Watershed

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18/20
Nom du groupe Opeth
Nom de l'album Watershed
Type Album
Date de parution 30 Mai 2008
Produit par Jens Bogren
Style MusicalDeath Progressif
Membres possèdant cet album762

Tracklist

DISC
1. Coil 03:11
2. Heir Apparent 08:50
3. The Lotus Eater 08:51
4. Burden 07:41
5. Porcelain Heart 08:01
6. Hessian Peel 11:26
7. Hex Omega 07:01
Bonustrack (Japanese Release)
8. Derelict Herds 06:33
DVD (LIMITED EDITION)
REHEARSAL TAPES
1. Prologue 06:58
2. From Another Planet 08:30
3. The Lotus Eater 13:48
4. The Junkmail Studios 16:23
5. Epilogue 06:41
WATERSHED 5.1 MIX
6. Coil 03:07
7. Heir Apparent 08:51
8. The Lotus Eater 08:48
9. Burden 07:42
10. Porcelain Heart 08:01
11. Hessian Peel 11:26
12. Hex Omega 06:59
Bonustracks
13. Derelict Herds 06:29
14. Bridge of Sighs (Robin Trower Cover) 05:56
15. Den Ständiga Resan (Marie Fredriksson Cover) 04:10
Total playing time 55:01

Chronique @ Eternalis

10 Avril 2009
Ne pas connaître Opeth aujourd’hui serait irrémédiablement le résultat d’une vie d’ermite pendant la dernière décennie. Les suédois d’Opeth, sous la houlette de l’inépuisable Mikael Åkerfeldt, ont tant apporté à la musique extrême que ne pas se pencher sur leur carrière serait l’égal d’une culture imparfaite, quoi que l’on puisse penser du groupe et de sa musique.
Ayant toujours été très discrets humainement, ils sont de ces groupes qui grandissent uniquement en récompense de leur art et non de leur frasques externes, ils font parties de cette espèce en voie d’extinction que l’on appelle un artiste.

Après avoir traumatisé la scène underground avec un "Blackwater Park" liant et redéfinissant le death atmosphérique, les suédois n’auront cessés d’expérimenter, en livrant tout d’abord deux albums antinomiques, "Damnation" et "Deliverance", l’un acoustique l’autre brutal, afin de dévoiler avec encore plus de finesse chacune des parties de leur musique si particulière.
Puis vint le très controversé "Ghost Reveries", revenant à un format d’album plus conventionnel (tiens, il s’est perdu ce mot là non ?) mais dévoilant un Opeth plus passionnant que jamais, envoutant, au chant death de Mikael saisissant et n’ayant jamais été aussi bestial.

Face à un album retournant aux sources et les transgressant sans aucun remords, que fallait-il attendre d’un "Watershed" que son leader annonce comme progressif ? De même, le départ de Peter Lindgren à la guitare et l’arrivée de Fredrik Åkesson (ex-Arch Enemy), ayant un jeu radicalement différent, allait-il influer sur la teneur musicale de ce neuvième opus ?

Le résultat est un magistral "Watershed", ne réinventant pas le style de Opeth ni la musique en générale mais offrant une nouvelle vision de l’art de Âkerfeldt, montrant un visage plus apaisé, plus naturel et empreint d’une superbe de tout les instants. A l’instar de l’ouverture "Coil", menée par une magnifique ligne de guitare acoustique, nous plongeant dans les méandres d’une mélancolie si unique et reconnaissable, tandis que le jeu de voix entre Mikael en clair et une chanteuse de folk irlandaise Natalie Lorich est splendide, nous offrant une vision contemplative des souvenirs, objet du concept de "Watershed", dont le livret se pare de superbes images teintées de verts profonds. Un doux violon se pose entre nos oreilles si sensibles pour un morceau déjà touchés par la grâce, introduisant l’énorme et épais riff de "Heir Apparent", où la bestialité paradoxale de son créateur refait surface avec subtilité.

Le spectre sonore se veut incroyablement touffu (quel travail de production !), et enveloppe l’auditeur, le place d’abord dans des conditions optimales pour recevoir, estomaqué, les blasts si typiques du groupe, entrecoupés de solo dont le nouveau venu se donne à cœur joie, incorporant une virtuosité supplémentaire à un opus semblant de prime bien plus profond encore que ces prédécesseurs, comme à la quête d’un absolu. Le démontrant le break splendide de ce second morceau, où violon et guitare acoustique s’entremêlent furtivement avant une explosion de haine aussi soudaine qu’elle ne ravage nos tripes déjà endoloris.

Pourtant, c’est non sans une certaine étrangeté que "Watershed" est plus accessible d’écoute, en offrant paradoxalement le plus de plaisir et de sensations des albums d’Opeth. Car si le groupe usait parfois de quelques artifices noyant l’émotion pure, elle est ici à fleur de peau, comme vivante, près de nous, nous susurrant la douceur de la musique à ce havre de paix musical.
L’exemple de "Burden" s’impose alors, alignant une ligne de piano sensible et exceptionnelle, rapidement rejointe par quelques nappes de samples. Mais c’est le chant clair qui subjugue, et je pèse mes mots, jamais Mikael ne m’avait ému ainsi.
Sous une forme doucement pop, le morceau dévoile des trésors d’interprétation, notamment le solo de claviers directement inspiré par un Pink Floyd des (très) grandes heures, donnant tout son sens au terme progressif si cher au vocaliste. Une fragilité d’expression se débridant et s’instrumentalisant au fur et à mesure des sept minutes de "Burden"…

Retrouver un Opeth traditionnel sur "Porcelain Heart" ne sera qu’une façade, l’arbre cachant la forêt face à "Hessian Peel", long de plus d’onze minutes. La mélodie d’intro, renvoyant à "Coil", se fait plus mystérieuse, presque opaque avant de sombrer dans une atmosphère post rock peuplée de cordes tendues et pleine d’angoisse, dépeignant un paysage sonore plein de tension et de grâce, ou la violence et la furie a très rarement sa place, lui préférant la mélancolie et la beauté. Puis le changement, brusquement, la musique s’efface, seul quelques notes de piano brisent un silence pesant, le clavier se fait entendre au loin…puis la brutalité nous prend à la gorge, sans que nous puissions nous y attendre, enchainant solos (très technique, comme on pouvait s’y attendre d’un tel musicien) et riffs pachydermiques sur une double pédale rarement de sortie sur ce disque ("The Lotus Eater" contient également son lot blast beat !).

Nommer cet album comme le meilleur de Opeth ne serait certainement pas loin d’être la vérité, pour peu que l’on ne soit pas étourdi par la direction très prog rock de cet opus, offrant une nouvelle fois un nouveau champ d’horizon musical et émotionnel à un groupe ne semblant jamais tarir d’idées pour continuellement se renouveler, en faisant fi des normes et des règles, des modes et des conventions pour produire un art intègre et personnel. Un art frappé d’une certaine conscience de dépassement de soi et de ses propres limites créatives, une conscience ayant aujourd’hui bien peu de sens, à notre plus grand désarroi…


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Headbanger - 13 Mars 2010: Mon jugement n'est pas totalement défini mais je suis plutot de l'avis de Phage.



Les parties acoustiques sont de mon point de vue trop longues et les moments death trop rares, c'est malheureux mais Mikael Akerfeld a laissé le death de coté. Et sur cet album, je ne retrouve pas la meme aura que sur les albums précédents. Bien évidemment, je ne mets pas en cause la qualité des musiciens, d'ailleurs le nouveau batteur est excellent.
Selfdestruction - 29 Septembre 2010: Ben moi c'est mon préféré d'Opeth mais c'est bien parce que je suis pas trop death et un grand fan de pink floyd :P
Vrael - 04 Avril 2011: Je viens seulement de l'acheter, il luit encore malicieusement sous son emballage. J'aurais voulu écouter Ghost Reveries avant pour me faire une idée de l'évolution du groupe, malheureusement la FNAC a épuisé ses réserves.
Je constate donc qu'il contiendra beaucoup de passages acoustiques. Un "Damnation" bis post "Ghost Reveries" ? Je vois que l'album sera riche en piano, c'est assez nouveau, le chant féminin aussi... je suis impatient de l'écouter pour donner mon avis du coup.
En ce qui concerne BlackWater Park je suis d'accord avec Eter, oui le groupe était déjà bien connu mais cet album a été un tremplin pour eux, c'est certainement leur prod la plus vendue aujourd'hui avec le (visiblement) controversé "Ghost Reveries".
DRIXMAN - 21 Avril 2021:

Cet album dont la production est excellente est pour moi charnière dans la discographie d'OPETH. Comme lorsqu'on franchit la ligne de partage des eaux en référence au titre de l'album, le génial Mikael Akerfeldt bascule définitvement sa classieuse musique Death Metal progressif dans un rock progressif clairement dominant (à l'exception de Heir Apparent) d'une très grande musicalité. Ce sera le style d'Opeth par la suite. Mikael Akerfeldt est un compositeur émérite dont le talent serait trop bridé s'il ne devait créer que dans les limites d'un Metal codifié. Avec Still Life et Ghost Reveries, Watershed est un chef d'oeuvre a possédé absolument dans sa discothèque.   
 

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Chronique @ Julien

04 Juin 2008
Il fallait le faire. Passer après Ghost Reveries n’est pas une mince affaire. En effet, ce dernier avait reçu un accueil plus que chaleureux de la part des fans et de la critique. De plus, le line up changea entre temps et l’on voit arriver deux nouveaux compères : Fredrik Åkesson au poste de guitariste et Martin Axenrot au poste de batteur. Dur, dur dans ces conditions de partir rassurer mais Mikael Åkerfeldt reste Mikael Åkerfeldt et au vu de sa géniale productivité il y a tout de même le potentiel pour en prendre plein les oreilles.

De plus, énormément de choses ont été colportées au sujet de ce Watershed. En effet, Mickael s’est replongé dans l’univers des années 70 en écoutant tout un tas de groupes de rock psychédélique. Résultat: Watershep se voit agrémenté d’une touche psychédélique non négligeable apportée, entre autres, par des instruments issus de cette époque. Et pourtant ce nouvel album d’Opeth a gagné en puissance dans le son. Plus grosse distorsion, plus de riffs lourds, la présence de blast beats sur des passages en chant clair. Watershed est véritablement une éponge où l’on retrouve tout ce qui s’est passé dans le vie de Mickael Åkerfeldt ces dernières années. D’autant plus étrange que, lorsque l’on avance dans ce disque, le chant death est délaissé au profit du chant clair. Nouveau Line up veut-il dire nouvel direction ? Peut-être bien que oui car l’on y trouve des éléments peu ou pas utilisés dans des opus précédents. Il vous suffit de prendre la richesse de « Hessian Peel » pour vous rendre compte de mes dires.

Les ambiances sont ici prépondérantes et, comme souvent, l’on se laisse emporter par la magie. Mais comment Mickael Åkerfeldt fait-il pour trouver sans cesse de nouvelles idées? Idées qui voient s’affronter ici le jour et la nuit. Jamais le côté sombre du groupe n’aura été autant mis en balance face au côté clair (désolé si ça fait un peu Starwars comme métaphore). On y retrouve également de nombreux passages acoustiques qui sont bluffants de sincérité et vous prennent aux tripes en moins de temps qu’il n'en faut pour le dire. C’est ça la grande force de ce disque, être éclectique et en même temps tellement cohérent. J’avoue qu’après Ghost Reveries je ne savais pas trop à quoi m’attendre, me voici plus que rassuré. Pour ne rien gâcher, on retrouve sur le titre d’introduction un chant féminin assez galvanisant, chant que l’on doit à Nathalie Lorichs (c’est une chanteuse folk suédoise).

Si je ne devais retenir qu’un titre de Watershed ça serait bien « The Lotus Eater ». J’avoue que c’est parce que je suis dans une période très seventies aussi mais le passage psychédélique est assez énorme et très intéressant.
Le son est colossal et est signé mister Åkerfeldt lui-même avec l’aide de Jens Bogren. Ça sonne admirablement bien et cette production rend hommage à tous les efforts fournis par le groupe pour faire de Watershed une pièce unique.

Avec tous mes doutes effacés je peux attendre le concert sans crainte, concert qui s’annonce déjà énorme. Un disque qui plaira sans peine aux fans. Après un excellent live, voici un excellent album.


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axel666 - 05 Juin 2008: Superbe album d'opeth ! tous les titres sont à écouter en priorité . Mes préférés sont quand même heir apparent et hex omega ( coil est également splendide ) . Je ne comprend pas pourquoi avoir volontairement faussé les notes sur l'outro de burden par contre ,et je trouve que ça gâche un peu le reste du titre ( excellent aussi , par ailleurs )
bastino - 09 Août 2008: excellent album,voir mon commentaire fait sur chronique précédente -:)
luxuria - 14 Août 2008: bellissima musica !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
nationceltic - 17 Décembre 2008: comme d'habitude opeth nous livre un album monsteuse, mon seul reproche c'est l'ambiance
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Chronique @ bojart

01 Juin 2010
Un bruit sourd suivit de larsens ; Une guitare ou une basse que l’on branche à son ampli’. Les baguettes s’entrechoquent trois fois, le micro sur ON que l’on tapote (en attendant d’avoir en roadies) afin de s’assurer qu’il marche bien… Et l’on débute une bribe de chanson, incomplète et imparfaite dont le texte est un premier jet hasardeux. Tout le charme underground de la musique indé (Ceux qui ont connu ou connaissent cela me comprendront).
Bien loin de tout ceci, en Suède, le fleuron du death progressif, Opeth, pour qui j’ai un profond respect et une haute estime. Mikael Akerfeldt et sa polyvalence vocale (chants clairs époustouflants et vocaux death convaincants), le jeu de guitare de celui-ci et de l’ancien gratteux de Arch Enemy (et actuel membre du discret sextet doom metal du nom de Krux) Fredrik Akesson ; La basse soyeuse et exquise de Martin Mendez, le talent inné de Per Wilberg aux claviers et enfin la maestria de Martin Axenrot, marteleur officiel du célèbre groupe de death metal Bloodbath… Voici les composantes d’Opeth, Légendaire formation. « Watershed », leur dernier album en date, se révèle être un nouveau chef-d’œuvre…

« The Lotus Eater » est introduit par la musicalité délicieuse de la voix de Mikael, en harmonie avec une très discrète ligne de basse… les baguettes s’abattant sur les tambours tels une pluie de météorites et les riffs électriques naissants démarrent vraiment la chanson. Mikael nous fait profiter de ses vocaux death très au point sur une composition puissante et déjà l’alternance vocale s’installe pour le meilleur et seulement le meilleur… De suite on est transporté par le mini-pont où le somptueux chant de l’interprète-musicien fraye avec une guitare mutine et isolée. Mika’ chante sur fond d’alternance continuelle entre les différents éléments de batterie et les grattes ; La basse en soutient logistique donne du volume à la composition tout au long du morceau, particulièrement lors de ce solo magique, avant de s’offrir un duo avec la guitare du chanteur. Le synthé disperse un interlude sublime à nos oreilles aiguisées. Et là ! Coup de cœur immense ! Le pont musical est une merveille de jazz-metal où basse, doubles-pédales et cymbales nous font la totale ! Un Instant (trop) court dans le Jardin d’Eden… Le chant death de fin donne une dramaturgie inattendue au titre ; Un grand coup de chapeau pour ce morceau d’une originalité inouïe.

« Hex Omega » débute par des riffs brutaux, une basse aux abois et une batterie incisive…le moment que choisit Mikael pour chanter splendidement sur une compo ahurissante où guitares, synthé et batterie se chevauchent. Symbiose ultime des musiciens avec leur art. Si les couplets sont presque symphoniques, le refrain est, lui, découplé et inspiré. De nouveau ! Un solo extraordinaire vient magnifier le titre avant que ce dernier ne soit sublimé par un pont musical où l’on entend une partition de piano poignante et sobre. Le synthé reprend les commandes, puis viennent les percus et tambours, le tout sur un riff intimiste et des vocaux de porcelaine… et de la féerie, on passe à l’inexorable réalité marquée par les guitares couplées à la double-pédale… Et le tout s’achève avec douceur et harmonie… Le rideau tombe… « Porcelain Heart » commence sur de solides bases : Quartet des doubles-pédales avec les guitares, duo de la basse (toujours mesurée) avec les percussions. Le rythme volontairement redondant laisse place à une compo enchanteresse, de retour aux temps des princesses en détresse, de leurs chevaliers servants et des châteaux forts ! D’un coup d’un seul, le rythme de la partie rock-metal du titre devient dysphonique, et le prince charmant de revenir chanter pour un bref instant avant que les chœurs ne s’accordent à l’unisson pour se mêler à la compo forte en riffs agressifs et coups de baguettes sévères… Seuls deux violons et une guitare acoustique guide Mikael Akerfeldt dans son chant si juste et si rassurant. Dernier baroud d’honneur pour les guitaristes et leurs marteaux sur le tempo tranquille des tambours et des chœurs digne de ceux d’un groupe symphonique.

Parlons de « Burden » ! Pianos et riffs lointains de guitare…une atmosphère sereine s’instaure et le chant de Mika’ rend l’arrivée de Martin et de sa 4-cordes poétique et la venue de la grosse caisse et des cymbales des plus lyriques… Un solo de belle facture emmène le mid-tempo des plus touchants vers des cimes incroyables de délicatesse et de poésie. Cet air éthéré sortant de la bouche de Mikael est indescriptible tant il vous poignarde au cœur. Et ce n’est point le long solo de guitare m’ayant rappelé Led Zeppelin (à certains moments) qui me contredira ! Les percus et la basse en arrière rendent la fin du morceau si significative du génie d’Opeth, sans parler de CE solo de guitare (acoustique cette fois), de la poésie altière !! Ces riffs décharnés sont magnifiques et me rappellent cette strophe de Charles Baudelaire :
« Là tout n’est que beauté,
Luxe, calme et volupté »

Bj

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Ebrithil - 01 Juin 2010: Haaa ... quel album que ce Watershed ! Enfin, quel groupe qu'Opeth, en fait, ne les résumons pas à cet album...
Chaque oeuvre d'Opeth est tellement fourmillante que je ne me sens jamais le courage de lui consacrer une chronique (d'autant que le temps me manque pour écrire des chroniques comme je le faisais avant, mais les vacances arrivant, je devrais m'y remettre)...
Bravo à toi donc pour avoir si brillamment relevé ce défi.
valentheris - 01 Juin 2010: Bonne chronique, ça fait longtemps que je l'avais pas écouté ça va me donner l'occasion de le ressortir.
Matai - 01 Juin 2010: Bonne chronique cher bobo ;) j'essairais quand même de rejeter une oreille sur Opeth, même si ce n'est pas un groupe que j'affectionne particulierement ...
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Chronique @ Jb69

27 Avril 2010
Opeth, ou l'art et la manière de concilier des éléments empruntés à divers courants musicaux afin de créer une musique exceptionnelle. En effet, le groupe suédois n'a pas de réel concurrent dans son domaine et l'influence qu'il a exercée sur la scène metal n'a pas suscité d'élèves, ou du moins pas pour l'instant, supérieurs au maître. Dès lors, on comprend aisément que la sortie d'un nouvel album signé Opeth soit un événement. En ce qui me concerne c'est précisément ce « Watershed » qui m'a ouvert les portes de l'univers suédois. Après avoir écouté quelques morceaux sur le myspace du groupe j'ai ressenti le besoin impérieux de me procurer l'album contenant ces extraits. Ainsi ai-je acquis la neuvième production des Suédois, dans la belle édition spéciale (L'intérêt principal du disque bonus de l'édition spéciale est la présence du making-of de l'album recueillant les impressions des musiciens et quelques passages joués en studio) ayant l'aspect d'un colis dont j'ai été l'heureux destinataire. Subjugué par la splendeur musicale des morceaux du quintet suédois je me mis à explorer leur discographie. Je découvris alors des albums fantastiques, « Blackwater Park » en tête, mais aucun d'eux ne détrôna la place occupée par mon premier amour. Qui y a-t-il donc derrière ce « Watershed » ?

Le titre est aussi mystérieux que le contenu, le livret n'éclairant en rien l'auditeur en raison de l'absence des paroles, en tout cas dans l'édition que je possède. Il offre à son possesseur la vision de sombres images semblant appartenir à un autre siècle et contient un texte fait de caractères ésotériques. Dans cet univers mystérieux il n'est qu'une chose à laquelle l'on puisse se raccrocher, la double définition de ce qu'est Opeth : « 1- a duster of musicians expressing emotions by piecing random notes and/or chords together 2- City of the moon ». Nul doute que l'astre lunaire soit en lien avec la musique des Suédois qui possède « les reflets irisés comme un fragment d'opale » propres aux pâles larmes lunaires. Cependant, c'est la première définition qui fait naître le plus d'admiration, tant l'objectif du groupe semble avoir été atteint.

Mais venons-en concrètement à ce que contient ce disque d'un peu moins de soixante minutes. Les premières notes qui se présentent à nos oreilles proviennent d'une guitare acoustique, l'introduction est douce et envoûtante, grâce à la présence vocale de la compagne du nouveau batteur Martin Axenrot. Mikael Akerfeldt désirerait-il adoucir son propos ? Que nenni ! La suite nous plonge dans un univers sombre et sublime teinté de violence, celle-ci étant causée par la voix gutturale de Mikael qui manie toujours à la perfection plusieurs types de chant. Le claviériste Per Wiberg, qui a rejoint le groupe en 2006, remplit son rôle avec brio en accompagnant les guitaristes virtuoses ou en participant à la création de ces ambiances chimériques qui imprègnent les compositions d'Opeth. Il s'avère que le morceau « Porcelain Heart » est un exemple ad hoc de la rêverie dans laquelle nous sommes plongés, hypnotisés par la guitare acoustique avant d'être tourmentés par un puissant riff de guitare électrique. Ce morceau lancinant a d'ailleurs fait l'objet d'un clip tout comme le titre qui le précède sur l'album « Burden ». Ce dernier constitue la ballade de l'album, qui n'est autre qu'une balade à travers un océan de tristesse intérieur. On peut saluer la prestation des deux guitaristes et plus spécialement celle du soliste Fredrik Åkesson, ayant précédemment fait ses armes dans Arch Enemy, qui avait la lourde tâche de remplacer Peter Lindgren. La liste des qualités de chaque morceau est longue, le meilleur passage de l'album est selon moi le break jazzy très inspiré de « The Lotus Eater » qui prouve encore une fois les qualités musicales et l'éclectisme du groupe. Mon goût pour Opeth et les morceaux de cet album a été renforcé par leur prestation lyonnaise au Transbordeur en décembre 2008 à laquelle j'ai pu assister.

L'entité suédoise nous délivre sur cet album un grand moment d'émotions avec une intensité authentique qui confirme son statut de groupe d'exception.

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Commentaire @ MisterF

18 Juin 2008
Enfin le nouvel Opeth est disponible (plus ou moins) à l'écoute, et je dois admettre que j'étais tout particulièrement attentif à cette galette et à ce que le web pouvait en filtrer. Nous voilà donc devant le très attendu successeur du non moins bon Ghost Reveries qui avait exposé Opeth à un public plus large.

Alors qu'en est-il d'Opeth en 2008 et de ce Burden à la pochette énigmatique ?
7 Pistes, 55 Minutes, Play.

Le CD s'ouvre avec "Coil", une pièce de jouée à la gratte acoustique, où la basse se fait discrète et les percussions inexistantes. La première chose qui rassure: la voix est toujours là, toujours aussi profonde et cette composition mélodique et mélancolique montre la force dont fait toujours preuve Opeth sur ses mélodies. La piste rappelle fortement Isolation Years sur Ghost Reveries, avec une intervention d'une chanteuse à la voix non négligeable sur la fin du morceau. La piste est relativement courte et fait une bonne introduction.

Sans réelle liaison, "Heir Apparent" est la suite avec sa batterie lourde d'entrée de jeu, sa guitare lente et sa mélodie Opethienne à souhait. Puis, tout s'arrête brutalement, un break de piano et c'est reparti, sur un thème brutal où le chanteur nous gratifie d'un chant death bien assuré rempli d'overdubs, la double pédale est là, mais le tempo reste très lent. Ce morceau reste un grand opeth. Après un solo très vintage, un break à l'acoustique et à la section de vents s'installe, avant de reprendre sur des blasts à fond la caisse. La chanson est parsemée de passages violents coupés de break acoustiques puis finit sur un passage mélodique. Un futur classique.

"The Lotus Eater", où l'intro se fait sur des vents avec le chanteur susurrant la mélodie et là, LE choc: des blasts beats à fond la caisse avec du chant clair par-dessus. L'ombre de Strapping Young Lad plane sur cette combinaison "Blast-Clair", étant donné qu'ils en sont de fervents utilisateurs. Le couplet envoie le lard, les breaks sont puissants, les soli extrêmement travaillés, la voix death est extrêmement bien assurée. Le break apparait vers le milieu de la chanson avec un clavier profond, une guitare acoustique et un solo de basse. Ça sonne un peu vintage, ça surprend quelque peu, mais il faut reconnaitre l'efficacité de la chose. Un final mélodique avec des voix en fond et nous voilà propulsés vers "Burden".

Une intro au piano de toute beauté, une guitare planante (Pink Floyd ressort comme influence principale ici), un groove de basse très ballade et une ligne de chant sensible, un rythme très pop avec toujours une gratte atmosphérique, grosse impression pop. Un solo pompé à Pink Floyd sur le break, mon dieu que ce clavier sonne vintage, le jeu du nouveau guitariste se fait plus comprendre sur ce cd, durant les nombreux passages instrumentaux de cette chanson en particulier. Un final à la guitare acoustique désaccordée.

Le single : "Porcelain Heart", et bien là ça fait super mal d'entrée de jeu, une pure mélodie opethienne, une pure rythmique opethienne, tout ça n'a plus rien de calme mais le côté planant est toujours là. Des breaks acoustiques, une voix claire, des soli, monstrueux, énormes, entre tempête de violence et pluie de mélancolie, une grande place à la mélodie, la plus Opeth des chansons de ce cd.

"Hessian Peel", à la suite, commence sur une note de basse, pour enchaîner sur un passage très country, très pink floyd en somme, avec des soli à la Gilmour et la voix est esseulée sur un clavier et à la guitare acoustique. Le début de cette chanson sent beaucoup le Dream Theater époque Octavarium et brusquement à la moitié, le défoulement monstrueux, le chant se fait agressif, les beats de batterie brutaux, les riffs sont ultra puissants et les instrumentaux toujours aussi travaillés en mettent gros la tête.

"Hex Omega", plus Opeth qu'Opeth, hésite entre agression et atmosphère planantes, le clavier vintage est toujours là, la guitare acoustique aussi, une grande place est faite à la mélodie. Le couplet met bien en avant la voix sur un fill basse/batterie simple et pop, les ponts sont monstrueux, du tout bon, un grand Opeth encore une fois.

Alors où Opeth commet-il la faute sur ce cd ? Pour ceux qui l'attendraient, la faute de parcours n'est toujours pas là. Peut-on parler de perfection ? Pas vraiment, ce cd est plus dur d'approche que Ghost Reveries et laisse plus transparaître les influences que ses prédécesseurs (Pink Floyd en premier: écouter "Burden" c'est écouter une reformation de pink floyd) et s'adresse à un public plus "présélectionné". Ceci dit, malgré ces influences plus présentes, ce cd reste un pur Opeth, d'une efficacité redoutable et la pièce "Burden" que je cite comme étant un copié collé de Pink Floyd n'est ni plus ni moins qu'un chef-d'œuvre. Pour ceux dont la question est "est-ce que Roadrunner les a rendus commerciaux ?" La réponse est non, bien au contraire! Pour conclure, pour ceux qui connaissent et aiment Opeth, c'est un indispensable; pour ceux qui ne connaissent pas, c'est l'heure de sortir de votre trou et de prêter une oreille à cette galette; pour ceux qui n'aiment pas il y a un avis à revoir et ce CD peut convaincre bien des réfractaires. Malgré un changement de line-up les Suédois nous livrent un CD monstrueux et fin pourvu de compositions splendides et de futurs grands classiques en puissance.

Pour ce qui est de la note: 18. C'est peut-être haut, mais ceux qui ont écouté les 55 minutes de ce cd trouveront ça plus que justifié.

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Krokodebil - 16 Novembre 2008: Burden est très déroutante quand même, la fin à la guitare désaccordée trucide les tympans alors que ce morceau est sublime ...
mrbungle - 15 Janvier 2009: Pour ceux & celles qui comme moi cherchent des groupes qui sortent des sentiers battus, cet album est à écouter & réécouter...




Selfdestruction - 29 Septembre 2010: @ Krokodebil :
Burden est vraiment fantastique, et le final à la guitare désaccordée je le trouve incroyable parceque ça te fait vraiment voyager entre la musique qui t'emporte et te fais te sentir si bien, suivie du final et d'un grand moment de malaise pou l'auditeur...
Les émotions de ce type dans la musique...ben moi j'adore :)
samolice - 03 Septembre 2011: Je viens d'écouter le nouvel album Heritage. Certains vont être surpris! Pour ma part, une seule appréciation : fantastique. Voilà un album qui me fait bien plus tripper que le dernier Devin Townsend sur lequel beaucoup ont crié au génie. Les maitres restent les maitres.
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Commentaire @ MakraM

05 Fevrier 2009
Vous savez, je n'ai jamais vraiment écouté Opeth. Je veux dire vraiment écouté. Ma tracklist se résumait à Demon of the Fall et Black Rose Immortal. Très peu, je sais. Mais bon, le progressif, ça va 5 minutes... Ou plutôt 10... Et puis vint le jour où tous mes potes métalleux commençaient à parler de Watershed et son bon Opeth... Jetons une oreille à ce fameux album tant qu'à faire... Opeth exprime le drame par sa musique, et chaque morceau de l'album installe une ambiance adéquate.

Watershed a beau ne posséder que 7 morceaux, la durée totale est tout de même de 78 minutes 02 secondes... C'est ça le progressif. Bon, ne soyons pas rabat-joie... Parlons d'un point de vue musical. Opeth ouvre la marche avec un Coil très calme et posé. Åkerfeldt partage même son chant avec sa copine ! On entend même un autre morceau acoustique, Burden, disposant d'une excellente tourne mélodique utilisée par le clavier comme pour la guitare sans saturation. Les perles de l'album, sans hésiter, The Lotus Eater et Porcelain Heart, reflètent bien l'aspect sombre et mélodique de la musique que propose Opeth. A retenir aussi Heir Apparent et Hex Omega.

L'album en lui-même est une histoire, et écouter les chansons une par une casse sensiblement le charme. On retient les mêmes structures musicales que les albums précédents. En généralisant, on va retenir à peu près ça: -Intro brutale / Partie instrument seul (généralement acoustique classique) / Partie brutale similaire au début / Autre partie plus Death...

Mais le tout est excellemment composé par le talent des musiciens et ça en devient tellement beau ! Vous cherchez un mélange subtil de mélodie et d'ambiance sombre ? Watershed est là pour vous ! Et c'est avec un grand plaisir que je donne ma note très méritée de cet opus. Sans faute, et plein de plaisir.

20/20

MakraM

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