Vile

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Nom du groupe Cannibal Corpse
Nom de l'album Vile
Type Album
Date de parution 21 Mai 1996
Produit par Scott Burns
Enregistré à Morrisound Studios
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album674

Tracklist

1.
 Devouring by Vermin
 03:12
2.
 Mummified in Barbed Wire
 03:09
3.
 Perverse Suffering
 04:14
4.
 Disfigured
 03:47
5.
 Bloodlands
 04:21
6.
 Puncture Wound Massacre
 01:41
7.
 Relentless Beating
 02:14
8.
 Absolute Hatred
 03:05
9.
 Eaten from Inside
 03:43
10.
 Orgasm Through Torture
 03:41
11.
 Monolith
 04:23

Durée totale : 37:30


Chronique @ Fabien

31 Mars 2007
Deux années exactement après le très bon The Bleeding, la bande d’Alex Webster sort son cinquième méfait en ce mois d’avril 1996, le bien nommé Vile. L’album représente la séparation du groupe avec son emblématique growler Chris Barnes, qui se consacre désormais à plein temps au sein de son projet Six Feet Under aux côtés de Terry Butler (ex-Death) & Allan West (ex-Obiturary). Cette fois-ci, Metal Blade sort deux versions du disque, dont une ne contenant pas même l’habituelle illustration complète de Vince Locke à l’intérieur, bien que son dessin, brutal sans être choquant, ne justifie aucune censure particulière (marketing, quand tu nous tiens).

Décidant de faire peau neuve, à l’image du remplacement intentionnel de son growler et de son logo redessiné & moins brouillon, Cannibal Corpse effectue un nouveau pas en avant tant au niveau des compositions, du chant, que de la production de son nouvel album. Vile est en effet varié, mais aussi plus aéré, écrit par trois membres apportant chacun leur lot d’idées, se complétant à la perfection. Les contretemps et l’efficacité des morceaux de Webster s’opposent ainsi aux titres techniques de Barrett et à ceux plus alambiqués d’Owen, à l’image de leurs morceaux respectifs Barbed Wire, Absolute Hatred ou Eaten From Inside, terriblement percutants. Enfin, le nouveau growler Georges Fisher, transfuge de Monstrosity, dynamise parfaitement l’ensemble, grâce à son coffre phénoménal, qui lui permet de dégager une puissance considérable et de passer aisément d’un guttural pur & compréhensible à des cris arrachés.

Vile bénéficie en outre d’une excellente production, comptant parmi les enregistrements les plus incisifs de Scott Burns, aux côtés de ses efforts sur World Downfall ou Pierced From Within (Terrorizer, Suffocation). Gagnant ainsi en énergie, grâce à un son clair et profond, Cannibal Corpse frappe dès lors avec une précision impitoyable, lui permettant de lâcher quelques Perverse Suffering ou Disfigured absolument imparables.

D’une technicité, d’un équilibre et d’une puissance impressionnantes, Vile s’inscrit parmi les réalisations décisives de Cannibal Corpse, lui permettant non seulement de franchir un cap, mais aussi de traverser la période fade du deathmetal sans aucun problème, tandis que nombre de ses confrères s’embourbent lentement au fil des années. Scindant l’histoire du groupe en deux périodes, l’ère suffocante de Chris Barnes et celle terrassante de Georges Fisher, Vile est un album clé du redoutable gang floridien, nouveau pied de nez face aux nombreux détracteurs, qui ne voyaient en Cannibal Corpse qu’un simple groupe sans espérance.

Fabien.

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metaleciton - 16 Janvier 2014: Personnellement je ne trouve pas que "Vile" et le meilleur album du groupe, j'ai vraiment du mal avec la structure des titres, même après plusieurs écoutes attentives.

Je retiens surtout le ravageur "Perverse Suffering" et l'excellent "Disfigured", ce dernier est dans un esprit "Old School" que j'adore particulièrement.

Ce disque en vaut le détour c'est clair, mais pour moi il est loin d'être le meilleur de "Cannibal Corpse" !

Note: 14/20
metaleciton - 28 Mai 2014: Je trouve le disque de mieux en mieux avec le temps, l'ambiance poisseuse de "Vile" me parle déjà beaucoup plus!!

Il fait vraiment partie de ces disques qui prend du temps avant d'atteindre l'auditeur.

Allez, un point en plus bien mérité!

Note: 15/20
LeMoustre - 21 Novembre 2016: J'ai découvert finalement cannibal Corpse avec ce Vile, car le growl de Barnes, à l'écoute trop "sourd/suffocant" pour moi, m'avait découragé d'acheter leurs disques à leur sortie.

C'est sans doute mon préféré des 3 maigres albums de la troupe que je possède (avec Gore Obsessed et Kill), je trouve le son déjà très spécial dans le bon sens du terme, bien loin des compressions en vigueur actuellement. Les compositions sont variées, et l'impact évident. Toutefois, je dirais que la variété constitue l'atout numéro 1 de ce disque, et chaque composition se détache facilement, rendant l'écoute non seulement passionnante mais aussi très facile.
D'où mon interrogation sur le post (Laurent, si tu me lis) qui stipule qu'il s'agit de l'album le plus difficile à apprivoiser de la bande. Mention au côté lugubre du début de "Bloodlands" qui contraste par exemple beaucoup avec l'idée qu'on peut se faire à priori de CC.
Volesprit - 21 Novembre 2016: Disons que c'est aussi le commencement d'un Death plus technique. Jusqu'ici CC avait déjà franchi le cap du gore et des ambiances glauques bien plus loin qu'aucun groupe de death jusqu'ici. Depuis le bon disque de death/thrash qu'est Eaten... jusqu'à la sortie de ce Vile le groupe n'a cessé d'évoluer techniquement et de pousser plus loin les ambiances dégueulasses et inquiétantes. Le vrai tournant chez CC, outre l'intégration de Fisher, c'est celle de Barett. bien plus rapide et technique que Rusay. Sur ce Vile, Jack Owen a aussi lâché du mou à Webster et Barett pour les compos. Et Webster c'est quand même un sacré niveau technique mine de rien derrière tout cet apparat de brutalité bête et méchant. Il est d'ailleurs aujourd'hui le bassiste de Conquering Dystopia, ce qui donne tout de suite le niveau du gars.
C'est certainement l'album le plus difficile d'accés pour un mec qui découvre Caanibal Corpse. Je pense que c'est ce que voulais dire Laurent.
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Chronique @ dark_omens

12 Mars 2014

Un opus incontournable...

Vile, cinquième scène de crime des Américains de Cannibal Corpse, est assurément un album crucial dans la carrière de ces Floridiens. Et ce d'autant plus que la période est critique pour le groupe et que les temps sont troubles pour le genre. L'enjeu est donc décisif.

Après le départ de son emblématique chanteur Chris Barnes, définitivement partis se consacrer à Six Feet Under, le quintette décidera de recruter l'ex-Monstrosity George "Corpsegrinder" Fisher. Le choix est audacieux et la nomination périlleuse tant les disparités entre les deux voix sont manifestes. Celle de Chris étant, essentiellement gutturales, profondes et graves, alors que celle de George est plus solide et, surtout, outre ces éructations rauques, capable de quelques nuances. Et, ainsi, par exemple, après une ascension vocale superbe, de culminer parfois en des aigus délicieusement âpres et écorchés. De plus ses chants trahissant d'incroyables aptitudes à une puissance intense et à une force dense, seront de nature à offrir, à la musique du groupe, une carnation originale et salutaire.

Mais ces considérations, certes essentielles, sont cependant insuffisantes à pleinement expliquer, à elles seules, l'excellence de cette œuvre.

Pour davantage élucider la question évoquons donc maintenant les compositions qui la constituent. Profitant de la technique hallucinante de ce nouveau hurleur, les musiciens de cet exquis cadavre cannibale vont en profiter pour composer des morceaux plus complexes, s'égarant même parfois, toutes proportions gardées, dans un progressisme loin de cette brutalité basique qui était la leur en des premiers pas bestiaux et sans concessions. La conséquence de cette complexité fera de certains morceaux des pistes nécessitant une approche plus minutieuse et plus longue avant d'être pleinement appréhendée (Perverse Suffering ou, par exemple, Orgasm Through Torture).

Néanmoins, au-delà de cette audace en des temps, qui plus est, peu propice au metal de la mort, l'âme profondément funeste, formidablement nauséabonde, somptueusement subversive et magnifiquement primaire de l'anthropophage est présente ici. Elle demeure même prégnante malgré ces innovations.

Et de la conjugaison de ces nombreuses idées et de cette créativité admirable, en dehors de ceux déjà cités, naissent les superbes Devoured by Vermin, Disfigured aux passages plus posés et au final remarquable, Eaten from Inside aux détours délicieusement lourds et pernicieux, ou encore, par exemple, Monolith.

Pour finir comment, une fois encore, ne pas évoquer le travail splendide de Vince Locke qui, de ses visions traumatiques et horrifiques, illustre parfaitement la musique de cette formation. Dérangeantes et dévastatrices, ces esquisses ornent les pochettes de Cannibal Corpse avec talent.

Celle de ce Vile laisse apparaître, dans sa version complète, le tronc suspendu d'un macchabée putrescent et supplicié. Ses yeux et sa bouche, malgré son état de décomposition, sont vifs et gardée ouverts par des instruments de Torture. Ses membres supérieurs sont ligaturés par du barbelé, tandis que d'autres lui permettent de tenir debout. Son torse recousu et son crâne troué laisse voir un flot de vers semblant le ronger de l'intérieur. Au pied de l'ensemble, trônent les parties génitales de cette charogne.

Bien évidemment, comme à l'accoutumé, il existe plusieurs versions de ce dessin et ce afin de contrer une censure qui n'aura jamais cessé de contraindre le groupe à modérer ses débordements artistiques. Si tant est qu'on puisse considérer cette imagerie et ces paroles comme un quelconque débordement. Un point sur lequel, bien entendu, les adeptes du genre, dont votre humble serviteur fait partis, ont quelques doutes n'y voyant qu'une expression satyrique et volontairement provocante destiné, bien sûr, à un public avertis et mature.

Il existe donc deux ères distinctes dans le parcours de Cannibal Corpse. Si la première fût crue, barbare, violente et pleinement satisfaisante, la seconde, quant à elle, à l'aune de ce marquant Vile, laisse entrevoir quelques nuances et une technicité qui augure d'une suite bien plus intéressante encore. Ce disque n'est donc pas seulement un album décisif, il est aussi une naissance prometteuse et, surtout, un opus incontournable.

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dark_omens - 12 Mars 2014: Une étourderie liée à mon correcteur orthographique. Merci d'avoir relevé. Je m'en vais de ce pas corriger.
BEERGRINDER - 13 Mars 2014: "Après le départ de son emblématique chanteur Chris Barnes, définitivement partis se consacrer à Six Feet Under," Pour être précis, il s'est fait éjecté à coups de pompes dans le derrière. Concernant Cannibal Corpse, l'orientation musicale nouvelle a commencé sur The Bleeding et non sur Vile, le successeur de Tomb of the Mutilated montrait déjà des plans très techniques et des subtilités absentes de l'étouffant Tomb of the Mutilated. Je ne peux te suivre sur la suite plus intéressante encore, Vile reste pour moi le sommet artistique de Cannibal Corpse, aussi sauvage que technique, aussi subtile que impitoyable. L'intégration de Rob Barrett a été plus que bénéfique pour renouveler leur style.
Fabien - 13 Mars 2014: Oui, il est vrai que Cannibal Corpse possède une démarche professionnelle et n’a jamais hésité à faire des choix difficiles mais décisifs pour son plan de carrière, pour citer Bob Rusay mis sur la touche durant les sessions d’enregistrement de Tomb of the Mutilated ou Chris Barnes gentiment remercié peu avant les sessions de Vile. Disons que le growler avait déjà un pied dehors avec son projet Six Feet Under aux côtés d’Allan West et que la bande de Webster lui a aidé à sortir le second. Il me semble que la séparation s’est en tout cas mieux passée qu’avec Bob, qui avait très mal pris le fait que Jack Owen fasse toutes les rythmiques sur le troisième & redoutable album. Fabien.
dark_omens - 13 Mars 2014: Me concernant j'aime beaucoup ce Vile et son successeur. Je trouve qu'il forme un diptyque assez redoutable.

En tous les cas, merci à vous pour ces commentaires très instructifs et très intéressants.
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Commentaire @ SASJulo666

09 Octobre 2011

Un nouveau départ pour Cannibal.

Pourquoi celui-ci plutôt qu'un autre album du groupe ? Parce qu'il s'agit de celui avec lequel j'ai découvert les floridiens de Cannibal Corpse et, d'un point de vue plus général, c'est un disque qui marque une transition dans la carrière du groupe. Quatre coups de toms et un cri monstrueux en guise d'intro: on rentre tout de suite dans le vif du sujet ! C'est ça aussi qui m'a marqué immédiatement avec ce disque, c'est violent et brutal dès la première seconde !
Une chose est sûre, le remplaçant de Chris Barnes (parti se consacrer à son autre projet Six Feet Under avec deux ex-Death et le guitariste d'Obituary), Georges "Corpsegrinder" Fisher (ex-Monstrosity) a du coffre, il est même impressionnant ! Très différent vocalement de son prédécesseur, qui donne plutôt dans les infra-basses et est assez monocorde, Corpsegrinder envoie tout en puissance. Musicalement, cet album est plus technique que les précédents. Les guitaristes, Jack Owen et Rob Barrett, jouent toujours plus vite et injectent même une dose de mélodie à leurs solos (Eaten from Inside). Rythmiquement, le duo Alex Webster (basse) et Paul Mazurkiewicz (batterie) est toujours aussi impressionnant de précision et de brutalité.

Bien qu'il s'agisse de brutal death, les titres sont variés avec des rythmiques passant du mid-tempo aux blast beats. Les musiciens ne sont pas toujours à fond, et c'est ça aussi qui fait que ce disque est plus "abordable" que beaucoup d'autres en matière de brutal death. Le son, à nouveau signé Scott Burns (producteur mythique des groupes de death metal au début des 90's), est comme à chaque fois énorme. Certes un peu sourd, surtout avec le recul des années, mais efficace. Enfin, comme pour chaque sortie de leurs albums depuis le premier Eaten Back to Life (1990), le groupe a du sortir deux versions de l'album: une avec pochette censurée et une avec pochette originelle (cf ci-dessus). Avec ce cinquième album (et les suivants), Cannibal Corpse a prouvé que, malgré le creux de la vague traversé par le death metal en cette moitié des 90's, il était plus qu'un simple groupe extrême à l'imagerie gore qui faisait la hantise des censeurs. Il est à l'heure actuelle le groupe de death metal le plus vendeur et un des derniers vétérans de la première vague de death metal apparue à la fin des 80's.

(A écouter en priorité: Devoured by Vermin, Disfigured, Eaten from Inside et Monolith)

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corpsebunder50 - 14 Octobre 2011: Bonne chronique de cet album qui effectivement marque une étape chez Cannibal Corpse. Les enregistrements de certains titres de Vile avec Chris Barnes me laisseront toujours perplexe devant l'arrivée de CorpseGrinder, pourtant phénoménal dans le style. En revanche, si Cannibal est toujours debout, il n'est pas à l'heure actuelle le dernier vétéran du death metal première vague (il en reste un bon bataillon!!) mais sans aucun doute l'un de ceux qui n'a jamais renié le style (ce qui n'est pas le cas de tout le monde dans les 90'S...). Culte.
SASJulo666 - 17 Octobre 2011: Il en reste encore beaucoup, c'est vrai et heureusement d'ailleurs!
Culte, en effet! ;)
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