?

morgothduverdon - 12 Mars 2019:

D'accord, je comprends mieux.

Pour le Rituals, j'avoue ne pas l'avoir acheté. Autant j'ai beaucoup aimé Kata machin, et son redoutable In Yumen / Xibalba, véritable course poursuite dans je ne sais quel souterrain infernal aztèque, qui faisait bien plaisir après la déception Aealo.

Autant Rituals, je l'ai trouvé très répétitif, malgré de bonnes atmosphères. Ze Nigmar, Elthe Kyrie...

À voir pour ce dernier, mais pas sûr que je l'achète, ou en tout cas vraiment pas de desuite.

@David_Borg : Theogonia !

Sinon entre Genesis et Sanctus, ma préférence va à Sanctus.

Album avec des choeurs d'une sobriété grandiose, et la partitipation, sauf erreur de ma part, de Chris Antoniou (Chaostar).

Par ordre de préférence, Theogonia / Sanctus se disputent la première place, légère dominance pour Theogonia en ce qui me concerne (He, the aethyr, putain...), et Genesis en dessous, mais de haute volée quand même !

 
David_Bordg - 12 Mars 2019:

Ok ok l'ami, je vais m'occuper de ces deux là!

morgothduverdon - 12 Mars 2019:

Genesis est de haute volée tout de même.

Dans les plus anciens, Thy Mighty Contract est culte, Non Serviam est très bon aussi. Le reste je ne connais pas. Faudra que je retente le Khronos, qui m'était rentré dans une oreille pour en ressortir aussitôt...

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