Helldorado

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Nom du groupe WASP
Nom de l'album Helldorado
Type Album
Date de parution 1999
Produit par Blackie Lawless
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album184

Tracklist

1. Drive by 00:55
2. Helldorado 05:06
3. Don't Cry (Just Suck) 04:17
4. Damnation Angels 06:27
5. Dirty Balls 05:19
6. High on the Flames 04:12
7. Cocaine Cowboys 03:58
8. Can't Die Tonight 04:04
9. Saturday Night Cockfight 03:21
10. Hot Rods to Hell (Helldorado Reprise) 04:14
Total playing time 41:52

Chronique @ dark_omens

23 Novembre 2013

Quand Blackie Lawless exprime ses désirs les plus australiens...et les plus anédoctiques...

Si la démarche artistique de KFD demeure éminemment respectable, le résultat, quant à lui, ne pourra être jugé qu’à la mesure subjective des attentes de chacun. Nul doute que beaucoup, adeptes de ce Heavy que distilla autrefois WASP et dont l’apothéose géniale s’exprimera en deux albums superbes (The Headless Children et The Crimson Idol), auront été déroutés par les affres de cette musique machinal Indus dont les mécaniques implacables et glaciales constituent un paradoxe, sans doute insurmontable, pour eux.

Mais la parenthèse créative, aussi ingénieuse fut elle, ne pouvait être qu’éphémère. Il fallait que l’hideuse créature retrouve son visage rasséréné. Il fallait qu’elle apaise les affreuses cicatrices de cette impassible froideur torturée née du soubresaut provoqué, du moins on peut l’imaginer, par cette frustration face aux critiques accusant son maître créateur, Blackie Lawless, de manquer d’inspiration après un Still Not Black Enough fade.

Et voilà donc qu’Helldorado, au cœur de cette quiétude retrouvée, dévoilait ces contrées où le calme, certes relatif, revenu nous promettait de nouvelles satisfactions. L’engagement était d’autant plus exaltant que les bruissements lointains, échos nous parvenant de ce nouvel eldorado, nous laissaient présager le retour de ce Heavy originel illustrés par WASP sur ses premières œuvres.

Bien plus qu’un retour aux sources, ce disque constitue une réelle régression. Loin de s’atteler à défendre les valeurs d’une musique qui fut la sienne, en ces temps bénis où il arpentait les scènes du monde entier en jetant des morceaux de viandes crues sur un auditoire conquis et en crachant sa morve irrévérencieuse, Blackie Lawless nous propose ici l’insipide tiédeur d’un Rock/Hard dont le seul aspect âpre réside en son chant écorché si délicieusement caractéristique. Pire encore, il ne se contente pas de voyager dans le temps, il voyage aussi en d’autres terres inaccoutumées pour lui. Pour ce faire, il donne à sa musique une teinte typiquement australienne que les frères Young n’auraient sans doute pas reniée. Ainsi donc WASP nous offre sur cet album une vision trouble d’un mélange incertain née de l’accouplement improbable entre AC/DC et entre les plaintes rugueuses d’un Blackie Lawless vociférant.

La démarche est audacieuse. L’opus, quant à lui, décevant.

Manquant cruellement d’une inspiration personnelle qui lui aurait offert un autre vernis que celui des Sydneyéens fondateurs du genre, Helldorado s’enlise dans une certaine uniformité linéaire coupable, de laquelle l’auditeur ne pourra ressortir qu’abasourdis. Ainsi, au-delà d’un Drive By, préambule introductif dont le climat n’est pas sans nous évoquer, de manière infime et appréciable, d’autre temps plus agréables (The Big Welcome, Scream Until You Like It, Wild Child…), le titre Helldorado nous offre des affres Boogie Rock’n Roll. Cette première salve, pas totalement inefficace mais cruellement soufflée par d’autres, est, malheureusement, très symbolique de ce disque.

Ajoutons, de surcroît, que le manque d’originalité de certains de ces morceaux, de certains de ces riffs et de certaines de ces mélodies, conjugué à ce vernis australien, finit par donner à l’ensemble un aspect homogène fort désagréable. Cette insidieuse impression monolithique nous condamne à ressentir certains morceaux comme de vulgaires réédites. Avec si peu de nuances, ce plaidoyer devient alors un calvaire duquel il est bien complexe d’extraire quelques airs, refrains, notes distinctes. Ainsi les titres Helldorado, Dirty Balls et, par exemple, Hot Rods to Hell semblent même n’être qu’un seul. Interminable, accablant, inutile, fade.

Notons encore que cet opus, de manière général et alors que le groupe semblait vouloir s’affranchir d’une certaine verve immature d’antan en nous proposant des textes et des thèmes plus adultes, est un manifeste à la gloire de ces écrits subversifs d’autrefois qui firent, aussi, la réputation de Blackie Lawless.

En ce marasme décevant, seul l’excellent Damnations Angels, aux lancinantes travées hypnotiques et déchirantes, vient nous offrir du plaisir.

Helldorado n’est que l’expression sans éclat, et sans inspiration, d’une variation sur le thème du Hard Rock/Boogie Rock’n Roll créée par AC/DC. La seule tonalité caractéristique qui démarque WASP des illustres australiens fondateurs réside ici dans la voix atypique de Blackie Lawless. Une différence qui, au final, apparaît comme anecdotique. Tout comme cette œuvre à vrai dire…

9 Commentaires

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largod - 25 Novembre 2013: chacun ses gouts Sam
scotch - 27 Novembre 2013: Merci pour la chronique même si je te trouve un peu dur avec cet album que perso j'aime assez. Rien de bien neuf c'est sûr, mais un savoir faire bien présent quand il s'agit de pondre des refrains très vite assimilable. Et puis la voix de Blackie reste unique.
samolice - 23 Décembre 2013: Remis plusieurs fois sur la platine cette semaine histoire de vérifier "l'influence" d'Ac/Dc. Franchement cela ne m'avait jamais marqué auparavant mais je suis tout à fait d'accord. Pour le reste, douloureux d'écouter l'album d'une seule traite tant les titres se ressemblent... "Damnation Angels" est le seul qui m'a vraiment séduit. Bref, hélas, mes souvenirs ne m'avaient pas trahi.
dark_omens - 23 Décembre 2013: L'heureuse redécouverte qui se conclut par une bonne surprise ne peut pas fonctionner à tous les coups...lol...
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Commentaire @ chmetal

17 Juillet 2008
2 ans après un Kill Fuck Die sulfureux, revoici notre groupe fétiche plus violent que jamais … et Blackie et sa bande affichent la couleur d'entrée. On connaissait "Welcome to the electric circus", voici maintenant "Welcome to hell" !

Dès les premières notes, on a la surprise de constater que W.A.S.P. ne continue plus dans la branche industrielle "à la Marylin Manson ", mais tend plutôt vers un heavy metal traditionnel "à la AC/DC". Et c'est tant mieux ! Il est vrai
que W.A.S.P. n'a jamais fait deux fois le même album, et il le prouve encore une fois avec cet album.
Après plus de 45 minutes de décibels métalliques, on constate que W.A.S.P. est capable du meilleur… comme du pire, en nous ressortant le vieil adage "sexe,
drogue et rock'n'roll".

Dans la première partie de l'album, Blackie explose ses cordes vocales et nous livre des méga-titres à notre plus grande joie, comme "Helldorado", la pseudo-ballade rapide (?) "Damnation Angels" (dans un style opposé à "The Idol"), "Dirty Balls" (le meilleur !), "High on the Flames" ou encore le très puissant "Cocaïne cowboys".
Malheureusement, la deuxième partie est nettement moins bonne que la première. Le titre "Can't die tonight" est correct sans plus mais le pire arrivait avec les deux dernières chansons : le début de "Saturday night cockfight" est complètement pompé de la chanson "Tokyo's on fire" (présente sur la version japonaise du K.F.D.) et ne lui arrive même pas à la cheville, et "Hot rods to hell", quant à elle, ressemble étrangement à "Rock'n'roll to death" (en moins bien également). Blackie et sa bande serait-il en manque d'inspiration pour "emprunter" certaines choses d'un passé relativement récent ?

Quoi qu'il en soit, "Helldorado" est un bon album que l'on écoute en boucle avec plaisir, bien meilleur que "K.F.D." et "Still Not Black Enough" … mais un peu en retrait par rapport au premier, à "Headless Children" ou encore au "Crimson Idol".

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Yann.77 - 15 Novembre 2009: tout a fait d'accord, là aussi...
OVERKILL77 - 03 Août 2013: Je l'aime bien moi, cet album.
 
Gang51 - 24 Novembre 2013: Et WASP devient braillard. Agréable quelques morceaux et ensuite on a l'impression que ça gueule tout le temps
wildflower - 09 Décembre 2013: Moi je l'aime aussi cet album point braillard à mes oreilles...
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