Goatlord

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Nom du groupe Darkthrone
Nom de l'album Goatlord
Type Album
Date de parution 24 Octobre 1996
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album194

Tracklist

DISC 1 - Re-Issue in 2011 by Peaceville Records.
1.
 Rex
 03:48
2.
 Pure Demoniac Blessing
 02:35
3.
 (The) Grimness of Which Shepherds Mourn
 04:23
4.
 Sadomasochistic Rites
 04:04
5.
 As Desertshadows
 04:42
6.
 In His Lovely Kingdom
 03:24
7.
 Black Daimon
 03:50
8.
 Toward(s) the Thornfields
 03:37
9.
 (Birth of Evil) Virgin Sin
 03:25
10.
 Green Cave Float
 04:02
11.
 A Blaze in the Northern Sky
 04:55

Durée totale : 42:45



DISC 2 - Re-Issue 2011
1.
 Commentary Disc by Fenriz & Nocturno
 

Chronique @ Fabien

14 Janvier 2011

Demoniac Blessing.

Ayant rapidement perdu la fibre du deathmetal peu après l’enregistrement de Soulside Journey en 1990, sous l'influence d’Euronymous (Mayhem), Darkthrone figure parmi les premiers groupes norvégiens ayant rallumé la flamme du blackmetal initiée quelques années auparavant par Hellhammer ou Bathory, surprenant ainsi la scène extrême avec un A Blaze in the Northern Sky bien plus noir, rapide et cru, mais tout aussi culte que son indétrônable prédécesseur.

Durant cette période 90/91 de transition comprise entre les deux albums, le quatuor qui inclut encore le bassiste Dag Nilsen enregistre dix morceaux instrumentaux durant une répétition, destinés à former son second album. L’ensemble des titres finit toutefois rapidement au panier, faute à une architecture deathmetal ne correspondant plus aux attentes de nos protagonistes norvégiens, désormais tournés vers une essence bien plus noire et radicale.

Il faut alors attendre l’année 94, certainement durant l’arrangement de Nordavind (le fabuleux album folk/black de Fenriz, Satyr et Kari Rueslatten), pour que cet enregistrement en répétition ressurgisse dans l’esprit du batteur de Darkthrone, qui décide alors d’ajouter ses lignes vocales en lieu et place de Nocturno Culto, chanteur habituel de la formation mais visiblement en dehors de cette démarche de résurrection. Déjà annoncé dans le livret de Panzerfaust en 1995, l’atypique Goatlord sort ainsi en fin d’année 1996 chez Moonfog Productions, quelques mois après la sortie de Total Death.

Loin du blackmetal cru adopté depuis A Blaze in the Northern Sky, l’assise instrumentale de Goatlord se rapproche ainsi davantage du deathmetal du premier album de Darkthrone, dans une version toutefois plus noire et absolument brute de décoffrage, sans la puissance ni la profondeur du son de guitare des studios Sunlight. Sur un rythme majoritairement middle tempo, les riffs manquent ainsi globalement d’incision en regard du précédent effort, parfois approximativement mis en place faute à leur enregistrement sans recul livré à la volée. On peut à ce titre largement entendre le souffle du micro sur les introductions de Sadomasochistic Rites et Black Daimon, bien que l’ensemble de ces défauts fassent aussi le charme de l’enregistrement, sans artifice ni tricherie.

La différence la plus notable entre Goatlord et Soulside Journey se situe plus exactement dans la voix sale et crue de Fenriz, en opposition avec le chant guttural de Nocturno Culto (Ted Skjellum) sur le premier album. Sa voix pestilentielle et ses quelques invocations narrées apportent ainsi une noirceur toute particulière aux compositions, les rapprochant davantage des sphères charbonneuses du blackmetal. A plusieurs reprises, pour citer les morceaux Rex ou Sadomasochistic Rites, on peut également entendre des voix féminines que Fenriz aurait lui-même mis en place, bien que j’associerais pour ma part plus volontiers ces rares interventions à la gorge de Kari Rueslatten. Ces voix claires n’apportent toutefois aucune douceur, mais entretiennent au contraire ce climat si glauque, à la manière du début du titre Shepherds Mourn non sans rappeler l’invincible Necromantical Screams de Celtic Frost, l’ombre du trio helvète ayant toujours plus ou moins plané sur les oeuvres de Darkthrone.

Vaste fumisterie pour certains ou témoignage authentique pour d’autre, Goatlord est ainsi un album controversé dans la discographie de Darkthrone, paru comme un cheveu dans la soupe en cette année 1996. Il reste en tous cas un pan essentiel dans la longue histoire du groupe norvégien, dont chaque enregistrement marque une étape importante dans son parcours. Trainant parfois en longueur faute à des peaufinages et arrangements n’ayant jamais vu le jour, Goatlord doit ainsi être considéré comme un simple enregistrement en répétition, contenant toutefois suffisamment de force, de noirceur et de possession pour ne pas avoir à rougir, mais également plusieurs morceaux comme l’occulte Black Daimon méritant indéniablement le détour.

Fabien.

4 Commentaires

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NICOS - 14 Janvier 2011: Merci pour cette chronique remarquable. Cet album ( si on peut l'appeler comme ca )n'est pas ma tasse de thé, mais tu démontre à quel point il était important pour la suite des évènements.
PSYCHO666 - 14 Janvier 2011: Excellente chronique !
Je rajouterais aussi qu'un autre morceau mérite le détour, il s'agit de "Green Cave Float" d'ailleurs repris sur le tribute Darkthrone Holy Darkthrone, par Dodheimsgard.
jtank6 - 14 Janvier 2011: "sans artifice ni tricherie" je te cite, et qui peut oser dire le contraire !!!
Je jette toujours un oeil sur tes Chroniques Fab car elle sont toujours une mine d'infos et de détail !! Et pour ca merci.
Mais je te trouve une rare largesse dans la notation, je trouve qu'un 13 viens à mes yeux(et au crédit que j'apporte à tes chroniques), un peu trop encensé cet opus.
Je dois sans doute faire partie des gens qui le rangerait dans une "vaste fumisterie", même si je ne pousserais pas jusque la !
Je le trouve à la foi fade et glauque, bien que ce dernier adjectif n'est rien de péjoratif, je dirais même que c'est que je recherche dans ce genre de composition, mais le fade prends un peu trop le dessus à mon gout.
Enfin tout ça pour dire que tous les gouts sont dans la nature, et que pour une fois je ne boit pas à 100% tes propos, ou plutôt ta note, n'y voit surtout pas une offense, mais juste une remarque d'un de tes lecteurs :)
Vondur - 11 Juillet 2013: J'adore cet album, c'est même un de mes préférés. J'adore aussi Soulside ce qui explique aussi pourquoi j'aime tant Goatlord (bien que différent quand même). Sinon je pense comme Fabien pour le chant féminin que c'est Kari car le Nordavind est sorti à la même époque.
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Commentaire @ Kuroikarasu

29 Novembre 2004
Cet album, bien que sorti en 1996, est en fait une « compilation » de titres inédits, enregistrés vers 1990-92, au moment de la sortie de « Soulside Journey ». On y retrouve donc le mélange death/black des débuts du groupe. Les paroles ont été écrites et ajoutées en 1994.
Musicalement, on retrouve le style de leur premier album cité plus haut, à savoir un rythme death assez lent, pesant, mélangé à des parties plus rapides, donnant au tout un aspect assez chaotique. Le son est assez clair, en comparaison de ce qui viendra par la suite chronologiquement parlant. Les guitares sont bien mises en avant, la batterie est relativement « molle » et les vocaux death ou bien déchirés sont annonciateurs des futurs albums « true black ». La production n’est pas bonne, mais ça, ce n’est pas un scoop avec Darkthrone, qui l’a toujours privilégiée ainsi, afin d’en accentuer le côté minimaliste et crue. L’atmosphère qui découle de cette galette est vraiment glauque et désespérée.
C’est un album-charnière qui est peut-être difficile d’écoute parce que mélangeant étrangement les styles. Un achat qui n’est pas indispensable à moins d’être vraiment fan de Darkthrone et de vouloir comprendre son évolution musicale.
Tous les morceaux sont intéressants. On retrouve d’ailleurs par moment l’ambiance si spéciale du futur classique « Under a Funeral Moon »...


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