No Limits

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Nom du groupe UDO
Nom de l'album No Limits
Type Album
Date de parution 20 Avril 1998
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album91

Tracklist

Re-Issue in 2013 by AFM Records
1. The Gate 00:52
2. Freelance Man 04:24
3. Way of Live 04:50
4. No Limits 03:59
5. With a Vengeance 05:26
6. One Step to Fate 05:11
7. Backstreet Loner 03:31
8. Raise the Crown 04:06
9. Manhunt 04:17
10. Rated X 03:58
11. Lovemachine 05:26
12. I'm a Rebel 02:21
13. Azrael 05:32
Bonustracks (Re-Issue 2013)
14. No Limits (Live) 04:11
15. The Key 04:09
16. Azrael (Remix) 05:31
17. Rated X (Demo) 03:06
18. Tough Luck (Demo) 02:39
Total playing time 53:53

Chronique @ frankhammer

06 Décembre 2012

Un bon album de UDO, mais assez convenu. Un peu trop peut-être...

Pondu un an à peine après Solid en 1997, le moins que l'on puisse dire c'est qu'avec ce No Limits, Udo avait décidé de mettre un grand coup d'accélérateur pour débuter cette reformation du groupe. Désir de rattraper un hypothétique temps perdu? Volonté d'oublier rapidement les dernières expériences "Accept-iennes" des années 90 qui furent peu à son goût? Envie d'en découdre? Les théories sont ouvertes et vos suggestions (même les plus farfelues) sont les bienvenues.

Toujours est-il que notre "grand" copain en treilli militaire n'a pas troqué ses bottes de combat pour des tongues de vacance. 'Croyez quoi? Que l'escouade UDO c'est l'genre à se foutre les doigts de pied en éventail, sous le soleil d'Espagne? Que nenni. C'est dans leur vaisseau de guerre et l'arme à la main qu'ils reviennent sur ce terrain graveleux! Ce champs de roche, d'acier et de poussière sur laquelle résonne les incessantes ondes métalliques.

Tranchantes, implacables, continuelles.

- Arrivée du No Limits imminente! Prière d'attachez vos ceintures et de finir vos bières (allemandes). Le débriefing aura lieu séance tenante après l'atterrissage. Alors traînez pas, bande de phoque!

C'est dans un vacarme ravageur que le navire de combat se pose. Le paysage est désertique, mais l'atmosphère tape dur. Pas un coin pour les branquignoles. Les deuxièmes pompes sortent en rangs par deux et se regroupent autours du sergent-chef. Vue d’extérieur, le No Limits a l'air d'avoir morflé. Certes, il a conservé sa silhouette fière, élancée et prompte à déchirer l'espace-temps. Mais il reste difficile de ne pas y voir les impactes et les gnons qu'il a prit dans le ventre. Non vraiment, il était temps de reposer pieds à terre.

- Soldats! Notre expéditions n'a pas été de tout repos! Et si le bilan n'est pas noir, on ne peut pas non plus dire que ça brille du plus bel éclat. J'en attendais un peu plus de votre part!
- Mais monsieur, on a pourtant tout donné...
- SILENCE! C'est qui l'sergent? C'est toi l'sergent, ou c'est moi?
- Vous, sergent.
- Affirmatif! Quand tu seras sergent, tu "sergenteras". Pour l'instant tu la fermes.

...Reprenons!

No Limits, c'est ça : un bon album de Heavy Metal, dans la pleine continuité de Solid, mais archi convenu et un peu cabossé par endroit. Ô certes, le labeur fournit a son lot de qualité. Le problème c'est que ça marque moyennement l'esprit et qu'on pourrait avoir tendance à lâcher prise. Toutefois, ne soyons pas plus mauvaise langue que nécessaire : la première partie vous accrochera l'oreille sans peine. Naviguant entre les titres "pieds au plancher" aux chansons plus rock, en passant par quelques passages atmosphérique, y'aura de quoi se régaler.

Débutant par The Gate, cette petite intro fait office de chauffage des réacteurs, sur laquelle on sent une petite montée en puissance. Avec Freelance Man, on embraye directement sur la seconde et on vous propulse plein feu dans un déluge ravageur. On peut dire que le décollage de l'album se passe bien. On est en terrain connu, et UDO balance la sauce comme il sait très bien le faire : refrain qui fait mouche et rythme tout feu tout flamme. Pas de fioriture non plus avec ce One Step To Fate qui dépote grave! Riff limite thrash, batterie en mode artillerie lourde, puissance et rage. Des titres qui n'auraient pas dépareillé sur Solid (à noter la présence du premier guitariste/soliste Matthias Dieth sur One Step To Fate)!

Perte de vitesse, malheureusement, avec ce Way Of Life bancale. Pas foncièrement mauvais, ayant même de bonnes idées... mais refrain assez plat, il faut le dire. Le plus incompréhensible cependant, c'est de voir ce titre repris sur l'album Mission No. X, 7 ans plus tard. Quit à en reprendre un, 'pouvaient pas en prendre un meilleur? A noter que sur la deuxième version, l'intro a disparu et le solo est différent. Ca ne relève fâcheusement pas le niveau.

Heureusement qu'aux alentours, quelques titres débarquent en force et électrise à nouveau l'ambiance! Udo a repris les commandes et a redressé la trajectoire d'un vaisseau qui piquait un peu du nez. Que ce soit avec le No Limits "mid-tempo-made-in-UDO" aux guitares galopantes, ou un plus sombre et oppressant With A Vengeance (et sa superbe intro!) qui ralentira à nouveau la cadence, on reprend de l'altitude.

- Soldats! Aurait-on -par le plus grands des hasards- une bleusaille un tant soit peu plus cervelée que le reste de ses camarades pour nous dire quel a été le schéma parcouru jusqu'ici?
- *Silence oppressant* ...
- Personne? Pas une once de réflexion dans ces bulles vides qui vous servent de boîtes crâniennes?
- Sergent?
- Oui Soldat?
- L'alternance, Sergent! Notre expédition a été marquée par une alternance continue entre le rapide et le lent, à chaque étape de notre exploration.
- Excellent Soldat! Cuistot! Vous vous assurerez que ce troufion ait une deuxième part de flageolet!

Et comme vous l'aurez surement deviné, la deuxième partie ne dérogera pas à la règle...


"Zone de turbulence à haute probabilité ! Champs de météorites en vue!"

C'est sans doute par ici que le vaisseau No Limits s'est pris des parpaings par dizaines, et a flanché. Citons les gros points d'impact : Raise The Crown, Manhunt, I'm Rebel... très convenu, archi convenu, trop trop trop convenu! Oui oui, vous allez me dire que fondamentalement c'est pas mauvais, et je serais d'accord. Le refrain de Raise The Crown est sympa mais la chanson entre par une oreille et sort de l'autre. Le riff de Manhunt martèle, mais on ne retient pas grand chose non plus. Et la reprise d'Accept est sympathique mais inutile : une version plus musclée sur un live aurait fait l'affaire (ce qui a d'ailleurs été fait par le groupe). Ici, la bonne humeur du titre se fout vraiment en porte à faux avec le reste de la galette. C'est dommage et très con, parce qu'on perd une cohésion qui jusqu'ici donnait une identité profonde à No Limits.

Reste Backstreet Loner, Rated X, Lovemachine (reprise de Supermax) et Azrael, écrit (pour UDO) par un musicien allemand du nom de Albert Böhne. Rien d'exceptionnel pour les trois premiers cités, même si on remonte d'un cran... Sympathique Backstreet Loner au prélude bien bluesy, et avec un corpus assez classique, mais bien ficelé. Des solos qui font penser du Accept époque Objection Overruled (et des refrains bien en chœur... et oui, encore!). Rated X, c'est toujours très convenu pour du UDO, mais les quelques sons et nuances "guitaristiques" accouplés à un refrain bien catchy sauve le titre. Quant à Lovemachine et ses airs glamours cyberpunk style année 80, on tient une bise d'originalité qui aère le paysage, et ré-accroche un peu l'attention de l'auditeur.

Il convient cependant de souligner cette fin de course avec Azrael, qui re-stabilise un peu le navire. Là en revanche, on finit en beauté! Je parlais des ambiances sombre de With A Vengeance plus haut, je pourrais utiliser des qualificatifs semblables pour Azrael : lancinant, menaçant, oppressant. Un long fleuve sombre faisant peu de vague, mais dont l’inquiétante tranquillité a quelque chose d'hypnotisant. Gros coup de maître ici! Par sa composition musicale, UDO a su refléter à la perfection l'esprit des paroles écrites par Albert Böhne.

Par-contre, si vous avez la chance d'avoir l’édition limitée, l'album se terminera par le bonus The Key : mid-tempo lui aussi assez classique mais de qualité. Et surtout profondément en phase avec le visage de No Limits. A mon très humble avis, UDO y aurait gagné en éjectant du CD les Raise The Crown, Manhunt, I'm Rebel, et en incluant ce bonus comme chanson à part entière. Dommage encore une fois. Reste qu'on peut toujours modifier légèrement la playlist, tenter ces quelques modifications, et ré-écouter No Limits... même s'il reste frustrant de se dire qu'on écorche l’œuvre d'un artiste pour la faire sonner un peu mieux. Ce qui de surcroît peut aussi paraître ultra prétentieux! A chacun de voir, encore une fois.

Je donne un 12/20. Il y a du niveau sur cette album, mais aussi du remplissage fade, et quelques erreurs de cohérence générale. Un fan de UDO comme moi pourrait monter légèrement la note, un autre la ferait sans doute un peu descendre. 12/20 me paraît être un bon milieu. No Limits se laisse volontiers écouter, quoique pas aussi puissant que Solid, et ma foi moins bon que le fulgurant Holy qui a suivit l'année d'après. Un album de transition mais qui, somme toute, vaut la peine qu'on se penche dessus.

- Exceptionnellement soldats, je vous épargne les lavages des chiottes à coup de brosse à dent. L'expédition s'est achevée correctement et sans trop de dégâts. Vous pouvez rejoindre vos quartiers et prendre quelques heures de repos. Mais soyez assurés que vous boufferez vos slips sales et crasseux pendant quelques jours, si à l'avenir vous osez me refaire les mêmes fautes de goûts!

M'est avis que durant la Mission No. X de 2005, cette pauvre bleusaille a du avoir quelque crampe d'estomac. Mais ceci est une autre histoire...

8 Commentaires

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ZazPanzer - 23 Janvier 2013: Effectivement, de ceux que j'ai réécoutés, le Holy est pas trop mal passé, malgré ce son dégueu, et des refrains parfois ridicules : Thunder in the Tower, fallait oser !
frankhammer - 23 Janvier 2013: "Thunder", c'est juste un peu redondant, c'est vrai. Mais le refrain que j'ai trouvé con au possible, c'est celui de "Friends will be Friends" (chanson qui démarrait pourtant pas trop mal...).
ZazPanzer - 23 Janvier 2013: J'ai dû avoir de l'indulgence pour celle là à cause de la chanson de Queen dont je suis un grand fan...
samolice - 25 Août 2016: Merci pour la chro, très sympa!
J'attendais pas grand chose du skeud et il m'a, dans l'ensemble, agréablement surpris. La prod' me convient parfaitement. Y'a que les soli que je trouve trop en dessous. Dieth n'est plus là, hélas. Un album, comme souvent, trop long. 3 titres en moins m'auraient bien mieux convenu.
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Chronique @ dark_omens

19 Avril 2014

Un peu moins inspiré et efficace que son excellent prédécesseur...

S'il fallait, une fois encore, procéder à une longue analyse écrite concernant le désintérêt avec lequel la plupart des artistes saxons s'acquittent de manière désinvolte de concepts aussi cruciaux que l'originalité ou la personnalité; nul doute qu'il faudrait, une fois encore, évoquer des arguments dont la force est depuis longtemps émoussé par l'incessant brouhaha de polémiques pénibles et vaines. L'interminable texte qui découlerait de cet examen, emplis, notamment, de thèses telles que le constat d'une certaine indifférence de ce peuple pour le progressisme artistique, parviendrait à une conclusion où l'unanimité ne serait affaire que de quelques rares exceptions.

Épargnons-nous donc une inutile réflexion. No Limits, nouvel effort du chanteur allemand Udo Dirkschneider, est une pierre supplémentaire sacrifiant à ce conformisme traditionnel germanique souvent décrié par les fanatiques avides de changements incessants. Rien d'étonnant à cela, après tout, puisque son prédécesseur Solid fut, lui aussi, du même acabit. Difficile d'ailleurs d'émettre des critiques s'agissant de cet immobilisme alors que chacune des tentatives du chanteur pour s'acquitter de cet académisme, en solo ou au sein d'Accept, se solda par de cuisant échec.

Une fois l'évidente vérité de ce classicisme énoncé, il ne nous sera pourtant pas permis de faire l'économie d'une description plus précise et plus complète, et ce afin d'offrir à ce nouveau méfait tous les honneurs, et tous les déshonneurs, qu'ils méritent de recueillir.

Car soyons honnêtes, si le propos n'y est pas d'un caractère suffisamment nouveau pour provoquer un émerveillement extraordinaire, il traduit parfaitement les convictions profondes et l'attachement sincères de son chanteur, Udo Dirkschneider, quant à ce Heavy Metal classique dont il participa à écrire, avec certains illustres acolytes, quelques pages fondatrices. Plaisant, cet album l'est donc assurément, et des titres tels que les séduisants Freelance Man, Way of Life, No Limits, ou encore, par exemple, Rated X, ne pourront altérer cette relative bonne tenue et ce sentiment tenace de posséder ici un album ordinaire mais intéressant.

Outre donc cet académisme récurent évoqué en préambule, aucune imperfection notoire, ou si peu, ne vient donc enrayer une machine dont le souffle, ronronnement routinier, demeure imperturbable.

On pourra simplement pointer du doigt, en sacrifiant toujours encore à l'exercice de la comparaison avec son prédécesseur, un certain manque d'efficacité à produire des titres marquants. Il manque donc à ce No Limits un soupçon d'inspiration qui rend l'ensemble un peu moins convaincant et qui ne permet pas à l'un ou l'autre de ces morceaux, de se démarquer positivement mise à part, peut être, l'excellent Azrael, une ballade dans laquelle ces airs à la musicalité soignée parviennent à se faire l'écho de nos propres émois.

Citons aussi I'm a Rebel qui, quant à lui, s’alourdit d'un travail mélodique un peu décevant. Ces refrains, joyeux et désespérément entraînant, affiche un contraste avec le sérieux viril et concerné du reste de l'album. Un défaut, et un morceau, qui n'est pas réellement insupportable, juste ennuyeux.

No Limits est donc une œuvre poursuivant sur les traces de Solid. Un peu moins inspiré et un peu moins efficace, il constitue néanmoins un album qui se laisse écouter avec un certain plaisir pour peu qu'on ne soit pas réfractaire à l'orthodoxie saxonne.

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samolice - 03 Mars 2017: Merci pour la chro, je n'avais vue que celle plus haut. Avec les écoutes, je suis moins emballé par ce disque. Y'a que le title track qui me plait vraiment et Azrael. Quelques titres pas mal également mais beaucoup de remplissage quand même.
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