Lepaca Kliffoth

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Nom du groupe Therion (SWE)
Nom de l'album Lepaca Kliffoth
Type Album
Date de parution 07 Avril 1995
Enregistré à Music Lab Berlin
Style MusicalHeavy Symphonique
Membres possèdant cet album203

Tracklist

Re-Issue in 2004 by Nuclear Blast with 2 bonustracks.
1. The Wings of the Hydra 03:33
2. Melez 04:06
3. Arrival of the Darkest Queen 00:54
4. The Beauty in Black 03:12
5. Riders of Theli 02:51
6. Black 05:02
7. Darkness Eve 05:19
8. Sorrows of the Moon 03:26
9. Let the New Day Begin 03:35
10. Lepaca Kliffoth 04:26
11. Evocation of Vovin 04:54
Bonustracks (Re-Issue 2004)
12. Enter the Voids
13. The Veil of Golden Spheres
Total playing time 41:18

Chronique @ BEERGRINDER

14 Mars 2011

hommage appuyé à Celtic Frost, Lepaca Kliffoth ouvre la brèche à un nouveau genre, le Metal symphonique

Fondé dès 1987 et membre très actif de la scène suédoise fin 80’s / début 90’s, Therion avait déjà commencé à s’émanciper sur son troisième album Symphony Masses: Ho Drakon Ho Megas, rompant avec le swedish Death Metal qu’il avait contribué à créer. Interpellé par les efforts du combo, Markus Steiger, qui cherche à renouveler son catalogue en cette période moribonde pour le Death Metal, signe le groupe de Christopher Johnsson sur son « superlabel » allemand Nuclear Blast.
Dans un contexte où le Heavy Metal apparaît obsolète, où le Thrash a quasiment disparu et où le Death Metal subit la suprématie du Black, Lepaca Kliffoth (1995) arrive à point nommé pour combler un vide et apporter de la nouveauté à une scène métallique se mordant un peu la queue.

Aux premières notes du disque, une question vient à l’esprit « Celtic Frost, c’est un style de Metal ? », car Therion a décidé de revenir aux fondamentaux, mais là où nombre de ses frères d’armes du Metal extrême ne jurent que par Morbid Tales et les offrandes de Hellhammer, le trio a visiblement un faible pour l’expérimental Into the Pandemonium (dont on trouve ici une bonne reprise, Sorrows of the Moon). La voix de Johnsson ressemble d’ailleurs fortement à celle de Tomas G. Warrior.
Et pour revenir à nos moutons et répondre à la fameuse question du paragraphe précédent, force est de constater que oui : comment définir autrement les compositions de Lepaca Kliffoth ? Ce ni Thrash, ni Black, ni Doom, ni Heavy, ni Death, mais un peu de tout ça : c’est du Celtic Frost, et donc avec une certaine lourdeur, et même une lourdeur certaine (notamment sur l’entame de Wings of the Hydra).
Le côté sombre est présent aussi, mais pas crasseux à la façon Death Metal, c’est plus insidieux, comme sur le titre Black où un étonnant chant de soprano accompagne d’abord les guitares lentes et pesantes, puis une rythmique vive très Thrashy, la fin du morceau propose même un clavier déclamatoire accompagnant la basse, remplaçant la guitare et guidant la musique : Therion vient de reprendre à son compte les vieilles recettes tentées sur Into the Pandemonium pour enfanter du Metal dit symphonique.

Toutefois le temps n’est pas encore à l’orchestre philharmonique, la musique de Therion garde une assise pure avec des chansons encore basées principalement sur la force du riffing, comme sur l’imparable Melez ou le remuant Riders of Theli, doté d’un épique solo Heavy Metal et d’un final haletant. Arrival of the Darkest Queen / The Beauty in Black offre en revanche le côté le plus paisible de Lepaca Kliffoth, telle une balade Heavy Metal chantée en duo par Hans Groning dans le rôle de Pavarotti et Claudia Maria Mokri dans celui de Montserrat Caballé… Ce morceau servira d’ailleurs de test sous la forme d’un single commercialisé avant l’album par Nuclear Blast.
Point d’orgue du disque, Lepaca Kliffoth offre un aperçu du grand talent de compositeur de Christopher Johnsson, ce dernier commençant enfin à exprimer son potentiel, tour à tour lent et occulte puis trépidant, ce titre offre un final incantatoire mettant littéralement l’auditeur en transe. Evocation of Vovin placé à la fin (sans doute pas par hasard), est certainement la pièce la plus représentative de l’évolution future de Therion avec ce clavier imposant et ses chœurs d’opéra jouxtant des guitares Heavy Metal.

En plus d’être un hommage appuyé à Celtic Frost, Lepaca Kliffoth ouvre la brèche à un nouveau genre, le Metal symphonique. Certes le style est encore moins bien définit que sur son successeur Theli, la musique est peut-être moins aboutie et moins flamboyante que sur le remarquable Vovin, mais le quatrième disque de la bande C. Johnsson marque une remarquable évolution : portant encore les derniers vestiges de la noirceur Death Metal d’origine, tout en présentant des schémas inédits, prémices à la déferlante Metal sympho qui allait suivre.
Une œuvre singulière et inimitable de la trempe de Esoptron (Septic Flesh) ou du sous estimé A Black Moon Broods Over Lemuria (Bal Sagoth), avec qui il partage ce sens aventureux et épique.

BG

4 Commentaires

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HeadCrush - 14 Mars 2011: Superbe chronique comme d'hab. très bel album aussi, je ne suis pas sur que j' aurais assimilé leur disque aux prémices de Metal symphonique mais pour connaître cet album, je comprends.
Vrael - 14 Mars 2011: Chronique claire et concise, bon boulot : )
J'aime peu d'albums complets de ce groupe, juste un ou deux morceaux par album mais pour Vovin et Lepaca Kliffoth je sais pas, y'a un truc qui fait que tout le CD y passe sans problème.
Peut-être parce qu'on a ici l'album charnière du groupe, entre le death des débuts et le sympho de plus tard ; on obtient une espèce de "protosympho" rugueux mais particulièrement raffiné. Mention spéciale pour "The Beauty in Black" et cette foutue intro qui me fait penser à une version moins brutale que "Black Rose" !
AmonAbbath - 14 Mars 2011: Bien sympa de réécouter le disque à la lumière de ton écrit, BG. Personnellement j'aime de nombreux disques de Therion, le Beyond Sanctorum comme les grandioses Lemuria/Sirius B.
Le dernier en date n'est pas mal non plus, mais pour la première fois on est vraiment en terrain très connu, voire balisé (par le groupe lui-même). J'espère que Therion saura se renouveler, en attendant je me replongerai dans les premiers albums, il y a encore beaucoup de chansons sur lesquelles je ne me suis pas fait un avis définitif.
Merci pour ce texte en tous cas.
BEERGRINDER - 14 Mars 2011: Le dernier? Franchement j'aime la face A (vinyle), les trois autres houlala, y'a quelques bons trucs mais c'est parfois un beau cirque au sens propre comme au figuré, je le trouve encore plus décousu que Gothic Kabbalah, qui lui au moins avait une ligne directrice claire même si elle me convenait moins.

On dirait des mauvaises chutes de Lemuria / Sirius B...
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Commentaire @ bigoud

06 Fevrier 2007
Après un bon album, Therion revient en 1995 avec son nouvel opus. L’album marquait déjà un changement dans la musique du groupe et cet opus ne fait que confirmer ce changement assez surprenant. Déjà, je le dis d’entrée de jeu, le death metal a complètement disparu.
A l’écoute du premier titre, la voix death a disparu et ressemble maintenant à une voix assez rauque et puissante. Les riffs sont heavy tout comme le titre suivant. « Arrival of the darkest queen » est une instrumentale très courte mais très belle. C’est avec le titre « The Beauty in Black » qu’on sent que Therion a changé complètement de direction. Ce titre est assez lent et est dotée de nombreux chœurs et des voix d’opéra. « Riders of Theli » est certainement l’un des meilleurs titres heavy que le groupe ait pu composé. Les riffs sont excellents et la voix est très bonne. Le reste de l’album est tout aussi bon. Comme je le disais au-dessus, le death metal a complètement disparu. Therion officie, sur cet opus, dans un power metal accompagné d’ambiances sombres et de voix d’opéra. Même si cet album n’a rien d’exceptionnel, il s’écoute bien.
Christofer Johnsson a de l’imagination et ça s’entend. Le changement a été bénéfique au groupe même si cet opus n’est pas réellement à l’opposé de ce que Therion a pu faire auparavant.
Nous verrons que sur le prochain album, des gros changements dans la musique seront présents.

En bref, Therion change positivement en nous composant un album pas mal du tout même si il est parfois répétitif.

Un bon album…

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Commentaire @ Toorop

02 Juillet 2008
Attention, album-clé de Therion !

Avant Lepaca Kliffoth, Therion a sorti 3 albums de death-metal (Of Darkness… en 1991, Beyond Sanctorum en 1992 et Symphony Masses : Ho Drakon Ho Megas l'année d'après). Personnellement, je ne les connais pas bien (et ce n'est pas trop ma tasse de thé). Juste après Lepaca, le groupe a sorti son album le plus important, Theli. Donc on peut dire que LK marque une époque charnière pour Therion, la fin de leur période death métal et le début de leur période métal opéra qui continue jusqu'à aujourd'hui…

Des guitares puissantes, un rythme endiablé, un chant growl de Christopher Johnsson (qui finira par disparaitre après Theli il me semble… d'ailleurs il ne chantera même plus sur album… juste pour les concerts). Jusque-là, peu de changement par rapport aux anciens albums mais dans les nouveautés à remarquer, c'est la présence plus importante qu'avant du clavier (il était déjà présent sur les deux albums précédents mais pas de cette façon) et l'apparition de voix d'opéras (féminins et masculins). Ces nouvelles voix se retrouvent sur 2 titres, "The Beauty in Black" et "Black".
Dans la première chanson, il y a une alternance entre de magnifiques voix masculines et féminines et dans "Black", ce sont juste des choeurs féminins associés avec la voix rauque de Christopher.
The Beauty in Black est introduite par une sublime intro, "Arrival of the darkest queen…" ! À l'époque, il y a même eu un clip avec les deux morceaux ensemble !

À noter : la présence d'une reprise de Celtic Frost, "Sorrows of the Moon" !

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swof - 24 Avril 2010: J'ai connu Therion avec Gothic Kabbalah . Quoi dire d'autre que ce n'est pas un fossé qu'il y a entre ces deux albums mais un gouffre.
Mais c'est celui-ci que je préfère. Prochaines écoutes, intermédiaires entre ces deux extrêmes, Sirius et Lemuria.
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