Onward to Golgotha

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Nom du groupe Incantation
Nom de l'album Onward to Golgotha
Type Album
Date de parution 05 Mai 1992
Produit par Steve Evetts
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album220

Tracklist

Re-Issue in 2006 by Relapse Records with a bonus DVD.
DISC
1. Golgotha 03:29
2. Devoured Death 02:19
3. Blasphemous Cremation 04:25
4. Rotting Spiritual Embodiment 04:58
5. Unholy Massacre 04:39
6. Entrantment of Evil 02:39
7. Christening the Afterbirth 05:33
8. Immortal Cessation 03:27
9. Profanation 04:54
10. Deliverance of Horrific Prophecies 05:29
Bonustrack
11. Eternal Torture 03:31
DVD
"Cell Block Show"
Recorded live in Bensalem, Pennsylvania, USA, 29/03/1992.
1. Entrantment of Evil
2. Deliverance of Horrific Prophecies
3. Unholy Massacre
4. Devoured Death
5. Blasphemous Cremation
6. Profanation
7. Golgotha
"Studio 1 Show"
Recorded live in Newark, New Jersey, USA, 1992.
8. Devoured Death
9. Entrantment of Evil
10. Bleeding Torment (Necrophagia)
11. Deliverance of Horrific Prophecies
"Flashes Show"
Recorded live in Cleveland, Ohio, USA, 28/03/1992.
12. Deliverance of Horrific Prophecies
13. Devoured Death
14. Rotting Spiritual Embodiment
15. Unholy Massacre
16. Blasphemous Cremation
17. Chistening the Afterbirth
18. Profanation
Total playing time 45:23

Chronique @ Fabien

04 Janvier 2012

De profundis.

Si la Floride a été placée à juste titre sous les feux de la rampe dès la fin des années 80, grâce à l’essor du fameux carré deathmetal composé de Death, Morbid Angel, Atheist & Obituary, un autre foyer devient particulièrement actif à l’est des Etats-Unis, dans les états de Pennylvanie, de New York et du New Jersey, pour citer Immolation, Suffocation, Revenant, Mortician ou Apparition (futur Sorrow), qui grandissent dans les mêmes temps. C’est dans ce vivier qu’Incantation émerge en 1989 sous l’impulsion de son guitariste & leader John McEntee. Si Paul Ledney figure dans le line-up initial, il ne reste toutefois que quelques mois avant de fonder l’entité blackmetal Profanatica, remplacé au pied levé par le growler Will Rahmer, qui officie également au sein du terrible Mortician.

Se constituant rapidement un solide répertoire, Incantation enregistre notamment deux EP vinyles mis en image par Chris Moyen et rapidement devenus cultes, les fameux Entrantment of Evil et Deliverance of Horrific Prophecies respectivement parus chez Seraphic Decay et Relapse Records, deux labels se partageant une bonne part du gratin underground deathmetal de cette époque, notamment nord américain. Si Will Rahmer pousse les beuglantes sur le premier EP, le second marque son départ et l’arrivée de Craig Pillard, qui restera le growler le plus emblématique de la formation de McEntee, comptant pour l’heure le batteur Jim Roe et le bassiste Ronnie Deo dans ses rangs.

Tandis qu’Immolation, Suffocation et Sorrow concrétisent leurs efforts en intégrant l’écurie Roadrunner en 1991 à l’occasion de leur premier album, Incantation ayant déjà gagné une sacrée réputation dans l’underground enregistre quant à lui 6 morceaux destinés à rejoindre ceux de son homonyme finlandais Amorphis, pour un split-album à paraître chez Relapse Records, qui ne verra hélas pas le jour (la partie d’Incantation n’étant exhumé qu’en 2008 chez Necroharmonic). Le quatuor s’embarque donc de nouveau en studios entre 91 et 92, pour les sessions d’un premier véritable album, piochant d’ailleurs allégrement dans son répertoire des deux EP et du split-LP avorté, en y ajoutant ses deux dernières compositions, le terrible Golgotha et le tout aussi mémorable Immortal Cessation. Onze titres composent ainsi l’album baptisé Onward to Golgotha, mis en image par Miran Kim (qui deviendra l'illustrateur fétiche du groupe), et paru au printemps 1992 chez Relapse Records, le label s’étant entre temps judicieusement associé avec son confère allemand Nuclearblast pour une couverture européenne.

Si Dawn of Possession et Effigy of the Forgotten (Immolation, Suffocation) avaient déjà annoncé un renouveau dans la scène deathmetal à l’automne 1991, en repoussant les limites de la brutalité et de la noirceur de quelques crans, Onward to Golgotha confirme cette menace issue de l’est des Etats-Unis. Plus caverneux encore, mais tout aussi difficile d’accès à une époque où le deathster n’était pas forcément habitué à un tel hermétisme musical, ce premier album d’Incantation possède une singularité à toute épreuve, reprenant à son compte les aspects les plus sombres et brutaux du deathmetal, tout en y incorporant de nombreux passages d’une lenteur écrasante, lui donnant ce côté doomy qu’on retrouve sur l’intemporel Mental Funeral d’Autopsy.

Si le ravageur Golgotha en ouverture fixe d’emblée ce décor abyssal et cette atmosphère à couper au couteau, le début tout en lourdeur de Devoured Death ou le maléfique Christening the Afterbirth aux riffs écrasants, plombent quant à eux plus particulièrement le climat, les abîmes n’ayant jamais parus aussi proches. Les rythmiques tantôt sauvages ou pesantes de Jim Roe, les guitares tranchantes ou lancinantes de McEntee, les growls si gutturaux de Pillard, forment tous ces éléments façonnant cette ambiance si dense et caverneuse. Onward to Golgotha, c’est aussi une impression de chaos (Immortal Cessation, Eternal Torture) qu’Immolation n’aurait pas refusé sur son inénarrable Dawn of Possession, un riffing sachant aussi se montrer très incisif (Unholy Massacre), au-delà du growl de Pillard n’ayant non seulement rien à envier à celui de ses collègues Will Rahmer et Frank Mullen de l’époque, mais possédant en plus une profondeur inégalée.

Concentré de onze morceaux rapidement devenus cultes, pour citer cette paire Unholy Massacre et Christening the Afterbirth n’ayant aucun prix à mes yeux, Onward to Golgotha est une école à lui seul, et certainement l’album le plus mémorable de la bande de John McEntee, aux côtés de son redoutable successeur. Le nombre de formations ayant marché sur les pas d’Incantation est incalculable, mais cette atmosphère maléfique si lourde et si épaisse que le quatuor à réussi à installer en cette année 1992, sans oublier cette force du riff phénoménale, n’ont encore que peu d’équivalents dans le style. Culte à en mourir.

Fabien.

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nonometaltatts - 21 Fevrier 2012: Je fais ça sur cette chronique,mais je voudrais remercier les intervenant comme Fabien,Beergrinder,Eulmatt et tous les autres passionnés de death metal qui à travers leur chronique et commentaire permette de découvrir et de connaitre le death. C'est notamment grace à eux que je découvre actuellement des groupes comme incantation,Grave,Asphyx et j'en passe donc voila. Merci de permettre à des amateurs en soif de découverte de découvrir de telles pépites. Voila c'est dis :)
bojart - 23 Mai 2012: Quel groupe! les légendes ne meurent jamais.. merci à toi Fabien pour ce papier de très grande qualité.
Jacky_Doussot - 10 Octobre 2014: Si tu n'aimes pas Incantation, tu n'aimes pas le death metal. Adage qui pourrait s'appliquer à quelques autres combos, mais ce groupe a ici délivré un pilier du genre avec cet album. Quelle aura! Quelle odeur de sépulcre et quelle baffe aux doigts osseux en plein dans ta face!
Darkbrain - 01 Novembre 2015: Album d'une qualité indéniable mais difficile d'accès. Plusieurs écoutes sont nécessaires pour le maîtriser.
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Chronique @ tonio

30 Janvier 2007
TONIO


Et hop ! Un petit retour dans le passé grâce au label Relapse qui nous gratifie d'une ré-édition du premier album de INCANTATION. Enfin, quand je dis "petit retour", on débarque quand même en 1992 ! Pour me mettre dans l'ambiance, je ressors mon cuir noir, mes vieux t-shirts usés jusqu'à la corde et mes tennis montantes (avec la languette qui pend !)...

Au début des années 90, pas mal de groupe U.S. sorte leur premier album, qui bien souvent deviendront des classiques, même s'ils ne sont pas toujours les plus intéressants à écouter. Pour ne taper que dans les plus connus, SUFFOCATION sort en 1991 Effigy of the Forgotten, IMMOLATION sort Dawn of Possession également en 1991, BRUTALITY sort Scream of Anguish en 1992, MONSTROSITY assomme tout le monde avec Imperial Doom en 1992...etc. Et INCANTATION fait parler la poudre avec ce Onward to Golgotha que beaucoup n'hésiteront pas à classer dans les vingt meilleurs albums de death métal jamais produits.
A cette époque la musique du groupe n'était pas aussi technique et recherchée qu'aujourd'hui, mais on retrouve déjà le caractère sombre et viscéral des compos, ainsi que les thèmes sataniques qui leur colleront toujours à la peau. INCANTATION n'est pas là pour plaisanter et nous assène un death massif qui alterne blast et passages hyper lourds, sur des riffs relativement basiques mais au combien redoutables. Le chanteur semble beugler directement depuis ses entrailles tant sa voix est grave, ce qui augmente largement le côté malsain des morceaux.
Honnêtement, je trouve que cette sortie est moins passionnante que les albums qu'ils sortiront par la suite, même si elle s'écoute avec grand plaisir. Disons que ça a pris un petit coup de vieux quoi ! Onward to Golgotha reste néanmoins un album culte qu'il est toujours bon de posséder dans sa collection, car il incarne parfaitement le style et le son du death métal du début des années 90, et la pochette est délicieusement sinistre.

Cette ré-édition est agrémentée d'un DVD qui regroupe trois concerts du groupe, tous de 1992. L'intérêt de ce DVD est clairement limité car ses concerts, originalement capturés sur VHS, sont filmés directement depuis le public, avec bien sûr un son abominable ! Les fans du groupe seront bien sûr aux anges à l'idée de posséder un tel témoignage, pour le prix d'un simple album, mais ce n'est pas ce qu'il existe de mieux sur INCANTATION, loin de là ! Bonne initiative de la part de Relapse en tout cas.

Si vous voulez vous plonger (ou vous replonger) dans cette époque, Onward to Golgotha est une très bonne carte de visite, la première oeuvre d'un groupe passionné qui continu toujours à clamer haut et fort son amour pour le death métal avec un grand "D".
Culte !!!


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MCGRE - 15 Novembre 2010: Je rejoins FABIEN sur le fait que Onward To Golgotha n'a pas mal vieilli ,que ce soit au niveau du son ou des morceaux.
Simon86 - 22 Janvier 2011: Je confirme, je suis en train de me prendre une claque en ce moment même. La lourdeur des morceaux et la profondeur effrayante des growls terrassent littéralement l'auditeur. Je découvre le groupe et il rejoint directement mes formations cultes aux côté d'Immolation et Morbid Angel.
Mindkiller45 - 25 Septembre 2011: Je découvre sur les conseils de Beergrinder et franchement c'est un putain de bon album death. Lourd, menaçant, poisseux... mais qu'est-ce que ça fait du bien !
tonio - 01 Janvier 2012: Ben dit donc, en relisant mon article, j'ai senti les frissons de la honte me parcourire l'échine. Mais quelle chronique de merde j'ai pondu là ! Ca m'étonne vraiment que personne (Fabien en tête) ne se soit jamais donné la peine de réécrire une chronique à la hauteur de ce monument.
Je ne sais pas ce que j'avais dans le slip ce jour là, mais cet article est tout juste à la hauteur d'un commentaire. Non mais franchement...
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Chronique @ dark_omens

09 Juin 2016

Un monument de noirceur et de brutalité...

Incantation est une icone de cette religion dévoué à un Death Metal d'obédience typiquement américaine, aux accents sombres et torturés, et aux atmosphères lourdes et blasphématoires. Et Onward to Golgotha est le premier verset magnifique et maléfique de ce culte.

Formé en 1989 sous l'impulsion de l'emblématique John McEntee, le groupe sort deux démos autoproduites en 1990. La même année, il publie aussi un premier EP, Entrantment of Evil sur le label Seraphic Decay Records. Malheureusement la maison de disque n'est pas des plus sérieuse et peine à tenir ses engagements. Complètement désorganisée, elle presse, en effet, des opus sans artwork et oublie d'honorer certaines commandes. Furieux face à une telle incompétence, le groupe décide de signer un contrat chez Relapse Records pour nous offrir, dès 1991, un nouvel EP, baptisé Deliverance of Horrific Prophecies. Composé de deux morceaux, ce nouvel effort, est aussi le premier sur lequel Craig Pillard, remplaçant Will Rahmer, viendra déclamer les mots impies de cette entité malfaisante. Il faudra attendre 1992 pour qu'un premier véritable méfait, intitulé Onward to Golgotha, déferle sur un monde incrédule.

Dès les premières psalmodies incantatoires d'un album ténébreux, John McEntee et ses sbires hypnotisent un auditoire séduit par une noirceur aussi délicieusement épaisse et tangible. De plus, s'extrayant de la lourdeur abyssale de ce Death Metal dense, l'exceptionnelle voix de Craig émerge, telle une conjuration prophétique funeste, crucifiant superbement les derniers espoirs de rédemption d'un public conquis. Particulièrement grave et caverneux, le growl du vocaliste sied, en effet, parfaitement aux desseins macabres du quatuor.

Mais au-delà de ces allures remarquablement pesantes, dont certains aspects sont directement empruntés au Doom Metal, Incantation n'est pas avare de cette férocité chaotique si chère au Metal de la mort de ses contrées natales. Celle là même qui, en ces temps désormais lointains, stupéfiera une assemblée peu habituée et quelque peu décontenancée face à des constructions sinon hermétiques tout au moins difficile d'accès de prime abords. Mais le plaisir est à ce prix. Et quel plaisir!!!

Notons aussi que ce Onward to Golgotha est essentiellement composé de morceaux issus des premières œuvres du groupe. Seul le terrifiant Golgotha et le formidable Immortal Cessation sont de véritables inédits.

Mais inutile d'en ajouter davantage concernant les ambiances et la musique de cette album. Inutile car nul doute que des titres tels que les somptueux Devoured Death et Blasphemous Cremation, tels que les obsédants et lancinants Rotting Spiritual Embodiment et Christening The Afterbirth dont les quelques notes de claviers viennent renforcer un climat magnifiquement anxiogène, ou tels que le redoutable Profanation sauront, bien mieux que n'importe quel termes écrits, aussi judicieux fussent-il, fort de toutes les qualités décrites ici, convaincre de l'excellence de ce disque.

Parlons encore, pour terminer cette apologie à l'égard d'un ouvrage aussi fondateur, du travail de Miran Kim. Atypique, sordide, énigmatique, occulte, mécréante et visqueuse, l'image qui orne ce manifeste illustre, en effet, parfaitement l'art de cette formation. John McEntee dira même que l'artiste aura su précisément capturer l'essence de sa musique en imposant une vision infâme et paradoxalement captivante à la pochette de ce plaidoyer iconoclaste.

Difficile de conclure autrement que par un plébiscite total à l'égard d'un tel chef-d'œuvre. Et quiconque d'un tant soit peu sensé, s'intéressant qui plus est au Death Metal américains, ne pourra décemment pas faire l'impasse sur un tel monument de noirceur et de brutalité. Un album indispensable en somme.

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