Vain Glory Opera

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Nom du groupe Edguy
Nom de l'album Vain Glory Opera
Type Album
Date de parution 15 Janvier 1998
Labels AFM Records
Enregistré à Toxic Beat Studios
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album291

Tracklist

1. Overture 01:31
2. Until We Rise Again 04:28
3. How Many Miles 05:39
4. Scarlet Rose 05:10
5. Out of Control 05:04
6. Vain Glory Opera 06:08
7. Fairytale 05:11
8. Walk on Fighting 04:46
9. Tomorrow 03:53
10. No More Foolin' 04:55
11. Hymn (Ultravox Cover) 04:53
Bonustrack (Japanese Release)
12. But Here I Am 04:34
Total playing time 56:05

Chronique @ Eternalis

06 Décembre 2008
Cet album aura eu le double impact de lancer Edguy sur la scène européenne (puis la confirmation avec l’aujourd’hui culte "Theater of Salvation" l’année suivante) mais également de catapulter AFM Records, encore relégué au label de second rang, réduit à produire tant bien que mal les groupes locaux. Ils admettent aujourd’hui que Destruction, Doro, Theatre of Tragedy et autres Annihilator ne seraient probablement pas chez eux sans ce fameux "Vain Glory Opera", testament unique et joyau absolu de leur période speed symphonique pour ceux qui pensent qu’il ne s’agit pas de son successeur.

Car il faut avouer qu’écouter ce disque après "Kingdom of Madness", c’est comme s’installer dans une voiture de sport après une ballade en Renault, il n’y a aucune comparaison possible. Tout est meilleur de plusieurs crans au dessus : le son, l’interprétation, les arrangements, la technique, la composition ! Je vous dis, tout!

Ce qui frappe d’entrée de jeu sur la magnifique introduction orchestrale tout en chœurs, c’est ce son incroyablement puissant et gras. La précision n’est pas forcement au rendez-vous comme sur les derniers efforts des Allemands mais la production a des couilles en acier trempé, ça se sent et ça s’entend. "Until We Rise Again" défonce tout sur son passage, le chant de Tobias, quoique encore un peu approximatif, est incisif mais divinement beau (le Michael Kiske des temps modernes !!), la batterie presque sur-mixée n’épargne rien ni personne et les gratteux, Jens et Dirk, s’amusent comme des petits fous sur ce solo démentiel en quatre parties. Exagérément heavy, ce morceau nous introduit avec bonheur dans le monde d’Edguy.

La musique, que l’on pourrait comparer à un Helloween qui aurait rencontré Queen, Iron Maiden ou Blind Guardian lors d’une étreinte furtive, se veut puissante sans jamais mettre de côté la mélodie. De plus, "Vain Glory Opera" reste à ce jour l’album le plus orchestral du combo, et sa puissance émotionnelle, même si elle reste relativement sur jouée (la jeunesse faisant que Tobias ne prend pas encore autant aux tripes sur les ballades et les mid-tempo que sur ses dernières réalisations !), ne laisse pas indifférent.

Rien que l’intro tout en puissance de "How Many Miles" fait vibrer chaque parcelle de notre corps, mélangeant allègrement claviers divins et riffs ultra mélodiques, pour nous emmener sur un refrain plus lent et hymnique. Extraordinaire.
"Out of Control" se présentera comme la meilleure compo de Tobias Sammet pendant un bon bout de temps, gagnant une ampleur encore supplémentaire en live (sa version sur le Burning Down the Opera-Live est simplement démentielle). Une intro symphonique laissant place à des guitares sifflantes et épaisses, un rythme moyen pour faire ressortir la puissance pure de ce morceau, pour créer une nouvelle fois un refrain unique, majestueux et splendide. Le solo, divisé en trois parties (un question-réponse virtuose allant de plus en plus vite !), laisse ensuite la parole à Hansi Kürsch (Blind Guardian) dans un break époustouflant de grandeur où l’ombre de Freddy Mercury plane plus que jamais sur le frontman du plus célèbre groupe de "Tolkien metal". Un délice, riche et démesuré, traitant du pouvoir et de la manipulation des dictateurs.

Mais ce n’est pas tout. Tous les morceaux mériteraient une description détaillée tant ils sont riches et variés. Puis-je ne pas évoquer le fabuleux et culte "Vain Glory Opera" ? L’intro aux trompettes résonne à chaque concert comme l’instant privilégié d’un moment clé de l’histoire du groupe. Le solo au tapping est une merveille (le solo de "Fairytale" est également non négligeable).

Avec le recul, on pourra noter quelques défauts mais le plaisir reste de toutes façons présent, aucun doute. Et si "Scarlet Rose" n’est pas leur plus éclatante ballade, la jolie "Tomorrow" relève le niveau avec son ambiance uniquement symphonique. "Walk on Fighting" prouvera également que Tobias a toujours plus ou moins flirté avec le hard rock, mais (comme il l’explique aujourd’hui), la production power metal ne permettait pas de s’en rendre vraiment compte, surtout sur cet opus où la griffe de Timo Tolkki se fait réellement ressentir (puissance des grattes et épaisseur de la section rythmique, au détriment de la précision !), le quintet ayant toujours enregistré lui-même ses albums jusqu’à "Rocket Ride".

Le hargneux et (très) agressif "No More Foolin’" terminera d’achever un public à la merci d’Edguy depuis la première seconde, un morceau au riff des plus tranchants dévoilant la face la plus métallique de Tobias& Cie.

Un disque important, lyrique et enchanteur qui s’écoute aujourd’hui avec une certaine nostalgie où l’innocence du groupe leur permettait encore quelques escapades actuellement décriées.
Un must, un classique, un chef d’œuvre.

5 Commentaires

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Eternalis - 06 Décembre 2008: Vraiment désolé, faire une erreur aussi grossière que confondre l'album avec son morceau ("the Kingdom" justement), je suis impardonnable,lol.

Quand je parle du son gras, c'est sur le riff d'intro de until we rise again et des autres. Et le son fait que le rendu est quand même très heavy. Tu parles de Judas, ce sont les maîtres mais je pense que c'est plus heavy que Accept!
morgothduverdon - 06 Décembre 2008: Ah ok, je pensais que tu parlais de l'intro "Overture".
Ben, de Accept je ne connais que Metalheart. Et c'est vrai que la voix rocailleuse y est pour beaucoup...

Evidemment que Edguy est heavy sur cet album, mais c'est juste le terme "exagérément" qui est... Exageré je trouve :P

Sinon tu peux corriger tes fautes en editant;)
Eternalis - 06 Décembre 2008: Je vois ce que tu veux dire...
pielafo - 05 Mai 2011: Un bon album mais Tobias chante encore un peu comme sur kingdom of madness et c'est un peu soulant par moment.
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Chronique @ dark_omens

05 Septembre 2013

L'album fondateur...

Dans l'univers créatif artistique, le plus communément vécu est que l'évolution qui mène le bâtisseur à sa maturité la plus accomplie peut le conduire à cheminer dans les sinueuses vicissitudes d'un parcours initiatique assez âpre. Un chemin sur lequel le temps passé à grandir se compte en jours, en semaines, en mois et, le plus généralement, en années. Bien évidemment certains subtils virtuoses parviennent, aidés de leurs talents immenses et parfois innés, à sublimer l'expression de leurs propos assez rapidement.

Mesurer les dissimilitudes qui séparent deux œuvres aussi diamétralement opposées que ce Vain Glory Opera et son prédécesseur ne peut décemment se faire sans évoquer les vertus les plus évidentes de son, n'ayons pas peur des mots, génial auteur Tobias Sammet. Après un Kingdom of Madness au son exécrable, à l'inspiration défaillante, aux musiciens manquant singulièrement de ce minimum de technicité nécessaire pour offrir davantage qu'un plaisir simplement anecdotique, il lui aura fallu énormément d'humilité, et de discernement, pour admettre les causes de cet échec. Mais le créateur, à l'obstination prodigieuse, aux capacités surprenantes, a des rêves et de l'ambition pour son Edguy. Aussi décide-t-il de prendre en main son destin. Et pour ce faire, en homme avisé, il commence par donner à cet album un son enfin adéquat, enfin puissant et précis, enfin solide et distinct. Pour réussir cette prouesse, il s'adjoint les services du guitariste finlandais le plus fameux en la personne de Timo Tolkki qui s'occupera ici du mixage. Il remplace ensuite un Dominik Storch dont certaines impossibilités derrière les fûts, malgré d'honorables services rendus, entache un premier album d'une certaine absence de nuances, et l'alourdit donc d'une certaine linéarité, par un remplaçant bien plus adroit, Frank Lindenthal, à qui succédera bientôt Félix Bohnke. Mais si d'aussi bouleversantes modifications suffisent à faire d'un album raté, un album réussi, elles ne suffisent pas nécessairement à en faire un excellent.

Après les prémisses d'un joli préambule symphonique saisissant, l'œuvre prend, d'emblée, toute sa dimension la plus délicieuse. Au son d'un rapide, et néanmoins superbe, Until We Rise Again, dont les refrains sublimes et fédérateurs, tragiques et poignants, permettent à l'auditeur de communier intensément, Edguy démontre les valeurs les plus éblouissantes des insolentes capacités succulentes qui sont les siennes. Non-contents d'avoir magnifié son opus avec ces changements préalablement décrits, les jeunes Allemands le subliment encore en y démontrant d'énormes qualités de composition. Véritablement révélatrice, Tobias y affirme, effectivement un don particulièrement savoureux pour la construction de morceaux aux mélodies, et aux refrains, incroyablement touchants, communicatifs et accomplis. Dans un esprit plus "dramatique" l'artiste a également considérablement progressé dans ses chants dont il use, désormais, de manière singulièrement lyrique dans une théâtralité qui souligne davantage encore celle qu'il s'emploie à développer dans l'écriture de ces titres aux atmosphères très orchestrées, mais véritablement Heavy/Power. Ces morceaux, à la signature très marquée de Tobias, dans cette alternance couplets/pré-refrains/refrains aux rythmes variables, conjuguée à ses talents de mélodiste, unie à la qualité des autres musiciens, mariée à ces vertus déjà décrites, donnent indéniablement à ce Vain Glory Opera tous ses parfums délicats parfaits. Ainsi, des morceaux tels que How Many Miles, le sombre et pesant Out of Control où Frank Lindenthal illustrent somptueusement cette lourdeur avec, notamment, un jeu de grosse caisse à la coloration particulièrement juste, et où, un Hansi Kürsch (Blind Guardian) à la voix rugueuse vient se heurter à celle plus harmonieuse d'un Tobias sur des refrains remarquablement bons, un Vain Glory Opera à l'intro, certes, fédératrice mais un peu surprenante, un plus traditionnellement véloce, mais néanmoins extraordinaire, Fairytales, un très bon Walk on Fighting, un superbe No More Foolin' et une étonnante reprise de Ultravox, Hymn, viennent assurément couronner l'exemplarité d'un labeur admirable.

Véritable pierre fondatrice de l'œuvre de ces jeunes Allemands, ce Vain Glory Opera irréprochable est un de ces incontournables dont seul le temps saura, ou non, faire un album culte. Il a, d'ores et déjà, tous les atouts pour atteindre cette consécration méritée.

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