K.F.D. (Kill Fuck Die)

Liste des groupes Heavy Metal WASP K.F.D. (Kill Fuck Die)
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Nom du groupe WASP
Nom de l'album K.F.D. (Kill Fuck Die)
Type Album
Date de parution 1997
Labels Raw Power
Produit par Blackie Lawless
Style MusicalMetal Industriel
Membres possèdant cet album162

Tracklist

1. Kill Fuck Die 04:20
2. Take the Addiction 03:41
3. My Tortured Eyes 04:03
4. Killahead 04:08
5. Kill Your Pretty Face 05:50
6. Fetus 01:23
7. Little Death 04:12
8. U 05:10
9. Wicked Love 04:36
10. The Horror 08:27
Bonustrack (Japanese Version)
11. Tokyo's on Fire
Total playing time 45:50

Chronique @ dark_omens

17 Décembre 2013

Un disque certes atypique mais loin d'être inintéressant...Contrairement à son prédécesseur...

Indiscutablement Still Not Black Enough, précédent effort des Américains de WASP, nous offrait le triste spectacle d’une caricature apparaissant comme un aveu de faiblesse de la part de son compositeur provocateur le plus renommé. Nous laissant, en effet, entrevoir quelques ébats coupables entre un Blackie Lawless, âme créative fondamentale de ce groupe, muet, et entre une facilité discutable consistant à puiser maladroitement une inspiration au cœur de ces immédiats travaux précédents, cet œuvre ne fut rien d’autre qu’un exsangue reflet anecdotique de deux des plus excellents manifestes à la gloire du remarquable esprit inventif de cet homme ( à savoir The Headless Children et The Crimson Idol).

Aussi fade et insipide que fut cet opus, WASP, hideuse entité nuisible mue par les frasques initiatrices de son concepteur, ne pouvait se résoudre à agoniser sans opposer à l’inexorabilité de cette mort artistique, bien trop souvent inéluctable, cette férocité avide du sursaut qui, sans le talent des hommes qui mène ces assauts désespérés, s’avèrent ordinairement vain. Mais depuis toujours ce groupe, et cet homme, se définirent par son aspect irrévérencieux et combatif. Ce nouveau cri primal prit donc la forme d’une nouvelle œuvre, KFD, acronyme utilisé pour Kill, Fuck, Die, qui sortit en 1997.

Si Blackie Lawless ne manque assurément pas de caractère, les nombreuses extravagances d’un passé sulfureux peuvent en témoigner, nul n’aurait pourtant pu augurer de ce que son orgueil, dont il n’est peut-être pas exagéré d’envisager qu’il fut passablement atteint, allait, dans un incroyable sursaut, imaginer ici. Loin de se satisfaire d’une complaisance qui aurait consisté à corriger les erreurs commises sur son précédent plaidoyer en se contentant de reprendre les valeurs sûres de ce Heavy qui fit sa réputation, il va en prendre le contrepied le plus radical en proposant à un auditoire ahuris les affres froides des mécaniques implacables de ces musiques Indus. Et alors que de tout temps le groupe fut instinctif et organique, voici qu’il allait devenir inflexibles et machinal.

Dès lors, la difficulté naît. L’incrédulité d’adepte enthousiasmé par ce que fut autrefois ce groupe, ne peut, en effet, qu’être troublée par un tel bouleversement. Pourtant l’oppressante réalité de ces riffs sombres et torturés, de ces atmosphères synthétiques noires ou encore de ces étouffantes plaintes obsédantes suffisent à ne pas laisser sombrer l’âme de l’auditeur hagard dans la déception. Bien au contraire la voix gémissante exceptionnelle de Blackie sur My Tortured Eyes ou encore les lancinantes allées sombres de Kill your Pretty Face, U ou encore, par exemple, de l’excellent The Horror nous guident au plus profond de ces délicieuses ténèbres.

De plus si l’album nous présente un visage inédit de WASP, il en garde pourtant quelques stigmates originels évidents. Ainsi, agrémentés de ces ambiances particulières, de ces guitares typiquement Indus mais aussi de ces éléments synthétiques défigurant le visage du groupe, certains titres, tels que, par exemple, Kill Fuck Die, ou encore, par exemple, Killahead demeure, indéniablement, marqué par certaines cicatrices d’autrefois.

KFD est donc un album atypique offrant, à un public dubitatif et partagé, le faciès défiguré d’un WASP transformé. Il appartiendra, bien évidemment, à chacun, à la mesure de ses propres envies et attentes, de se faire son avis propre. Au-delà de cette vérité écrite, nul ne pourra rien reprocher à cette démarche artistique intègre et tout simplement fascinante.

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Chriscatcher - 17 Décembre 2013: Non vraiment, cet album ne passe pas. Ce n'est pas cette facette de WASP que j'apprécie. Difficile de comprendre le délire de l'artiste. Si touchant sur "The Crimson Idol", Blackie Lawless semble prendre ici plaisir à se faire haïr, brûlant son passé et détruisant tout ce qu'il avait mis tant d'années à construire. La tournée en support de l'album nous offrit le triste spectacle d'une bande de musiciens défoncés et totalement à la dérive.
dimebag77 - 18 Décembre 2013: je trouve cet album tres bon et il est l'un de mes preferer!!
ZazPanzer - 29 Décembre 2013: J'ai été le premier à enfoncer ce disque plus bas que terre à sa sortie, mais avec les années il passe de mieux en mieux. Quant à la tournée je n'y étais pas, mais en tous cas le "Double Live Assassins" est une pure tuerie, et c'est d'ailleurs les titres de KFD joués sur ce live qui m'ont donné envie de réécouter le disque.
samolice - 17 Avril 2015: Merci pour la chro. J'ai rententé ma chance avec ce disque une bonne dizaine d'années après ma dernière écoute mais non, rien à faire, je ne trouve pas grand chose pour me faire plaisir (l'intro de "take the addiction" mise à part). Même le chant de Blackie dont je suis un immense fan depuis ses débuts avec Wasp ne me touche pas ici. Tant pis pour moi :-)
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Chronique @ TasteofEternity

12 Avril 2019

Basic Instinct

Les Etats-Unis depuis des lustres se plaisent à tout faire pour maintenir les apparences. Photo de famille annuelle oblige, on découvre une juxtaposition d’individualités communiant dans le botox et le silicone, un chien de race, une villa avec piscine, des voisins charmants, une start-up en plein essor, une Porsche dans le garage, la messe tous les dimanches, un régime équilibré à base de légumineuses, et fruits secs, le culte du sport, ni tabac ni alcool ni viande, et même lorsque daddy pète ça sent bon. En SOM une vie de carte postale commandée sur Amazon, référence 666, parfois même tout simplement héritée des colons européens (W.A.S.P.). Derrière ce sourire de façade, le constat est sans appel : le pourrissement né de l’hypocrisie et du mensonge permanent de cette non-existence ne cesse de gagner du terrain ravageant tel un cancer toutes les relations, le corps, le cœur et bientôt l’âme. Subtilisant avidement le pourquoi et le comment par le combien, imitant comme un geai moqueur le cri du billet de 100 dollars, l’être humain est enfin devenu une marchandise comme les autres quel que soit son rang social et son domaine de compétences. Lorsqu’un beau jour le miroir se brise. Le choix devient très simple c’est la corde, digne et silencieuse, ou les hurlements de bête suivi d’un règlement de comptes au fusil de chasse. The Crimson Idol, noble et résigné tel un requiem, signait la première forme de sortie, une auto destruction conceptuelle et artistique qui atteignait des sommets de grâce. La WASP & Co alors au zénith de son art tirait sa révérence avec retenue. Kill Fuck Die est son opposé : une chute bruyante et vertigineuse, résultat d’une somme de bouleversements incontrôlables à l’origine d’une rage de vivre peu commune. Les clients de la WASP & Co furent pris à la gorge, la Nation incluse ; ces posers qui réclamaient leur ration comme une meute de bâtards jappe après sa pâté journalière. Le gouffre est immense et la plaie encore mal refermée. Paradoxe à la fois instinctif et réfléchi, K.F.D. est une revanche ultime proche de la tuerie de masse. Alors salope toujours d’attaque ?

Evidemment toi derrière ton écran qui a craché allègrement sur ce méfait, tu sais mieux que personne quels sont les bons, et les mauvais albums de WASP. Et oui tu as une histoire avec eux, mais avec Kill Fuck Die tu n’as rien. En même temps, rien que l’objet, digipack gadget avec sa porte de frigo ouvrante, pauvre en qualité et en visuel, est repoussant ; les salauds ils ont bien travaillé leur produit. Impossible de trouver une image autre que la déception à laquelle te raccrocher, alors tu le rejettes. Tu me dégoûtes profondément, et je te mets au coin, allez, petit saligot, je ne veux plus te voir. Maintenant que nous sommes entre personnes à l’écoute les unes des autres, prenons un instant pour nous replonger dans cette époque ténébreuse. Chris et Blackie se séparent assez brutalement en 1989. En réalité une tierce personne a sciemment planté un fer rougeoyant entre les deux ; les ego, la came et l’alcool ont fait le reste. Cette personne, c’est Lita Ford, elle emporte le morceau, enfin Chris, au nez et à la barbe de Blackie, qui enrage tout ce qu’il peut. L’idylle entre les deux tourtereaux va tourner au fiasco en moins de 5 ans dont 2 de mariage, laissant Chris sur le carreau, amer et furieux. Blackie pendant ce temps reste aussi discret sur ses relations qu’efficace sur ses compos, mais bon tout Blackie qu’il est, il n’en possède pas moins un petit cœur notre rocker. Foulé au pied le palpitant par la plus tendre des garces, qui lâche le géant pour un…e autre nana. Elles ne manquent pas de suite dans les idées surtout lorsqu’on refuse de se marier avec. Et après tu la ramènes parce que tu ne comprends pas le pourquoi du comment de K.F.D. Tu combines la rage de l’un avec le désespoir de l’autre et tu obtiens une magnifique arme de destruction massive.

Kill Fuck Die a filé de l’urticaire et la gerbe a une grande partie de l’auditoire, objectif réussi en réalité, car ce méfait n’a pas été conçu pour être aimé, à moins d’être masochiste ou vrillé à un point tel que même la psychiatrie déclarera forfait. K.F.D., comme son nom l’indique, a été forgé dans la haine d’au-truie, il a pour but d’ordonner, de dégoûter et enfin d’annihiler, et je trouve qu’il atteint la cible en plein dans le mille. On peut a minima lui reconnaître la prise de risque, le caractère déviant, la malveillance qui l’anime, ce qu’aucun autre album de WASP n’exprime à ce point. C’est un album écrit la plume et le mediator trempés dans le vitriol, qui ne s’embarrasse d’aucun ornement. C’est crade, noir et volontairement malsain. Il manifeste une radicalité industrielle peu commune pour un groupe de heavy, pas très éloigné de The Downward Spiral. Le metal a cédé sa place à une mécanique implacable aux sonorités synthétiques et glaciales. Tous les instruments semblent avoir été passés à la moulinette, leur ôtant toute chaleur, et rondeur pour les retailler en fusils d’assaut. La voix de Blackie n’échappe pas à la sentence, on lui retrouve une hargne caractéristique mais le timbre n’a jamais été à ce point déshumanisé et crépusculaire. La vie semble avoir quitté le groupe. C’est une marée noire qui vient engluer et noircir vos derniers souvenirs. Les morceaux Kill Fuck Die, Killahead et Little Death alignent branlée sur branlée et demeurent un défouloir cathartique aussi basique qu’une baston d’ivrognes dans un bar après la clôture. Le point fort de cet opus, direct et violent, reste le soin apporté au développement d’atmosphères angoissantes comme sur Kill Your Pretty Face et The Horror, ou l’attente confine au supplice pour les voir enfin décollés. Ces deux titres acquièrent une dimension exceptionnelle en concert. Mention spéciale aux titres My Tortured Eyes et U qui agitent le spectre sonore du vieux WASP pour mieux le piétiner à coups de distorsions indus profondément nihilistes. Les deux géants, à nouveau sur la même longueur d’ondes, ont apporté chacun leur contribution : Chris a amené une bonne partie des riffs, et Blackie s’est éclaté sur les paroles et la production, secondé par Mikey Davis, pour accoucher d’un putain de pavé dans la gueule d’une société nécrosée.

En définitive K.F.D. sonne la fin de la récré, les cadavres sont sortis des frigos et exposés à la vue de tous. Pour Blackie et Chris, la vengeance n’est pas qu’un plat qui se mange froid, elle se doit d’être directe, publique et brutale. Alors mesdames, la prochaine fois que vous aurez la bonne idée de blesser l’orgueil de mâles sans être foutues de les achever, ne vous étonnez pas de recevoir une humiliation publique en retour. F.O.A.D. !!!



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TasteofEternity - 18 Avril 2019:

Tant qu’on en est a se féliciter ;) mon cher Sam, j’aimerai avoir ton avis : ce Kill Fuck Die par rapport au Generation Swine... Ils te font vomir de la même façon ou pour l’un des deux tu gardes les gros morceaux...

samolice - 18 Avril 2019:

Marrant que tu évoques le Generation Swine car j'arrive bientôt aux Motley Crue et que je pensais précisément lancer le truc par la comparaison avec ce Wasp. 2 groupes qui ont tenté quelque chose de différent avec ces disques et qui, à mes oreilles, se sont ramassés de la même manière. Donc oui, il me fait vomir de la même façon, rien à faire ça passe pas.

TasteofEternity - 18 Avril 2019:

Les motivations sont à mon humble avis radicalement différentes. Mais là où je te rejoins, c'est que quel que soit les intentions initiales, elles ne suffisent pas à écrire un grand album. Elle servent juste à mieux comprendre. Pour ceux qui raisonnent uniquement sur la variable plaisir, ces deux albums ne sont que deux immondes bouses qui entachent des carrières impressionnantes.

samolice - 22 Avril 2019:

EDIT. Autant pour moi, le Crue est passé bien mieux que le Wasp. Je vais pas dire que je l'aime mais y'a des trucs bonnards. 

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Commentaire @ nebxort

04 Décembre 2008
Je vais être direct, j'ai toujours eu un problème avec WASP. Le premier album me plaisait bien mais ensuite je me suis lassé des productions suivantes, même si je reconnais que sur tous les disques de WASP on y trouve de supers chansons.
Lorsque j'ai découvert ce disque datant de 1997, j'avais lu une interview de Blackie qui déclarait que KFD était son disque le plus violent et parsemé de touches indus.....bref je m'attendais à un grand album guignolesque et j'ai découvert une perle....De la première note de la chanson Kill, Fuck, Die à celles de la dernière The Horror, on sent une atmosphère de noirceur, de haine dans les compos, avec des touches indus renforçant la puissance du son, et un Blackie déclamant sa haine (envers son ex-compagne ou girlfriend)....
Le retour de Chris Holmes à guitares passant presque inaperçues devant le côté "compact" des compos, tout est bon dans ce disque, qui malheureusement ne fut pas un succès commercial.... Quel tristesse de voir que dès l'album suivant, Blackie s'essaiera à faire du sous AC-DC sur Helldorado...............

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ZazPanzer - 21 Mai 2010: Faudrait que je réécoute quand je lis ta chro, très intéressante. Je l'ai eu à sa sortie, écouté une fois et balancé tellement j'avais trouvé ça à chier.
Elevator - 21 Août 2011: Je n'aime pas trop "Still Black Enough" mais ce "Kill Fuck Die" n'est pas désagréable. Bon, je peux comprendre qu'il dérange car j'avoue que ce côté sonorité indus m'a repoussé au début !
De toutes manières, mes deux WASP favoris sont de loin "Headless Children" et " The Crimson Idol".
Elevator - 21 Août 2011: "Dominator" semble effectivement avoir la côte parmi les albums récents. Il est sympa, en particulier l'excellent "Mercy" qui ouvre l'album. Bizarrement, moi c'est "Babylon" qui m'a fait le plus d'effet, non pas par son originalité car il n'en a absolument pas, mais j'aime beaucoup le son, la lead guitar et les mélodies ...
ZazPanzer - 14 Novembre 2012: Écoutant du WASP en boucle depuis quelques semaines, j'ai fouillé dans mes cassettes et j'ai eu la surprise de retrouver ce KFD que je pensais avoir effacé direct après sa sortie ! Difficile d'être objectif puisque je suis en mode groupie, mais j'ai effectivement avec le recul trouvé cet opus intéressant de par sa noirceur, et la volonté de proposer quelques chose de nouveau. Il y a un morceau qui rappelle carrément "The End" des Doors ! Je ne le réécouterai pas tous les jours mais je pense que je vais me le racheter à l'occasion. J'ai également réécouté le live de cette tournée "Double Live Assassins" que j'ai en copie cassette également, une bonne tuerie à peine mixée avec un son bien raw, l'énergie qui s'en dégage est énorme.
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