Sacrifice

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Nom du groupe Saxon
Nom de l'album Sacrifice
Type Album
Date de parution 25 Fevrier 2013
Labels UDR
Produit par Biff Byford
Style MusicalNWOBHM
Membres possèdant cet album159

Tracklist

1.
 Procession
 01:44
2.
 Sacrifice
 03:57
3.
 Made in Belfast
 04:34
4.
 Warriors of the Road
 03:33
5.
 Guardians of the Tomb
 04:47
6.
 Stand Up and Fight
 04:01
7.
 Walking the Steel
 04:23
8.
 Night of the Wolf
 04:19
9.
 Wheels of Terror
 04:23
10.
 Standing in a Queue
 03:36

Bonus
11.
 Luck of the Draw (iTunes Only)
 03:20

Durée totale : 42:37



Digipack 2CD Edition
1.
 Crusader (Orchestrated Version)
 06:42
2.
 Just Let Me Rock (Re-Recorded Version)
 03:40
3.
 Requiem (We Will Remember) (Acoustic Version)
 03:31
4.
 Frozen Rainbow (Acoustic Version)
 04:05
5.
 Forever Free (Re-Recorded Version)
 04:48

Durée totale : 22:46


Chronique @ AlonewithL

09 Mars 2013

Allez au-devant de découvertes enrichissantes.

Les farfelus et les charlatans de toutes sortes avaient annoncé de concert que la fin du monde était imminente. Ils l’avaient programmé en fin d’année 2012. Et cela en se basant sur le calendrier maya. Biff Byford avait dû s’esclaffer devant une pareille annonce et trinquer à la santé de tous ces ridicules marchands de peur. C’est ainsi qu’il a repris en toute quiétude les chemins des studios pour l’enregistrement d’un vingtième album. Vingt dans la carrière d’un groupe, ça commence à faire beaucoup. La vie de « Saxon » est traversée de hauts et de bas, tout comme sa discographie. Beaucoup salueront sa longévité et sa productivité comparable à leurs compatriotes et amis de « Motörhead ». Depuis quelques temps, on a été amené à s’interroger sur le potentiel qu’avait encore à offrir l’emblématique formation britannique. Il a été noté une certaine baisse de régime liée aux sorties de « Into the Labyrinth », puis de « Call to Arms ». « Call to Arms » avait été très attendu, surtout avec les fuites d’un hypothétique retour aux sources. Il n’en fut rien. C’est ainsi qu’un nouvel album, bien moins attendu que son précédent, voit le jour en 2013. Et comme à chaque fois, « Saxon » nous surprend lorsque l’on y prête plus vraiment attention. Inutile de spéculer sur les ressources de ces vieux explorateurs. Pour les simples voyageurs que nous sommes, elles sont aussi impénétrables que n’importe quel temple caché en pleine forêt tropicale. Contentez-vous de suivre le guide et tachez d’avancer, vous allez au-devant de découvertes enrichissantes.

« Saxon » nous met immédiatement dans l’ambiance. Nous avançons très prudemment dans la jungle qui introduit l’album. « Procession » se compose de sons emprunts à l’enfer vert de la Méso-Amérique, animaliers ou tribaux. Une mise en bouche enrobée de mystère, nous laissant envisager quelque chose d’ambitieux et de novateur. Nous aurions pu croire à un album conceptuel basé sur les rites mayas. En fait, en feuilletant le livret de l’album nous ne tarderons pas à découvrir l’existence de nombreux sites autour du monde : assyrien, celte, ect… Nous resterons, visuellement du moins, dans l’obscurité des vieux temples et des vieilles pierres. Un peu comme « The Inner Sanctum » l’avait fait. Peut-on y voir un signe ? Point de heavy metal maya, mais un « Saxon » en grande forme comme nous le constaterons dès la mise en route du titre éponyme « Sacrifice ». Les riffs y sont particulièrement tranchants, les guitares tonnent, jouant à la fois sur la puissance et la distorsion. Impossible d’être indifférent à ce son brut, à ces violents orages. On y retrouve un Biff Byford exceptionnel, dont la voix est un pilier de soutien à l’édifice. La formation poursuit dans sa lancée et ces sonorités musclées avec « Made in Belfast ».Le son claquant, la sensation de nervosité que l’on y retrouve, sont parfois tempérés par le galop de la mandoline, nous renvoyant vers les contrées nord- irlandaises, bercées entre magie traditionnelle et violence contemporaine.

La lourdeur, l’impact physique seront de nouveau privilégiés chez un intimidant et insondable « Wheels of Terror ». Nous remarquerons le léger grésillement produit par les guitares, et plus encore par la guitare rythmique, impassible, tenue à une grande constance. Le morceau n’était pas loin d’être sujet à la redondance. C’est sans compter sur un redoutable et merveilleux solo heavy/speed tout juste avant le dernier tiers piste, qui fait relâcher d’un seul coup toute la tension cumulée sur ce sombre morceau. « Saxon » montre les crocs, sans donner la patte. Une place privilégiée a été prévu aux guitares de Paul Quinn et de Doug Scarratt. Cette consécration fait le bonheur de l’intense « Night of the Wolf ». On est là balloté entre le chaud et le froid, entre le calme et l’excitation. Il y a en effet une alternance entre passages frénétiques et d’autres plus posés et soft. C’est une formule qui fera tout l’intérêt de ce titre à la remarquable qualité sonore. La mésaventure de « Call to Arms » est oubliée. Nous retrouvons un son tout en relief et en profondeur. Le choix d’Andy Sneap au mixage (ayant déjà travaillé pour « Accept », « Exodus », « Testament » et « Arch Enemy ») n’y est certainement pas pour rien.

Inversement à « Night of the Wolf », « Stand Up and Fight » mettra plus en avant le chant inoxydable de Biff. Les guitares et la batterie se contenteront d’un cheminement mécanique, au contraire du chant, subtil et affirmant énormément de répondant. Même si le titre n’est pas emprunt à l’originalité (je veux, bien entendu, parler du nom), il n’en reste pas moins un des plus admirables de la galette, et un des plus attachants. En revanche « Guardians of the Tomb » nous sert un « Saxon » on ne peut plus basique avec des riffs étriqués. L’entame aurait même pu nous induire en erreur avec ses airs raffinés japonisants. La formation britannique continue à nous perturber et à puiser partiellement dans d’anciennes recettes. On retrouve le son très américain à la « Killing Ground » à travers « Walking the Steel », se singularisant par un rythme lent et lourd, légèrement groovy. Si on avait encore à douter des influences, le break est une invitation étasunienne dans son mode slow et bluesy. « Warriors of the Road » prend littéralement son contre-pied, sans pour autant changer de continent, avec un rythme survitaminé à l’énergie rock n’ roll. Les machines de course sont lancées. C’est la vitesse qui prévaut, et le Père Byford ne perd pas la pole position. On ne pourra non plus, contester les sonorités rock n’ roll du très groovy « Standing in a Queue ». « ZZ Top » sort de ce corps ! On sent bien ici le rock motorisé qui fait le transit le long de la route 66. « Saxon » avec son « Sacrifice » nous fait humer un parfum fait de multiples horizons.

Les plus fans d’entre vous auront certainement l’envie de s’accaparer de la version limitée de l’ouvrage « Sacrifice », incorporant un second disque audio. Là, nos britanniques reprendront et réaménageront certains de leurs tubes. Je vous le dit de suite ; faites y impasse. Vous aurez sans doute entendu parler d’une version orchestrale de « Crusader ». Celle-ci est potable et j’ajouterai que c’est presque le moins pitoyable que ce second disque a à nous offrir. Cette adaptation symphonique apporte à ce titre de légende un fort côté générique de « Rocky ». Il n’y a plus véritablement de majesté, juste du épique et du kitch entremêlés. Pour le restant prévoyez un oreiller et des mouchoirs. Les réenregistrements de « Just Let Me Rock » et de « Forever Free » sont purement lamentables et piégés dans une étrange décadence. Ramassés, peu consistants et incroyablement plats. « Forever Free » semble booster en comparaison de l’endormant « Just Let Me Rock », mais ce n’est que de l’empressement et énormément de maladresse. Une version à l’emporte-pièce d’un titre déjà pas forcément très représentatif de la carrière du groupe. Ils en surajoutent et poussent la farce très loin avec les versions acoustiques de « Requiem » et « Frozen Rainbow », mis à la suite en plus. C’est beau en toute apparence, mais terriblement long et fastidieux. Les titres ne sont vraisemblablement pas bâtis pour la transformation en mode acoustique. On aurait vite envie de zapper et de passer à autre chose.

Il était temps. Il était temps que « Saxon » nous revienne avec de bonnes intentions et une bonne musique. On revient aux fameuses étapes « Lionheart »/« The Inner Sanctum », qui avaient ébloui les esprits par leur indéniable profondeur et leurs hits. Sans toutefois parvenir à égaler ces deux prestigieux albums, dans l’aventure récente de nos Indiana Jones britanniques, « Sacrifice » nous révèle de bien meilleures perspectives que celles découvertes sur l’inégal « Into the Labyrinth » et sur le peu appliqué « Call to Arms ». Le monument se visite avec beaucoup d’enthousiasme. Nous avons de plus la joie de retrouver un Biff Byford au sommet, pétillant et totalement sûr de lui-même. Néanmoins, cette forme retrouvée ne doit pas faire baisser la vigilance. S’ils ont encore été capables d’être au top sur l’album principal, ils nous ont sorti le pire sur l’album bonus. Ce n’est pas la fin du monde, mais l’édition simple de « Sacrifice » sera donc vivement conseillée.
« - Père, on est touchés ?
- Plus ou moins oui... Fils, il faut que je te dise quelque-chose... Ils nous ont eu ! »
(Indiana Jones et la dernière croisade)

15/20
14/20 pour l’édition limitée

42 Commentaires

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MCGRE - 19 Avril 2013: Oh putain qu'ils ont pris un coup de vieux c'est flagrant dans le clip que tu as mis SEb " Sacrifice " j'ai peur à chaque fois que je le passe que Peter Byford fasse un infarctus hé hé .
samolice - 21 Novembre 2013: Merci pour la chronique. Petit bémol me concernant du côté des soli qui ne m'ont pas emporté, loin de là. Pour le reste, un disque qui comporte de très bons moments - "Guardians of the tomb", par exemple, me plait énormément avec, pour le coup, un solo pas trop mal -.
samolice - 21 Novembre 2013: Oups, j'ai oublié de préciser que j'apprécie beaucoup que le groupe ait indiqué sur le livret qui joue les soli. De plus en plus souvent, l'info n'est pas fournie et moi ça me gâve de ne pas savoir qui joue quoi. Donc merci les Sax'
samolice - 19 Septembre 2016: Le temps passant, ce skeud me plait de plus en plus. Il est vraiment très bon en fait :-)
Même les soli que je dénigrais il y a 3 ans commencent à me faire leur petit effet. Un excellent cru en vérité!
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Chronique @ dark_omens

10 Avril 2014

Succombons aux plaisirs simples d'un Heavy Metal certes traditionnel mais toujours aussi incisif...

Un simple regard distrait sur la discographie d'un groupe aussi institutionnel que Saxon peut suffire à imposer un indéfectible respect à son égard. Une telle longévité est, en effet, indiscutablement le signe manifeste témoignant de vertus, ô combien, estimables. Le public, aussi fanatique soit-il, ne pouvant se tromper aussi longtemps. Néanmoins, ces égards ne sauraient donner à un groupe, aussi vénérable fut-il, un immuable accessit aux honneurs définitifs consistant à encenser machinalement chacune de ses œuvres passées, présentes ou futures. Aussi, tout comme l'ensemble de ces prédécesseurs, Sacrifice, nouvel et vingtième effort de ces Britanniques, devra passer sous le prisme de la critique acerbe, ou avenante.

Pour débuter cet examen consciencieux et appliqué, commençons donc par révéler le lourd secret honteux qui se dissimule dans l'ombre des mots écrits ici. Aussi étrange et paradoxale que cela puisse paraître, votre humble serviteur, pourtant férue de traditionalisme et de Heavy Metal, ne se sera jamais, ou si peu, intéressé aux travaux de ces anglais. En d'autres termes, Sacrifice est le premier album de Saxon sur lequel il m'ait été donné de jeter une oreille attentive.

L'aveu fait, intéressons-nous donc dès à présent plus sérieusement à ce nouvel opus. Et loin de toutes ces déshonorantes lacunes ignominieuses, constatons que ces pionniers du NWOBHM, pratiquent toujours encore un Heavy Metal classique et très direct. Pour ce faire, ils auront fait fi de tout artifice inutile et ainsi privilégié l'essence même de ce genre pour lequel ils auront tant œuvré. Les guitares seront donc ici souvent mises en avant et particulièrement acérées. Tant et si bien d'ailleurs que des morceaux aussi directs et efficaces que le sombre et torturé Sacrifice, tels que Made in Belfast, tels que le vif Warriors of the Road ou encore, par exemple, tels qu'un Night of the Wolf aux superbes breaks, parviendront assez aisément à nous séduire.

Bien évidemment, ce disque n'est pas exempt de tous défauts et d'aucuns pourraient d'ailleurs lui reprocher ce classicisme pourtant inhérent au style auquel il s'apparente. D'autres pourraient aussi lui trouver des tares du côté de certains titres moins inspirés cédant un peu à la facilité et aux automatismes de rigueur. Avouons tout de mêmes que ces reproches seront surtout liés aux gouts de chacun.

En outre, se matérialisant ici sous la forme d'un second disque, soulignons encore la présence notoire de quelques morceaux additionnels Parmi ceux-là notons l'enthousiasmante version orchestrale de Crusader (Crusader (1984)), les interprétations acoustiques de Requiem (We Will Remember) (Solid Balls of Rock (1991)) et de Frozen Rainbow (Saxon (1979)).

Sacrifice est donc un album qui, s'il ne bouleversera aucunement l'ordre établi, pourra s'enorgueillir de suffisamment de qualités pour nous offrir les plaisirs simples d'un Heavy Metal, certes, traditionnel mais néanmoins incisif.

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=XGV= - 11 Avril 2014: Keua ? Tu n'as jamais écouté d'autres albums de Saxon ? C'est une lacune à combler ! ;) Ce dernier est tout à fait jovial, mais Wheels of Steel est encore meilleur et de loin. ;)
samolice - 19 Septembre 2016: QUOI??????!!!!!!!!! Cette chro m'avait échappé Dark_O. C'est pas une blague, tu ne t'es jamais intéressé à Saxon? Bon ben là, de la part de quelqu'un qui a l'air de plutôt bien connaître ses classiques, je suis sur le cul :-)
Comment se fesse (poilue)?
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