Bag of Bones

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Nom du groupe Europe
Nom de l'album Bag of Bones
Type Album
Date de parution 30 Avril 2012
Produit par Kevin Shirley
Style MusicalHeavy Mélodique
Membres possèdant cet album101

Tracklist

1. Riches to Rags 03:05
2. Not Supposed to Sing the Blues 05:13
3. Firebox 03:46
4. Bag of Bones 05:31
5. Requiem 00:28
6. My Woman My Friend 04:25
7. Demon Head 03:58
8. Drink and a Smile 02:21
9. Doghouse 03:58
10. Mercy You Mercy Me 04:31
11. Bring It all Home 03:39
Bonustrack (Japanese Release)
12. Beautiful Disaster
Total playing time 40:05

Chronique @ dark_omens

04 Octobre 2014

Toujours à arpenter le chemin...

Depuis leur retour les Suédois d'Europe auront démontré des qualités exceptionnelles dans la composition d'une musique, certes, décomplexé mais surtout éminemment séduisante. Loin de la facilité de l'expression artistique épurée à laquelle le groupe se sera, autrefois, parfois adonné, nul doute que ces artistes, désormais, allait se consacrer à un propos plus viscéral et moins artificiel.

L'excellent Last Look of Eden (2010), dernier album en date de ces nordiques, était la parfaite illustration de ce dessein consistant à construire des chansons plus organiques. Il nous proposait une union musicale assez subtile à la fois animé d'une volonté évidente de s'inscrire dans une modernité très actuelle et à la fois aussi dans celle d'une continuité issue de la tradition de ses délicieuses années 70 où des groupes tels que Led ZeppelinDeep Purple, pour ne citer qu'eux, offrait leurs talents à un monde incrédule. Bien évidemment citer ces formations-là n'est pas innocent tant on peut ressentir leur influence au sein de la musique que pratique désormais Joey Tempest et ses complices. Mais qui peut encore douter des capacités de musiciens aussi aguerris si ce n'est les puristes obtus toujours encore figé dans leurs ineptes préjugés d'antan?

Qu'importe, revenons en à ce nouvel effort sur lequel on retrouvera encore ces atmosphères superbement bluesy et soul, ces riffs de guitares aux sons lourds et chaleureux, mais aussi ces rythmes très symptomatiques de cette décennie révolues. Autant d'aspects remarquablement mis en exergue par les admirables talents d'un John Norum très inspiré, d'un Mic Michaeli superbe qui, notamment, donnent une couleur très particulières à certains titres de ce nouveau manifeste fort de ses interventions aux sonorités Hammond (dont Jon Lord fut un des plus illustres instigateurs), d'un John Leven et d'un Ian Haugland, artisans discrets mais ô combien important, mais aussi d'un splendide Joey Tempest. Illustrant parfaitement cette ambiance surannée et moderne des morceaux tels que Riches to Rag, le divin Not Supposed to Sing the Blues, Bag of Bones, Demon Head, l'excellent Doghouse, ou encore, par exemple, Beautiful Disaster, n'ont aucun mal à nous charmer.

Insistons encore sur le fait que malgré ces accointances évidentes pour la musique de ses glorieux ainés, le propos d'Europe demeure parfaitement ancré dans notre époque.

S'agissant de la sempiternelle ballade, le groupe s'en sort avec les honneurs. Si, en effet, le morceau Bring It All Home ne peut décemment atteindre l'excellence d'un Dreamer, d'un Open Your Heart (Wings of Tomorrow (1984)), ou d'un Coast to Coast (Out of This World (1988)), il reste un joli moment.

Que dire encore concernant une œuvre aussi efficace et touchante? Sinon que loin de toutes ces productions aseptisées sans âme à la vaine technicité inutile, loin aussi d'autres aux intentions faussement simplistes bien trop calculées et maladroites, il règne au cœur de l'expression artistique de ces nordiques, et donc de ce nouvel opus, une sincérité évidente. Sans théoriser à outrance, et pour simplifier à l'extrême, il y a donc plus de vie et d'émotions véhiculées par ce Bag of Bones que dans nombre d'albums actuels. Et, à dire vrai, si vous appréciez les travaux de Koritni, Black Country Communion (pour lequel le producteur Kevin Shirley, officiant ici aura aussi travaillé), ou encore, par exemple, de The Answer, il serait très étonnant que vous ne soyez pas conquis par ce nouvel album des Suédois d'Europe.

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chmetal - 04 Octobre 2014: Merci pour cette kro toujours bien écrite et bien inspirée, comme d'hab ! Je partage entièrement ton analyse. A écouter sans modération !!!
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Commentaire @ Samarkande

10 Octobre 2012

Ou comment Europe a écrit le meilleur roman de Stephen King !

Prologue :

La situation du groupe Europe en 2009, peu après la sortie de "Last Look at Eden", est très paradoxale.
Certes, l'album contient d'excellents morceaux, rien qu'à elle seule, la merveilleuse pétite "No Running Wild Unturned", a réduit en "pépins" les plus grands crus de Muse de Placebo et de Radiohead...

Malheureusement, "LAast Look at Eden" était trop fruité, il manquait de lien, de cohérence alors que la magnifique introduction laissait suggérer au contraire un album très conceptuel et audacieusement expérimental...les critiques ont fusé à ce sujet !
"Bon, parfait"...Pensèrent nos vieilles crinières scandinaves sur le chemin de la Rédemption depuis dix ans. " Puisque c'est comme ça : attrapez ce sac, il y a des os dedans ...vous pouvez toujours les ronger ! "
Voilà donc ce "Bag of Bones", neuvième opus d'Europe...

I)

Un sac d'os ? Est-ce là tout ce qu'il reste d'un groupe aussi glorieux ? Beaucoup d'éléments semblent le confirmer ! L'artwork de la pochette, présente, en effet, un écrivain "laissé pour mort" devant sa machine à écrire délabrée...une vraie "misère"!
Oubliée la pomme bien juteuse de "Last Look at Eden", terminées les paraboles, finie la séduction, adieu la tentation et son péché originel : "Bag of Bones", annonce l'Extrême Oction. La messe est dite, les jeux sont faits, rien ne va plus...noir, impair et manque !

Et pourtant, malgré son allure de "skelettor", ce "sac d'os" est un pur bonheur, magnifique compromis entre un hard-rock efficace, aussi mature que recherché, quelques pincées de blues et le tout accompagnée d'un sauce vintage si veloutée, qu'il faut méthodiquement remonter aux meilleures références de Tesla ou d'Aerosmith pour égaler un tel tour de main...
Mais commençons à disséquer cet étrange opus en salle d'autopsie...Tous en charlotte, s'il vous paît : on passe en cuisine !


II)

D'abord, le morceau accoustique "Drink and a Smile" est très dispensable...Van Halen, Led Zeppelin ou Running Wild dans ce registre ont organisé de meilleures beuveries...n'insistons pas ! La ballade "Bring It All Home" émouvante, certes, n'est pas la meilleure du groupe et ne vaut ni "Sweet Love Child" ni "In My Time". Dans un même ordre d'idée, "Mercy You Mercy Me", en dépit d'un très bon refrain est un peu trop saturé, la basse est vrombissante, certains aimeront...

Plus consistant en tout cas, le très groovy, "Demon Head" s'inscrit dans la continuation de Deep Purple ; à la différence que la construction scandinave est plus équilibrée mais consécutivement moins "psychée". "Doghouse" est un "cujo" complètement enragé qui nous avait déjà mordu depuis la précédente tournée du groupe...le riff est superbe, très fouillé ; mais en fin de concert, dans l'euphorie de l'attente de "Final Countdown", tout le monde a goûté ce "hot-dog maison" sans l'apprécier à sa juste valeur...

"Not Supposed to Sing the Blues" en dépit du titre, du riff de fond et d'une relative lenteur s'avère très agréable. Les pré-refrains et refrains étant plus marquants encore que les titres précités cependant que les thèmes du clavier se font très orientaux.
Ensuite vient un très beau "Requiem", interprété aux claviers par Mic Michaeli, superbe, trop court, il annonce un bijou : "My Woman My Friend" un slow "bis" assez nerveux, original qui "dame amicalement" le pion aux plus grands chanteurs de Gospel. Ne cherchez plus la case de l'Oncle Tom, elle a été totalement soufflée par Joey : "la tempête du siècle"...

III)

C'est à ce moment qu'on saisi le nœud de l'intrigue, le mystère de l'album: "Bag of Bones" n'annonce pas la fin du groupe Europe...mais plutôt la fin de quelques autres...doucement et sûrement...coup de pelle après coup de pioche ! La chanson éponyme est un déluge d'incursions sudistes d'un "heavy-blues" inclassable, improbable mais imparable. On est assez surpris d'ailleurs que Joey Tempest adopte une voix particulièrement rauque...presque "sale"...

Car l'album est plus délicieusement malsain encore qu'un roman de Stephen King...Dans ce road movie que l'on se passe et l'on se repasse, l'itinéraire n'est jamais le même...un jour, sur le bas côté, on y trouve la voiture poussiéreuse de "Charlie", un autre jour, la petite culotte douteuse de "Jessie"...si bien qu'après des centaines de milles d'une chevauchée à la fois glauque et fantastique, ne nous reste, effectivement, que la peau sur les os !

Et pour être sûr que tous les "bones" rentrent bien dans le "bag" : Riches to Rags concasse "les plus gros morceaux"... Au premier couplet, l'avertissement est sans ambivalence : "This is the sound, never getting back to the start!". Terminés les (excellents) carbones de "Countdown" : Europe ne retournera jamais en arrière ! On notera encore un très beau solo exécuté par un John Norum admirable...
Enfin, quand tous les os y sont et que l'affaire est dans le sac : on brûle le tout...dans "Firebox" un titre démentiel, dont le refrain nous harcèle tous les jours...rien que ce morceau sanctionne à lui seul l'achat de l'album. Son fameux break à la sitar qui précède un solo de guitare épique est particulièrement inspiré.

Epilogue:
C'est ainsi que notre "histoire d'os" s'achève sur cette envoûtante "danse macabre". "Bag of Bones" est un cadavre exquis.


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samolice - 21 Fevrier 2014: Merci pour la chronique. j'avoue que je ne sais toujours pas si j'ai apprécié ton texte ou non :-) En tous les cas, il est personnel.
Je ne saisis pas trop lorsque tu écris que "l'album est plus délicieusement malsain encore qu'un roman de Stephen King". Pas vraiment mon ressenti. En revanche, j'insisterai plutôt sur l'orientation bluesy évidente de ce skeud, ce qui, à ce point, est nouveau chez Europe. Et il m'a fallu du temps et des écoutes pour m'y faire. Dernier point, concernant la prod' de Shirley. Une fois de plus, je lui reproche d'avoir placé la section rythmique (basse/batterie) trop en retrait dans le mix. Il n'y en a que pour Tempest et la guitare rythmique. Petit reproche en passant également pour Norum, bien trop discret en solo. D'ailleurs, il semble peu impliqué dans ce disque, en atteste sa très maigre participation à l'écriture des compos. Un album très agréable mais 18/20, à mon sens, est un peu sur-côté. Enfin bon, c'est pas très important.
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