Shades of God

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Nom du groupe Paradise Lost
Nom de l'album Shades of God
Type Album
Date de parution 14 Juillet 1992
Produit par Simon Efemey
Style MusicalDoom Gothique
Membres possèdant cet album293

Tracklist

Re-Issue in 1993 by Pony Canyon Inc for Japanese Release with 3 Bonustracks.
Re-Issue in 2008 by Metal Mind Productions.
1. Mortals Watch the Day 05:11
2. Crying for Eternity 07:03
3. Embraced 04:29
4. Daylight Torn 07:53
5. Pity the Sadness 05:04
6. No Forgiveness 07:37
7. Your Hand in Mine 07:06
8. The Word Made Flesh 04:40
9. As I Die 03:46
Bonustracks (Re-Issue 1993)
10. Rape of Virtue 04:49
11. Death Walks Behind You 06:30
12. Eternal (Live) 04:29
Total playing time 51:29

Chronique @ eulmatt

24 Fevrier 2008
Désormais promu comme l’une des têtes de file du doom-death anglais, Paradise Lost sort son troisième album en trois ans, qui pourrait être celui de la consécration. Fort de ses convictions, le duo Holmes-Mackintosh poursuit son irrémédiable maturation artistique, que l’on perçoit immédiatement à l’écoute de Shades of God.

Les deux premiers titres donnent ainsi la couleur du disque, se démarquant nettement de l’influence de Gothic. Très lent, toujours pesant par la grande tristesse de son atmosphère, Paradise Lost s’éloigne tout de même largement des bases death metal qui constituait jusque là ses fondamentaux. Le jeu beaucoup plus souple, heavy voire par moments rock n’roll des guitares et de la basse, ainsi que le lyrisme très seventies des soli de Mackintosh, rompt profondément avec la virulence rugueuse des débuts.

On note dans le même temps une évolution des vocaux de Nick Holmes, certes toujours gutturaux, mais évoluant vers un chant plus traditionnel, en témoigne le très lourd Embraced, qui confirme par contre que si le death metal s’est éloigné, le doom est largement mis à l’honneur. Un doom même magistral dans les longueurs presque progressives de Daylight Torn, bel exemple de l’emploi novateur du son clair des guitares, des transitions à la basse, et des constructions à tiroirs sur des titres plus longs qu’à l’accoutumée (quatre morceaux de plus de sept minutes). Le choix de la lenteur, de ces tirades de guitare issues du vieux hard des années 70, et d’une exécution instrumentale fleurant bon un feeling qui n’était pas jusque là la marque de fabrique des Anglais, voilà les ingrédients abondamment mis à profit pour faire de Shades of God le disque le plus doom de sa discographie, avec par moments une inspiration, on l’aura compris, curieusement proche de celle d’un Cathedral. C’est particulièrement le cas avec Your Hand Is Mine, mais les morceaux No Forgiveness ou The World Made Flesh ne dérogent pas non plus à cette atmosphère de plomb si particulière, même si ce dernier titre comporte un final aérien tout à fait agréable.

Paradise Lost fait toutefois preuve de variation, au travers par exemple de la rythmique massive et énergique de Pity The Sadness, qui vient remettre un peu de percutant entre deux longues séances de doom, sans toutefois faire l’économie d’un bien beau passage empli de mélancolie en milieu de morceau. Toutefois, cette nouvelle tournure musicale de Paradise Lost, si elle démontre à bien des égards une évolution technique évidente, n’est pas sans laisser de côté certains traits diablement sympathiques de Gothic. La principale perte est sans doute l’absence de cette ambiance mystique, empreinte d’une magie très austère, qui faisait pourtant la force obscure de l’opus précédent. Pour dire la vérité, la magie n’est pas complètement envolée, car il faut attendre le dernier morceau, As I Die, qui à l’instar de Gothic, est devenu l’un des hymnes les plus fameux de Paradise Lost. On y retrouve à la fois cette majesté époustouflante dans les riffs mélodiques et la beauté d’un refrain où se mêlent enfin les deux visages de Paradise Lost, mariant sa rudesse ancestrale et sa nouvelle musicalité.

Et pour prolonger le parallèle avec Gothic, As I Die est un morceau d’une telle force qu’il en occulte quasiment de fait le reste de l’album, qui ne parait pas touché par la même grâce. C’est donc avant tout comme un album de transition qu’il faut considérer Shades of God, passerelle essentielle du parcours des Anglais qui y maturent ici une évolution musicale et technique leur offrant de nouveaux horizons. Au-delà de cette transition, Shades of God constitue tout de même au passage un témoignage de la contribution la plus importante de Paradise Lost au doom metal, qui ravira les adeptes du genre.

Pour le reste, une part de l’atmosphère des débuts s’étant évaporée, un supplément d'âme manque au final pour étoffer la personnalité de l’album. Fort heureusement, cette magie réapparaîtra de plus belle dans l’album de la synthèse, le premier joyau de Paradise Lost, Icon.

7 Commentaires

13 J'aime

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BEERGRINDER - 27 Fevrier 2008: Encore un demi-classique que je n'ai jamais écouté, c'est pas évident de rien louper quand tu aimes un peu tout.

Merci en tout cas, ça m'aura éclairer un peu.
eulmatt - 04 Mars 2008: C'est souvent le mal-aimé de la vieille discographie de PL (jusqu'à Draconian Times). Ceux qui aiment le metal gothique ciselé de Icon et Draconian trouvent souvent Shades Of God trop monolithique et austère, tandis que les amateurs du doom-death des premières heures le considèrent trop "rock" et trop mou...
C'est le problème des albums de transition, parfois déroutants. Ceci dit, si on prend le temps de l'apprivoiser, ce disque laisse apparaitre de bonnes choses, surtout si on aime le doom...
steelhardos - 07 Mars 2008: Bravo pour ta chronique , tu écris très bien , j'avais l'album sur k7 et malgrès son côté hermétique et froid on prend quand même une bonne claque ! "Pity the Sadness" et "As I Die" sont mes titres préférés.
berq93 - 28 Août 2012: Un bon album,qui marque une évolution logique dans la carrière du groupe.A noter qu'à l'époque je l'avais acheté en vinyl lors d'une virée en Angleterre et que le titre le plus emblématique de l'album,à savoir "as i die" ne figurait même pas sur le premier pressage(le groupe ou la maison de disque ne le trouvaient pas terrible)et je crois même que sur la première version cd, il était en bonus track...Quand on voit que par la suite c'est devenu un des morceaux phares du groupe...
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