Hymns for the Broken

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Nom du groupe Evergrey
Nom de l'album Hymns for the Broken
Type Album
Date de parution 26 Septembre 2014
Labels AFM Records
Style MusicalPower Progressif
Membres possèdant cet album78

Tracklist

1. The Awakening
2. King of Errors
3. A New Dawn
4. Wake a Change
5. Archaic Rage
6. Barricades
7. Black Undertow
8. The Fire
9. Hymns for the Broken
10. Missing You
11. A Grand Collapse
12. The Aftermath

Chronique @ Eternalis

13 Septembre 2014

Il s’agit simplement du chef d’œuvre ultime d’un groupe au sommet de son art, s’étant transcendé[..]

Evergrey, c’est un peu l’histoire d’une injustice. Celle du talent injustement récompensé, de l’intégrité trop peu mise en avant et d’une des plus belles voix de la sphère mélodique trop souvent sous-estimée.
Evergrey est l’archétype du groupe de metal progressif, possédant le talent, l’intelligence et la technique mais n’ayant jamais réussi à aller titiller les Dream Theater, Symphony X, Angra ou autres groupes plus power mais pouvant se rapprocher des suédois. Une explication ? Un début de carrière prometteur, deux albums à classer parmi les très grandes réussites du genre ("In Search of Truth" et "Recreation Day"), mais des choix ensuite parfois risqués (la production plus synthétique et très froide de "The Inner Circle") ou incompréhensibles ("Monday Morning Apocalypse" d’une fadeur vraiment incroyable, puis un "Torn" créé suite à de gros soucis de line-up) et surtout des mouvements de line-up rendant difficile à suivre la carrière du groupe, toujours menée d’une main de fer par Tom Englund, guitariste et chanteur de son état.

"Glorious Collision" avait déjà renoué avec le passé plus mélancolique du groupe, mais "Hymns for the Broken" se prépare à établir un nouveau standard. Après plus de quinze ans, Evergrey n’attend désormais plus rien de personne et se veut plus libérer que jamais. A cela s’ajoute le retour de membres emblématiques, à savoir la fine gâchette Henrik Danhage à la guitare et Jonas Ekdahl à la batterie. "Hymns for the Broken" n’est pas un renouveau, un nouveau départ ou un quelconque retour aux sources comme il est de mode en ce moment. Non, il s’agit simplement du chef d’œuvre ultime d’un groupe au sommet de son art, s’étant transcendé pour offrir une merveille d’inspiration, de beauté, de mélancolie et de tristesse.

Ce neuvième album, littéralement propulsé par une production monumentale de Jacob Hansen, est de loin le plus mélancolique album des suédois, mais pas forcément le plus sombre. Il possède cette force intérieure, cette puissance provenant du plus profond de l’âme de ses créateurs. La sublime "Wake a Change" en est probablement la plus belle preuve, débutant sur une ouverture au piano avant de faire surgir une puissance latente par des coups de toms solennels, puissants mais pulsant tel un rythme cardiaque. La voix de Tom est pleine d’émotion, livrant un refrain d’une beauté absolue, d’une pureté incroyable mais contenant cette force de l’âge, cette expérience de la vie dénuée de toute innocence, de toute niaiserie, rendant le paysage plus triste encore. Les chœurs apportent une dimension encore supérieure, tandis qu’il faut noter l’apport non négligeable d’électronique sur l’album, la plupart du temps pour renforcer l’aspect intimiste du disque.
Evergrey redevient parfois le prédateur sauvage et écrasant du passé, à l’instar de "Kings of Error", récemment illustré par un clip de toute beauté. D’une mélodie à couper le souffle surgit un riff d’une puissance phénoménale, totalement incrusté dans l’ambiance de l’album et renforcé par une rythmique écrasante. Le chant de Tom est tour à tour brut et poétique, jusqu’à un refrain d’une délicatesse rare. Le solo est tout aussi impressionnant, tout étant dosé, la moindre note semblant à sa place, sans qu’il y en ait trop ou pas assez, particulièrement sur la splendide partie au tapping.

Chaque composition de "Hymns for the Broken" possède ses idées propres, sa personnalité et son caractère et dans cette hétérogénéité, l’album trouve une cohérence inouïe, une force globale en faisant simplement une œuvre à part entière. Impossible de ne pas évoquer le riff d’ouverture lumineux d’"Archaic Rage", simple mais si beau, ou encore la chorale d’enfants sur "The Fire", pourtant l’un des titres les plus percutants du disque. Le riff est sec, la pédale et la caisse claire claquent comme des guillotines, la basse résonne et vrombit…puis surgit de nulle part cette chorale pendant quinze secondes en latence, en totale lévitation avant que Tom ne reprenne la même mélodie avec sa rage et ses tripes. Evergrey n’a d’ailleurs pas intégré les enfants dans un passage féérique comme a pu le faire Nightwish ou pour contrebalancer une violence comme Septic Flesh l’a proposé dernièrement. Non, ces enfants ne font que renforcer la noirceur de la composition, notamment dans leur articulation presque malsaine, noire, propre à provoquer autant un étrange malaise qu’une impression de génie pure. Une fois de plus, le refrain est une prouesse de plus qui vous hantera durant de longues semaines…

Il y a aussi ce titre éponyme splendide et construit autour d’un lead mélodique beau à pleurer, toujours orchestré par un vocaliste en dehors de toute concurrence, dans son propre univers. "Black Undertow", plus minimaliste encore, entre piano, éléments électroniques et riffs noirs, laisse filtrer une certaine lumière par ce chant toujours aussi merveilleux (ce refrain…). La lumière à travers les ténèbres, la pénombre recouvrant l’espoir, les pleurs remplaçant les sourires, l’espoir vainquant le désespoir…"Hymns for the Broken" est un peu de tout ça, quel que soit le sens, selon les titres, selon la manière dont on vivra l’album, selon notre vécu et nos propres expériences.
"A New Dawn" représentera la face la plus agressive de ces expériences, entre légères attaques de blast à la caisse claire, double pédale, chœurs grandiloquents et riffs tranchants (ce riff à 1min30 détruisant tout sur son passage agrémenté de ces notes électroniques savamment dosées). Quant à "The Grand Collapse", il viendra définitivement sceller cette sensation de toute-puissance, d’invulnérabilité et de supériorité du groupe sur cet album. Un morceau qui n’aurait d’ailleurs pas dépareillé sur le dernier Epysode ou chez Beyond Twilight, à la force d’évocation très sombre, ténébreuse et glauque. Les claviers tapissent une atmosphère démoniaque et torturée, les riffs sont lourds et pesants, les lignes de chants à fleur de peau et toujours cette mélancolie latente qui vous arrache les boyaux du début à la fin. Le solo sera d’ailleurs l’un des instants les plus intenses, insufflant une ambiance cauchemardesque, affublé de multiples effets sonores, d’une voix off profonde et surtout de cette mélodie de piano froide et déprimante.

"Hymns for the Broken" demande du temps, de l’attention et ce modeste résumé ne reflète en aucun l’immense richesse de ce nouvel album d’Evergrey. Il a tout pour devenir le monument d’une carrière et le point d’orgue, le tournant des suédois vers une reconnaissance plus large. Une réussite totale à tous les niveaux, qui fera probablement des envieux et des émules dans les semaines à venir. Ils viennent de produire leur chef d’œuvre, celui pour qui on peut se souvenir d’un groupe toute une vie, celui qui permet de passer d’un statut vers l’échelon supérieur. Un album quasi parfait qui vient détrôner toutes les sorties récentes du genre et les renvoyer à leurs chères études. Vous n’aurez désormais plus aucune excuse pour éviter Evergrey.

23 Commentaires

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armaggedon - 03 Octobre 2014: Une petite précision sur le dernier titre "the aftermath" qui est une pure merveille de rock progressif, sur lequel plane l'ombre du grand Floyd. un pur chef d'oeuvre cet album.
Eternalis - 09 Octobre 2014: Merci pour ce comm, ça fait plaisir en tout cas ;)
 
David_Bordg - 16 Octobre 2014: je les suis depuis presque le debut et ca toujours été un enorme groupe!!
 
David_Bordg - 02 Mars 2015: Après plusieurs écoutes attentives, je peux affirmer que cela a ete l album de l annnee pour moi, vote que j ai confirme sur som!! Magnifico.
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Chronique @ metalstormrider

17 Septembre 2014

Colossal… L’album venant couronner 14 ans de règne sans partage.

Le début discographique d’Evergrey coïncide avec l’essor des pointures du metal actuel, groupes ayant renouvelés le style de manière beaucoup plus professionnelle et diversifiée. De nombreux groupe de heavy se sont ainsi démarqués grâce à leur créativité apportant des touches symphoniques et mélodiques novatrices à leurs compositions (Nightwish, Stratovarius, Symphony X). Le revival du post black metal/ death metal propose, quant à lui, des sonorités de plus en plus mélodiques et empreinte des rythmiques propres au Heavy traditionnel.
C’est en 98, qu’atterrit « The Dark Discovery » dans les bacs, au milieu de bon nombre de skeuds majeurs sortis la même année. Mélange d’un Power Metal progressif lourd et mid tempo teinté de consonances gothiques, il bénéficie d’un son particulièrement sombre et une interprétation réalisée avec une voix lyrique probablement là ou tout le monde attendait des growls… Ce chant, de surcroit, ne ressemble en rien aux vocalises aiguës des formations contemporaines mais se veut plus grave et solennel, se mariant parfaitement avec l’ambiance obscure de l’album… un groupe différent prenant des risques payants puisqu’il attire l’attention sur lui et s’exporte au delà des frontières suédoises.

Comme vous connaissez la suite je ne passerai pas en revue la discographie du groupe, mais il convient d’admettre que chaque sortie divise la communauté, critique du son, du contenu… et toujours l’étrange sensation d’avoir un bon album mais avec un potentiel qui demande qu’à être d’avantage exploité… Evergrey a eu la chance de bénéficier d’une promotion très efficace, d’artworks soignés et d’une stratégie de vente élaborée lors de chaque sortie… « Monday Mourning Apocalypse » qui montre un changement peut être un peu trop radical et vient ternir quelque peu un avenir si prometteur. Les concerts se raréfient, du moins en France… Torn ne parvient pas à intéresser les foules, trop peu de promotion, malgré un potentiel toujours présent.

« Glorious Collision » devait être le testament d’Evergrey : issu après bon nombre de problèmes internes, il condamne deux membres originels d’accoucher douloureusement du dernier chapitre chargé d’achever la discographie. Critiqué à cause d’un son et d’un mixage approximatif, « Glorious Collisions » possède des compositions de qualité, originales et abouties. Un dernier effort en forme de Requiem sublime : le groupe peut s’éteindre dignement…
Mais en 2014, le groupe ressuscite et propose ce « Hymn For The Broken », neuvième album. L’artwork peut paraître assez déconcertant pour un groupe de gothic, mais là encore demeure la singularité du groupe.

Tom S Englund s’est entouré de certains de ses anciens compères, ceux qui avaient permis au groupe d’exploser pendant la période "The Inner Circle ». H. Danhage, et Jonas Ekdhal, partis formés Death Destruction, sont de retour ! Le groupe s’est attribué les services de J.Hansen, derrière les manettes et ça se sent, le son possède un équilibre jamais égalé et s’avère encore plus percutant par rapport aux anciennes réalisations.

La première écoute révèle une véritable pépite, un chef d’œuvre, une œuvre monstrueuse et inspirée, une parfaite symbiose entre le passé et… le divin.
Après une introduction qui nous plonge à la fois dans le chaos d’un soulèvement mais aussi les espoirs de lendemains meilleurs. L’intensité du combat menace d’imploser le fort intérieur déjà en proie à ses conflits intrinsèques et au doute qui perdurent depuis plusieurs albums déjà…la lutte reprend donc et s’étale sur 11 titres massifs.

« King Of Error » se voit la lourde tâche d’ouvrir l’album et d’assurer la promotion pour que vous puissiez patienter en attendant la sortie de l’album. Du grand art, progressif à souhait, arborant un apparat simple mais efficace. Un titre montrant qu’Evergrey a quasiment réussi l’impossible, à savoir rendre accessible ses compositions, les sublimer par des arrangements divins et les rendre terriblement attrayantes. Un titre novateur dans la longue carrière du groupe.

La force de cet album est de nous emmener loin dans l’émotion, en utilisant certains sentiers déjà empruntés antérieurement mais peut être de manière moins intense… « A New Dawn » peut être le mélange parfait entre certaines compositions présentes sur « Thorn » mais peut aussi nous marquer par l’aspect électronique et moderne propre au morceau « Ambassador » ainsi que sur d’autres compositions jadis expérimentées sur l’album « The Inner Circle ». Encore une composition qui va droit au but tout en possédant une richesse émotionnelle rarement égalée par le passé.

L’album est très équilibré, homogène, divin dans la palette d’émotions particulières que possède chaque chapitre et qu’il convient d’appréhender. Les titres s’enchainent, matérialisant le conflit intérieur dont il était déjà question depuis les premiers méfaits du groupe, avec la mélancolie en l’infiniment obscur en toile de fond.

De nouvelles sonorité beaucoup plus rock/gothique font aussi leur apparition sur ce « Hymn Of The Broken », le divin « Archaic Rage » en fait justement partie, de par son riff d’introduction et son interprétation, il frise l’excellence grâce au travail d’orfèvre de R Zander, apportant cette profondeur.

La supériorité de cet album réside sur le talent vocal de Tom apportant un Lyrisme et une justesse sublimé par la majesté des chœurs Les mélodies sont inoubliables, amenées avec beaucoup d’intelligence et de précision par l’harmonisation et l’articulation des différents instruments. Rien ne semble avoir été laissé au hasard…

Le ciel semble se dégager au fur et à mesure de l’album, « Barricade » semble être le morceau le plus positif, malgré un aspect musical martial, il apparait aussi très aéré et permet de faire ressortir la qualité du songwritting.
The le titre éponyme de l’album est un régal nous inflige le coup de grâce… et vient couronner Evergrey comme souverain absolu.
« Missing You » est intemporel, Englund vient juste poser sa voix sur une structure musicale très dépouillée. Une échappatoire nécessaire qui saura heurter votre sensibilité et ébranler votre fort intérieur…

« The Grand Collapse » l’une des pièce maîtresse de l’album, progressif, parfait, complexe, extrêmement sombre et essayer de le décrire serait une hérésie… allongez vous et osez accomplir cette transcendance qui ne laissera pas l’intégrité de votre instance moïque stable très longtemps…
Cet album captivant s’achève par « The Aftermath », titre possédant une couleur très particulière… Un morceau que l’on pourrait presque choisir pour clore son propre chapitre…

Il est vrai que l’album peut s’avérer déroutant pour ceux qui attendaient quelque chose de plus agressif et rapide, pour ne pas dire à la mode, Evergrey a choisi l’authenticité. On ne doit donc rien attendre d’un groupe de cette envergure, c’est lui qui dicte la loi et vous emmène là où il le souhaite. Faisant de tous les styles et de ses expériences passées une véritable alchimie servant sa cause sombre, il nous propose cet album dantesque et envoûtant. La perfection semble désormais de ce monde et sera bientôt entre vos mains, je l’espère… pour moi la sortie de l’année et une véritable claque. Quand on possède 14 ans de règne sans partage …

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edenswordrummer - 19 Septembre 2014: Et une seconde superbe chronique sur cet album ! Vous vous êtes donné le mot pour faire baver tout ceux qui n'ont pas écouté l'album messieurs ! Impatient de voir le nouveau bébé d'Evergrey. Je m'attend a une véritable claque et j'espère que cet album sortira Evergrey de cette abîme d'injustice et permettra à ceux qui ne connaissent pas cette formation de découvrir son immense talent.
 
David_Bordg - 16 Octobre 2014: enorme album d evergrey cmme toujours
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