Kingdom of Madness

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13/20
Nom du groupe Edguy
Nom de l'album Kingdom of Madness
Type Album
Date de parution 08 Fevrier 1997
Labels AFM Records
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album191

Tracklist

1. Paradise 06:24
2. Wings of a Dream 05:24
3. Heart of Twilight 05:32
4. Dark Symphony 01:05
5. Deadmaker 05:15
6. Angel Rebellion 06:44
7. When a Hero Cries 03:59
8. Steel Church 06:29
9. The Kingdom 18:23
Total playing time 59:15

Chronique @ Eternalis

25 Janvier 2009
Il y a ces poignées de groupes qui débutent leur carrière avec un album exceptionnel devenant culte, se mutant parfois en fardeau (qui n’a jamais regretté de ne pas avoir un "Kill'Em All" pt II ?) ou en poids si lourd à porter qu’un groupe split (Strapping Young Lad pour ne citer que lui !). Edguy ne fait pas partie de ces groupes ! Car à l’écoute de la démo "The Savage Poetry" ("Evil Minded" n’étant pas disponible pour le commun des mortels !) et de ce premier opus "Kingdom of Madness", on est loin d’imaginer que ces jeunes adolescents deviendront les chefs de file de tout un style, une icône et une influence majeure, très loin…

Pourtant, lors des premières secondes d’écoute de "Paradise", un élément saute aux yeux (ou aux oreilles plutôt !), le son est largement supérieur. Sur cette intro en arpèges, la production claire parait bonne…c’est avant que les guitares électriques ne viennent massacrer le mix ! L’ambiance garage prend le pas sur le vrai travail de studio, surtout en ce qui concerne la batterie, probablement enregistrée avec un morceau de kit et ce qui restait des casseroles de la mère de Dominik Storch (vous voyez "St Anger", et bien c’est pire…si si je vous jure !). Les guitares ne sont que des grincements encore incontrôlés et l’on en vient à penser que le son de "The Savage Poetry" était supérieur, étrange.
Pourtant, le morceau en lui-même, bien que très traditionnel, n’est pas mal. Une accélération avant le refrain, un solo sympathique, une double pédale inaudible mais qui aurait pu bien donner et un break très sensible dévoilant les talents de notre cher Tobias à la quatre-cordes.
Mais c’est vraiment l’interprétation encore (normal vu la jeunesse) trop immature et la voix de Sammet sans relief, braillant pour tenter vainement de décrocher des aigus.

Idem concernant "Wings Of A Dream", dont on ne soupçonnerait pas forcément tant de richesse si on ne connaissait pas la version rejouée sur le single de "La Marche Des Gendarmes" en 2001. Le riff d’ouverture est bien heavy, le tempo speed bien, mais Tobias est si inexpressif que cela plombe méchamment l’ambiance. Ce n’est pas mauvais (la moyenne d’âge est de seize-dix sept ans) mais la concurrence dans le style est si rude que c’est impossible d’intéresser quelqu’un avec un produit comme celui-ci, même si le break de "Wings Of A Dream", par exemple, montre une volonté de varier les atmosphères (la présence de chœurs…enfin, si on peut appeler ça ainsi).

Mais tout n’est pas à jeter, il y a même quelques titres que j’aimerais personnellement beaucoup redécouvrir une fois retravaillée, notamment le mid tempo "Heart Of Twilight" aux couplets très mélodieux (sur fond d’acoustiques, très mature qui plus est), au refrain bien agencé ainsi qu’au solo typique de ce que deviendra le style Jens Ludwig (possédant déjà un bon niveau pour son âge !). C’est la même chose pour "Dark Symphony", une mini symphonie uniquement jouée au clavier mais bénéficiant d’un bien meilleur son que le reste. Le contraste est flagrant lors du départ du riff de "Deadmaker", sous-mixé et manquant d’une pêche affligeante.
On sent une qualité enfouie quelque part mais qui ne parvient pas à s’extirper de tant de jeunesse et d’approximations.

On préférera donc les passages calmes, avec très peu de pistes, donc bénéficiant de plus de clarté, comme sur la ballade au piano "When A Hero Cries", démontrant une approche un peu plus mature mais encore bancale et surtout un peu risible (la partie de piano très prévisible). Approche clichesque au possible sur le refrain de "Angel Rebellion" où le groupe scande en chœur un "Back into hell" que Grave Digger ne renierait pas, avant d’enchaîner sur un break sombre et émotionnel, très bien fait celui-ci, pour voir débouler un gros riff trash qui tache (comme pour "Steel Church" qui pourrait défoncer avec le son d’aujourd’hui, Tobias y chantant de façon très agressive et surtout doté de riffs plus directs !).

Mais, le sentiment d’immaturité transparait largement plus sur le morceau "The Kindgom", faisant la bagatelle de dix-huit minutes, sorte d’assortiment surprise de multiples parties n’ayant pas grand-chose à voir les unes avec les autres mais créant une chanson parmi les plus longues du genre (le manque de self control). Il y a de très bonnes idées, comme le break des dix minutes, à l’ambiance très cinématographique (la narration de Tobias est également très drôle, le rire à deux balles est à inscrire dans les annales !) suivi du solo de batterie qui offre un rafraîchissement au milieu de ce long périple. Pourtant, Edguy parvient tant bien que mal à garder un fil conducteur au morceau grâce à une mélodie revenant dans les derniers instants de la chanson.

Peut-on vraiment le critiquer ? Oui, mais faut-il les blâmer ? "Kingdom of Madness" est une pièce de musée que seuls les vrais adorateurs prendront le temps de nettoyer, les autres la laisseront étouffer sous la poussière…



10 Commentaires

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Eternalis - 24 Mai 2009: Pas pour tout le monde (même si je suis d'accord avec toi).
 
GLADIATOR - 25 Mai 2009: H.S. clochard , si Metallica réussit à sortir un "kill'em all" bis en 2010 , je suis preneur...
pielafo - 04 Mai 2011: Si ils avaient enregistres cet album avec un son meilleur j'aurais dit que c'est vraiment un tres bon album. Mais voila le son gache tout. C'est dommage d'ailleurs...
pielafo - 21 Octobre 2011: Ils devrainent faire comme pour The Savage Poetry et le reenregistrer.
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Chronique @ dark_omens

05 Septembre 2013

Le début de l'histoire...

Aujourd'hui adulé, à tort ou à raison, comme l'un des virtuoses les plus emblématiques d'un style tout entier, d'une génération tout entière, Edguy entama pourtant ce long chemin vers la reconnaissance par les sombres augures de premiers pas très hésitants. Titubant, vacillant, au bord du gouffre, rien ne laissait présager, au son de ce premier véritable album d'une faiblesse assez consternante, quel serait bientôt l'avenir glorieux de ces talentueux musiciens à la créativité incroyable. Difficile, en effet, de juger de capacités artistiques aussi énormes au son de ce Kingdom off Madness.

Ces quelques titres sont-ils réellement impuissants à nous émouvoir ?

Pas tout à fait.
Une des tares les plus cruellement rédhibitoires de cette œuvre réside dans cette production sans relief, anéantissant toute forme de dynamisme, donnant à l'ensemble un son d'une détestable uniformité nous menant à une inéluctable lassitude. Faisant résonner la caisse claire et les cymbales de batterie de manière horriblement désagréable, ôtant aux guitares leur vigueur mordante, noyant les claviers (et donc les atmosphères) dans un environnement brouillon, dénaturant, quelque peu, une œuvre dont les qualités toutefois sont là. Sous-jacentes et latentes, elles s'affirment avec des titres tels que Paradise, Wing of a Dream ou Heart of Twilight, qui en témoignent suffisamment pour qui saura faire l'effort. Ces morceaux dénotent déjà, de manière succincte, des fondements particuliers de ce que sera bientôt la musique du groupe. Dans une construction plutôt intéressante, Edguy y développe quelques-unes de ses caractéristiques futures en séparant, par exemple, très nettement les différentes articulations de ces chansons (Couplet, Pré-chorus, chorus) à l'aide, notamment, de changements de rythme, ou de l'utilisation de doubles croches sur la double grosse-caisse. Enrichi d'un refrain plutôt réussi, il parvient à donner à ces titres une force attachante sommaire. Deadmaker est aussi un des moments notables de ce disque. Composé, un peu, sur un schéma similaire, avec, tout de même un refrain nettement moins réussi, il s'inscrit dans ces infimes contentements que peut nous procurer cette œuvre.

Ces quelques titres sont-ils réellement impuissants à nous émouvoir ?

Presque
Au-delà de ce mixage quasi néfaste, on ne peut taire les erreurs, certes, inhérentes à la jeunesse du groupe, mais dont le résultat, un album raté, est pratiquement incontestable. Notons d'abord ces chœurs exécrablement piteux et manquant singulièrement d'envergure. Notons ensuite les chants d'un Tobias qui peinent dans l'interprétation de notes aiguës, et dont chaque tentative, de cette voix encore immature, sont justes accablants. Notons pour terminer certains de ces morceaux sans grande inspiration parfois, et juste terriblement désespérants. Les dix-huit minutes et vingt-trois secondes d'un The Kingdom décousu et épuisant, enchaînent sans intérêt. Ses plans ennuyeux en sont la plus flagrante des démonstrations.

Un album qui, au final, aura donc une importance historique, dans le sens où il marque la genèse d'un groupe, mais qui n'en aura pas réellement d'un point de vue artistique.


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Zerky - 13 Octobre 2013: C'était le seul que je n'avais jamais écouté et je viens de l'écouter plusieurs fois cette semaine, et même s'il n'est pas très bon, on ressent que finalement Vain Glory Opera aura repris pas mal de choses de cet album.
En tant que grand fan du groupe, je le trouve sympa à écouter, avec ses défauts certes, mais c'est quand même revenir à la naissance d'un grand groupe.
J'aimerais qu'ils le ré-enregistre et modifient un peu les titres, ça pourrait être vraiment pas mal je pense... Car les idées sont là :)
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