War of Kings

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Nom du groupe Europe
Nom de l'album War of Kings
Type Album
Date de parution 06 Mars 2015
Style MusicalHeavy Mélodique
Membres possèdant cet album87

Tracklist

1. War of Kings
2. Hole in My Pocket
3. Second Day
4. Praise You
5. Nothin’ to Ya
6. California 405
7. Days of Rock 'n' Roll
8. Children of the Mind
9. Rainbow Bridge
10. Angels (with Broken Hearts)
11. Light It Up
12. Vasastan

Chronique @ frozenheart

23 Mars 2015

Avec son dixième album Europe se fait plaisir...

Oublié le côté FM et aseptisé de l'album "The Final Countdown" ! Il serait donc réducteur de penser qu'Europe n'est bon qu'à composer des ballades mièvres et à squatter le top 50.
En effet, suite à une nécessaire séparation dans les années 90, Europe revient en 2004 avec l'album "Start from the Dark", plus rageur et plus brut que ses prédécesseurs. Aussi, le combo ne quittera plus cette formule, laissant de côté le style Hard F.M qui fit sa renommée dans les années 80. D'ailleurs, le groupe sortira par la suite trois albums de pur Hard Rock de très bonne facture.

Nous revoilà en 2015 ! Après un "Bag of Bones" plus orienté blues, Europe revient avec un dixième album ô combien intéressant : le bien nommé "War of Kings", qui lui, va puiser ses racines dans des groupes tels que Black Sabbath, Deep Purple, Whitesnake, de la période de la fin des années 70, voire début 80 's. N'omettons pas non plus l'influence flagrante de Led Zeppelin tout au long de l'album ! Sans oublier cette aptitude qu'a le groupe de composer des titres riches, variés, entraînants et qui ne vous quittent plus. Bien sûr, certains trouveront que "War of Kings" est une redite de l'album précédent, sans la moindre prise de risque. Mon sentiment serait plutôt que le groupe, sur ce coup-là, a surtout voulu se faire plaisir.

Avant de commencer notre immersion dans cette guerre des rois, je voulais évoquer la production. En effet, certains la trouveront étouffée, datée. Mais n'était-ce pas là la volonté du groupe avant d'enregistrer cet album, notamment en engageant le producteur Dave Cobb, à qui l'on doit les productions de groupes au son vintage tels que : Rival Sons, California Breed, entre autres ? D'autre part, dans différentes interviews, le groupe ne disait-il pas vouloir revenir aux sons et influences de leur jeunesse ?
On notera aussi une nette amélioration concernant les sonorités des claviers. Effectivement, à mon sens, ils sont davantage mis en relief, cette fois-ci, Mic Michaeli abattant un travail phénoménal lors de ses interventions magiques ! Qui d'autre que lui pouvait s'imposer comme digne héritier de feu Jon Lord ?

Commençons la lecture de l'album avec son titre phare "War of Kings", débutant par une introduction de quelques secondes, nous faisant penser au signal des vaisseaux aliens du film "La Guerre des Mondes version Spielberg", pour démarrer sur les chapeaux de roue avec un riff Heavy à la Black Sabbath doté d'un son actuel et moderne. N'oublions pas " Light Me Up" dans le même style disons plus crade,aux relents poussiéreux et stoner sentant le bitume et le bourbon à plein nez, avec un John Norum se donnant à fond. Écoutez donc ce solo très inspiré et versatile qui s'étend jusqu'à la fin du titre... Celui-ci est tout bonnement jouissif !

Continuons notre parcours avec "Hole in My Pocket", peut-être le titre le plus rapide et rentre dedans de l'album, mais aussi le très efficace et catchy "Days of Rock 'N' Roll" portant bien son nom nous rappelant Thin Lizzy, grande influence du guitariste John Norum, surtout fan de Gary Moore devant l'éternel. Poursuivons avec "Second Day", morceau en mid tempo et superbement interprété. Exécuté avec brio, écoutez donc ce son d'orgue Hammond, lui-même suivit d'un solo de guitare qu'on croirait tout droit sorti de la Fender Stratocaster de l'homme en noir (Ritchie Blackmore), mais aussi nous rappelant alors les grands moments de Deep Purple...

Sans aucun doute, l'ombre du grand Deep Purple plane sur ce disque. Il suffit d'écouter les titres "Praise You, California 405" pour vous en convaincre. Ou encore "Rainbow Bridge"et sa touche orientale, ce dernier sonnant le plus Led Zeppelin à mon goût, assurément le "Kashmir" du groupe.

Passons à "Children of the Mind", titre mid tempo s'inscrivant dans la pure tradition Hard Rock à la Led Zeppelin, avec sa batterie pachydermique, ses claviers nous rappelant le toucher de John Paul Jones bassiste et claviériste du grand Led Zeppelin, sans oublier ce solo de guitare inspiré et pas démonstratif pour un sou. Ah ! Nostalgie quand tu nous tiens !...

Le groupe n'a pas oublié non plus d'offrir à ses auditeurs des moments plus intimistes. La superbe ballade "Angels ( With Broken Heart)", tout en finesse et en émotions, en est la preuve. Probablement l'une des plus belles du répertoire du groupe, faisant largement oublier « Carrie » et d'autres ballades moins inspirées du groupe.

L'opus se termine avec "Vasastan", plage instrumentale où, ici aussi, la guitare est reine, nous faisant ainsi penser au "Parisienne Walkways" de Gary Moore. Assurément, nous recevons là un défilé de notes somptueuses de la guitare de John Norum qui, cette fois, est au sommet de son art, rien de moins !

Quant à l'artwork de la pochette, à l'image de l'opus, il a été particulièrement soigné. Aussi, j'ai trouvé celle-ci esthétiquement belle et graphiquement réussie, avec cette main d'homme (roi) qui, avec cette chevalière gravée du E ornant le logo du groupe posée sur un échiquier, pousse violemment le roi noir contre le blanc retenu par un autre homme en miniature. Bref, on a là une pochette moderne et sortant de l'ordinaire, et surtout, symbolisant parfaitement le titre de l'album.

En conclusion, "War of Kings" est destiné avant tout aux amateurs de Hard Rock des années 70, mais aussi aux passionnés de belles mélodies et de guitares aiguisées et pleines de feeling. Avec cet album, Europe n'a pas fini de nous étonner et pour longtemps, C'est tout le mal que nous lui souhaitons !


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David_Bordg - 17 Décembre 2015: oui tout a fait me fait penser a un morceau de house of the holy!!
David_Bordg - 17 Décembre 2015: ta chronique meme avec le temps est excellente et tes references pour l album également,sur ma chro on en parle dans les memes termes!!
David_Bordg - 18 Décembre 2015: frozenheart john norum est un guitariste epoustouflant, c est pas assez souligner je trouve!!
PhuckingPhiphi - 28 Décembre 2018:

En bon métalleux bas du front, j'avais placardisé Europe après sa période "Final Countdown", vouant aux gémonies les plages de claviers et les refrains pop qui, à l'époque, faisaient les belles heures de NRJ et autres Hit FM (blasphème suffisant à mes jeunes oreilles pour classer définitivement le groupe parmi les traîtres et les vendus). J'avais donc superbement ignoré leurs albums suivants, n'ayant guère jeté plus qu'une oreille distraite au hasard de quelques sorties qui ne m'avaient guère emballé, malgré un retour bienvenu aux sonorités Hard Rock des débuts ("Start from the Dark" et "Bag of Bones", pour ne pas les citer).

Ce n'est donc qu'après la bonne prestation des suédois à Paris en septembre dernier (Trianon) que je me suis laissé convaincre de revenir un peu plus sérieusement sur leur discographie récente, et je dois avouer que cet album est une excellente surprise : au carrefour du Deep Purple des 70's et des meilleurs Whitesnake, c'est franchement de la belle ouvrage que nous proposent Joey Tempest et sa bande. Du coup, j'ai embrayé sur "Walk the Earth" dans la foulée, qui après seulement deux écoutes me paraît dans l'exacte lignée de celui-ci, et c'est très bien. J'ai également "Last Look at Eden" en stock, mais je me le garde pour plus tard.

Bref, Europe remonte de plusieurs étages dans mon estime, méritant sans doute une jolie place dans le panthéon des meilleurs groupes de Rock européens (forcément ! ;) actuels. Et en plus, j'ai entretemps réhabilité "The Final Countdown" à sa juste (très grande) valeur, comme quoi il n'est jamais trop tard pour changer d'avis.

Merci pour la kro ! :)

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Chronique @ metalstormrider

14 Septembre 2015

L’élégance et la puissance du souverain

C’est paré d’un écrin hautement symbolique que « War of Kings » succédera, peut être sans mal, à un Bag of Bones qui possédait des qualités intrinsèques, mais qui offrait aussi un résultat un peu en deçà au regard du potentiel créatif de ses géniteurs. Lourd de signification, « War of Kings » s’afficherait-il comme une ultime bataille à remporter sur le champ d’honneur pour un groupe qui a su faire ses preuves depuis plus de trente ans? Peut être nous ont-ils simplement concocté un disque capable de remporter la guerre, en espérant qu’il ne s’agisse pas de la dernière…

Europe est donc de retour, au grand complet et au top de sa forme. Les sonorités synthétiques du « Hair Metal » ont été définitivement balayées ainsi que les coupes choucroutesques défiant à la fois les lois hormonales et celles de la gravité. Europe confirme cette tendance à s’éloigner du passé et assumer pleinement une maturité musicale. Et c’est cette capacité constante à se renouveler et s’adapter intelligemment à son auditoire qui fait la richesse de la musique de nos suédois depuis plusieurs décennies, et ce, au-delà de l’aspect purement technique. Mais se renouveler, c’est aussi réaliser le double challenge de se faire plaisir tout en faisant plaisir à un public, qui lui, attend autre chose qu’une énième redite d’un "Final Countdown" qui a eu le mérite d’avoir assuré une ascension fulgurante à notre groupe, en lui permettant une reconnaissance s’étendant bien au-delà d’une frontière, d’une génération et d’une sphère musicale, titre qui porte toujours les stigmates de la controverse. Après avoir continué à exploiter le filon des mélodies accessibles et passablement commerciales durant les années 80/90, montrant d’ailleurs une incroyable résistance pour ne pas sombrer dans les abîmes de la simplicité, et une volonté de ne perdre personne en route.
Europe compte dans ses rangs des musiciens talentueux, respectés et surtout intelligents. Et, même après de longues périodes d’absences et une moindre médiatisation, le groupe s’est renouvelé sortant progressivement du confinement « Hard FM », proposant un contenu loin d’être inintéressant, techniquement et musicalement parlant.

Aujourd’hui, Europe continue donc à mener la campagne pour garder sa place dans le cercle très fermé de l’excellence, comptant dans ses rangs des généraux aguerris et compétents eux même suivis par une horde de fans fidèles issus de toutes générations et styles confondus. Cette nouvelle bataille voit l’aboutissement de la maîtrise des armes déjà utilisées précédemment. Les éléments ne sont plus intégrés à des compositions mais forment des hymnes à part entière. Epique et martial, le titre éponyme, qui ouvre d’ailleurs l’album, montre ce retour aux sources des 70’s, offrant à son vintage à la qualité de la production actuelle. Jamais le son de batterie n’aura jamais été aussi bien restitué dans sa rondeur et ses harmoniques, la distorsion a laissé sa place à l’overdrive et le synthé « synthétique » s’en est allé au profit de l’orgue Hammond. Ces instruments concourent ainsi à l’obtention d’un son beaucoup plus originel et profond. L’aspect bluesy a été conservé, mais dans une moindre mesure par rapport à l’opus précédant, venant sublimer la voix de Joey Tempest, qui s’est faite beaucoup plus ramassée et sombre gagnant en émotions sans être trop démonstrative.

Et l'interprétation est magistrale, et ce, sur l’ensemble des titres et tout particulièrement sur « The Second Day », titre qui risque de vous donner la chair de poule par l’intensité qu’il dégage. La qualité des arrangements, le sens de l’harmonie et la recherche mélodique honore le groupe, le travail de Mic Michaeli est fabuleux.
Dire qu’Europe aurait perdu sa fougue serait se tromper, surtout lors de l'écoute du dynamique et rapide « Hole In The Pocket », disons plutôt qu’elle se manifeste autrement, et montre une fois de plus l’étendue du talent du tandem John Leven et Ian Haugland, peut être autant amis que musiciens.
Les compositions mid tempo « California 405 » et « Light It Up » apportent une variété, à la fois dans le processus créatif et dans les couleurs de l’interprétation, souvent à mille lieues des sonorités d’autrefois, allant même jusqu’à l'intégration de tournures psychédéliques ou encore de sonorités plus feutrées explorées sur Angels (With Broken Heart) au son dépouillé et à l’atmosphère intimiste.

Dans cette quête existentielle du retour aux sources d’inspiration, on aura le privilège d’apprécier l’intégration d’éléments chers à cette époque, le boogie dans le tempo enlevé d’un « Days Of Rock 'N' Roll », le Bluesy et spatial « Praise You » ou encore le massif « Nothin’To Ya », titres dans lesquels le jeu de John Norum se voit proche de celui du regretté Hendrix, s’en inspirant sans jamais le copier. Les atmosphères exotiques éthérées seront aussi rendues par le suave « Rainbow Bridge » proche du légendaire Led Zeppelin dans l’esprit.

A l’instar de bon nombre des formations contemporaines qu’il a inspiré, Europe fait son come back en évitant une fois de plus d’apporter quelque chose de réchauffé. Un renouveau musical sur un magnifique recueil de compositions, parfois écrit dans la douleur et inspiré par une réalité qui semble beaucoup moins édulcoré que celle des 80’S. Mais une certaine complicité semble avoir été préservée entre le membres, gage d’une musique à la fois mature et sincère.

Dave Cobb a réussi à emmener notre groupe encore plus loin dans cette quête, les détachant du Blues rock du précédent album pour une musique encore plus efficace et directe, inspirée et élégante, forçant le respect et lui assurant une place de leader pour quelques décennies encore, espérons-le.

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frozenheart - 15 Septembre 2015: Merci, pour cette superbe chronique, complétant parfaitement la mienne et qui résument très bien, cet incontournable de la discographie du groupe.
metalstormrider - 16 Septembre 2015: Merci les gars. Bien vu pour Whitesnake !
growler - 31 Décembre 2015: Très belle chronique, bravo!!
samolice - 25 Décembre 2016: Merci pour la chro. Excellent album pour Europe ,une fois de plus ai je envie de dire. Je trouve Norum bien plus présent que sur le précédent, ce qui n'est pas pour me déplaire. John avait très peu participé à la composition de "Bag of Bones". Hélas, comme rien n'est mentionné sur le lp, je ne sais pas s'il s'est investi davantage pour celui-ci. Des infos?
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