Mean Machine

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16/20
Nom du groupe UDO
Nom de l'album Mean Machine
Type Album
Date de parution 10 Janvier 1989
Labels RCA
Enregistré à Dierks Studios
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album164

Tracklist

Re-Issue in 2013 by AFM Records
1.
 Don't Look Back
 03:11
2.
 Break the Rules
 04:00
3.
 We're History
 03:30
4.
 Painted Love
 04:57
5.
 Mean Machine
 03:53
6.
 Dirty Boys
 03:47
7.
 Streets on Fire
 03:50
8.
 Lost Passion
 04:10
9.
 Sweet Little Child
 04:48
10.
 Catch My Fall
 03:55
11.
 Still in Love with You
 00:49

Durée totale : 40:50


Chronique @ largod

22 Avril 2014

Lourd comme la plume

Qu’est-ce qui pèse le plus lourd ? Un kilo de plumes ou un kilo de plomb ? Comme beaucoup, vous avez du certainement tomber dans le panneau.
Qu’est-ce qui ressemble le plus à un album d’Accept ? Un album d’U.D.O ? Comme beaucoup, vous devez sans aucun doute grincer des dents à l’idée de cette comparaison pour le moins évidente voire trop facile. Et pourtant.
D’entrée de jeu, Udo Dirkschneider annonce la couleur en figurant, tout d’argent et de métal recouvert, au recto de la pochette du second album de son groupe U.D.O, telle une icône, véritable tête de gondole pour ses jeunes protégés. On notera aussi le « very special thanks » à Peter Baltes et Stefan Kaufmann sur les habituels crédits intérieurs. Tiens donc, les ponts ne sont pas coupés ? Les recettes de base ont scrupuleusement été suivies avec Mark Dodson à la production et les Studios Dierks comme lieu d’enregistrement de cette galette sortie pour les étrennes de 1989.

Bicentenaire de la Révolution Française oblige, U.D.O ne change rien à ses habitudes toutes germaniques : du lourd, du massif, pas trop de mélodie sirupeuse mais de la musicalité virile. On garde à l’esprit le génome d’origine d’Accept et on ne renie pas ses convictions. N’avait-il pas dit lors de son départ en 1987 : « Le problème remonte à la période Metal Heart, pour être précis. Chacun a pu noter une orientation plus mélodique chez Accept. Le groupe voulait à tout prix composer des titres plus FM. Cela posait un grave problème en soi : j'ai ma voix et je ne peux en changer. Je ne pouvais pas me limiter à du matériel trop léger. Il me fallait du vrai heavy, quelque chose d'agressif qui corresponde à mon timbre. C'est un problème vocal : je ne peux chanter que sur du hard avec juste un peu de mélodie, pas trop, comme c'était en train de le devenir. » Compris les gars ? Ne vous attendez pas à la légèreté de la plume mais pensez plutôt à ne pas vous prendre l’enclume sur le pied…

Côté vocaux, Udo a tenu sa parole. Le timbre du nain chantant n’a jamais été aussi nasillard et clair à la fois. Fort en coffre, il nous gratifie de puissantes envolées bien loin des habituels castras à la voix haut perchée, si en vogue à cette époque dans de nombreux groupes. Mention particulière à son interprétation de crooner heavy aux teintes chaudes et rauques sur la power-ballade « Sweet Little Child ». Posée sur un lead de piano joué par Oliver Heu?, cette chanson transpire d’émotion soulignée par des interventions aériennes des guitares électriques toute en finesse. Pour le reste, la bête de scène vêtue de son indispensable tenue camouflée rugit avec force et plaisir, à nouveau en phase avec lui-même. Il s’appuie sur des chœurs imposants et des refrains énergisants et taillés pour être repris par un public conquis, même si on regrettera celui de « Catch my fall » par exemple, qui à grand renfort de grosses ficelles parvient à louper sa cible.

La paire de guitaristes Mathias Dieth et Andy Susemihl rend une copie Solide en matière de riffs abrasifs et explosifs. Plus discrets parfois sur certain solo comme « Don’t Look Back » le seul véritable morceau speed de l’album (mais quel titre !), leur association digne de Tipton-Downing fait mouche sur un « Break the Rules », lourd et malsain, sec et nerveux comme aux meilleures heures d’Accept. Avec ses faux airs de « Balls to the Wall », les duettistes se rattrapent sur « Streets on Fire » et son double soli magique et son ambiance Heavy parfaitement maitrisée. L’esprit de Joan Jett plane sur le thème de « We’re History », bien vite remis en perspective par une accroche de lead bien plus heavy et un refrain porté par les chœurs et la voix rageuse d’Udo.
Les duettistes excellent sur les up-tempi comme le bijou « Painted Love » au refrain sans faille et sa robe de riffing moderne et en distorsion, saupoudrée de soli vengeurs. Distorsion à nouveau sur le massif « Dirty Boys » à la fière allure et au refrain qui repart sabre au clair dans une débauche de décibels. « Dirty boys always on the run, until 6 o’clock in the morning » hurle Udo pendant que ses jeunes six-cordistes taillent la route avec conviction. Ces derniers paraphrasent Jake E Lee sur le riffing du dynamique et alerte « Lost Passion ». Encore une belle touche d’originalité et de musicalité sur ce titre, notamment la partie en soli pleine de feeling. Dieth et Susemihl utilisent un poil plus d’effet sur le title-track « Mean Machine », big rock sévèrement burné sur lequel l’apport de sonorité électro-synthétisée ne nuit pas.

Le travail des guitares est rendue d’autant plus facile que la section rythmique qui officie derrière ne fait pas dans la dentelle.
Stefan Schwarzmann bastonne en règle (« Don’t Look Back », « Break the Rules », « Painted Love », « Dirty Boys ») pendant que Thomas S. comme Smuszynski fait preuve d’un groove de porte-avions à de maintes occasions (“Break the Rules”, “Painted Love”, “Mean Machine”, “Lost Passion”). Dommage d’ailleurs que « Catch my Fall » ne bénéficie pas d’un refrain moins bateau, car la ligne de basse de terrassier mérite une écoute attentive. Un tel attelage basse-batterie permet d’envisager l’avenir avec sérénité et confiance. Métronomique comme la bande d’en face, la comparaison avec Peter Baltes et Stefan Kaufmann tombe sous le sens. On a connu plus mauvaises influences.

Si vous n’avez pas pris l’enclume sur le pied, replongez-vous sur ce second épisode des aventures de l’un des chanteurs les plus charismatiques de la scène heavy-metal européenne et mondiale, monsieur Udo Dirkschneider. Fier et traditionnel, il portera jusqu’à son dernier souffle l’étendard d’une musique rebelle à laquelle il dédie toute sa vie au risque d’y laisser quelques pans entiers de sa santé.
Respect, chapeau bas à un artiste honnête et fidèle qui ne se prend pas pour une star aux exigences aussi farfelues que la plume que certains portent en leur séant mais qu’il sait désormais peser aussi lourd que le plomb.


Didier – avril 2014
Sometimes I remember my life
The wheels been spinning so long
So many years have passed me by
And the feelings are still running so strong

8 Commentaires

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MarkoFromMars - 23 Avril 2014: Merci pour la piqûre de rappel, Didier. Ça fait un bail que je n'ai écouté les 3 premiers UDO. A remédier rapidement.
largod - 23 Avril 2014: Ravi de vos commentaires. Petit écart facial Olivier, qui se rattrapera sans déchirure. Au plaisir de te lire Jocelyn dans quelques temps, cet album le mérite. En effet, Dieth fait partie des bonnes gâchettes teutonnes. Il est loin du copiage stérile. A se remettre entre les oreilles les amis
scotch - 23 Avril 2014: Tout est bon dans l'teuton!! Tout ou presque ... en tout cas cet album là fait partie des bons crus pondus par Udo. Merci pour cette chronique !!
samolice - 23 Juin 2014:

Bien d'accord avec toi Didier sur le côté "I love rock n roll" de We are history. Je me suis fait la même réflexion à l'écoute et sans me souvenir de ta chro.

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