Doomsday L.A.

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18/20
Nom du groupe Deicide
Nom de l'album Doomsday L.A.
Type Live
Date de parution 24 Avril 2007
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album9

Tracklist

1. Dead by Dawn 04:09
2. Once Upon the Cross 03:01
3. Scars of the Crucifix 03:30
4. The Stench of Redemption 04:40
5. Death to Jesus 04:34
6. When Satan Rules His World 03:25
7. Serpents of the Light 03:18
8. Dead But Dreaming 03:46
9. They Are the Children of the Underworld 03:18
10. Bastard of Christ 03:08
11. Desecration 05:16
12. Behind the Light Thou Shall Rise 03:53
13. When Heaven Burns 04:08
14. Walk With the Devil In Dreams You Behold 05:19
15. Homage for Satan 04:25
16. Lunatic of God's Creation 03:21
17. Kill the Christian 03:24
8. Sacrificial Suicide 04:38
Total playing time 1:02:22

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Deicide


Chronique @ BrutusBourrinus

06 Avril 2017

Performance en demi teinte

Avec Deicide on est en droit de s'attendre à de la qualité. Pour l'histoire particulière du groupe et son statut de légende, pour avoir continué à sortir des brûlots d'un Death Metal dont tout le monde ou presque se désintéressait, et puis à ce moment-là parce qu'ils venaient de prendre un nouveau départ après deux albums controversés avec leur passage chez Earache, mythique label anglais, et le remplacement des frères Hoffman par Jack Owen de Cannibal Corpse et Ralph Santolla de Death, Iced Earth et autres.

C'est donc avec enthousiasme, ayant déjà vécu plusieurs concerts de Deicide et sachant bien l'intensité dont ils sont capables, que j'ai glissé la galette dans mon lecteur. Menu sobre et simple, et première déception sur le contenu. Outre un concert somme toute généreux de 19 titres - évidemment le groupe pourrait faire un concert deux fois plus long en ne jouant que des classiques mais il faut bien choisir - on n'a droit qu'à une interview de 25 minutes avec le groupe et deux clips tirés du dernier album en date, The Stench of Redemption. Rien d'autre, ni bonus, ni titres tirés d'une autre date, ni photos, ni bio, nada.

On se dit alors que ce qui compte c'est la qualité du concert. Concrètement, il s'agit d'une date dans une salle de Los Angeles, le 10 novembre 2006, pour laquelle semble être venu un public nombreux. Le lieu a l'air spacieux, bien éclairé, avec une scène un peu comme dans un théâtre, un rideau rouge tendu derrière le groupe. Sur la qualité de l'image et du son, rien à redire. On voit tout, on entend tout, les médium des guitares sont certes un peu trop présentes, mais dans l'ensemble on voudrait souvent avoir des DVD d'une telle finition. Malheureusement, les angles de caméras ne sont pas du meilleur goût. Une caméra filme de face l'ensemble du groupe en plan large, une autre est dans le public, une troisième et peut-être une quatrième font des gros plans sur les musiciens. C'est globalement assez pauvre, et surtout les séquences sont montées de manière assez amateur, les plans s'enchaînant sans vraiment de rythme ni de logique apparente.

Là où le bas blesse aussi cruellement, c'est l'attitude du groupe sur scène. A l'époque des frères Hoffman un concert de Deicide, c'était implicitement un contrat pour une bonne bastonnade dans le public et un déchaînement de headbang et de poses guerrières. Ici, c'est une tranquille représentation en maison de retraite. Passons sur Jack Owen, venu des monolithiques Cannibal Corpse, mais Ralph Santolla n'est pas beaucoup mieux, trop occupé à balancer ses solos de guitar hero et à faire ostensiblement la gueule. Concernant Glen Benton, c'est le drame. Finie, l'époque des blagues vaseuses sur la chrétienté, finie l'époque des armures et des masques, des coups de pieds dans le premier rang, des douches de whisky pour les fans, fini tout ce qui faisait en somme qu'un concert de Deicide était un concert de Deicide, illuminé par l'espèce de charisme éléphantesque du frontman. Quelques mots au public pour annoncer les titres, un headbang occasionnel, et point barre. Le seul à visiblement s'amuser, c'est l'inénarrable Steve Asheim. Du coup les plans larges du groupe dont nous abreuve le montage tombent singulièrement à plat, puisqu'on voit trois gars en train de bosser, le seul y mettant un peu de coeur étant planqué derrière sa batterie.

Sur la setlist, il y aurait beaucoup à dire, résumons en disant qu'un bon tiers des titres sont issus de Scars of the Crucifix et Stench of Redemption, ce qui laissera les vieux fans sur leur faim. Il faut certes bien choisir, mais en bonus ou en rappel, quelques vieux titres n'aurait pas été de trop, tant les plus récents majoritairement composés par Steve Asheim souffrent de la comparaison avec des carnages comme Dead by Dawn, When Satan Rules his World ou They Are the Children of the Underworld. Ironiquement, sur le nouveau titre qui passe le mieux en concert, Desecration, Ralph Santolla souffre d'un problème de guitare.

Performance en demi teinte, donc, et techniquement pas totalement maîtrisée. Et ce n'est pas l'indigente interview des quatre gars, à base de questions lénifiantes et de réponses sans intérêt, Benton ayant pour une fois sa grande gueule en sourdine ce qui en comparaison donne l'impression que Santolla case autant de commentaires sur tout et rien que de soli parfois indigestes dans les titres du groupe. Jack Owen fait son numéro de garçon modèle qui lit le Financial Times en fumant la pipe, et encore une fois seul Steve Asheim semble faire preuve d'un minimum d'enthousiasme. Pour le reste, rideau, pas de déclaration fracassante, pas d'allusions à la séparation d'avec les Hoffman, ni à Roadrunner, en bref rien de croustillant à se mettre sous la dent si ce n'est une partie de ping pong avec un peu de gêne entre Benton et Santolla sur les croyances religieuses de ce dernier.

Déçu, donc, de ce qui aurait pu être une juste représentation de la furie que fût Deicide pendant longtemps sur scène. Manque d'envie, manque de moyens, manque d'inspiration et contenu trop léger, Doomsday L.A. ne donne pas au fan ce qu'il est en droit d'attendre d'un tel groupe. Ces derniers semblent décidement en bonne voie de devenir les Slayer du Death Metal : ils font le boulot, ni plus, ni moins, et se cassent. Et même Glen Benton, icône bovine et sarcastique, semble assagit. On en restera donc, pour le live, à l'exceptionnel album When Satan Lives, datant tout de même de 1998...

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