Theli

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Nom du groupe Therion (SWE)
Nom de l'album Theli
Type Album
Date de parution 09 Août 1996
Labels Nuclear Blast
Enregistré à Impuls Studio
Style MusicalHeavy Symphonique
Membres possèdant cet album400

Tracklist

Re-Issue in 2003 by Nuclear Blast with 2 bonustracks
1. Preludium 01:44
2. To Mega Therion 06:35
3. Cults of the Shadow 05:15
4. In the Desert of Set 05:30
5. Interludium 01:47
6. Nightside of Eden 07:32
7. Opus Eclipse 03:40
8. Invocation of Naamah 05:30
9. The Siren of the Woods 09:53
10. Grand Finale / Postludium 04:05
Bonustracks (Japanase Release)
11. In Remembrance
12. Black Fairy
13. Fly to the Rainbow (Scorpions Cover)
Bonustracks (Re-Issue 2003)
11. To Mega Therion (Live)
12. Black Sun (Live)
Total playing time 51:32

Chronique @ Lunuy

12 Octobre 2011

Une oeuvre grandiose, qui révéla le combo suédois

En 1995, Therion sortait Lepaca Kliffoth, album à la fois hommage au Into the Pandemonium de Celtic Frost et de transition : la dominance death metal a été respectueusement enterrée pour laisser la place à d’autres mélodies heavy traditionnel, d’autres accords néo-classiques, ensemble bien dosé qui affirmera a posteriori cet opus comme pionnier du genre Symphonic Metal. Un an après, le groupe s’attelle à un ouvrage d’une autre ampleur. Sous l’impulsion de son leader Christofer Johnsson, féru de musique classique et rêvant de réaliser enfin une œuvre grandiloquente digne de ses thématiques occultes (dont les paroles lui sont, soit dit en passant, toujours « susurrées à l’oreille » par le fondateur de l’Ordre du Dragon Rouge, Thomas Karlson), et fort du soutien financier de Nuclear Blast, le combo suédois va en effet donner une plus large place aux claviers et aux chœurs d’opéra, au point de les rendre prépondérants, sur son cinquième album studio ; entreprise pour le moins risquée sachant qu’en ce début d’année 1996, peu de groupes de Metal se sont alors aventurés dans cette voie. Chez Therion, l’expérimentation est reine.

Tandis que Jonas Mellberg, ancien guitariste d’Unamited, a rejoint le line-up, seront recrutés pour l’occasion pas moins d’une quinzaine de vocalistes, soit deux chœurs professionnels et quelques invités. Parmi ces derniers, deux d’entre eux se chargeront également d’ajouter aux compositions des accords néo-classiques, en plus de ceux des claviers de Chris et de Jonas, avec leurs propres synthés et un grand piano. De plus, on remarquera la présence du musicien Dan Swanö, déjà bien connu de la scène underground suédoise, entre autres en tant que fondateur d’Edge of Sanity et Nightingale. Tout ce beau petit monde réuni autour de « la Bête » suédoise dans les locaux des studios Impuls à Hambourg va donc participer pendant près de deux mois à l’élaboration (comprendre : l’enregistrement) d’un ouvrage ambitieux, une expression musicale ésotérique mêlant l’esprit de divers mythes antiques sumériens, égyptiens ou hébraïques pour évoquer (dans tous les sens du terme) la grandeur et la splendeur de Theli, le dragon céleste. Les éléments constituant son essence seront fusionnés (comprendre : mixés) par Jan Peter Genkel au Central Sound Studio, toujours dans la même grande ville allemande.

Les cuivres, les cordes et le grand piano lèvent doucement le rideau avec l’ouverture “ Preludium ” puis la batterie et les guitares arrivent, agressives, et gagnent en vitesse dès le début de “ To Mega Therion ”, entrée en matière diablement efficace, portée par des chœurs majestueux et la voix scandée de Chris, qui décidément n’est pas encore près d’abandonner le chant rauque caractéristique du vocaliste de Celtic Frost – ce sera chose faite à partir de l’album suivant. Therion a posé son univers et on se laisse alors transporté sans soucis par l’occulte “ Cults of the Shadow ”, morceau presque progressif recelant lui aussi de belles variations rythmiques et vocales. L’influence orientale dans la musique du groupe se fera davantage sentir avec l’égyptien “ In the Desert of Set ”, débutant sur de belles notes acoustiques et un tempo d’abord lent alors que les ténors commencent à entonner le nom du dieu à tête de chacal Seth, dont le « tableau » de Peter Grøn illustre la pochette de Theli (comment ça, cet artwork est moche ?!?), avant que la magie déjà présente sur les deux précédentes chansons n’opère à nouveau dans la suite de ce morceau à la fin très épique.

Cependant, malgré la richesse exemplaire de pratiquement toutes les pistes, on pourra regretter quelques défauts persistants durant cette grande fresque rituelle. D’abord, plusieurs longueurs et répétitions du côté des chœurs ou dans les mélodies pendant la deuxième partie du disque s’avèrent relativement superflues, en particulier dans le milieu du titre mid-tempo “ Nightside of Eden ” ou durant “ The Siren of the Woods ”, certes une bien belle ballade chantée en akkadien, qui sera d’ailleurs le second single du groupe, mais presque une intruse par rapport aux autres pistes. Disons qu'elle préfigure ce que seront les futures productions de Therion.

Ensuite, nos oreilles ont droit aux effets d’une production approximative qui rend plusieurs breaks et ponts difficiles tel “ Interludium ”, par exemple ; eh oui ! malgré le budget colossal qu'a reçu Therion de la part de Nuclear Blast pour cet opus, le tout sonne parfois trop brut, c'est un comble ! Est-il possible que les membres du groupe ont voulu jouer sur une forte distorsion des guitares électriques et des dissonances des claviers, du grand piano et de la batterie, tout ceci afin de densifier l’aspect sombre de leur chansons ? Hypothèse vérifiée en partie à l’écoute de l’invocation du démon hébreux de la séduction (“ Invocation of Naamah ”, alias Lilith), autre magnifique morceau de bravoure doté de riffs speed ponctuels proches du Death Metal et sonnant donc comme une petite réminiscence de Symphony Masses : Ho Drakon Ho Megas, de même que sur l’apothéose concluant l’album, l’instrumental “ Postludium ”.

Toujours est-il que Theli demeure une excellente pièce qui fut encensée, à juste titre, par la critique à sa sortie. Album révélateur du combo suédois qui s’écoulera en dizaines de milliers d’exemplaires dès les premiers mois de sa sortie, ce sera aussi la dernière œuvre à comporter des riffs typés Metal extrême. En effet, avec Vovin, Therion évoluera une fois de plus, se traçant une autre voie, plus épurée, atmosphérique et orientée heavy metal traditionnel, mais tout aussi riche et réussie, usant avec brio de grands orchestres au complet pour affiner encore davantage sa musique.

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...Et la Bête apparut en pleine lumière.

16/20

10 Commentaires

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krakoukass56 - 12 Octobre 2011: Une chro pleine d'infos pertinentes, beau boulot !
pistache - 12 Octobre 2011: Merci pour la chro
The siren of the woods est une de mes chansons préférées de Therion:)
J'aime beaucoup ce groupe!
philboss - 25 Octobre 2011: Très belle chronique ! très grand groupe et excellent album
pour moi le meilleur du groupe !

Dommage que la pochette soit si vilaine elle ne rend pas hommage à la subtilité du groupe .
philboss - 26 Octobre 2011: Bien sur de subtilité je voulais parler des albums à partir de THELI car avant c'était du death ( donc vraiment pas ma tasse de thé !!)
crois tu vraiment que THELI est un album violent ???
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Commentaire @ bigoud

07 Fevrier 2007
C’est sûr et certain, Therion a bel et bien changé ! Un changement assez radical car le groupe passe d’un death metal bien violent à un Opéra-Metal très bien maitrisé.
Ce changement fut bénéfique pour ce groupe car c’est cet album qui a permis à Therion de percer et d’avoir enfin la reconnaissance que le groupe mérite. L’album qui les a fait connaitre et surtout un titre, j’ai nommé « To mega Therion ». Ce titre a vraiment tout déclenché et c’est encore de nos jours le titre le plus attendu par les fans. Ce titre s’inscrit comme l’un des meilleurs de Therion, voir le meilleur, après chacun son avis.
L’album débute avec « Preludium », mini instrumentale très jolie avant de nous balancer le hit « To mega Therion ». Les chœurs sont très bien interprétés et les guitares sont superbes. Cette brève description de ce titre pourrait aller avec la description des autres titres car à vrai dire, il n’y a rien à jeter sur cet album car tout est impeccable. Du chant masculin est présent, surtout sur « In the desert of set » mais est assez rare sur les autres titres de cette galette. La voix grave présente sur « Nightside of Eden » nous plonge dans une ambiance assez sombre et assez particulière que Therion n’avait jamais fait auparavant. L’instrumentale « Opus eclipse » est dotée de très belles orchestrations et d’ambiances assez sombres également. « Invocation of Naamah » est quand à elle plus « heavy », de bons riffs guitares, un bon chant masculin bien puissant et des chœurs toujours aussi magnifiques.
L’autre pièce maitresse de cet album avec « To mega Therion » est probablement « The Siren of the Woods ». Longue de 9 minutes, cette chanson quasi-instrumentale dévoile un superbe jeu de piano et des riffs de guitare sublimes. Quelques chœurs par ci par là et l’émotion est à son maximum. Vers les 7 minutes 40, l’émotion s’intensifie grâce aux riffs de piano et de guitare tout bonnement sublime qui donnent des frissons tellement c’est magnifique.
L’album se termine avec « Grand finale/Potludium », une instrumentale à couper le souffle. Puissante, belle, sombre, parfaite !!


Ce petit bijou que nous sort Therion est dû à une personne en particulier, Christofer Johnsson, un homme qui déborde d’imagination et de créativité.
Therion nous envoie un petit bijou riche en émotions.
Bravo !!

4 Commentaires

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sargeist - 07 Fevrier 2007: 18/20? Cette album est un chef d'oeuvre!
BlackDreamer - 18 Décembre 2007: Un album fantastique, pour moi le meilleur Therion!
choahardoc - 09 Décembre 2009: Une pure merveille, j'ai découvert ce fabuleux groupe avec Invocation Of Naamah, quelle claque!
maximillien - 10 Août 2010: Pour moi c'est celui que je
préfére surtout invocation of naamah
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