Under a Funeral Moon

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Nom du groupe Darkthrone
Nom de l'album Under a Funeral Moon
Type Album
Date de parution 24 Juin 1993
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album699

Tracklist

1.
 Natassja in Eternal Sleep
 03:33
2.
 Summer of the Diabolical Holocaust
 05:18
3.
 The Dance of Eternal Shadows
 03:44
4.
 Unholy Black Metal
 03:31
5.
 To Walk the Infernal Fields
 07:50
6.
 Under a Funeral Moon
 05:07
7.
 Inn I De Dype Skogers Favn
 05:25
8.
 Crossing the Triangle of Flames
 06:13

Durée totale : 40:41


Chronique @ Fabien

17 Mai 2010
Il n’aura fallu qu’un seul détonateur, l’impitoyable A|symmetry Blaze in the Northern Sky de Darkthrone, pour remettre définitivement sur rail un blackmetal que l’on croyait confiné dans l’ombre de son cousin deathmetal, depuis l’insolente suprématie du style ennemi lors de ces années 89-91. Grâce à ses trois compositeurs, travaillant à plein régime en répétition tant celles-ci restent frappées par une magie toute particulière à cette époque, le groupe norvégien met ainsi seulement dix mois à construire la seconde oeuvre de son ère blackmetal, rejoignant dès juin 1992 les Creative Studios pour les sessions du bien nommé Under a Funeral Moon. Paru en cours d’année suivante chez le fidèle label Peaceville Records, l’album installe cette fois-ci Nocturno Culto en couverture, dans une pose aussi noire que son collègue Zephyrous sur le précédent album.

Si Darkthrone n’a pas foncièrement changé de style entre ses deux efforts, conservant sa façon d’aborder ses morceaux et son imagerie purement black, le groupe rompt en revanche définitivement avec les relents deathmetal de son passé, dont des traces subsistaient encore dans le riffing d’A|symmetry Blaze in the Northern Sky. Profondément occulte, possédé par le Malin, Under a Funeral Moon se veut plus primaire, tant au niveau de l’épuration de ses compositions que du minimalisme de sa production.

Les rythmes tapageurs du premier titre Natassja In Eternal Sleep, son riffing souvent répétitif et parfois réduit à sa plus simple expression, la froideur de sa capture, les vocaux très crus de Nocturno Culto, sont ainsi autant de facteurs montrant combien Darkthrone revendique avant tout une culture, en opposition à toute forme de technicité instrumentale superflue. Lâchant parallèlement son premier morceau en norvégien, Inn I De Dype Skogers Favn, le groupe dessine ainsi déjà les contours d’un style qu’il nomme désormais le "True Norvegian Black Metal".

Tout aussi noir, Summer of the Diabolical Holocaust hante rapidement l’auditeur, à coups de guitares d’une noirceur peu commune, de passages en two-beats si cher à Fenriz, ou encore par la force de son riff central entêtant. Le middle tempo To Walk the Infernal Fields relance quant à lui idéalement la seconde partie d’Under a Funeral Moon, qui trouve alors son apogée sur le final particulièrement lent et saisissant de Crossing the Triangle of Flame.

Servant idéalement le concept si noir et si froid de Darkthrone pour les uns, pêchant au contraire par son manque de technicité et la relative faiblesse de sa production pour les autres, Under a Funeral Moon divise à sa sortie, et reste encore aujourd’hui sujet de sempiternels débats. Dans l’ombre de son aîné rapidement devenu culte, ayant secoué toute la scène extrême une année auparavant, le dernier album du groupe norvégien aux côtés de Zephyrous donne en revanche une nouvelle et pleine définition de la noirceur, encore plus crue, plus sale et minimaliste.

Fabien.

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jamesmith - 17 Janvier 2013: Bonne chronique. Bon, 20 ans après, je n'ai toujours pas réussi à accrocher sur ce disque, mise à part le son, qui me rappelait le côté bien cru du live à Leipzig en '90 de Mayhem. Mais au niveau des compos, mouais.... Alors que Transilvanian (pourtant plus basique encore), Panzerfaust ou Ravishing m'avaient tout de suite pris aux tripes.
Antonin_Martin - 21 Mars 2015: Les quatre premiers albums de Darkthrone sont des perles de noirceur et Under a Funeral Moon reste mon préféré. C'est cet album qui m'a fait plongé dans le black et quand je l'ai écouté pour la première fois ce fut vraiment une claque magistrale. Je possède cet album depuis plus de dix ans et il n'a pas perdu de sa saveur et reste pour moi un CD indispensable pour tout amateur de true black. Le plus noir, cru et froid de leur discographie. J'aime aussi les autres mais celui-ci m'a vraiment marqué et j'ai tout de suite accroché.
Antonin_Martin - 21 Mars 2015: PS: quand je parle des quatre premiers je n'inclue pas Soulside Journey qui reste du death metal et non du black.
Ghul - 11 Juin 2016: Suite à l'indispensable A Blaze in the Northern Sky, Darkthrone continuera plus loin dans la voie qu'Euronymous aura révélée aux membres du groupe. Sur cet album, nous avons du Black Metal pur jus, contrairement au précédent qui sonnait encore à moitié comme du Death Metal. Et je trouve Under a Funeral Moon plus accessible que le prochain. Je ne saurai pas vous dire pourquoi. Pourtant, j'adore Transilvanian Hunger aussi. Mais Under a Funeral Moon a son style particulier. Et j'ai comme l'impression que le groupe Judas Iscariot se sera inspiré de cet album pour toute leur carrière. Je remercie encore une fois le travail du chroniqueur sur la majorité des albums cultes de Black Metal Scandinave. C'est vraiment bien foutu.
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Chronique @ Northfeld

19 Juillet 2011

Quand le minimalisme rencontre le metal

Under a Funeral Moon... un album bien plus important pour Darkthrone que ce qu’on veut bien le croire. A|symmetryprès avoir donné A|symmetry Blaze in the Northern Sky à Peaceville, le groupe était tranquille pour un bout de temps : aucune pression de la part de Peaceville qui avait eu sa part de gâteau tant attendue et pour le moins originale, espérant qu’après cette petite « erreur » le groupe referait du death : après le succès de A|symmetry Blaze in the Northern Sky, la maison de disque fut bien contente que le groupe continue sur la voie du black ! Et les fans ben... les fans on s’en fout, surtout qu’au début de l’enregistrement, la formation ne savait pas encore comment A|symmetry Blaze in the Northern Sky serait accueilli. Peut-être se sont-ils demandés si une basse ne manquait pas à la formation, toujours est-il que les rôles changent un peu au niveau de la répartition des instruments : Fenriz est toujours à la batterie, mais Zephyrous s’occupe de l’unique guitare, tandis que c’est Nocturno Culto qui se charge de la basse et du chant. A|symmetrylors voila : une année tout entière exclusivement consacrée à l’élaboration d’un album de black metal pur, 100% froid, sinistre, acéré, glauque et satanique. Et quel album !

D’abord la pochette : encore plus sinistre que la précédente, on y voit Nocturno Culto en paint corpse, livide et fantomatique, tenant d’un bras semblant sortir de nulle part un bâton couronné d’un crâne (humain j’espère). L’arbre à sa droite est comme une lacération lumineuse dans les ténèbres scandinaves. Les yeux nous fixent, sans pupilles, d’une lueur démoniaque. Le seul défaut est qu’on n’y voit pas de lune : la pochette de Panzerfaust serait plus appropriée à ce niveau, mais ce ne sont que des détails.

On saisit tout de suite l’ambiance de l’album lors de la première chanson : pas d’intro, on rentre directement dans les compositions longues et répétitives du disque. Une guitare plus saturée et plus réglée sur les aigus que dans A|symmetry Blaze in the Northern Sky ? Si si, c’est possible ! Le tremolo continu de cet instrument est un bourdonnement régulier, perçant, acéré, sans aucune épaisseur, qui à mon avis pourrait vraiment être utilisé pour tester la capacité de résistance d’aimants aigus d’enceintes. On a le droit de temps en temps à de petits solos semblant crades au premier abord, mais extrêmement bien menés et précis, gérés par Zephyrous.

La présence de la basse permet de donner un poids supplémentaire et non négligeable au temps, lui permettant de ne pas être en retrait par rapport au contretemps marqué par la caisse claire de la batterie. D’ailleurs cette batterie, produisant essentiellement des blast-beats tonitruants, est composée uniquement d’une caisse claire, de cymbales, de charleston et d’une grosse caisse : Fenriz, dans sa période anti (en est-il jamais sorti ?), se réduit au minimalisme le plus poussé, d’où une impression d’une batterie toujours là, omniprésente, mais jamais au premier plan, toujours en toile de fond, comme un martellement lointain dont on ne peut se détacher.
Mais le plus marquant dans cet album est la voix de Nocturno Culto : cette voix lacérant le ciel nocturne, sans le moindre timbre, est un pur déchirement de gorge, un hurlement sorti non pas d’outre-tombe mais d’au-delà. La reverb accentue ce phénomène, la rendant caverneuse et distante : arrachage de cordes vocales en direct, et pas avec des outils de chirurgien ! Bref, au niveau du contenant, on a du pur trve black metal.

A|symmetryu niveau du contenu, il est également trve comme on n’en fait plus : du tremolo à gogo, du blast-beat en continue (ou presque), quelques transitions mid-tempo, le tout sans jamais étouffer les cordes : tout est intégralement joué en laissant résonner, donnant cette impression de bourdonnement continu. C’est froid, c’est noir, c’est sinistre, c’est dépourvu de toute chaleur et de toute compassion. Les paroles font froid dans le dos : torturées, elles nous plongent dans les abysses de la haine de l’autre et de soi, dans les tourments de l’amour de Satan et des sacrifices démoniaques, dans les flammes de l’espoir qui ne parviennent pas à réchauffer la lande glacée... Toutes sont écrites de la main de, je cite, « Fenriz, Satan’s Poet and Percussion ». Seules ces paroles pouvaient convenir à la voix si crue de Nocturno.

On peut noter pour finir (enfin !) que beaucoup de chansons sont composée par Nocturno Culto et Zephyrous, ce qui est assez surprenant étant donné l’homogénéité presque redondante de l’album (mais qui fait également son charme) : le groupe est à fond dans le black metal minimaliste, et les membres partagent le même but.
La déception de l’album est due à deux chansons qui se ressemblent vraiment beaucoup, toutes deux écrites par Zephyrous : Under a Funeral Moon et Unholy Black Metal. Minimalisme d’accord, mais faire deux chansons qui à la base sont identiques relève presque du foutage de gueule ! Heureusement que le reste est excellent...

Un album clé pour les oreilles averties : il est le premier album de Darkthrone sans aucune incursion de riff de death, et la structure des chansons et du disque a un peu servie de pilier aux autres albums de Darkthrone. Mais il n’est pas historique : encadré par deux géants, A|symmetry Blaze in the Northern Sky et Transilvanian Hunger, il fait un peu pâle figure et sa possession n’est pas indispensable. Il reste cependant un très bon album de black metal.

En espérant que cet avis vous sera utile.

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Commentaire @ Black_Requiem

16 Janvier 2009
Que serait la musique extrême sans Black Metal, que serait le Black Metal sans True Black Metal et que serait le True Black Metal sans groupe de référence ? Je vous le demande … Eh bien Darkthrone est, avec Mayhem, un des grands groupes de référence de la scène True Black Metal actuelle et l’un des groupes qui fait pas mal parler de lui.

Fidèle à lui même, le groupe aura passé moins de 2 jours en studio pour enregistrer cet album (chose faite aussi pour tous les autres albums) afin de garder une grande cohésion au sein de l’album, cette atmosphère de précipitation et pour garder toute la haine qui se dégage de la musique. Il n’est bien sur pas utile du tout de dire de quoi traite cet album : du satanisme et de Dieu (pour ceux qui ne le sauraient pas). La voix gutturale du chanteur semble s’élever tout droit de profondes A|symmetrybîmes, des entrailles de la Terre et les guitares (au rythme de la batterie) annoncent avec haine, fracas, chaos et Führer (petite allusion aux pensées extrêm(istes) des musiciens …) l’arrivée de Satan tout puissant.

Du Darkthrone pur et dur, un groupe qui ne change pas beaucoup au fil des années mais c’est pour cela qu’on l’aime bien. Un style à réserver plutôt aux fans …. Mais qu’il est bon également de découvrir pour ceux que ça intéresse …

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vince666 - 31 Décembre 2009: j'aime bien ta chronique,elle est pas trop long,pas trop court et surtout elle est pas compliquer aprés perso j'aime bien cette album mais je préfère les autre... les chansons se ressemble tous... et sa se vois qu'il a vremant été fait l'arrache
Seul - 12 Mars 2010: Tu trouve pas que cette album a étrangement une ambience forestière, je sais il y a meme pas de synthé mais le son necro et la voix en éco me fait cette drole d'impression après je sais pas pour toi.
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