Prisoners in Paradise

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Nom du groupe Europe
Nom de l'album Prisoners in Paradise
Type Album
Date de parution 1991
Labels Epic Records
Style MusicalHeavy Mélodique
Membres possèdant cet album179

Tracklist

1.
 All or Nothing
 03:54
2.
 Halfway to Heaven
 04:06
3.
 I'll Cry for You
 05:21
4.
 Little Bit of Lovin'
 04:48
5.
 Talk to Me
 04:06
6.
 Seventh Sign
 04:42
7.
 Prisoners in Paradise
 05:36
8.
 Bad Blood
 04:19
9.
 Homeland
 04:51
10.
 Got Your Mind in the Gutter
 04:59
11.
 Til My Heart Beats Down Your Door
 03:47
12.
 Girl from Lebanon
 04:20

Durée totale : 54:49


Chronique @ Loloceltic

11 Avril 2013

Un album dont le seul réel défaut aura été de sortir au mauvais moment.

Avec un "Out of This World" raté, voire prétentieux, Europe a manqué l’occasion de faire fructifier le cultissime “The Final Countdown”. Trois ans après ce relatif échec amorti par le charisme d’un Joey Tempest ne laissant pas indifférentes les jeunes filles en fleurs, Europe revient avec un album plus direct et épuré "Prisoners in Paradise".

La production, signée Beau Hill, redonne sa place à la guitare d’un Kee Marcello à la fois volubile et efficace, et aux claviers de Mic Michaeli, une place plus équilibrée. En effet, ces derniers sont toujours présents, mais ils ne noient plus les titres du combo suédois dans des sonorités sirupeuses envahissantes qui les privaient parfois d’une partie de leur efficacité. Du coup, «"Prisoners in Paradise" sonne plus roots et chaque morceau en devient bien plus accrocheur. Même les ballades y gagnent en crédibilité, en particulier le titre éponyme à l’intro émouvante et au refrain obsédant. Il est d’ailleurs à signaler qu’avec le plus mielleux "Homeland", cet exercice de style se voit réduit à seulement deux titres sur un ensemble de douze morceaux, ce qui traduit bien la volonté d’Europe de revenir à des choses plus directes.

Et cette volonté est évidente dès les premiers accords d’un "All or Nothing" qui ouvre les hostilités. Europe reste un groupe de FM, mais de Hard FM avec un grand H. En effet, en dehors des deux ballades précédemment citées, et du mélodique mid-tempo "I’ll Cry For You" au refrain inoubliable, les scandinaves nous assènent neuf brûlots d’une efficacité rare et semblent avoir trouvé le juste équilibre entre le hard rock des deux premiers albums et le Hard FM des deux suivants, réussissant le parfait mélange de l’énergie des uns et de la mélodie des autres. Chaque refrain est imparable et vous trotte dans la tête pendant des jours. Joey Tempest s’est débarrassé des encombrants tics qui handicapaient lourdement son chant sur "Out of This World" et a gagné en émotion, modulant son chant et le mettant au service des compositions. Quant à Kee Marcello, il se révèle enfin comme le grand guitariste qu’il est, non seulement en nous offrant quelques soli du meilleur acabit ("Halfway to Heaven", "Seventh Sign"), mais également en profitant de la production qui donne toute leur ampleur à ses riffs tranchants et efficaces.

Tout ceci nous donne des titres oscillants entre un Hard FM mélodique et entraînant ("Halfway to Heaven", "Girl From Lebanon"), et un Hard toujours FM mais plus catchy ("Little Bit Of Heaven", "Talk To Me"). Et si un "‘Til Your Heart Beats Down Your Door" en est tellement heavy qu’il en a un peu de mal à décoller, des titres comme la tornade "Seventh Sign", l’efficace "Got Your Mind In The Gutter" ou un "Bad Blood" au refrain cinglant et à la basse ronronnante, justifieront à eux seuls l’intérêt que suscitera cet album dont le seul réel défaut aura été de sortir au mauvais moment, coincé entre la sortie du double "Use Your Illusions" de Guns’n’Roses et la naissance du grunge. Les ventes insuffisantes au goût de Joey Tempest, déboucHeront sur la séparation du groupe que nous furent nombreux à croire définitive jusqu’à certains évènements récents. Mais ceci est une autre histoire et il est encore temps de se pencher sur ce "Prisoners in Paradise" et de lui donner la chance qu’il mérite.

8 Commentaires

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winger - 16 Avril 2013: je suis d'accord en gors avec la chronique mais je pense que "out of this world" est un excellent album qui n'a que le défaut d'une production trop propre. En effet, les titres en live sont top et toujours d'actualité et les solis de marcello époustoufflants
samolice - 17 Décembre 2013: Même si je ne me passerai pas ce style de disques tous les jours, j'ai bien aimé celuii-ci. Dis Lolo, ça compense pour celui de Magnum? :-) Merci pour la chro.
Loloceltic - 17 Décembre 2013: Si ça compense un peu pour Magnum, c'est toujours ça... ;-)
samolice - 17 Décembre 2013: Je me demande même si ce disque ne va pas rapidement devenir mon préféré du groupe derrière le 2éme, intouchable et le premier, bien pêchu.
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Chronique @ dark_omens

05 Octobre 2014

Inspiré, nuancé, réussi en somme, mais assurément anachronique...

Pour comprendre l’état d’esprit d'Europe à la genèse de cette nouvelle œuvre, il convient de se rappeler que le groupe, à ce moment là, est véritablement acculé par les incertitudes suscitées après la sortie d’un Out of This World aux accents mélodiques bien trop prononcés, aux guitares presque absentes, aux prises de risques à la fois trop peu importantes et à la fois complètement ratés, et à l’inspiration artistique essoufflée. Cet opus marque incontestablement une rupture importante au sein d’une communauté divisé par le cas Europe. En effet jusqu’à présent seuls les détracteurs les plus farouches des comparses de Joey Tempest avaient craché leur fiel sur cette musique bien trop mièvre, bien trop harmonieuse, ignorant ainsi, de manière totalement arbitraire, inique et imbécile, l’immense talent de musiciens de ces cinq suédois. Avec cet Out of This World moyen, Europe entache véritablement son aura, sème un trouble qui, bien que léger, signera les prémices d’une déconvenue auprès, même, de la frange la moins subjective de ces adeptes. L’expression de ces doutes, de la part de ces partisans les moins aveuglés, aura un retentissement sans précédent sur les choix et donc sur la musique même du groupe.

Véritablement en danger, Europe décide donc de mettre toutes les chances de son côté et ce, afin d’offrir à son public, et aux autres, un album, enfin, à la mesure de son talent. Pour se faire il va s’adjoindre les services du producteur Beau Hill (Warrant, Ratt…). S’il est difficile de dire qui est réellement l’instigateur le plus convaincu et le plus acharné du repositionnement musical qui va avoir lieu, car il va avoir lieu, il serait absurde de penser que le producteur y est totalement étranger. Un premier pas clair en ce sens aura sans doute été fait par le groupe, et notamment par la sélection de l’homme derrière les manettes.

On peut aussi penser que ce choix artistique d’une musique différente est l’œuvre d’un travail partagé de concert par des artistes travaillant tous ensemble. Si le détail du maître d’œuvre de cette décision forte n’est pas des plus importantes, ces conséquences le sont sans aucun doute.

Car, en effet, dès l’entame de ce disque les desseins y sont très clairement définis. Europe y affirme avec détermination son engagement vers une musique plus Rock. Plus Rock, peut-être, mais certainement pas moins mélodiques. Car si sur les fondements d’une intro aux riffs, peut-être pas exactement bluesy dans le sens le plus traditionnel de ce terme, mais assurément dans l’acception de son aspect d’authenticité, il nous offre un All or Nothing énergique et réussi qui vient aiguiser notre intérêt. Ce morceau, dans lequel les éléments mélodiques sont les résultats de la complémentarité, essentiellement, guitare/voix, dont on devinait que l’union, d’une part, d’un Joey excellant, et d’autre part d’un Kee ayant le talent suffisant pour que cette association donne le meilleur, donne la tonalité. Et nul autre artifice, ou si peu, vient contrarier cette entente harmonieuse, car l’autre facteur primordiale de ce premier morceau est qu’il ne contient pas, ou peu, de clavier et qu’on peut, enfin, y entendre les autres instruments comme les éléments centraux de la composition. Cette bonne surprise, véritable ligne directrice de l’album, ainsi que son orientation clairement plus Rock, en sont les deux piliers essentiels de ses qualités les plus évidentes.

Parler de sincérité pour cette œuvre n’est pas anodin, tant on y ressent la franchise avec laquelle Europe se met à nu.

Une maestria dans laquelle ce nouvel amalgame musical aux titres intensément Rock, intensément enivrant, s’exprime avec des chansons telle que Little Bit Of Lovin’, Bad Blood ou Girls From Lebanon. Mais aussi avec des titres plus romantiques s’intégrant parfaitement à l’ensemble telle que les ballades I’ll Cry For You ou encore tels que l’excellent Prisonners in Paradise. Passer sous silence l’incroyable Got Your Mind in the Gutter ne serait que pure hérésie soufflé par la stupidité des opposants, les plus ouvertement fermé d’esprit, d'Europe. Ce titre succulent avec son intro bluesy, dans laquelle Joey susurre suavement ses mots, nous entraîne sur des territoires inconnus et, malheureusement, trop peu exploré par le groupe.

Au fond, il est assez paradoxal de se dire que, finalement, c’est sans doute avec son album le plus inspiré, le plus diversifié, le plus réussi en somme, qu'Europe finira par s’éteindre. Une partie de l’explication tient certainement dans le contexte de l’époque (contexte où le paysage musical Hard Rock et Metal étaient en pleine mutation, avec des attentes toujours plus grandes d’un public pour des œuvres toujours plus virulentes et agressives).

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nicko11 - 25 Novembre 2016: Je tombe par hasard sur cette magnifique chro de ce superbe disque.
Je partage à 200% ton ressenti par rapport à PIP. Mon préféré derrière WOT pour le Europe 1ère époque. Le son, nom de dieu quel son! Le travail de Beau Hill est vraiment à souligner. Et comme pour le Europe actuel (depuis 2003 donc), cet album démontre que ce groupe est bien meilleur quand il met la guitare en avant...
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