Space Police - Defenders of the Crown

Liste des groupes Power Mélodique Edguy Space Police - Defenders of the Crown
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Nom du groupe Edguy
Nom de l'album Space Police - Defenders of the Crown
Type Album
Date de parution 18 Avril 2014
Labels Nuclear Blast
Produit par
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album139

Tracklist

1.
  Sabre & Torch
Ecouter 05:00
2.
 Space Police
  06:00
3.
 Defenders of the Crown
  05:42
4.
  Love Tyger
  04:26
5.
  The Realms of Baba Yaga
  06:07
6.
 Rock Me Amadeus (Falco Cover)
  03:19
7.
 Do Me Like a Caveman
  04:09
8.
 Shadow Eaters
  06:08
9.
 Alone in Myself
  04:36
10.
 The Eternal Wayfarer
 08:50

Durée totale : 54:17



BONUS DISC (Limited Digibook Edition)
1.
 England
  04:28
2.
 Aychim in Hysteria
  04:00
3.
 Space Police (Progressive Version)
  06:12
4.
  Space Police (Instrumental)
  06:00
5.
  Love Tyger (Instrumental)
  04:28
6.
  Defenders of the Crown (Instrumental)
 05:40
7.
  Do Me Like a Caveman (Instrumental)
  04:08

Durée totale : 34:56

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Edguy



Chronique @ dark_omens

28 Avril 2014

L'album de la réconciliation?

Le véritable avènement d'Edguy au son d'un Vain Glory Opera qui eut le mérite, fort d'une production enfin digne du talent de ces Allemands, d'illustrer formidablement leurs aptitudes alors méconnues, eut des conséquences bénéfiques considérables sur la scène Power Metal. Il démontra notamment de manière cinglante qu'il y avait une autre voie que cet académisme dont certains, et notamment teutons, se contentaient. Les cinq disques qui suivirent furent autant d'odes consacrées à cette créativité enfantée par les Helloween, Gamma Ray et autres Blind Guardian. Et quand bien même certains de ces cantiques pouvaient laisser entrevoir quelques légers défauts embarrassants (Mandrake (2001) et Rocket Ride (2006)) d'autres tutoyaient magnifiquement l'excellence (le mythique Hellfire Club (2004), Theater of Salvation (1999) et The Savage Poetry (2000)). Tant et si bien que la formation originaire de Fulda, emmenée par son fantasque et, n'ayons pas peur des mots, génial chanteur, trônait fièrement sur des sommets abandonnés depuis longtemps par d'autres.

Une décennie après ce formidable avènement, lassé par le systématisme de cette musique et, sans doute, désireux d'explorer de nouvelles contrées créatives, Edguy décida de s'abandonner à d'autres envies. Il en résulta un Tinnitus Sanctus aux accents, parfois, Hard Rock et manquant d'âpreté qui indiscutablement divisa. L’œuvre qui suivit, Age of the Joker, apaisa un peu nos craintes puisque Tobias Sammet et ses complices y revenaient un peu à cette expression plus traditionnelle qu'il nous avait superbement offerte naguère.

En cette année 2014, le quintette germain nous propose de découvrir son nouvel effort baptisé Space Police - Defenders of the Crown.

Ce qu'il conviendra de dire d'emblée concernant ce disque c'est qu'à l'évidence il affiche une volonté de consensus manifeste. Une écoute, même succincte, de l'ensemble de ces titres puisant en ces sources diverses desquelles Edguy aura déjà autrefois extrait d'admirables pépites ne peut, en effet, laisser aucun doute sur ce point précis. Pour démontrer la présence de ces influences passées parlons, par exemple, de l'entame de ce plaidoyer au son d'un Sabre & Torch vif aux riffs particulièrement agressifs nous rappelant aux bons souvenirs de 2004 alors que Defenders of the Crown nous évoquera plutôt 1999. Il n'y a là toutefois rien de condamnable puisque ce retour en arrière s'effectue avec une subtilité et une intelligence donnant à chacun de ces titres suffisamment de personnalité propre pour nous séduire.

D'autres viennent, eux aussi, confirmer ces bonnes impressions (The Realms of Baba Yaga, Do Me Like a Caveman, Shadows Eaters, The Eternal Wayfarer...).

Autant de morceaux où Edguy aura retrouvé une osmose appréciable entre ses velléités les plus ardentes et ses aspirations mélodiques si singulières.

La reprise du titre Rock Me Amadeus, initialement parue en 1985 sur l'opus Falco 3 de l'Autrichien Falco dont la renommée reste, aujourd'hui encore, liée au morceau Der Kommissar, pourrait, quant à lui, a priori, apparaitre comme une idée saugrenue et absurde. Néanmoins, le résultat de cette relecture courageuse est très intéressant et n'entrave aucunement l'intégrité de ce disque. Loin s'en faut.

Edguy nous offrirait-il une résurrection inattendue?

Pas totalement puisqu'on sera moins dithyrambique avec des plages telles que ce Love Tygers aux Hard Rock dégoulinant de poncifs d'un conservatisme achevé, ou encore telles qu'un Alone in Myself aux allures caricaturales empruntées à un Bon Jovi. Reconnaissons, tout de même, que ces fautes de goûts sont suffisamment rares pour ne pas faire basculer nos ressentis dans une déception qui serait ici déplacée.

En outre, bien évidemment, cet humour qui aura toujours caractérisé le groupe, du moins de manière plus flagrante et plus franche depuis l'album Mandrake (2001), sera toujours présent (Space Police et ses passages où le vocaliste joue les divas, mimant des aigus maniérés, l'artwork de ce manifeste, England et ses paroles éminemment amusantes (L'Angleterre est la patrie des Beatles, de Def Leppard mais surtout de Steve Harris...), la ballade Aychime in Hysteria aux mélodies très librement inspirées de celles, une fois encore, de Def Leppard et de son Hysteria sur lequel Felix Bohnke offre à sa caisse claire des résonances très synthétiques qui, bien sûr, nous évoquent immédiatement celles de Rick Allen...). Si parfois cet esprit espiègle aura pu agacer certains tant il ne donna pas toujours naissance à des chansons indiscutablement réussies (comme, par exemple, le piètre Trinidad sur Rocket Ride (2006)), il faudra souligner qu'il s'intègre parfaitement ici dans un ensemble pourtant diversifié.

Au même titre que cette renaissance inespérée et presque aboutie, saluons aussi celle du retour de ces refrains fédérateurs que Tobias sut autrefois composer avec un redoutable talent et qui, sur certaines des dernières productions du groupe, n'étaient plus aussi convaincants et réussis.

Space Police - Defenders of the Crown est donc une œuvre s'inspirant, avec un talent certain, de tout ce que le groupe fit jusqu'alors. Cependant, tout en revenant aux sources de son périple, la formation germanique n'aura pas oublié aussi de s'attarder sur chacune des étapes qui jalonnèrent le chemin de sa désormais longue carrière. Indéniablement, ce nouvel opus est donc celui qui, sans atteindre la perfection et l'aboutissement des plus illustres chapitres de l'histoire de ce collectif, en proposera la vision la plus approchante susceptible de réconcilier ses partisans divisés.

15 Commentaires

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David_Bordg - 04 Mai 2014: en attendant le nouvel opeth,mastodon et septic flesh!! ces cinq albums seront assuremment dans les albums de l annee
 
David_Bordg - 04 Mai 2014: pardon le dernier avantasia
 
David_Bordg - 04 Mai 2014: au fait d ailleurs eternalis ou dark_omens pas de chro prevue pour le fantastique melana chasmata
 
David_Bordg - 04 Mai 2014: ????
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Chronique @ Eternalis

29 Avril 2014

Que les amoureux du metal mélodique n’hésitent plus, votre nouvel album de chevet est arrivé ...

Il y a des défis que les artistes ont cœur à affronter pour prouver et démontrer qu’ils sont dans le droit chemin, que leur démarche est légitime et qu’elle peut, de plus, être couronnée de succès.
Tobias Sammet avoue désormais que son besoin compulsif de prouver que l’on pouvait enregistrer un album entièrement analogique, sans recours au numérique, sans avoir à passer par une modernité aplatissant le son et offrir une tonalité organique à l’ensemble, était la seule voie possible pour créer un bon album mais également une démarche un peu trop forcée, et donc peu naturelle dans le processus de composition et d’enregistrement.

C’est cependant avec une équipe inchangée, composée d’un des line-up les plus stables jamais vus dans le metal (aucun changement depuis 1998) et de l’inséparable producteur Sascha Paeth, qu’Edguy revient, avec un dixième album, prêt à tout ravager sur son passage.
On se souvient du Edguy insouciant, pétri de talent mais jamais arrogant des débuts, enfilant comme des perles les chefs-d’œuvre que sont "Vain Glory Opera", "Theater of Salvation", "Mandrake" puis le parfait "Hellfire Club" qui termina de mettre le monde à ses pieds. Puis, vint le temps du changement, d’une certaine lassitude du power speed traditionnel (dans une optique similaire à Sonata Arctica et le besoin d’espace de Tony Kakko). Tobias décida d’inclure d’autres éléments, de ne plus se borner à une unique étiquette, si maîtrisée et parfaite soit-elle. "Rocket Ride" fut le premier pas dans cette direction, ancré dans une grande hétérogénéité mais une qualité d’écriture intacte. Ce qui ne fut pas complètement le cas sur "Tinnitus Sanctus" et "Age of the Joker" qui, malgré des idées toujours grandioses et des titres intéressants, perdirent certains fans ne retrouvant plus le Edguy d’antan. La même chose arriva avec Avantasia mais Tobias, tête pensante des deux projets, n’en fit rien et continua dans cette veine. Pourtant, pour son dixième album, il semble qu’Edguy ait appris de ses (relatives) erreurs et veuille redonner un coup de pied à sa carrière, en mariant enfin les différentes facettes du son qu’il a façonné durant vingt-deux ans. Ainsi, il n’est pas exagéré de dire que le tant attendu "Space Police – Defenders of the Crown", est la plus grande réussite de Tobias depuis dix ans.

Il y a déjà ce double titre, indiquant un besoin de démesure, de prouver au monde qu’ils ne feront définitivement rien comme les autres. Il y aussi cet artwork si étrange qu’il en devient au choix laid ou alors complètement fun, démontrant là encore que la meilleure façon de faire parler de soi est de créer la surprise, qu’elle soit bonne ou mauvaise, plutôt que d’empiler du gore ou de la violence ne choquant finalement plus personne. Et enfin, l’extrait dévoilé en avant-première acheva de laisser sous-entendre que le grand Edguy était bel et bien de retour.
"Sabre & Torch", s’inscrivant rapidement dans la suite spirituelle de "Mysteria", détruit tout sur son passage et dévoile des Allemands que l’on n’avait pas entendus si belliqueux depuis belle lurette. Le riff de Jens Ludwig et Dirk Sauer est monstrueux de puissance, Felix a retrouvé un jeu plus technique et varié qui avait fait tant de miracles au début des années 2000 alors que Tobias crie comme il l’avait fait sur le génial "Hellfire Club" ! A cette puissance s’ajoute un texte vénéneux sur la peur du changement, ou au contraire le changement par pure vénalité. Le refrain, amené à détruire les planches, évoque le "The Trooper" d’une légende, statut qu’Edguy va finir par acquérir à force de travail. Le break est haché par ce riff toujours aussi terrible, la basse de Tobias Excel n’avait, elle non plus, pas été aussi affutée depuis des années et il faut, de ce fait, saluer l’énorme travail sur la production, destructrice mais toujours vivante et vibrante. Une mise en bouche jouissive, qui ne fait qu’ouvrir l’album le plus impertinent de la carrière de Tobias, osant des mariages, entreprenant de mélanger des saveurs nouvelles et non plus, comme il l’avait fait précédemment, de simplement jouer différents styles dans des morceaux séparés (notamment d’inclure les notes humoristiques sur des titres courts tels que "Trinidad" ou "Aren’t You a Little Pervers Too").

"Space Police" est ainsi la fusion d’un power metal puissant et de sonorités futuristes qui évoquera inévitablement Mars Attack. Tobias s’y fait plus calme et posé, le riff est simple mais diablement efficace, Felix multiplie les petites fantaisies et le groupe s’amuse à placer des samples un peu partout, jusqu’à un refrain épique et majestueux, présentant cette fameuse police de l’espace arrêtant ceux qui sortent des sentiers battus. Une fois encore, le break est une mine d’or créative, spatiale dans l’esprit, Toby jouant de son organe pour offrir un aspect loufoque faisant d’Edguy un groupe si unique.
Chaque titre mériterait presque l’on s’attarde dessus tant ils regorgent de détails. L’autre titre track, "Defenders of the Crown", renoue avec un speed metal mélodique nous ramenant directement à "Theater of Salvation" ("Babylon" ou le titre track particulièrement, qui l’eut cru !), surtout concernant le chant et le refrain, Tobias renouant là encore avec un refrain très épique bardé de chœurs et surtout des hurlements suraigus que l’on ne lui pensait simplement plus capable de réaliser ! Le morceau déborde d’énergie et de fulgurance, tel un chœur placé à un endroit inattendu, un riff se doublant sans qu’on ne le voie venir, un pattern de batterie plus rapide ou encore un solo de Jens qui, toujours aussi inimitable, démontre que la technique n’est pas une fin pour créer des soli uniques et reconnaissables entre mille. Ce même Jens, plus investi dans la composition cette fois-ci, est à l’origine du très rapide "Shadows Eaters", rappelant là encore l’âge d’or des Allemands, eux qui n’ont pourtant pas beaucoup plus de trente-cinq ans !

Un Jens qui s’est même pris de gueule avec Tobias sur le très élégant "Do Me Like a Caveman", lui qui a écrit le riff central et la progression du thème au clavier mais qui aurait souhaité une orientation plus moderne de sa compo, tandis que Tobias créa finalement un feeling très rock'n’roll dans sa partie vocale, dépourvue d’agressivité. Il n’en reste pas moins une superbe composition, du genre à rendre optimiste un dépressif. Difficile d’éviter également "The Realms of Baba Yaga", sûrement le titre le plus abouti de Tobias dans l’exercice du hard rock. Le riff joue sur une vitesse trop souvent laissée de côté sur ce genre de morceau, la mélodie est fine et surtout Tobias parvient à nous emmener sur les territoires de cette déesse slave qui a hanté ses jeunes années. Le refrain est superbement chanté, notamment lorsqu’il laisse sa voix aller dans des recoins pas toujours complètement maitrisés mais naturels. Le vocaliste avoue également que le solo de Jens est son préféré de tous ceux que son compagnon a pu proposer. "Love Tyger", lui aussi plus hard, fait très bien son travail de single, simple et catchy, il permet de faire respirer l’album grâce à sa fraîcheur plus que son originalité, à l’inverse du très aventureux "The Eternal Wayfarer", clôturant l’album. Étrange union entre "The Pharaoh", "Fire on the Downline" et "The Scarecrow" (il faisait partie des titres en chantier à cette période-là), il synthétise avec intelligence l’album dans son ensemble. Des claviers rétro, un riff en acier, des accents parfois orientaux, un refrain très épique et un pont (à trois minutes) écrasant en béton avant l’introduction des soli. Tobias explique d’ailleurs que le titre a beaucoup changé lors de sa création, expliquant son caractère progressif.

Tout juste faut-il tout de même évoquer la reprise audacieuse de Falco, "Rock Me Amadeus", risquée car si éloignée de leur répertoire, mais prenant finalement la place d’un hymne au moment d’un refrain qui pourra faire fureur en Pologne et en Allemagne. On regrettera, en revanche, un dispensable "Alone in Myself", démontrant que Tobias et les ballades ne sont plus aussi proches qu’autrefois (cette réminiscence de Bon Jovi toujours…), qu’on regretterait presque que ce ne soit pas "Aychim in Hysteria", où Def Leppard est certes prédominant mais offre une vision finalement rare de Tobias, plus synthétique et débordante d’émotions.

Cependant, ne boudons pas notre plaisir et accueillons comme il se doit le meilleur album de power metal du début de l’année et, comme dit précédemment, le meilleur de Tobias depuis "Hellfire Club". Le génial lutin allemand retrouve ses premières amours et, sans doute plus qu’il ne l’admet, montre qu’il n’a pas été insensible à certains reproches qu’on a pu lui faire par le passé. Une jolie preuve d’intelligence, tout en restant intègre et intransigeant sur la qualité et la gestion de son bébé. Faut-il également ajouter que la version limitée booklet est magnifique, peuplée de dizaines de photos (plus de 130 exactement) et de notes sur la création de l’album, les textes et l’enregistrement ?
Que les amoureux du metal mélodique n’hésitent plus, votre nouvel album de chevet est arrivé et risque d’être difficile à détrôner dans les mois à venir…

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pielafo - 29 Avril 2014: Je ne l'ai même pas en format cd encore! Honte a moi. Mais merci pour les précisions. Ça ne m'étonne pas. Le passage au milieu du morceau me fait tellement penser a un passage dans the pharaoh avec des espèces de canons (qui sont géniaux d'ailleurs). Ici c'est la même chose en tonalité majeure. Mais ça reste très plaisant. En plus ça n'est pas un clin d'œil du coup mais plutôt une continuité de mandrake en l'occurrence (je parle de ce morceau pas de l'album entier).
pielafo - 29 Avril 2014: Ah et comme c'est mon anniversaire demain ta belle chronique c'est un peu mon cadeau ^^
LeLoupArctique - 30 Avril 2014: Joyeux anniversaire Pielafo alors ! Chronique très sympa, très agréable à lire (j'avoue avoir un peu de mal avec les textes de dark_omens), et je m'attendais bien à un avis enthousiaste de ta part. J'ai eu très peur en écoutant Love Tyger, mais ton texte me rassure, et je sens que cet album sera une dixième satisfaction de la part d'Edguy. Thanks !
edenswordrummer - 24 Mai 2014: Ha j'avais pas vu que tu avais sortie ta chronique! Je t'ai rarement lu aussi enthousiaste, je partage globalement avis, sauf pour The Realms...que je trouve bien trop classique.
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