Moment

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17/20
Nom du groupe Dark Tranquillity
Nom de l'album Moment
Type Album
Date de parution 20 Novembre 2020
Labels Century Media
Style MusicalDeath Mélodique
Membres possèdant cet album71

Tracklist

1.
 Phantom Days
 03:59
2.
 Transient
 04:11
3.
 Identical to None
 03:41
4.
 The Dark Unbroken
 04:54
5.
 Remain in the Unknown
 04:40
6.
 Standstill
 04:11
7.
 Ego Deception
 04:21
8.
 A Drawn Out Exit
 04:01
9.
 Eyes of the World
 03:50
10.
 Failstate
 03:20
11.
 Empires Lost to Time
 04:10
12.
 In Truth Divided
 04:41

Bonus
13.
 Silence As a Force
 03:26
14.
 Time in Relativity
 03:53

Durée totale : 57:18


Chronique @ Eternalis

13 Décembre 2020

"Moment" est en partie un risque mais surtout un renouveau après deux opus qui n’avançaient plus vraiment

Le changement dans la continuité. Voici le credo de Dark Tranquillity depuis désormais trois décennies et un immuable symbole de longévité et de respect d’une tradition d’un death metal mélodique « made in Goteborg ». Si In Flames ou Soilwork ont énormément changé avec le temps, délaissant au fil du temps l’aspect death des débuts, il n’en a jamais été de Dark Tranquillity qui a préféré miser sur une continuité de ton, résistant depuis toujours aux sirènes d’une musique plus accessible.
Prenant toujours leur temps entre deux opus, les suédois ont de plus vécu de gros changements depuis "Atoma", avec le retrait définitif d’un de ses principaux mentors ; à savoir Niklas Sundin, guitariste des débuts, compositeur et dessinateur attitré des visuels du groupe. Si cette dernière tache lui restera incombé (pour un artwork magnifique d’ailleurs), Niklas a préféré se retirer de la tache proprement musicale, lui qui n’avait déjà pas participé à la dernière tournée faute de motivation. Ce départ couplé à celui de Martin Henriksson, souvent responsable d’une partie de la production, faisait de DT un groupe sans guitaristes !

La tournée d’"Atoma" servie de rampe de lancement pour les intégrations des expérimentés Johan Reinholdz (Andromeda) et surtout Christopher Amott (frère de Michael, ex Arch Enemy) qui devinrent finalement membres permanents pour finalement composer et enregistrer l’album avec le reste du combo.
Légitimement, nous étions en droit (ou en peur pour certains) d’attendre (ou de redouter) du changement. Entre un guitariste de prog et un autre très porté sur les soli et l’interprétation, nous sommes loin des guitaristes à riff plus bruts et secs précédent, pas forcément habitués aux solos ou aux leads. La vérité se situera justement entre tentatives de nouveautés mais ancrage dans une formule établie depuis si longtemps que Mikael Stanne et Martin Brändström servirent de garde-fou pour que Dark Tranquillity reste lui-même. Le chanteur l’avoue, le premier est déjà un fan du groupe tandis que le second est un pur technicien de la musique et de l’interprétation, cherchant une émotion véritable dans ses lignes de guitares et triturant les compositions jusqu’à ce qu’elles sortent comme il le pense.

"Moment" est finalement une bouffée d’air frais pour les suédois qui, il faut l’avouer, n’ont rien proposé de particulièrement transcendant depuis une dizaine d’années. Les années 2000 avait permis de sortir de nouveaux brulots (après la décennie des albums culte et des controversés "Projector" et "Haven") comme "Character" et surtout "Fiction", suivi d’un "We Are the Void" plus sombre et agressif. Cependant, "Construct" et "Atoma" conservèrent tellement une ligne établie qu’on ne pouvait s’empêcher de trouver le groupe passéiste et plus vraiment surprenant. Rien n’était décevant mais rien n’était transcendant non plus, se contentant de morceaux qui, il faut l’avouer, n’étaient pas spécialement inoubliables, malgré le succès des opus en question.
"Moment", malgré sa base purement Dark Tranquillity, surprend dans certains accents plus progressifs, dans des soli fouillés (merci Mr Amott), dans un retour à un côté gothique plus rare ces dernières années sans pour autant sonner comme du prog ou du Arch Enemy. Dès "Phamtom Days", la voix si caractéristique de Stanne est reconnaissable entre mille, ce growl caverneux et monolithique nous accueille sur un lead mélodique très marqué et une forte mélancolie s’en dégageant. Très mélodique sans pour autant l’être trop, ce premier titre semble un retour à l’ambiance de "Fiction", ce mélange parfait entre une mélancolie pluvieuse scandinave pleine de solitude et une puissance rageuse naturelle.

Le chanteur évoque avec ironie qu’ils ont aussi craint que les deux nouveaux arrivants ne se lancent dans de grandes phases de shred, il n’en est finalement rien mais leur intervention soliste sont souvent pleine de classe et apportent un vrai plus aux compositions. Je pense particulièrement au bridge magnifique de "Transient" ou au solo très pur de "Standstill" qui n’aurait clairement jamais vu le jour avec les guitaristes précédents. Certaines compositions marquent aussi le retour au premier plan du chant clair de Mikael ainsi que d’un côté gothique et très mélancolique marqué comme cela n’avait pas été le cas depuis "Haven" (les quelques incursions claires des opus précédents ou de Fiction étaient beaucoup plus légères). "Standstill" est dans ce cas mais il est impossible de ne pas évoquer le presque rock "The Dark Umbroken", entrainé par une mélodie de claviers et un refrain d’une forte tristesse tout en proposant des couplets au chant toujours aussi cru et déchiré, ne rendant le contraste que plus fort. Ce changement dans la continuité s’inscrit particulièrement sur un titre comme celui-ci, sentant le Dark Tranquillity à chaque seconde mais avouant un sentiment prononcé pour ne pas stagner et proposer de nouvelles émotions sous l’impulsion des nouveaux membres (peut-même réfrénés par le pouvoir de l’institution en place). Les morceaux ne durent jamais plus de quatre minutes et les structures restent relativement simples même si la forme prend différentes tournures.
"Ego Deception" débute par exemple sur un titre plus purement death mélodique au riffing tranchant avant d’évoluer dans une direction plus clairement progressive sur un pré-refrain en clair où les guitares deviennent des nappes et les claviers prennent le dessus. Ces changements restent simplement partiels et pas trop brutaux, comme pour ne pas totalement désarçonner les fans mais aussi des musiciens très habitués à leur propre confort. Un confort qu’on retrouve sur certains titres purement suédois comme "Identical to None", pur jus DT mais totalement réussi et profitant de la cure de jouvence de guitaristes jouant la quasi intégralité du titre en lead mélodique. On trouvera aussi un "A Drawn out Exit" beaucoup plus dark et pesant, évoquant presque du Amon Amarth sur des parties vocales très guerrières et gutturales pendant que "Remain in the Unknown" proposera son inverse émotionnel pour le titre le plus mélancolique de l’album.

Certains reprocheront peut-être cette dimension plus mélodique avec du chant clair sur la moitié des titres mais on a cette sensation que les titres en avaient vraiment besoin et à aucun Moment qu’il s’agit d’un calcul. Nous sommes loin d’un chant clair uniquement sur les refrains comme In Flames par exemple pour adoucir le propos. "In Truth Divided" termine l’album presque sur une ballade, exercice plus que rare chez les suédois, les rapprochant pour le coup d’un Paradise Lost ou Tiamat. Pour autant, à aucun Moment la sensation de ne pas écouter le nouveau Dark Tranquillity nous traverse, tant l’identité vocale de Mikael imprègne l’opus et lui confère le sceau du groupe.
"Moment" est en partie un risque mais surtout un renouveau après deux opus qui n’avançaient plus vraiment, malgré leurs qualités intrinsèques. Certains regretteront peut-être ce choix mais pour ma part, je le valide à chaque instant et trouve en ce disque la meilleure livraison des suédois depuis "Fiction", avec lequel il partage un certain nombre de similitudes. S’inscrivant dans une certaine transition, si le line-up ne change pas, il y a fort à parier que c’est sur le prochain album qu’un plus gros bouleversement pourrait avoir lieu. Les paris sont ouverts ...

12 Commentaires

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Molick - 14 Décembre 2020:

Oui pareil que Vincysteria, je trouve que Fiction était beaucoup plus accès sur la patate des riffs (Nothing To No One, Terminus, Focus Shift...). Même le chant clair sur iction était différents, pas dans cette ambiance gothique (Misery's Crown, The Mundane and the Magic), et les morceaux plus lents sont quand même très puissants, dans une optique mur de son (Inside The Particle Storm).

Sur celui là on est plus des les riffs et le d'Atoma je trouve. Le son de Fiction claquait bien dans la face, ici le son est moins percutant, avec beaucoup plus de moments posés (The Dark Unbroken aurait fait bizarre dans Fiction avec ce refrain gothique, alors que sur Atoma il est assez proche de Forward Momentum ou Atoma).

Ensiferum93 - 15 Décembre 2020:

Merci Eternalis pour cette belle chronique. J'avais un peu peur à l'écoute des premiers extraits de ne pas avoir de réel changement par rapport aux productions précédentes (même si je les ai adorées) mais cet album apporte tout de même quelque chose de nouveau et je trouve que Stanne s'améliore d'album en album au niveau du chant clair. Et sa diction est telle qu'on peut quasiment tout comprendre  sans avoir les paroles devant soi, c'est vraiment agréable. Juste un peu déçu que les deux morceaux bonus soient encore sur un CD séparé (certainement mon côté flemmard qui parle ^^), ils ne mse semblent pas détonnants par rapport aux autres, contrairement à la démarcation claire sur ceux d'Atoma

Baal666 - 09 Janvier 2021:

Album death de l'année,  un retour titanesque de nos Suédois ! Quel pied ! Atoma était déjà un régale mais celui-là dépasse tout ,quel renouvellement ! Le death melo de Göteborg n'est pas mort, loin de là ...

Bredouille - 21 Mars 2021:

J'avais adoré ATOMA ,je trouve MOMENT encore mieux ,et je suis fan depuis leur débuts ,et comme dit Baal666 album death de l'année !!!

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