Fiction

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Nom du groupe Dark Tranquillity
Nom de l'album Fiction
Type Album
Date de parution 23 Avril 2007
Labels Century Media
Produit par Tue Madsen
Style MusicalDeath Mélodique
Membres possèdant cet album536

Tracklist

Re-Issue in 2008 under the name "Fiction Expanded Edition" with a new cover, 6 bonustracks and a DVD.
ORIGINAL TRACKLIST
1. Nothing to No One
2. The Lesser Faith
3. Terminus (Where Death Is Most Alive)
4. Blind at Heart
5. Icipher
6. Inside the Particle Storm
7. Empty Me
8. Misery's Crown
9. Focus Shift
10. The Mundane and the Magic
Bonustrack (Japanese Release)
11. A Closer End
Bonustrack (Australian Release)
11. Winter Triangle
TRACKLIST 2008 (Expanded Edition)
DISC 1
1. Nothing to No One
2. The Lesser Faith
3. Terminus (Where Death Is Most Alive)
4. Blind at Heart
5. Icipher
6. Inside the Particle Storm
7. Empty Me
8. Misery's Crown
9. Focus Shift
10. The Mundane and the Magic
11. A Closer End
12. Winter Triangle
13. Below the Radiance (Previously Unreleased)
14. Silence in the House of Tongues (Previously Unreleased)
15. Terminus (Where Death Is Most Alive) (Live at Summerbreeze Festival, Germany, Summer 2007)
16. The Lesser Faith (Live at Summerbreeze Festival, Germany, Summer 2007)
DVD 1
1. Focus Shift (Promo Video)
2. Terminus (Where Death Is Most Alive)(Promo Video)
3. Focus Shift (Live Rehearsal)
4. Blind at Heart (Live at Bang Your Head Festival, Germany, Summer 2007)
5. Final Resistance (Live at Bang Your Head Festival, Germany, Summer 2007)
6. Misery's Crown (Live at Bang Your Head Festival, Germany, Summer 2007)
7. Terminus (Where Death Is Most Alive)(Live at Summerbreeze Festival, Germany, Summer 2007)
8. The Lesser Faith (Live at Summerbreeze Festival, Germany, Summer 2007)
9. The New Build (Live at Summerbreeze Festival, Germany, Summer 2007)
10. The Endless Feed (Live at Summerbreeze Festival, Germany, Summer 2007)

Chronique @ BadaOfBodom

02 Mars 2010
Éminent penseur du siècle des Lumières, Emmanuel Kant avait bien décelé le pouvoir évocateur de la musique. C'est ainsi qu'il fut amené à écrire sans détour : "la musique est la langue des émotions". Quoi de plus véridique ? Dans cet univers fabuleux qu'est la musique, beaucoup d'œuvres ont déjà su me séduire par le contenu qu'elles proposaient à mes oreilles. Mais rares sont celles qui m'ont touché en plein cœur, au point même de faire couler quelques larmes, sincères et pures. "Fiction" de Dark Tranquillity a le privilège immense d'en faire partie. C'est pourquoi je ne peux résister à l'idée de rédiger une chronique en son honneur.

Dark Tranquillity est un groupe que l'on ne présente plus. Pionnier de la seconde vague Death Metal - la scène Death Mélodique de Göteborg - il continue de contribuer à son rayonnement par le biais de ses productions de qualité, à une époque où le Death Mélodique des origines donne de sérieux signes d'essoufflement. At The Gates n'est plus, In Flames part à la dérive, et un vent de stagnation créative souffle désormais sur la planète Suède ; autant dire que la situation n'est pas rose... Pourtant, comme je l'ai dit, Dark Tranquillity tient la barre et fait désormais figure de capitaine du navire. Ce "Fiction" en est la preuve formelle, nous allons le voir tout de suite.

"Fiction", c'est avant tout un concept, un concept symbolisant à la fois la dualité du monde et son unicité. La pochette est là pour en attester. En effet, même si cette dernière est d'une sobriété à toute épreuve, elle est chargée de sens et se veut être le reflet exact de ce que l'album nous propose avec les paroles et la musique. Visuellement, on assiste à l'opposition entre le blanc et le noir, renforcée par une inversion des couleurs entre le logo du groupe et le paysage en arrière-plan. On pense alors immédiatement à la symbolique du Yin et du Yang, chère à la philosophie chinoise, représentant justement la dualité et la complémentarité de toute chose. J'ajoute que le choix des couleurs n'est pas anodin. L'album est dans son ensemble assez noir à cause des atmosphères lugubres, torturées, mélancoliques qu'il crée - surprenant pour du Death Mélodique, je vous l'accorde - et à la fois blanc par la pureté des mélodies et notamment par la clarté du jeu de clavier. In fine, c'est peut-être cet album qui donne toutes ses lettres de noblesse au nom même du groupe : Dark Tranquillity. Bien entendu, le rendu visuel de la pochette est volontairement nébuleux, flou, pour servir au mieux le concept global : le conflit lumière-obscurité, ou plus généralement le conflit intériorité-extériorité.

Car le voilà le thème central de l'album, d'un point de vue textuel : le Moi et le monde. Rédigées dans un excellent anglais et d'une maturité exemplaire, les paroles constituent incontestablement un gros point fort de l'album. Si l'on se souvient de ce que disaient les penseurs grecs de l'Antiquité, le monde est une entité finie, pleine et entière : un cosmos. Comment s'y perdre, alors ? Les paroles en fournissent une réponse : elles mettent en scène un personnage parlant de lui à la première personne, profondément perdu dans sa propre intériorité et dans son rapport au monde. Il ne distingue plus le vrai du faux, le bien du mal, la vie de la mort. Sigmund Freud, d'un point de vue psychanalytique, aurait probablement diagnostiqué en lui la manifestation prééminente de l'inconscient. Le sociologue Émile Durkheim, lui, n'aurait sans doute rien vu d'autre qu'une situation d'anomie exacerbée. C'est dire si, intellectuellement parlant, ce disque est riche.

Et la musique ? J'y viens. Eh bien, force est d'admettre que cet opus m'a aussi complètement subjugué musicalement. Pour moi, "Fiction" est l'album de la maturité. Il est la synthèse habile de toute la discographie du groupe, preuve que celui-ci tire des leçons de chacune de ses expérimentations. Car, rappelons-le, Dark Tranquillity fait partie de ces groupes qui aiment innover. Il en résulte une discographie extrêmement hétéroclite qui a le potentiel de réunir des fans de différentes orientations musicales. Dans "Fiction", on peut alors retrouver avec joie toute la puissance du son de Göteborg traditionnel exposé brillamment dans "Skydancer", "The Gallery" ou plus récemment "Character" ; mais aussi l'aspect plus "soft" de "The Mind's I", "Projector" et "Haven" ; sans oublier le concept et les ambiances déjà mises en place avec "Damage Done". Cocktail explosif, n'est-ce pas ? Oui, assurément. D'ailleurs, permettez-moi d'aller plus dans le détail.

"Fiction" comporte dix titres, dix titres bien différents et pourtant quelque peu similaires ; autre occasion de montrer jusqu'à quel point cet album est cohérent dans son concept... Le principal artisan de cette similarité est clairement le clavier. Martin Brändström utilise les mêmes tonalités tout au long de l'album, ce qui donne à ce dernier une vraie homogénéité. Et pourtant, le tout est d'une richesse et d'une diversité incroyables. Grossièrement, on peut dire que "Fiction" se décompose en deux parties : une moitié plutôt énergique, une autre plutôt calme. "Nothing To No One", "Terminus (Where Death Is Most Alive)", "Blind At Heart", "Empty Me" et "Focus Shift" appartiennent à la première moitié. "The Lesser Faith", "Icipher", "Inside The Particle Storm", "Misery's Crown" et "The Mundane And The Magic" appartiennent à la deuxième moitié. Si vous observez bien la disposition des morceaux dans la tracklist, vous vous apercevrez que leur répartition a été réalisée avec plus ou moins d'intelligence, morceaux calmes et morceaux énergiques s'interpénétrant presque systématiquement. Vous vous en doutez, absolument rien n'est à jeter. Cela dit, certains morceaux se démarquent peut-être plus que d'autres : la substantifique moelle !

Il y a tout d'abord "Terminus (Where Death Is Most Alive)", morceau de Death Mélodique classique à connotation Industrielle. Un morceau plus ou moins expérimental, donc, qui produit indéniablement son petit effet...
Vient ensuite ma chanson favorite : "Inside The Particle Storm". Difficile de décrire avec rigueur ce que je ressens à l'écoute de cette salve émotionnelle. Les frissons m'envahissent à chaque fois et les larmes coulent, vraiment. "Inside The Particle Storm" transcende les genres : on ne sait plus très bien s'il s'agit de Death Mélodique, de Black Atmosphérique, de Metal Gothique ou de Doom. Ce dont je suis sûr, en revanche, c'est que ce morceau est d'une rare beauté.
"Misery's Crown" ? Oui, bien sûr. Même si des passages lents pointent le bout de leur nez dans cette chanson, elle n'en demeure pas moins la seule véritable chanson midtempo de l'album. A la limite du Metal Symphonique dans sa forme la plus conventionnelle, "Misery's Crown" a de quoi étonner, en bien, d'autant que la voix claire, chaude et pleine, de Mikael Stanne fait son grand retour...
Maintenant, "Focus Shift". Pourquoi ? Parce que c'est du Death Mélodique pur jus, façon Dark Tranquillity. Du début à la fin, ça tape, ça tape et ça tape. Le clavier est ici en retrait, laissant du même coup les guitares s'exprimer davantage, et le chant de ce cher Mikael se veut agressif mais toujours aussi irréprochable techniquement.
Enfin, il me semble judicieux de sacraliser "The Mundane And The Magic" car ici, c'est d'un duo qu'il s'agit. Eh oui, Nell Sigland, chanteuse de Theatre Of Tragedy, est venue apporter sa pierre à l'édifice qu'est "Fiction". Et quel bonheur ! Sa voix douce et aérienne se fond parfaitement avec la voix grave et puissante de Mikael Stanne, histoire de jouer à fond la carte du concept... A noter que la voix claire du sieur Stanne est également présente dans ce morceau, ce qui n'est pas fondamentalement pour me déplaire.

En résumé, "Fiction" m'apparaît comme une réelle perle. Et je ne me risquerai pas à dire que c'est une perle du Death Mélodique car c'est en réalité bien plus que cela, tellement le rendu est singulier. Du Death Industrialo-Atmosphérico-Symphonico-Gothique ? Si vous voulez... Toujours est-il que c'est un album qu'il faut ressentir et non pas un album qu'il faut tenter de ranger impérativement dans une case. L'originalité est donc le maître mot ici, ceci généreusement servi par une production à la hauteur de l'ouvrage. En outre, m'ayant complètement transporté, pour ne pas dire transfiguré, "Fiction" mérite à mon sens la note maximale ; une note qui, j'en ai conscience, en offusquera plus d'un parmi les amateurs de Death suédois pur et dur. Car, reconnaissons-le, "Fiction" est bien loin de la furie implacable de "Slaughter Of The Soul" d'At The Gates, particulièrement jouissive au demeurant. Avec cet album, Dark Tranquillity a misé audacieusement sur autre chose. Par chance, cette mise s'avère ô combien payante.

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BEERGRINDER - 12 Octobre 2010: Dabaofbodom a dit : "Je ne comprends pas ce que tu veux dire. C'est certainement la fatigue de la journée... "

Certainement oui, car c'est pourtant simple à comprendre : tu décris dans ta chronique The Gallery et Skydancer comme du Göteborg traditionnel et c'est inexact.

Ces deux albums sont pour l'un le point de départ, pour l'autre l'apogée du style. Et encore Skydancer, sa production étouffée et ses compositions complexes ne ressemblent pas vraiment à du Göteborg traditionnel.

C'est une simple précision historique mais ce genre d'affirmation à l'emporte pièce pourrait nuire à ta chronique par ailleurs bien écrite (même si j'ai sauté quelques paragraphes je l'avoue).

Pour le reste effectivement, si tu aimes le côté propre et consensuel dans la musique, il va être difficile de nous mettre d'accord...
BadaOfBodom - 12 Octobre 2010: "Certainement oui, car c'est pourtant simple à comprendre : tu décris dans ta chronique The Gallery et Skydancer comme du Göteborg traditionnel et c'est inexact.

Ces deux albums sont pour l'un le point de départ, pour l'autre l'apogée du style. Et encore Skydancer, sa production étouffée et ses compositions complexes ne ressemblent pas vraiment à du Göteborg traditionnel."

Ouais, disons que c'est surtout une question de terminologie... Ce que je voulais dire, c'est que "Skydancer" et "The Gallery" constituent un peu le socle du Death Mélodique Suédois. Tout ne vient pas de là, évidemment, mais ces albums ont quand même une place privilégiée dans la scène et ont certainement participé à la genèse du style. Voilà, ni plus ni moins. En fait, je crois juste qu'il ne faut pas confondre traditionnel et conventionnel. ;)

"C'est une simple précision historique mais ce genre d'affirmation à l'emporte pièce pourrait nuire à ta chronique par ailleurs bien écrite (même si j'ai sauté quelques paragraphes je l'avoue)."

O.K.

"Pour le reste effectivement, si tu aimes le côté propre et consensuel dans la musique, il va être difficile de nous mettre d'accord..."

Voilà, tout est dit. :)
BathoryRevenge - 14 Novembre 2011: J'adore Dark Tranquillity et je trouve que ta notation est parfaitement juste,ce n'est d'ailleurs pas pour rien que c'est l'un de mes albums favoris, sans compter que ta chronique et très riche textuellement et qu'elle détient le mérite d'être clair et par la même occasion d'habiller parfaitement cet album splendide;) ce qui lui va a ravir, lol désolé pour la comparaison un peu farfelue xD.
BadaOfBodom - 14 Novembre 2011: Merci pour ce commentaire. :)
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Chronique @ Spirit_Of_Deathiny

04 Octobre 2010
On ne présente plus Dark Tranquillity, qui a su s'imposer comme référence en la matière sur la scène Death Mélodique. Sept ans après le magnifique "Haven", qu'est ce que les suédois nous proposent ? Ils nous ont habitués au meilleur surtout, mais toujours en marge des mouvances classiques, s'éloignant des schémas typiques de Soilwork ou Arch Enemy. Pour le coup, ce "Fiction" est encore une belle surprise !

"Nothing to No One" donne bien le ton de l'album : exit les fioritures, les passages alambiqués, il semblerait que le groupe a trouvé ce qu'il cherchait, et se concentre donc sur un Death Mélodique plus abordable que par le passé, avec des structures et des mélodies plus simples. Le tempo s'installe confortablement tout au long de l'album, délaissant le côté le plus déjanté du groupe. Exit également les légères mélodies enjouées comme sur "Punish My Heaven" ("The Gallery") ou "Monochromatic Stains" ("Damage Done"), l'accent est mis sur des guitares dans le style d'Arch Enemy, un gros son qui suit une ligne de mélodie basique. C'est donc une grosse déception qui pointe le bout de son nez alors que les titres défilent. Ce n’est pas que ce n'est pas bien, mais on s'ennuie un peu, ca manque de mordant, de folie.

Apparemment les Suédois abordent une phase dépressive, je prends pour preuves les passages atmosphériques limite Doom de "The Lesser Faith" ou l'ambiance générale d'un titre comme "Terminus". C'est sombre, triste, et ca colle on ne peut mieux à cette "tranquillité sombre" que le groupe a toujours prôné. Il me semble qu'ils y sont parvenus, proposant un Death Mélodique et noir. C'est assez inhabituel pour le style, la grande proportion de mélodie apportant généralement un peu plus de bonne humeur. D'une manière générale, il faut compter sur le côté Doom qui s'est invité sur "Fiction". La force des précédents albums s'est amenuisée, et l'album va peut être en décevoir un certain nombre sur ce point-là.

Je reste encore perplexe face à cette offrande. Les éléments n'ont pas changé pourtant, on retrouve des claviers, des lignes Death bien rapides, des soli majestueux, j'ai juste le sentiment que les Suédois ne sont plus à ce qu'ils font. Un peu faux, un semblant d'artifice qui pointe, comme si la Mélodie, pour laquelle ils avaient un sens si particulier et si aigu, leur avait paru proclitique ces derniers temps. Les mélodies, moites, pesantes ne sont plus ce qu'elles ont pu être.

Pour résumer ce "Fiction" reprend les bases de ce qui a fait la gloire de DT. Et si mon impression face à ce nouvel album est mauvaise, elle n'en est pas pour le moins représentative du groupe, très mélodieux, bien Death. Ce qui me dérange personnellement, c'est que la tristesse a pris le pas sur la folie, et il se dégage de cet album qu'il n'y a plus aucun espoir pour rien. Les fans de Doom/Metal dépressif devraient jeter une oreille sur des titres comme "Inside the Particle Storm", qui pourra les ravir par son mal-être omniprésent. Ceux pour qui le Death Mélodique ressemble plutôt à Arch Enemy et qui apprécient la force dégagée autrefois par DT seront peut-être déçus comme je l'ai été.

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Chronique @ dark_omens

28 Août 2014

Un album qui ne satisfera pas les puristes gardiens du temple mais qui n'est pas dénué de charme...

Honnis par une cabale non négligeable de traditionnalistes adeptes d’un Death à la pureté immaculée (et à la violence maculée), son abject cousin mélodique (dans son acception moderne contemporaine) discrédite, et semble-t-il discréditera à jamais, cette famille qu’elle trahit en séduisant, aussi et essentiellement, nombres de gens non désireux de s’appesantir, afin de les honorer, sur les ancêtres les plus illustres, les traditions les plus antiques, l’histoire la plus fondatrice, et que sais-je encore, d’un genre qu’ils découvrent. L’avènement de ce sacrilège prend tout son sens lorsque, offrant une simplicité et une accessibilité qui, contrairement à celle de son cousin, ne nécessite pas de capacités d’adaptations, ni même d’éducations, trop extrêmes, elle courtise, aisément, une foule de nouveaux convertis, souvent jeunes. Afin d’en convaincre encore davantage, elle sacrifie, sur l’autel de ces règles tacites essentiels, et suivant une tendance contemporaine, toutes aspérités de production qui, lorsqu’elles demeurent un parti pris réussi consciemment défendus, peut installer des atmosphères particulières, sublimant ainsi une musique, et une œuvre. Une complexité simplifiée pour une composition aux Constructions plus abordables, un son moins âpres et plus moderne, et donc plus abordable, sont autant d’impuretés intolérables pour d’ineptes conservateurs. Ces défauts condamnent, à leurs yeux, irrémédiablement la plupart de ces musiciens à, au mieux, une indifférence dédaigneuse, au pire, à une sentence irrévocable où les insultes ne sont que logorrhées verbales injurieuses incessantes. Pourtant malgré ces imperfections, pas toujours et pas totalement infondées, offrant, parfois, les groupes les pires qui soient, le Death mélodique trouve cependant des exceptions éminemment estimables. Au sein de ce cercle respectable, Dark Tranquillity apparaît comme un des consensus les plus unanimement salué. Incontestablement instigateur du genre, avec quelques autres (At The Gates, In Flames...) le groupe aura su, avec talent, imposés une musique véritablement caractéristique

Dans ce paysage spécifique d’une carrière dévolu à un Death mélodique essentiellement virulent et typique, Fiction, se distingue. En effet au son d’une musique dont d’emblée le souci d’agressivité semble moins primordiale que sur un Character, par exemple, Dark Tranquillity propose d’enrichir ses titres à l’aide d'ambiances distillées par des claviers d’où exhale un parfum délicieusement "gothique". Dans une démarche et une expression qui n’est pas sans nous évoquer Crematory et son Believe, mais aussi digne héritière de son propre travail (principalement l’album Haven), des titres tels que Nothing to One, The Lesser Faith, Icipher, Empty Me et un Misery’s Crown signant le retour de voix clairs cultivent, dans l’ébauche d’un propos à la fois "véhément" et mélodique, une certaine ressemblance avec certains des travaux des allemands. Les claviers et pianos prépondérant de ses titres, les subliment en leur conférant une gravité et une mélancolie très propre à la musique gothique. Un Mundane and the Magic en duo avec Nell Sigland (The Crest, Theatre Of Tragedy) confirme encore davantage cette impression accrue de mélancolie. Si ce Fiction possède une filiation indéniable avec une certaine partie de l’œuvre germanique des comparses de Felix Stass, ainsi qu’une parenté plus qu’évidente avec la musique gothique; ces stigmates sont bien plus de légères influences consenties, que véritablement l’ignoble aveu d’impuissance d’un plagiat éhonté. Car en effet, a contrario de Crematory, et de ceux qui se laissent séduire par les douces harmonies de monotonie pop/goth/rock, Dark Tranquillity ne renie pas ses racines et cet album, bien que mélodique, bien que gothique, n’en reste pas moins Death. L’ardeur de rythme aux blasts exaltant de titre comme Blind at Heart ou Empty Me en témoigne, par exemple, aisément. De plus la formation poursuit sur les chemins qu’il a lui-même ébauché avec Haven, et ne peut donc pas être accusé, ici, d’un quelconque manque sincérité dans l’évocation de cette personnalité qui est, aussi, la sienne.

Dans une dernière impulsion volontaire afin de définitivement démarquer son œuvre, les suédois ajoutent à l’ensemble, la modernité de certaines sonorités synthétiques, ainsi que celle de certains phrasés de riffs syncopés très contemporains comme par exemple sur Terminus (Where Death Is Most Alive).

Un album qui ne satisfera donc ni les adeptes de la toute première heure, ni les gardiens de la pureté originelle du temple Death Metal, tant sa richesse et les horizons auxquels il aspire paraissent disparates et paradoxaux. Pourtant ce Death mélodique gothique et moderne mériterait, bien plus qu’une attitude respectueuse de rigueur, une véritable écoute attentive.

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Commentaire @ Julien

06 Mars 2007
Pour être honnête je ne savais pas trop quoi attendre de ce nouvel opus de Dark Tranquillity. Car il faut reconnaître qu’avec Character, le groupe avait placé la barre extrêmement haute. Je le pensais inaccessible et je me trompais. Au lieu de nous faire un sous Character ou un je ne sais quoi, le groupe a su puiser afin de nous pondre ce Fiction, tout les bons coté qui ont fait la force et la gloire su groupe et y a ajouter une émotion rarement aussi puissante.

A l’instar d’un groupe comme Iron Maiden, Dark Tranquillity a su nous concocter un disque qui ne permet pas l’équivoque sur son appartenance et pourtant on arrive encore a se faire surprendre. La ou Character avait misé sur un coté vraiment plus heavy, Fiction lui se glisse plutôt du coté le plus sombre du groupe. Tout en restant très mélodique, il se révèle au fil des écoutes de plus en plus prenant, de plus en plus noir. Ce n’est pas un disque qui s’apprécie en une écoute mais c’est probablement l’un des meilleurs que le groupe n’est jamais fait.
Alors ne craignez rien tous les ingrédients qui ont fait le succès de Dark Tranquillity sont là mais ce n’est pas pour autant que l’on ne se laisse pas envahir par une douce mélancolie. Les riffs de guitare sont typiques mais on peut être surpris au détour d’une mélodie, de retrouver des arrangements différents. Pour ma part j’ai ressenti cette mélancolie lorsque le piano résonne au travers d’une compos. Il y a beau avoir de l’avoine en arrière plan, l’oreille reste captive les notes du piano.
Sans jamais vraiment s’éloigner de cet esprit assez noir, le groupe propose également des titres plus catchy, plus heavy. Reste que même à travers ces titres, on ressent cette nouvelle maturité qui permettra au groupe de perdurer pendant des années. A leur décharge, ils ne sont plus nombreux les groupes qui prodiguent ce genre de Death mélodique, à croire que la mode est passée, enfin bon... On retrouve au sein de quelques compos des solos de guitares plutôt bien intégrés et qui viennent pour la plupart appuyé des titres déjà énorme. Comme quoi la modération permet l’excellent !!!!!
Le chant de Michael est toujours aussi magique et pour le coup rien n’a changé, même s'il se prend a nous faire des petites vocalises assez « goth » sur Misery's Crown.
Ce qui ne change pas non plus c’est la prod’ impeccable mais ce n’est une surprise pour personne. Le son est toujours aussi personnel et quelque que soit la note jouée, ça sonne Dark Tranquillity.

En un mot comme en cent, ce disque est appelé à devenir un incontournable du groupe, j’aurais même envie de dire un incontournable du genre tout simplement. Parfait en tout point il régalera les fan du genre, reste plus qu’à l’attendre gentiment et attendre la venu du groupe dans notre belle contrée.

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peto - 17 Avril 2008: J'approuve tout ce qui est dit dans cette chronique! Album excellent. Je surkiffe Misery's crown; en live elle était énorme!!! :D
 
benji - 16 Octobre 2008: LE meilleur album de DT sans conteste !!!
FuckerFromHell - 07 Décembre 2008: merci pour la chronique je savai pas quoi demander pour noël... maintenant si!
Je te redirais se que j'ai pensé de l'album une foie acheter!!
Encore merci
Phage - 20 Décembre 2009: @benji : Qu'est ce qu'il faut pas entendre ...
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