Après quatre excellents albums « fondateurs » sortis rapidement entre 1979 et 1981 qui conduisirent
Saxon sur les plus hautes marches de la NWOBHM des années 80, le groupe poursuivit son aventure avec la sortie de ce cinquième album ayant vu le jour le 21 mars 1983, soit une date qui a vu
Saxon amorcer le premier grand virage de sa carrière.
En effet, «
Power and the Glory » est indubitablement le premier opus vraiment Heavy de
Saxon et le restera pour longtemps (du fait du virage US du groupe à partir de «
Crusader »), et il faudra attendre par la suite quatorze années supplémentaires avec la sortie de «
Unleashed the
Beast » pour trouver d'autres titres aussi puissants et Heavy.
Qui plus est, «
Power and the Glory » est un album très court (trente-six minutes), mais dont la production est bien plus travaillée que sur les précédents, donnant, de facto, une puissance phénoménale à l’ensemble de cette production puisque ce disque sonnait très moderne pour son époque.
Par ailleurs, il faut aussi savoir que
Saxon subit également pour cette sortie un changement de personnel puisque Pete Gill quitta le combo britannique pour une brève expérience chez Motörhead. Ce faisant, Nigel Glockler prit sa suite, et la grosse différence entre les deux, c’est que si Pete Gill convenait parfaitement pour le Heavy Rock de Bikers des premiers albums, Nigel était au contraire plus technique et plus puissant, et cela se sent immédiatement car la batterie entendue sur cette cinquième sortie est mise nettement plus en avant que sur les œuvres précédentes.
Par conséquent, et alors que les fans et les critiques britanniques auraient pu soupçonner que le groupe adoucirait ses limites, «
Power and the Glory » s'est avéré être la sortie la plus typée «
Metal » de
Saxon à cette époque, état de fait dû à l'ancien producteur du
Kansas Jeff Glixman qui les avaient aidés à obtenir leur meilleur son à ce jour avec des couches de guitares massives et une section rythmique chargée qui vous sont directement envoyées au visage. La vérité derrière cette combinaison d'acier britannique d'éclat radiophonique est à chercher dans le fait que
Saxon voulait se situer dans la même veine des albums à succès tels que « Screaming for
Vengeance » de
Judas Priest et «
Piece of Mind » de Iron Maiden qui réalisaient à cette époque des percées commerciales impressionnantes aux États-Unis.
Ce faisant, et à cause de cette paranoïa, «
Power and the Glory » est toujours considéré à ce jour comme étant un album plus faible (mais pas mauvais, c’est à préciser) par rapport à la trilogie mythique représentée par les albums «
Wheels of Steel », «
Strong Arm of the Law » et «
Denim and Leather » puisqu’il n’était pas ce que les fans attendaient. Les deux principales raisons sont le fait que les thèmes machistes, à l’instar des motos et la conduite à grande vitesse, ont été presque entièrement abandonnés au profit d'un peu de science-fiction, de fantasy épique, de mythologie antique et d'un ou deux chagrins d'amour. La seconde raison, c’est parce qu'il s'agissait d'un album plus mélodique, plus léger, avec un pourcentage plus élevé de morceaux plus lents et plus doux. Cela étant, votre modeste serviteur le désigne comme une pépite qui doit être considérée comme étant la quatrième roue du carrosse avec ses trois ainés.
Assurément, l’auditeur lambda remarquera certainement qu’il demeure impossible d’enterrer des riffs comme ceux qui composent l'ouverture du morceau-titre puisque c'est comme si l’auditeur était lancé directement dans la bataille. De plus, Biff Byford donne un chant entraînant et les paroles sont un mélange séduisant de vaillance fière et de sentiment anti-guerre. Dans ce registre des titres qui méritent l’attention, "
Warrior" y trouve sa place du fait de la batterie qui fait ici un match parfait avec les guitares. Il s’agit sans doute de la ligne vocale la plus puissante que Biff ait jamais faite car sa voix est totalement empoisonnée et pleine de puissance. Indubitablement, le tempo est plus rapide que sur le morceau précédent, et le riff après le solo est incroyable.
Cependant, la cerise sur le gâteau reste le retour des éléments de Rock progressif du premier opus dans le style du groupe avec "Midas Touch" qui surmonte ses paroles stupides en combinant un riff lourd de qualité
Black Sabbath avec des couplets doux. A l’inverse, "
Redline" est un morceau à tempo moyen avec un bon travail de guitare et de batterie qui restera la seule rescapée du thème des disques précédents en étant la chanson abordant le thème « motards ». Il ne faudrait pas non plus omettre "This Town Rocks" ; un morceau de Speed
Metal complètement fou (presque Thrash par moments) qui ne se calme pas une seule fois pendant l’entièreté de sa durée.
Du reste, la liste des titres comprend également "
Nightmare", une ballade lente avec beaucoup de passages plus doux et un très bon solo de guitare au milieu, où son élément le plus atypique reste les chœurs qui demeurent plutôt commerciaux dans le refrain. Bien qu’elle puisse être considérée par certains comme étant à la limite du ringard ; pour les fans de Rock mélodique et de Rock progressif, cette piste sera certainement la plus savoureuse du disque au vu de leur préférence de style.
Enfin, "Watching the Sky" est une chanson
Hard Rock plutôt simple et rythmée, fermement ancrée dans la tradition NWOBHM, tandis que la piste de clôture "
The Eagle Has Landed" est née uniquement pour les concerts en étant l'une de leurs chansons les plus célèbres qui possèdent cette force et cette lourdeur dans ses parties plus lentes. Par la suite, elle accélère à nouveau avec d'excellents solos de guitare puissants.
En définitive,
Saxon aurait mérité de faire un carton avec cet album qui est, je pense, l’un de leurs meilleurs efforts studio entendus en règle générale. A l’évidence, il s’agit-là d’un album plus abouti et cohérent, avec moins de remplissage que ces prédécesseurs ; bien qu’il n'accumule pas tout à fait le même quota de classiques que ses ainés. Bref, cet album est une explosion absolue, et le seul reproche qu’on pourrait lui trouver, c'est sa pochette ridicule qui le caractérise car elle tranche vraiment avec les précédentes, montrant que quelque chose a changé… Quelque chose de fort !
Malheureusement,
Saxon changera à nouveau de voie pour l'album suivant pour le meilleur…. Et ensuite pour le pire !
Merci pour cette belle kro. Pour moi leur meilleur album j'adore ce skeud.
J'attends tes futurs kros sur Saxon.;-)
Merci beaucoup tormentor!
ce sera d'ici quelques mois car là j'en ai d'autres à publier et à achever avant
Merci pour cette chronique. Toutefois, je me permets quelques remarques : Parler de Speed Metal, de Thrash et de Rock Progressif pour Saxon me semble un petit peu déplacé...Attention à la confusion des genres.
Le mot "triptyque" ne peut être employé dans ce contexte, parle plutôt de trilogie.
Merci pour Saxon, cet album mérite notre attention.
Merci pour ce retour Eclectic!
Je comprends ta remarque mais je parlais surtout de "passages" Trash pour le morceau "This Town Rocks" et pas du style complet dans son ensemble! Par contre, je le trouve vraiment "typée" Speed dans sa composition! Mais ce n'est là que mon ressenti (et je peux me tromper) et je peux comprendre que l'on ne soit pas d'accord sur cela!
Ce faisant, juste par curiosité, dans quelle catégorie la placerais-tu? Cela pourrait faire un beau débat!
Concernant le Rock progressif sur "Nightmare", je parlais surtout des fans de ce genre qui trouveraient ce morceau à leur goût du fait de style qui demeure plus proche de ce qu'ils aiment sans pour autant la ranger dans cette catégorie! J'aurais peut être dû tourner la phrase autrement je vais essayer de corriger cela avec une autre tournure car ce n'étais peut être pas clair!

Cependant, je te rejoins à 100% sur le fait que c'est plus une trilogie qu'un triptyque car il est vrai que ces 3 albums ne sont pas liés par un concept ou un fil rouge entre eux! Je corrige ça tout de suite!
Merci beaucoup pour ton avis en tout cas et merci pour ton retour
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