Infected

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Nom du groupe Hammerfall
Nom de l'album Infected
Type Album
Date de parution 20 Mai 2011
Labels Nuclear Blast
Produit par
Enregistré à Bohus Sound Studios
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album201

Tracklist

1. Patient Zero 06:02
2. Bang Your Head 03:48
3. One More Time 04:08
4. The Outlaw 04:12
5. Send Me a Sign 04:00
6. Dia de los Muertos 05:08
7. I Refuse 04:33
8. 666 - The Enemy Within 04:29
9. Immortalized 04:00
10. Let's Get It On 04:06
11. Redemption 07:02
DVD - ALL GUTS NO GLORY (LIMITED EDITION)
1. Patient Zero 06:07
2. Bang Your Head 03:54
3. One More Time 04:14
4. The Outlaw 04:16
5. Send Me a Sign 04:08
Total playing time 51:28

Chronique @ Eternalis

21 Mai 2011

L’opus le plus marquant et surprenant du groupe depuis dix ans ...

Que l’on en soit défenseur ou détracteur, l’art du classicisme, du rationalisme et d’un certain respect des cultures passées est un exercice laissant rarement indifférent.
Il a cette antinomie spirituelle, ce paradoxe conceptuel, visant à vouloir exister aujourd’hui au service d’un savoir que l’on pourrait croire perdu ou clairement désuet. Un certain nombre d’individus peut y voir un signe de respect tout autant que l’on peut y déceler une peur de l’avancée, de la création et du monde actuel.

Dans une sphère metal où les expérimentations vont à une vitesse de plus en plus folle, et où l’extrême originalité, progressivité ou brutalité atteint des paroxysmes parfois ostentatoires, ne servant que l’égo surdimensionné de musiciens perdant le fil des réalités, le classicisme divise.
Dans une sphère heavy metal que l’on dit immobile depuis des années, Hammerfall divise. Loin de groupes cherchant constamment à se renouveler tels que Blind Guardian, Angra, Iron Maiden (quoiqu’on en dise) ou encore Helloween (à l’inverse d’un Gamma Ray n’avançant plus depuis quelques années), les Suédois templiers n’ont jamais caché leur admiration sans bornes pour les grands groupes ancestraux que sont Accept, Manowar ou Running Wild.

Sept ans d'albums pour presque autant de copies les unes des autres sera-t-on tenté de dire avec une pointe de mauvaise foi, de jalousie dirait Joachim Cans, chanteur vétéran de la formation lorsqu’on l’interroge sur l’absence de prise de risque d’HammerFall depuis des années.
Car, il est désormais loin le temps où l’impact d’un "Glory to the Brave" traumatisa l’ensemble de la scène heavy underground alors à l’agonie au milieu des années 90.
Pourtant, les choses semblent si différentes à l’écoute de ce huitième album…que dire tout d’abord de cet artwork qui, pour la première fois en quinze ans de carrière, ne présente pas le célèbre Hector et son marteau nordique ? Que cette main cadavérique cherchant vainement à survivre dans l’espace « infecté » se rapprocherait peut-être plus d’un combo comme Cannibal Corpse que celle d’un groupe de true metal.

Et lorsque "Patient 0" retentit, ce sont avec de grands yeux qu’il est accueilli. Des samples narrant des hurlements d’aliénés, un riff lourd à souhait, une base rythmique en béton faisant oublier la mollesse affligeante présente sur "No Sacrifice No Victory" (plus proche de Lordi que de Manowar…) et surtout des riffs parfois purement thrash qui surprennent par leur agressivité et leur impact. Et si Joachim reste dans des tonalités vocales bien connues, Oscar Dronjak s’est littéralement lâché et balance dès ce premier morceau un solo au tapping d’une fluidité et d’une vélocité très « Hansenienne ». Et "Bang Your Head" suit la même trame avec ce riff à la "Metal Age" et surtout des rythmiques de tueurs servant merveilleusement un Anders Johansson plus inspiré que jamais derrière sa batterie.

Hammerfall semble revivre et ce regain de forme se traduit par des structures moins conventionnelles et surtout une rage que l’on n’avait pas entendue depuis "Crimson Thunder". Il n’y a qu’à prendre "Dia de los Muertos" pour s’en convaincre, tant les Suédois fusillent l’auditeur de multiples riffs tous plus tranchants les uns que les autres, tout en évoluant à un niveau technique largement supérieur. Et lorsque vient le solo, Oscar nous fout encore complètement sur le cul avec un tapping furieux comme nous n’en avions encore jamais entendu venant de lui.

Il sera également notable de relever les intitulés des morceaux, étrangement bien plus sombres et agressifs que par le passé. Moins pompeux également.
Malheureusement, "Infected" n’en est pas pour autant le chef-d’œuvre absolu que ces compositions pourraient le laisser penser. Effectivement, le groupe retombe dans ses lacunes avec un "One More Time" soporifique et inutile à souhait (et officiant en tant que single qui plus est…), parsemé de pauses abruptes qui feront probablement la joie des fans pendant les concerts mais semblant véritablement impromptus en studio (des blancs purs de deux secondes). "666 – The Enemy Within" souffrira par l’intervention de claviers peu supportables malgré un excellent refrain, à l’instar d’un "The Outlaw" ravageur et efficace, qui porte la marque HammerFall de tout son être sans pour autant en pâtir.

"Redemption" terminera le disque avec brio, en s’ouvrant une nouvelle fois sur une ligne de claviers, mais ici à tendance néo-classique à la Nightwish ou Children of Bodom, avant d’entendre débouler un énorme riff rouleau compresseur s’accompagner de sonorités électroniques surpuissantes. Joachim démontre tout son talent (comme souvent sur les longues compositions), avec plus d’émotions que précédemment, notamment lors des passages intimistes peuplant le morceau, entre les explosions volcaniques de ces claviers cybernétiques venant d’une rencontre extra-terrestre. Pourtant, la recette fonctionne et on regretterait presque que ces prises de risques ne soient que si épisodiques, même si le résultat global ne s’en retrouve que supérieur.

"Infected" sonne, au final, comme un disque de transition. Celui d’un groupe ayant pris conscience de se trouver au fond de son propre créneau musical, et ayant eu le cran d’ajouter quelques expérimentations, de se remettre en question et d’ajouter une grande dose de fraicheur dans sa musique autant que sa production (HammerFall n’a jusque ici jamais eu un son aussi tranchant et cru). L’album n’est pas parfait car garde encore quelques traces d’erreurs passées, mais se veut tout de même être l’opus le plus marquant et surprenant du groupe depuis dix ans. HammerFall redonne espoir à toute une scène, et à ses propres admirateurs. C’est à l’écoute de tels albums que l’on ne peut que penser : et si le meilleur était encore à venir ?

23 Commentaires

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St_Camber - 28 Août 2012: Alors je ne suis pas un grand fan intégriste d'Hammerfall, mais j'aime bien leur style.

C'est vrai qu'ils tournaient un peu en rond depuis quelques années.
Il était grand temps pour ce grand groupe de s'aventurer hors des sentiers qu'ils ont battu pendant 15ans. Ils les ont d'ailleurs tellement battus que c'en devenait étouffant (la poussière tout ça) (ok je sors).

Et cet album amène la fraicheur tant attendue. Oui, c'est vrai qu'on sent les inspirations d'Iron Maiden, Saxon.... et j'en passe, mais ya du changement, et le son est bon. Alors pourquoi râler ?

Il me plait bien moi cet album. Pour une fois peut être que je vais pouvoir écouter un album d'Hammerfall 2 voire 3 fois de suite sans être saoulé.

Bref, je sais pas pourquoi j'écris tout ça puisque les critiques positives pour l'album reçoivent un paquet d'avis négatifs et finissent cachés :P

Encore merci Eternalis pour ta chronique qui m'a une fois de plus amené à l'écoute d'un album :)
electriceye - 05 Septembre 2012: AHHHH mon dieu que ca fait plaisir qu'ils sortent de leur bulle epico heroique fantasy ou je sais pas quoi .Apres 14 ans maintenant quils nous repondé a chaque album une continuité un bonus de "legacy of the kings" ils ont su trouver une cassure!!! ca n'annonce que du bon
keketomax - 22 Novembre 2012: Un album parfait.
MikeSlave - 14 Fevrier 2013: Surpris par ce disque. Vraiment agréable. Pas un must-have mais un disque honnête de heavy metal.
Merci pour ce papier objectif et pour ton  analyse.
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Chronique @ dark_omens

28 Août 2014

Indiscutablement étonnant...

L'imperfection la plus communément reprochée aux Suédois d'Hammerfall est de toujours se complaire dans une expression Heavy Metal invariablement semblable. Les détracteurs les plus farouchement opposés à cette formation n'ont d'ailleurs de cesse de considérer cette constance similarité, entachant l'oeuvre de ces nordiques album après album, comme une honteuse difformité.

Nul doute alors qu'à l'aube de ce Infected, huitième album de ces Suédois, ces contradicteurs aveuglés et rendus sourds par ces a priori, auront tôt fait de condamner, une fois encore, ce groupe à une opprobre railleuse. Et ce, sans même avoir daigné s'intéresser un tant soit peu à ce nouveau travail. Le procédé consistant à juger sans même avoir écouté est arbitraire puisqu'il condamne de manière unilatérale l'ensemble des œuvres d'Hammerfall alors que s'immergeant attentivement en elles, on découvre, bien évidemment, que chacune recèle de qualités et de défauts. Mais il sera ici bien plus inique encore car il se pourrait bien que les vils opposants soient démentis concernant l'argument de la constante similitude de l'expression musicale de cette formation. Si une telle affirmation aura trouvé en vous l'écho d'une saine curiosité à l'égard de ce Infected, alors l'objectif est assurément atteint.

Mais cessons donc d'entretenir ce suspense insoutenable. Oui, ce nouvel album d'Hammerfall s'éloigne, enfin, de ces terres mornes, et toutes identiques, sur lesquelles le groupe a tant erré et sur lesquelles, sans ce sursaut salutaire, il aurait fini, sans doute, par être enterré par l'indifférence cruelle d'un auditoire désinvolte et versatile.

Le premier indicateur de ce changement s'exprime au travers de la pochette. Alors qu'autrefois le groupe aura inlassablement privilégié un artwork guerrier, quelque peu caricatural, sur lequel trônait souvent sa mascotte Hector le paladin, ou du moins son évocation; voilà que ce plaidoyer se voit affublé d'une imagerie des plus troublantes. A dominante sombre et écarlate, on peut y distinguer une main frappant, semble-t-il, désespérément sur une vitre dont on aperçoit les premières fêlures. Maculé de sang dégoulinant sur tout le pourtour de la représentation graphique, le patronyme de la formation s'y inscrit en un rouge équivoque. Le résultat est assurément saisissant.

Ce premier trouble ne peut être qu'anecdotique. Indubitablement il traduit une volonté claire de la part de Joacim Cans et de ses comparses. Et dès les prémices de ce premier titre, Patient Zero, le constat est exaltant, évident, sublime. Hammerfall a changé De cette première salve aux passages lourds, pesants et fiévreux avant que la délivrance d'une partie plus traditionnelle ne nous soulage puis que le retour de la lourdeur ne nous terrasse à nouveau, le groupe nous laisse entrevoir une noirceur fortuite et délicieuse. Ce titre remarquable ainsi qu'I Refuse apparaît comme le plus caractéristique de cette ténébreuse volonté trouble. Mais aussi le plus profondément enfui au cœur de cette obscurité.

Au-delà de l'opacité atypique de ces deux morceaux, Hammerfall aura su composer des titres plus proches de son identité coutumière, non sans les avoir agrémentés, eux aussi, de certains riffs, de certaines mélodies plus sombres. Citons donc le très bon One More Time et ses airs pesants avant qu'un break au piano ne vienne joliment nous sauver de ce délicieux accablement qui viendra finalement nous achever, à nouveau. Evoquons encore Immortalized, The Outlaw mais aussi, par exemple, Dia de los Muertos au final remarquable.

Parlons encore de Redemption et de certains de ses passages précédés de claviers nerveux presque Techno, avant qu'un superbe refrain dont le groupe a le secret ne nous séduise. Le solo aux préambules inhabituellement dissonants de ce titre est, lui aussi, très inhabituel.

Dans ce déluge de teintes nouvelles, seuls les trop académiques Bang your Hand, Let's Get it On, ainsi que la ballade Send Me a Sign, apparaissent comme peu convaincants.

Cette volonté de se renouveler est louable, mais il n'est pas nécessairement acquis qu'elle sera saluée par tous.

Quoi qu'il en soit, ne se délestant jamais de son identité propre forgée aux fers rougis d'un Heavy Metal traditionnel, Hammerfall nous propose, enfin, des nuances, certes, sombres mais bienvenues. Le résultat est indiscutablement étonnant, indiscutablement intéressant, indiscutablement troublant, indiscutablement obscur et, selon votre modeste serviteur, indiscutablement réussi.

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MOONRAY - 29 Août 2014: Belle chronique, merci. Ta conclusion reflète parfaitement ce que j'ai ressenti à l'écoute de cet album que j'ai beaucoup apprécié. Entendre une fois "one more time', c'est l'assurance de l'avoir en tête pendant toute la journée.
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