Medusa

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Nom du groupe Paradise Lost
Nom de l'album Medusa
Type Album
Date de parution 01 Septembre 2017
Enregistré à Orgone Studios
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album95

Tracklist

1.
 Fearless Sky
 08:30
2.
 Gods of Ancient
 05:50
3.
 From the Gallows
 03:42
4.
 The Longest Winter
 04:31
5.
 Medusa
 06:20
6.
 No Passage for the Dead
 04:16
7.
 Blood & Chaos
Ecouter03:51
8.
 Until the Grave
 05:41

Bonus
9.
 Frozen Illusion
 05:45
10.
 Shrines
 03:59
11.
 Symbolic Virtue
 04:38

Durée totale : 57:03

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Paradise Lost



Chronique @ growler

03 Septembre 2017

« Medusa », futur classique incontournable de Paradise Lost ?

Deux ans après l’excellentissime « The Plague Within », album de Paradise Lost dont les plus « die hard » d’entre nous, avions fait le deuil et qui vit le retour aux vocaux growler de Nick Holmes, le gang d’Halifax décide à nouveau de déverser leur spleen naturel à la face de notre monde médusé, avec la publication de son quinzième album, nommé « Medusa ». Il est à souligner qu’Adrian Erlandsson a été remplacé par Waltteri Väyrynen, âgé seulement de 22 ans et qui officiait déjà derrière les fûts lors du passage des britanniques au Hellfest 2016. « Medusa », tout comme son prédécesseur, a été produit par Jaime Gomez Arellano (Ghost, Ulver, Cathedral) au Studio Orgone et, mis en image par Branca Studio.

« Medusa » s’inspire clairement de Meduse, également appelé Gorgo, qui est, dans la mythologie grecque, l’une des trois gorgones avec ses sœurs Euryale et Sthéno, mais la seule à être mortelle. Elle possède une chevelure entrelacée de serpents et ses yeux pétrifient tout celui qui la regarde. L’interprétation qui en est faite par Nick Holmes, serait que regarder Méduse dans les yeux, viendrait à accepter la laideur du monde qui nous entoure. Les thèmes qui seront abordés, tourneront autour du paganisme, des religions et ce qu’elles véhiculent et, dans une généralité, la déchéance du monde que nous avons créé et à laquelle nous devons faire face.

Tout comme Nick Holmes qui encensait « The Plague Within » avant sa sortie, Gregor Mackintosh déclarait de « Medusa » que cette nouvelle offrande est plus lente, plus boueuse, plus marécageuse et plus doom qu’auparavant, que les huit morceaux sont monstrueux, chargés de riffs et de la pire misère nordique. Tout cela fleure bon le désespoir et confirme que Paradise Lost n’a pas effectué une volte-face vers un univers pop électronique ou industriel.

« Medusa » s’ouvre sur « Fearless Sky », morceau s’étendant sur plus de huit minutes, étant donc, le plus long de toute la discographie du groupe, s’inscrivant complètement dans une veine doom puissante et poisseuse, confirmant par la même occasion, le propos du père Gregor. Ce titre plante littéralement le décor et se veut totalement sombre, obscur, emmenant d’emblée l’auditeur téméraire aux tréfonds des abîmes du désespoir où toute once de joie n’est plus. D’obédience pesant et lent, « Fearless Sky » n’est pourtant aucunement ennuyeux, grâce à un riffing puissant, une mélodie sous-jacente très addictive, une atmosphère funeste, dans laquelle un growl gras et caverneux, finira d’achever les derniers récalcitrants. Cette composition est une véritable décharge émotionnelle et s’inscrit, d’ores et déjà, comme un futur classique en puissance de Paradise Lost.

Désespéré, suicidaire, funéraire sont les maîtres-mots qui qualifient au mieux « Medusa » car, à l’instar de « Fearless Sky », « The Longest Winter », rappelant les grandes heures de Type O Negative, le morceau-titre ou « Until The Grave », sont de véritables odes à la déchéance et au désenchantement. « Medusa » (le morceau) est sinueux, vicieux et lourd, emmené par une ligne de piano entêtante et envoutante, qui peut évoquer « One Second » et, « Until The Grave » qui surprend par son harmonie mélancolique à souhait, totalement attractive. Tout comme le morceau introductif, « Medusa » et « Until The Grave » prennent vraiment aux tripes et squatteront certainement longuement les prochaines setlist de la formation.

La rythmique générale de « Medusa » est bien plus lente et lourde que sur « The Plague Within », qui avait déjà un franchi un palier en ce sens, mais également au regard de la totalité de la discographie de Paradise Lost. Pourtant, ce disque ne manque aucunement de puissance, grâce à une pléiade d’accords massifs comme sur « Fearless Sky », « Gods Of Ancient » dont le break « speedé » (toute proportion gardée) lorgne directement vers le sludge, ou encore « From The Gallows », « Until The Grave » ou « Blood And Chaos », pour ne citer que ces morceaux, cet enregistrement en est bardé, le rapprochant de « Shades Of God », qui lui aussi, était très axé sur les riffs. Les britanniques savent également accélérer la cadence, passant d’un low-tempo à un mid-tempo imposant et abrupte (« From The Gallows », « No Passage For The dead », assez proche d’un death-metal old-school, ou « Gods Of Ancient »), proposant même une composition plus accessible avec « Blood And Chaos », dont le rythme entraînant est propice au headbanging, pénétrant avec cortex pour ne plus en ressortir.

Même si cela n’est pas une nouveauté, il faut souligner l’intelligence d’écriture de Gregor Mackintosh et de Nick Holmes, personnalisant instantanément le style du groupe, qui est, une fois de plus, immédiatement identifiable, et, sachant également éviter le piège de la linéarité, annihilant ainsi, tout effet de lassitude, dont le doom est pourtant fort propice. « Medusa » ne s’offre pas aisément et se mérite, ne livrant ses multiples trésors qu’après une multitude d’écoutes assidues.

La production est bien plus cradingue qu’à l’accoutumé, avec notamment, un son de guitare bien grassouillet mais qui sied à merveille à cette ensemble marécageux où seule la basse de Stephen Edmonson se retrouve un peu en retrait. Ce constat s’amenuise lors d’une écoute au casque à fort volume et, notamment sur « From The Gallows », où elle est parfaitement audible. Les musiciens sont tous au diapason avec une section rythmique qui bûcheronnent sévèrement (le petit nouveau n’ayant rien à envier de ses prédécesseurs), le père Gregor qui distille ses harmonies typiques, mais une mention spéciale est à décerner à Nick Holmes dont le growl caverneux, qui s’avèrent plus assuré et maîtrisé, éclabousse littéralement « Medusa » de son talent. Son organe vocal glaireux, profond, au grain assez particulier, est à la fois empreint de souffrance, de rage et d’une colère latente, le bougre semble totalement habité et ajoute à l’atmosphère poisseuse et désespérée de cet album. Jetez donc vos cages à miel à ses cris growlés sur le refrain de « Fearless Sky », à la fin de celui de « Gods Of Ancient », sur le final de « From The Gallows » ou encore sur « Until The Grave » pour en être convaincu.

Il est à noter que les éditions limitées comprennent quelques bonus avec une reprise de « Frozen Illusion » issu de « Lost Paradise » mais baignant dans son jus (sans aucune production), « Symbolic Virtues », de très bonne facture, qui aurait pu figurer sur « Tragic Idol » et surtout « Shrines », qui, malgré une approche gothique plus prononcée, possède un refrain dévastateur qui filera la chair de poule à votre serviteur.

« Medusa » possède une qualité intrinsèque très élevée et, lui trouvé des griefs relève du challenge. Pour jouer les rabat-joie, je dirai que l’artwork, même s’il évoque assez clairement le patronyme de l’album, s’avère quelque peu hideux et peu encourageant, surtout au regard de celui de « The Plague Within » qui fourmillait de détails. Aussi, ce disque, qui est un véritable retour au passé, est peu accessible et demandera une abnégation auditive certaine pour pénétrer cette masse homogène mais lorsque la boite de pandore s’ouvrira, vous serez envouté par la beauté suicidaire qui émanera de « Medusa ». Pour finir, « No Passage For The Dead », malgré sa puissance, se révèlera quelconque à cause d’une ligne mélodique assez générique.

Refusant la stagnation, Paradise Lost livre, à chaque publication, une œuvre unique. Même si la différence est moindre entre « Medusa » et « The Plague Within » qu’à l’époque de « Dracanian Times » et « One Second », les anglais livrent une production qui se démarque, une fois de plus, de l’ensemble de sa carrière. Incontestable retour aux sources, « Medusa » est un album exigeant, s’apprivoisant difficilement. Passé cette difficulté, « Medusa » s’avère être un véritable guet-apens émotionnel qui ne laissera personne indemne, il s’y dégage une atmosphère lugubre, morbide et funéraire, dont le désenchantement ne lâchera plus l’auditeur, lui donnant un bourdon tenace, enrobé d’une mélancolie addictive. Après presque trente ans de carrière, Paradise Lost sait encore livrer des méfaits marquants et surprenants, ce qui est loin d’être une généralité. « Medusa » est assurément l’enregistrement le plus lent, le plus lourd et le plus sombre de la riche discographie du groupe.

« Medusa », futur classique incontournable de Paradise Lost ? Peut-être bien, le temps sera le seul juge impartial.

18.5/20

28 Commentaires

21 J'aime

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frozenheart - 16 Octobre 2017:

Un Bail que je n'avais pas écouté un album de Paradise Lost avec des titres aussi réussi, au riffs Heavy, puissants et accentués par une atmosphère aussi prenante et Funeste.

Merci, pour cette excellente chronique l'ami.

coroner - 30 Octobre 2017:

Personnellement, je trouve cet album ennuyeux à mourir. C'est vrai que je ne suis pas un fan du premier album, et je considère ce retour au chant growlé comme une régression, de la part d'un chanteur qui a su à ce point évoluer. Peut-être est-ce le moyen le plus simple d'éviter la critique, lorsque Nick Holmes ne se donne plus du tout en live. Au moins, il ne pourra pas chanter faux.

Les tempos extrèmement lents et peu variés rendent cette écoute fastidieuse. Je ne retrouve absolument pas la patte de PL, dont les riffs à deux grattes étaient caractéristiques (un thème soutenu par une harmonisation lourde). De plus, la batterie est trop présente (c'est peut-être parce que c'est le seul instrument à offrir des variations, sur ces compos), avec très peu de feeling, ce qui faisasit clairement partie du style PL, jusqu'à In Requiem. De plus, les peaux sont si détendues qu'on dirait qu'il tape sur des immensens boîtes de lessive vides.

Cet album me donne le sentiment qu'ils sont en grosse panne d'inspiration, ce qu'on peut bien leur pardonner, au regard de la carrière riche, longue et variée de ce groupe incroyable. Et ce ne sont pas des textes sombres qui me convainqueront d'une orientation artistique nouvelle...

 

Leatherface59 - 14 Janvier 2018:

Paradise Lost revient au bercail ! Alors OK, même si ce n'est pas aussi doom que Lost Paradise, quel plaisir de retrouver la voix de Nick Holmes et des riffs dépressifs à souhait. Quand je pense que j'attendais ça depuis Gothic, on ne pourra pas me reprocher d'avoir été patient laugh 

Ils auraient pu pousser le concept encore plus loin en reprenant leur premier logo présent sur "Lost Paradise" et "Gothic" pour "Medusa" smiley

vincysteria - 16 Janvier 2018:

@Coroner : Pour avoir PL en concert à Grenoble trois jours avant ton poste, ils alternent nouvelles chansons et plus anciennes de la période chant clair. Je peux te dire que Holmes ne chante pas faux. Loin de là. J'en ai encore des frissons ;).

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