Deggial

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Nom du groupe Therion (SWE)
Nom de l'album Deggial
Type Album
Date de parution 31 Janvier 2000
Labels Nuclear Blast
Style MusicalHeavy Symphonique
Membres possèdant cet album312

Tracklist

1. Seven Secrets of the Sphinx 03:35
2. Eternal Return 07:11
3. Enter Vril-Ya 06:38
4. Ship of Luna 06:29
5. The Invincible 05:09
6. Deggial 05:04
7. Emerald Crown 05:30
8. The Flight of the Lord of Flies 01:22
9. Flesh of the Gods 04:06
10. Via Nocturna 09:33
a/Part I : The Path
b/Part II : Hexentanz
Bonustrack (on Some Versions)
11. O Fortuna (Carl Orff Cover) 03:22
Total playing time 54:37

Chronique @ Lunuy

29 Novembre 2011

Classieux... peut-être trop tourné opéra classique... mais plus que digne d’attention

Attention, amis metalleux ! Si les chœurs d’opéra ne sont pas votre fort, ou si vous avez déjà eu beaucoup de mal à apprécier le caractère quelque peu lancinant de certains morceaux de Vovin, il y a de fortes chances que vous n’apprécierez pas ce deuxième album orchestral de Therion. En effet, Deggial se veut encore plus épuré et lent que son aîné. Mais si vous vous sentez une âme de mélomane et que les longs middle-tempo ou doux passages choraux ne vous effrayent point mais au contraire vous intriguent, alors vous pouvez continuer à lire ces lignes.

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Deggial ”, le faux Messie borgne du Coran qui viendra annoncer la fin des temps... Le mysticisme cher au chevalier de l’Ordre du Dragon Rouge qu’est Christofer Johnsonn se retrouve encore au centre de la musique de la Bête suédoise. Cette fois, le compositeur prodige a décidé de jouer pleinement la carte de l’orchestre réuni au complet, celui-ci devenant un peu le fil conducteur des compositions de Deggial, relativement plus complexes et atmosphériques que celles de Vovin ; on se surprend parfois à entendre une sorte de croisement entre la musique de chambre et le baroque.

Pompeux l’orchestre ? Pas si on considère la place assez importante laissée aux guitares dès le début de l’album avec le percutant et fin “ Seven Secrets of the Sphinx ”. Toutefois, il n’est plus question ici de rythmiques arabisantes utilisées de temps à autres sur les précédentes réalisations du groupe ; en fait, Christofer et les frères Niemman (l’un à la basse, l’autre à la lead guitare) exécutent des riffs quelque peu doom mais surtout très orientés heavy metal des 80’ ou même rock.

Le résultat ? En un mot, grandiose. L’équilibre et la richesse des alternances entre parties symphoniques et guitaristiques se passe de mots tant elle est immense, que ce soit sur les très axés sur les cordes “ The Invincible ” et “ Emerald Crown ” (assez influencé par Iron Maiden et doté d'un excellent solo final), ou le psychédélique titre éponyme “ Deggial ”, qui à l’instar d’ “ Eternal Return ” se termine par une accélération très marquée du tempo.

Le minimalisme et la lenteur de certains morceaux pourra cependant être assez durs à digérer, comme par exemple “ Ship of Luna ”, ouvert par une lourde contrebasse et construit autour de longs passages de guitares acoustiques et un tempo organique de la batterie de Sami Karppinen auxquels répondent les nombreux chœurs, solennels, éthérés. Peu d’envolées lyriques au niveau des vocalistes, en fin de compte ; de tous les morceaux, seul le très groovy “ The Flesh of the Gods ” présente un véritable solo vocal, effectué par le guest ténor Hansi Kürsch ( Blind Guardian ; Demons & Wizards ).


Après, on pourra très bien reprocher au groupe sa démarche jusqu’au-boutiste, surtout au vu de la manière dont il a repris de manière plutôt timorée le célèbre “ O Fortuna ” de Carl Orff... mais vu qu’il s’agit d’un bonus track, on peut le laisser de côté. Accords simples, constructions lentes à se mettre en place, son peu agressif, chœurs d’opéra massifs et omniprésents, arrangements néo-classiques parfois imposants... sans doute certains d'entre vous diront que Therion tourne en rond sur tout l’album, manque de tranchant, ne propose pas grand chose d'original au niveau du riffing et se repose trop sur l'orchestre malgré ses trois longs mois passés en studio à la fin de l’année 1999.

Eh bien je le dis : au diable toutes ces objections ! Clamons-le haut et fort : alors que bientôt, nombre de groupes symphoniques de tout bord vont s’ingénier à copier la démarche de la Bête suédoise d’incorporer un orchestre à leurs compositions mais qui, au final, vont s’en servir soit comme un simple faire-valoir de leur musique, soit comme un moyen de cacher leur manque cruel d’inspiration (je ne citerai personne, suivez mon regard !), Therion a signé là un très bel effort d'équilibriste avec Deggial. Un album moins aimé que ses aînés ou cadets, un peu perdu dans la discographie du groupe, mais de par son homogénéité et son ambiance durable, il s'avère au final tout à fait prenant et intéressant.

17/20

12 Commentaires

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Vrael - 30 Novembre 2011: Ta chronique bien écrite et bien argumentée est parvenue à contraster la première impression que j'ai eue de cette album. J'ai bien envie de le réécouter d'une oreille nouvelle... merci.
raistlin - 01 Décembre 2011: Superbe album symphonique, un de ceux que j'écoute le plus avec Secrets of the runes. Merci Lunuy de rendre hommage à un si bel album souvent bien mal aimé.
choahardoc - 02 Décembre 2011: Analyse que je rejoins totalement. Therion a réalisé ici un opus particulièrement ambitieux, opératique et psyché, fraichement reçu pour finir. J'adore toujours ce son original caractéristique de la période. Enter Vril-Ya quel moceau...
Vrael - 03 Décembre 2011: "Enter Vril-Ya quel moceau..." je plussoie.

Bon j'ai réécouté, j'ai vraiment apprécié, effectivement tu as nuancé mon avis sur cet album qui reste pourtant le même : c'est plus de l'opera metal que du metal opera. De "ship of luna" à "flesh of god", j'ai l'impression de n'écouter que des choeurs et encore des choeurs sur une rythmique au riff certes original, mais c'est longuet... !

Un album aux morceaux plus linéaires que ne l'étaient ceux de Vovin, et encore plus atmosphériques. Une sorte de charnière de la trilogie "Vovin-Deggial-Secrets of the Runes".
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Commentaire @ Disarmonia

18 Juillet 2004
Souvenez- vous c'était en l'an 1996 de notre ère, THERION, groupe de Heavy symphonique, nous offrait son septième album, Theli, un véritable chef d'œuvre ! Puis en 1998, ils enfonçaient le clou avec le génial Vovin !
En 2000, Therion nous revenait donc avec ce nouvel opus, qui, ne nous voilons pas la face, en a déçu plus d'un.
Beaucoup plus simpliste et mou que ses prédécesseurs, Deggial ressasse les éternels éléments indispensable à la musique de Therion : chœurs, instruments symphoniques, guitares heavy…
Malheureusement ça manque cruellement d’énergie et d’originalité en comparaison des autres albums du groupe.
Par miracle, quelques morceaux viennent relever le niveau comme le superbe " Flesh Of The Gods " où Hansi Kursch (chanteur de Blind Guardian ) vient pousser la chansonnette ou bien encore le très oriental " Seven Secrets of the Sphinx ".
Sur la version limitée, vous aurez droit à une reprise du fabuleux " Carmina Burana " de Carl Orff ( la reprise, elle, n’a rien de fabuleux ! ).
Peut être le groupe avait-il espéré que nous, chroniqueurs de Metal du monde entier, tairions (cherchez le jeu de mot !) cet échec ?! Mais ce n'est pas le cas, et je le dis haut et fort ( et je suis pas le seul ! ), cet opus n'est pas digne d'un groupe aussi talentueux que THERION !

4 Commentaires

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jeffff - 13 Avril 2009: même avis
cet album se laisse écouter mais une fois terminé on se demande encore si on a bien posé le cd sur la platine, ça rentre par une oreille et ça ressort par une autre, il est même pas mauvais il est insignifiant
une honte après un chef d'oeuvre comme theli
depuis j'ai totalement zappé le groupe
morgothduverdon - 28 Décembre 2009: Ah, tu devrais rectifier ça Jeffff, car Lemuria et Sirius B sont de purs chef d'oeuvres, qui tutoient Theli.
Et Gothic Kabbalah est pas mal du tout.
Vrael - 02 Avril 2010: Tout à fait d'accord avec ta critique et ta note. Ils ont décidé de laisser l'orchestre philarmonique de Pragues faire tout le boulot... presque. Egalement d'accord sur le choix de tes morceaux écoutables, et j'ajouterai que "The Flight of the Lord of Flies" n'était pas trop mal non plus, une jolie performance quand même.
Fonghuet - 29 Novembre 2011: Via Noctura est la seule potable
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