Decadent

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
16/20
Nom du groupe UDO
Nom de l'album Decadent
Type Album
Date de parution 23 Janvier 2015
Labels AFM Records
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album72

Tracklist

1.
 Speeder
 03:44
2.
 Decadent
 04:49
3.
 House of Fake
 04:25
4.
 Mystery
 04:35
5.
 Pain
 05:10
6.
 Secrets in Paradise
 05:00
7.
 Meaning of Life
 04:33
8.
 Breathless
 05:19
9.
 Under Your Skin
 04:22
10.
 Untouchable
 05:09
11.
 Rebels of the Night
 04:40
12.
 Words in Flame
 07:35

Bonus
13.
 Let Me Out (Digipak and Vinyl Editions)
 
14.
 Shadow Eyes (Digipak and Vinyl Editions)
 
15.
 Fallen Angels (Japanese Edition)
 

Durée totale : 59:21


Chronique @ dark_omens

13 Janvier 2015

Je suis Udo...

En faisant un petit bilan succinct d'une année 2014 achevée, force sera de constater à quel point elle aura été particulièrement riche, et réussi, pour nos amis Allemands. Pour s'en convaincre il nous suffira de citer, par exemple, des albums tels que celui des Saxons de Panzer, (un disque soit dit en passant vraiment, mais vraiment, réussi, qui aura laissé quelques traces dans les esprits de ceux qui, comme votre humble serviteur, auront été incontestablement conquis par celui-ci) ou encore tels que celui d'Accept qui même s'il n'aura pas séduit unanimement les foules n'aura pas fondamentalement divisé celles-ci non plus. Nul doute que cet enchaînement favorable constitue le contexte idéal pour la sortie du nouvel, et énième, album du plus fameux chanteur de Heavy Speed Metal de ces contrées teutonnes, à savoir Udo Dirkschneider. Un opus répondant au nom de Decadent.

Commençons donc par dire quelques mots sur la pochette de cet opus que certains trouvent étranges et que d'autres, quant à eux, trouvent carrément hideuse. Cette représentation, cultivant les clichés, et accusant un faux air de famille avec celle du Dirty Rotten Filthy Stinking Rich de Warrant, est curieuse. Chacun jugera en son âme et conscience.

Au-delà de ce premier constat, il nous faudra en faire un autre pas nécessairement plus réjouissant. Si ce Decadent démarre sur un Speeder fort sympathique où, une fois n'étant pas coutume, le grand Udo nous enchante de sa voix délicieusement éraillé servis par un Heavy Metal classieux et réjouissant, bien vite, malheureusement la machine se grippe. Decadent, House of Fake et Mystery sont autant de titres pourvus d'une noirceur et d'une lourdeur pas nécessairement des plus convaincantes. En outre ils laissent apercevoir certains passages qui feront nécessairement naître, dans l'esprit des plus sceptiques dont, bien évidemment, votre humble serviteur fait indéniablement partis, ce sentiment pernicieux de "déjà entendu" un peu désagréable.

Un Pain aux riffs nous conduisant tout droit sur les chemins de ces terres archiconnues, aux refrains bien trop mélodiques et au break certes sympathique mais nettement insuffisant à nous convaincre, mais aussi un Breathless aux méandres à la musicalité facile et proprement embarrassante, ne sauraient, quant à eux, inverser la tendance.

Pas plus d'ailleurs que ce Secrets in Paradise, résultat de cette tradition que désormais le sieur Udo s'acharne à respecter consistant à composer des ballades particulièrement émouvantes. Si, par le passé, le vocaliste avait excellé dans l'exercice nous gratifiant de quelques titres remarquables tels que, par exemple, pour ne citer qu'eux, the Healer (Solid (1997)), I Give As Good As I Get (Rev-Raptor (2011)) ou encore tels que le surprenant Heavy Rain (Steelhammer (2013)), on ne peut pas dire que cette chanson soit ici à même de réitérer un tel exploit tant elle est convenue et moyenne.

Le reste de ce nouveau méfait sera, quant à lui, plus homogène nous offrant un plaisir certain (Meaning of Life, Under your Skin, Rebels of the Night, Words in Flame, Untouchable ou encore Breathless malgré son refrain un peu trop mélodique).

Notons aussi une certaine défaillance au niveau des breaks qui s'évertuent à instaurer souvent, pour ne pas dire toujours, le même climat alors qu'une certaine diversité (anxiété, lourdeur, simple changement de rythme...) eut été plus souhaitable. Cette faiblesse qui, reconnaissons-le, ne sera pas de nature à condamner cette œuvre à l'échafaud, loin s'en faut, aura, tout de même, le fâcheux inconvénient de nous donner l'impression d'entendre, souvent, le même passage au gré des titres qui s'égrènent ici. Dommage.

Un disque en demi teinte donc que ce Decadent. Un opus dont il ne restera, au final, que peu de chose entre ces pistes ratées et les autres qui, bien que plaisantes, ne pourront, cette fois-ci, pas se départir totalement de ce traditionalisme handicapant. Le conformisme est nettement moins avéré quand le vernis de l'inspiration et de l'efficacité le recouvre un tant soit peu. Ce qui, vous l'aurez bien compris, n'est pas vraiment le cas ici. Du moins pas suffisamment.

12 Commentaires

13 J'aime

Partager

dark_omens - 17 Janvier 2015: Je ne suis pas un grand grand fan de Rev-Raptor que j'avais trouvé un peu mou du genoux à sa sortie. Par contre j'avais adoré le Steelhammer. Et ce Decadent est clairement moins bon...Nettement moins bon...
ELECTRICMAN - 07 Mars 2015:

Fidèle auditeur d'UDO depuis 1987, je ne suis pas déçu par cette fournée 2015. J'annonce la couleur, pour moi "TIMEBOMB" est un raté (tant la production faiblarde anéantit les quelques bonnes idées) et "man & machine" truste la pole position devant "holy" et "mean machine"). Cela signifie que "breathless", qu'un Accept des grands jours n'aurait pas reniait, que les nerveux "speeder", "meaning of life", "under your skin", "rebels of the night" et que le heavy "pain" sont fait pour moi. Si l'on considère que "decadent" et "secrets in paradise" participe à varier les plaisirs, les faux pas sont rares ("untouchable" & "let me out" entendus des dizaines de fois, "house of fake" et "mystery" d'une noirceur en décalage avec le reste de l'album et l'absence de "shadow eyes", pourtant un excellent titre, sur l'édition normale). Aucune innovation à attendre ici, l'efficacité prime comme à chaque fois. On ne sait plus si c'est une force ou une faiblesse car lorsque un groupe stagne il se fait défoncer, et s'il innove le traitement est le même. Vous l'aurez compris, moi j'aime.

 
phantasmagoria - 15 Mars 2015: Il restait sur 2 albums assez moyen "steamhammer" et "rev raptor".Là je trouve que c'est du très bon udo, les 2 nouveaux gratteux apporte énormémément niveau mélodique.Le meilleur opus depuis timebomb.Le petit hurleur revient dans la meme division qu'ACCEPT avec cet album.
ELECTRICMAN - 10 Novembre 2021:

pour ceux qui ne connaissent pas "shadow eyes", titre bonus, que je trouve très bon.

    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Chronique @ frankhammer

01 Septembre 2015

Decadent colmate les brèches et renforce l'émail dentaire.


Et un petit quinzième pour UDO!
15 albums, mazette...

26 si on ajoute les 11 avec Accept. Je sais pas pour vous, mais perso ça me colle une (voire deux) once de respect pour le papa Dirk-brailleur. Plus de 3 décennies à servir le Heavy Metal (Udo a commencé en 1979 avec Accept), franchement ça force le respect. Quantitativement parlant, bien entendu.

"Et qualitativement ?" Ne manqueront pas de demander certains. Ho! Si on parle d'excellence, le petit Germain et sa bande l'ont pondu à maintes reprises : (Faceless World, Holy, Man and Machine, Mastercutor). Le moyen-médiocre aussi : (No Limits, Mission N° X). Entre les deux, on trouve une pléthore de bonnes galettes qui, si elles ne dépassent pas la stratosphère, ont quand même assez d'altitude pour vous faire passer un agréable voyage (Mean Machine, Solid, Thunderball, Rev-Raptor, Steelhammer). Bref, les hauts et les bas classiques d'un artiste qui a su durer dans le temps. Pour tous ces bons moments, Merci UDO!

Voilà, l'introduction étant passée, on peut attaquer le plat principal. Le petit dernier de la couvée est-il une bonne cuvée ? Les poncifs qu'on attribue à UDO habituellement sont-ils toujours d'actualité ? Du genre : "Udo fait du Udo", "les fans aimeront", "Du bon heavy qui ne révolutionne pas mais qui fait le job", blablabla...

Oui, oui, oui... On peut dire tout ça. Je ne sais même pas trop pourquoi on le dit encore, tellement c'est évidement. Prenez n'importe quelle autre introduction d'une chronique d'UDO et transposez-là ici. Elle fera l'affaire. Qu'on le dise d'entrée, Decadent est un album qui a la mâchoire carrée et puissante (comme la sale gueule sur la pochette). Ça faisait un petit moment que le groupe ne m'avait pas scotché de la sorte, depuis Holy et Mastercutor en fait. Si le sympatoche Steelhammer souffrait de quelques failles, Decadent colmate les brèches et renforce l'émail dentaire.

Franchement, allez-y sans hésiter. Le petit dernier vous foutra les crocs (c'est bien le cas de le dire),et je crois sincèrement que les deux nouveaux guitaristes y sont pour quelque chose : ce feeling très 80', ces riffs Solides, ces solos pas piqués des vers (de terre), il y a un petit plus qu'à l'époque Kaufmann / Gioanola, c'est certain. Que l'on ne se méprenne pas sur mon discours, j'ai énormément de respect pour les deux anciens qui avaient une patate d'enfer. Pour les avoir vus sur scène, les mecs faisaient plus que le job : ils vivaient la musique, sourires aux lèvres. Et eux aussi ont pondu leur lot de bonnes idées en studio. Mais, on est bien obligé d'admettre que le Russe Andrey Smirnov (à la tienne) et le Finlandais Kasperi Heikkinen assurent méchamment !

Et pourtant, ça ne commençait pas de la meilleure des façons. Quand "Speeder" a lancé les hostilités, j'étais pas du tout emballé, mais alors pas du tout. La chanson n'est pas mauvaise, mais trop quelconque, trop cliché, trop entendue (dans la famille des "Speederie", "Speed Demon" de Dominator était franchement meilleure). Commencé avec un pétard mouillé, j'étais parti sur l'idée que cet album me collerait une dépression aux fesses qui durerait jusqu'au prochain opus.

Mais voilà...

Le morceau éponyme s'est pointé : Decadent et moi, on s'est réconcilié. Le titre était connu d'avance, mais le sentir débouler avec sa teinte groovy et sombre, au discours social sacrément cynique, ça a fait son effet. Pas besoin de partir sur les chapeaux de roue pour taper fort : le rythme est lent mais lourd, calme mais assuré, la hargne qu'inspire la noirceur du propos est là. UDO en a gros et ça se sent. Mais il va en falloir un peu plus pour nous convaincre. Après tout, c'était le morceau de promotion, normal que la qualité soit au rendez-vous.

Un autre marqueur de qualité qui ne trompe jamais est la propension qu'on a à appuyer sur "Replay" après avoir découvert une chanson. Autant dire que la première fois, j'ai presque écouté l'entièreté de l'album à plusieurs reprises. Exit "Speeder" donc, et bienvenus les brûlots métalliques ! UDO a pris soin de varier les plats et on se régale. Du balèze qui martèle ? On vous livre ça par trans-palette : Un "House of Fake" et son refrain béton, des "Meaning of Life" et "Under Your Skin" rapides, mélodiques et puissants, et le mid-tempo "Untouchable" et son rythme martial qui frappe dur !

Mais pas que...

Parce que côté 80' mélodique avec refrains-qui-font-mouche-en-veux-tu-en-voilà, on a aussi du mémorable : "Pain" et "Breathless", avec lesquelles UDO nous fait une marche arrière renouant avec les mélodies proprement hard-rock de ses premiers albums. On sent la patte et la passion qu'ont Smirnov et Heikkinen pour cette période du Heavy. Grand bien leur fasse, cette touche ne pouvait que servir au mieux la voix de notre blondinet hurleur.

"Mystery" remporte la palme de la "légèreté bizarroïde" : son côté kitch rappellerait presque l'ambiance des animations de Tim Burton. La composition est assez originale, et se marie bien avec ce rythme lourd dont le style évoque le morceau éponyme de l'album. Si on ne fait pas l'erreur de tout prendre au sérieux, "Mystery" est assez drôle et plutôt prenante. Je ne comprends d'ailleurs pas le tir groupé qu'a subi ce titre dans les chroniques que j'ai pu lire ici et là. Quand "UDO fait du UDO", "c'est bien mais lassant". Et quand UDO s’essaie à un peu d'originalité, "UDO est à la ramasse"...

Mais ne surenchérissons pas à outrance. L'album n'évite pas les baisses de régime. Ainsi, "Secrets in Paradise" fait vraiment pâle figure face aux autres ballades du groupe (par exemple "Cry Soldier Cry" du pourtant médiocre Mission n°X, ou "One Lone Voice" sur Mastercutor, voire "I Give As Good As I Get" de Rev-Raptor). Poussive et ne marquant que peu les esprits, elle ne tient même pas la route face au dernier morceau de l'album, "Words in Flame", qui est vraiment prenant. Ses orchestrations sont très bien placées et l'ambiance est bien là.

Hélas, once again, nous n'éviterons pas non plus les remplissages. Aux côtés du pas-inoubliable "Speeder", on peut mettre un "Rebels of the Nights" pas super folichon (refrain lourdaud et bancal). Ça se laisse poliment écouter, on passe un bon moment mais l'accroche n'y a pas été aussi travaillée que sur un "Meaning of Life". En même temps sur 12 titres, difficile d'être systématiquement au top.

Pas grave, il reste 10 titres qui arrachent et qui mettront tous le monde d'accord. Decadent a fait plus de temps dans mon lecteur que les Stalingrad et Blind Rage de qui-vous-savez, c'est dire ! 17/20, c'est mérité.

Rendez-vous dans 2 ans !

1 Commentaire

4 J'aime

Partager
ELECTRICMAN - 06 Septembre 2015: Je suis plutôt d'accord avec toi, UDO nous propose en 2015 un excellent disque (je l'ai d'ailleurs noté 16) et les nouveaux gratteux n'y sont pas pour rien. Précisons que la production est également de qualité, puissante et claire, moins froide qu'à l'époque de Stephan. Dommage d'avoir placé "Speeder" en introduction car comme tu le soulignes sa fadeur ne donne pas envie d'aller plus loin dans la découverte de l'oeuvre si l'on n'est pas fan du germain.
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire