Age of the Joker

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16/20
Nom du groupe Edguy
Nom de l'album Age of the Joker
Type Album
Date de parution 26 Août 2011
Labels Nuclear Blast
Produit par
Enregistré à Peppermint-Park Studios
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album208

Tracklist

1.
 Robin Hood
Ecouter
2.
  Nobody's Hero
 
3.
 Rock of Cashel
 
4.
  Pandora's Box
 
5.
 Breathe
 
6.
 Two Out of Seven
 
7.
 Faces in the Darkness
 
8.
 The Arcane Guild
 
9.
  Fire on the Downline
 
10.
 Behind the Gates to Midnight World
 
11.
  Every Night Without You
 


Disc 2 - Bonustracks
1.
 God Fallen Silent
 
2.
  Aleister Crowley Memorial Boogie
 
3.
 Cum on Feel the Noise
 
4.
  Standing in the Rain (2005)
 
5.
 Robin Hood (Single Version)
 
6.
 Two Out of Seven (Single Version)
 

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Edguy



Chronique @ Eternalis

27 Août 2011
L’humanité décline, la société est une vaste pourriture tandis que le monde s’autodétruit lentement mais sûrement, sans espoir de retour.
Bienvenue dans le pessimisme, ses joies (…) et la féérie de couleurs qui s’en dégage. Cherchant à dramatiser à l’extrême une existence bien souvent fade, moult artistes metal n’ont de cesse d’enfoncer toujours un peu plus l’environnement qui les entoure, de critiquer la masse (tout en s’en retirant) et de noircir un tableau déjà originellement largement suffisamment opaque. Et si un certain plaisir pervers de plonger à l’intérieur de cet univers malsain et noir n’est jamais en soi ni difficile, ni supplicié, l’envie simple de se laisser enivrer par un semblant de positivisme, de couleur et, pourquoi pas, d’une trace d’humour, remonte lorsque cet étalage dépressif commence à inéluctablement écorner un moral ayant ses propres limites.

Dans ce contexte, les joyeux lurons allemands d’Edguy ont toujours été un échappatoire parfait, à l’instar de leurs compatriotes, influences et amis d’Helloween ou Gamma Ray pour ne citer que les plus mémorables. Possédant toujours un sens de l’humour aussi affuté, un plaisir de jouer et une joie de vivre débordante, la bande à Tobias Sammet, trois ans après un "Tinnitus Sanctus" au grain plus lourd et sombre, revient avec, entre temps, le final dantesque qu’il nous proposa pour son triptyque d’Avantasia.

Neuvième album très attendu après ce qui était, pour certains, une baisse de rythme après des années à flirter inlassablement avec l’excellence, "Age of the Joker" s’affuble sur sa pochette de ce qui est devenu avec le temps la mascotte : le joker. L’ironie, la satire et l’humour semblent une nouvelle fois au centre des débats, mettant en scène ce personnage caricatural mais cultivé, pouvant critiquer à satiété sans être inquiété, se moquer avec le sourire et pour faire rire…mais en marquant durablement dans le fond. C’est sous ce patronyme ambitieux que Tobias a donc décidé de revenir, dans une optique musicale qui n’est plus à démontrer, et qui suit globalement le même chemin pris depuis l’évolution entamée sur "Rocket Ride". Le temps du speed infatigable (bien que Tobias le soit depuis toutes ces années), rehaussé de multiples orchestrations, d’une double pédale gargantuesque et de descentes de manche imparables ont laissé la place, depuis l’inattaquable et indéboulonnable "Hellfire Club", à une musique piochant autant dans le heavy, le speed, le hard que les atmosphères bluesy pour définir une personnalité plus accessible, plus brute et certainement moins ambitieuse également.

C’est pourtant avec un pavé de huit minutes, le déjà célèbre "Robin Hood" hautement épique et empli d’arrangements qu’Edguy débute, pied au plancher, avec une première attaque d’un Felix Bonhke retrouvé, et surtout des parties d’orgues superbes. Si la version single du clip se veut sympathique, le morceau entier est d’un tout autre calibre. Malgré un riff relativement simple, Tobias a une nouvelle fois composé une ligne vocale entêtante, que ce soit dans un pré-refrain original ou un refrain repris en chœur simple à retenir, catchy et mélodique en diable. Le break évoque légèrement le Maiden de la grande période, avant que ne débute une partie narrative qui, si dans la forme surprend (notamment l’intonation vocale que prend Tobias), le fond pourra rappeler au bon souvenir de "Tears of Mandrake", notamment avec le déchaînement jouissif de soli qui s’abattent ensuite sur nous, Jens Ludwig s’étant visiblement lâché sur ce disque (et posant des soli de manière moins conventionnelle que sur "Tinnitus Sanctus"). Un souffle épique parcourt ce break, les cordes se font entendre et Tobias est plus que jamais dans son rôle (la dernière note du morceau démontre encore une fois à quel point le vocaliste fait ce qu’il veut de sa voix). Rassurant, ce premier morceau laisse tout du moins entendre à qui veut l’entendre que les compositions épiques ne sont pas prêtes de quitter l’univers des Allemands.

Néanmoins, "Age of the Joker" montrera une grande variété d’émotions, de couleurs et peint un groupe qui semble, plus que jamais, vouloir sortir du carcan dans lequel il s’est lui-même enfermé à la suite de ses albums les plus marquants et fédérateurs. On tiendra pour compte le surprenant "Pandora’s Box", au caractère hard blues très marqué, aux sonorités lancinantes et très américaines. Tobias s’acclimate parfaitement, comme il l’a déjà fait précédemment pour "Fucking with Fire", "Dead or Rock" ou encore "Dragonfly", mais cette fois-ci avec une volonté d’apporter bien plus de groove. Le pont, quasi country, surprendra dans le sens où l’on n'a, cette fois-ci, pas affaire à une blague comme fut "Aren't You a Little Pervert Too?" et, sans être une réussite complète, est des plus agréables. "Rock of Cashel", en revanche, aurait très bien pu faire partie de l’univers d’Avantasia tant il nous ramène à "The Scarecrow". Très mélodique, la composition navigue entre du metal mélodique pur, des passages clairement plus speed, un refrain éclairant, à coup sûr, votre journée et surtout un aspect celtique que Tobias n’exploite que rarement. Vocalement superbe, Tobias offre beaucoup d’émotions à la composition, tout en apportant des trouvailles ici et là, notamment aux claviers, ou dans la prononciation, emmenant forcément les chansons à un niveau supérieur.

Autre fait qui n’est pas une surprise en soi, la quasi-totalité des refrains sont des hits en puissance qui devront une nouvelle fois faire malheur sur scène, et s’octroieront rapidement une place de choix dans une case mémoire de votre cerveau.
On notera également une énorme présence des claviers, revenant en force après quelques albums où ils étaient largement relégués à un rôle de moindre importance. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant que l’on pense parfois à "Vain Glory Opera" lorsque "Two Out of Seven" ou "Fire on the Downline" retentissent, dans un esprit très 80s, se rapprochant parfois de Europe dans l’utilisation des claviers. Le premier cité pourrait bien être la suite d’un "Nine Lives" ou "9-2-9" : mid tempo, riff accrocheurs, claviers dehors et surtout ce genre de refrains qui font immédiatement mouche, même s’ils flirtent parfois avec une trop grande simplicité, voire un aspect kitsch prononcé, mais complètement assumé. On remarquera également le sens de l’humour toujours aussi exacerbé des lutins, terminant la compo comme ce fut le cas pour "Catch of the Century", avec une énorme connerie chantée par Tobias, que certains d’ailleurs ne semblent justement pas apprécier (je vous laisse le plaisir de découvrir les paroles…).
"Fire on the Downline", en revanche, est probablement le meilleur titre de l’album, d’une intro bouleversante où Tobias retrouve l’aspect le plus mélancolique de sa voix (pensons à "The Asyum"…), avant qu’il ne s’envole dans les cieux, accompagné par une ligne de claviers sublime et de basse martelée. Montant doucement en puissance, le second couplet amène un refrain qui, une fois de plus, ne laisse pas indifférent et donne envie d’être chanté à tue-tête dès la deuxième écoute.

On retrouvera aussi un Edguy plus speed et carnassier sur les futurs classiques de la scène que sont "Nobody’s Hero" ou "The Arcane’s Guild", suivis de près par un "Breathe" aux claviers encore une fois très synthétiques, qui risquent fort de déclencher des avis très tranchés sur leurs sonorités. "Nobody’s Hero", lui, s’ouvre sur un riff destructeur que l’on rapprochera presque d’un "Mysteria", accompagné d’un « Alright » des familles pour pondre un titre de pur heavy speed bien groovy qui tourne en boucle dans la tête. Toutefois très mélodique, malgré des riffs de Jens et Dirk très appuyés, on reste émerveillé par ce genre de refrain hymnique, balancé avec une facilité déconcertante et chanté avec une telle conviction, et amené à essouffler quelques poumons lors du passage à la scène. Quant à Jens, il paraît s’amuser comme un fou à déverser ses notes, notamment sur le monstrueux "The Arcane’s Guild", le plus rapide du disque, à l’empreinte du passé reconnaissable entre mille (prenant autant à "Until We Rise Again", "Babylon" que "Speedhoven"…) doté du refrain le plus positif de l’album. Car, c’est aussi ça Edguy, cette sensation d’un arc-en-ciel parcourant notre esprit, de musiciens heureux de vivre et de nous donner du bonheur, ce sourire indescriptible qui se grave dans notre visage à l’écoute de parties aussi aptes à la bonne humeur et à la joie. Et lorsque l’on se prend le solo au tapping de Jens en pleine face, comme un mur, mais amené de façon progressive avec des claviers et un joli break de mister Felix, on ne peut que s’abaisser devant la redoutable efficacité de ces musiciens.

On trouvera pourtant la présence d’un second long morceau, "Behind the Gates of Midnight World", foncièrement plus sombre et intrigant, à des années-lumière des "Breathe" ou autres "The Arcane’s Guild". Des effets malsains ouvrent le morceau avant que Dirk ne décroche un riff lourd et sombre, puis une explosion pour que ne s’accélère un rythme pourtant porteur de noirceur et de mystère. Tobias y dévoile toute sa perplexité dans le large spectre de sa voix. Globalement, il s’agit du titre le plus difficile à décrire…il n’est jamais réellement rapide, ne comporte rien de symphonique mais dispose dans son âme d'une dimension mélancolique et énigmatique. La longue suite de soli, puis l’arrivée d’une partie de piano accompagnant Tobias, puis les instrumentistes, m’auront personnellement fait penser à "Runaway Train", sans qu’une affiliation purement musicale puisse clairement être faite.

"Age of the Joker" ferme ses portes et emporte avec lui mes quelques doutes ou craintes. Certes, le grand et immense Edguy d’"Hellfire Club" n’est et ne sera sûrement plus jamais là, lorsque rien ne pouvait atteindre la moindre composition qu’enfantait un Tobias Sammet alors au summum de sa créativité. Pourtant, encore une fois, Edguy a montré qu’ils étaient capables de se réinventer, de proposer des nouvelles idées et une ligne directrice différente, ici, largement mise en valeur par le retour important de claviers qui seront pourtant, à coup sûr, ce qui dérangera les puristes. Mais, faisant fi des avis des autres, avançant contre vents et marées et surtout en continuant de gravir les marches d’une popularité et d’un succès qui ne sont plus à faire, Toby et ses sbires apportent une nouvelle pierre à l’un des édifices les plus remarquables et imposants du heavy metal de ces quinze dernières années.

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pielafo - 06 Octobre 2011: Il les demolis tous celui la a l'exception de Rocket Ride (qui est mon prefere) et Hellfire Club. Mais je pense qu'Edguy ne surpasseront jamais ces deux albums.
Aragorn - 04 Novembre 2011: Pas le meilleur d'Edguy, c'est sûr, mais une bonne galette assurément... C'est varié, prenant, certes pas extrêmement puissant (d'accord avec la référence à Europe sur certains titres), mais ça s'enchaîne pas mal. Et je suis cotok sur le fait que c'est un truc à réécouter plusieurs fois pour se faire une idée. A la première écoute, je me suis dit "honorable, sans plus". Après une dizaine de passages, je trouve le disque très bon.
Ebrithil - 27 Décembre 2011: Personnellement j'ai tenu 5 morceaux et me suis emm*rdé au possible... peut-être qu'après plusieurs écoutes ça changera, mais je ne trouve absolument rien de ce que tu décris comme excitant sur cet album...
 
mycoldlittlecrime - 29 Mars 2012: En réécoutant l'album je me suis rendue que toute les chansons se ressemblent , du coup on s'en ennuie vite
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Chronique @ MetalAngel

27 Août 2011

un disque bien plus inspiré que [...] ‘Tinnitus [...] Sanctus’

Tous les groupes ont, plus ou moins, connu durant leur carrière des passages à vide en termes de composition. On peut, par exemple, citer les cas d’Iron Maiden ou de Judas Priest, qui nous ont pondu des œuvres bancales dans les années 90 (‘No Prayer For The Dying’ / ‘Virtual XI’ et ‘Jugulator’ / ‘Demolition’), ceci malgré leur célébrité. Les Teutons d’Edguy ne font pas exception à la règle, loin de là.

Leurs deux précédents opus, ‘Rocket Ride’ et ‘Tinnitus Sanctus’, étaient littéralement pauvres en bonnes idées et trop différents de l’image habituellement véhiculée par la formation allemande. Tobias Sammet et ses compères s’étaient orientés vers des rivages beaucoup plus rock que par le passé. Certains spécialistes ont alors émis l’hypothèse de la trop grande dispersion musicale de Tobi pour expliquer le manque d’inspiration flagrant dont furent victimes les albums cités ci-dessus. En effet, le petit vocaliste aime vraisemblablement courir plusieurs lièvres à la fois, ses deux groupes, Edguy et Avantasia, sortant de nouveaux enregistrements trop régulièrement. On peut, donc, se poser légitimement la question suivante : est-ce que le fait que Mister Sammet soit le compositeur principal des deux formations n’est, au final, pas un mal pour la santé de celles-ci ?

La réponse à cette interrogation se trouve aujourd’hui dans le nouvel album des Germains, intitulé ‘Age of the Joker’. Quoi dire de celui-ci ? Est-il différent des deux erreurs de parcours qui l’ont précédé ? Le groupe est-il revenu à une musique plus brute de décoffrage et plus majestueuse, comme ce fut le cas sur ‘Mandrake’ ou ‘Theater of Salvation’ ?

En fait, cette nouvelle offrande n’est ni plus, ni moins qu’un mélange de rock et de metal, point à la ligne. L’époque des hymnes dantesques, tels que « Tears Of A Mandrake », « Pharaoh », « Vain Glory Opera » ou « The Headless Game » est, malheureusement, bel et bien révolue. Malgré cela, ‘Age of the Joker’ est un disque bien plus inspiré que le nullissime ‘Tinnitus Merdum…euh, pardon, je voulais dire Sanctus’…

Nous nous retrouvons ici avec des morceaux plus virils, possédant des riffs puissants et des ambiances plus sombres et épiques (« Faces In The Darkness », « Behind The Gates To Midnight World»). Une pointe de soulagement apparaît à l’écoute de ces deux titres. Edguy n’a finalement pas renié son passé et les éléments qui l’ont amené à se faire une place parmi les ténors de la scène metal européenne, et ce, même si les cinq musiciens savent également faire les zouaves au travers de chansons décalées. Les mid tempi (« Fire On The Downline ») commencent à disparaître peu à peu au profit de rythmiques plus rapides et très expressives, telles que celles de « The Arcane Guild », « Robin Hood » (premier single, dont la vidéo est hilarante), « Nobody’s Hero » ou « Breathe ». Toutes les caractéristiques qui ont fait le succès du quintet de Fulda refont progressivement surface, même s’il faut le dire très timidement : mélodies imparables, refrains entêtants, abus de vibratos de la part de Tobias Sammet, second degré (« Pandora’s Box » et son introduction country, « Two Out Of Seven » dont certaines paroles sont assez salaces, très eighties dans l’âme)… Vraie-fausse nouveauté, par contre, du côté des claviers, beaucoup plus présents, donnant ainsi une nouvelle dimension à la musique qui se révèle beaucoup plus fraîche. Pour finir, Edguy s’en sort royalement sur la power ballade « Every Night Without You ». Mention spéciale, toutefois, au titre « Rock Of Cashel », peut-être le meilleur morceau de ‘Age of the Joker’. Rien à dire sur la production, le son étant toujours aussi clair et dynamique que sur les autres galettes du groupe.

‘Age of the Joker’ signe le retour incontestable du Edguy d’antan. Ce déjà neuvième (!) album du groupe est une bouffée d’air pur pour les fans du combo. Il ne s’agit pas encore d’une claque comme celles qui précédent ‘Hellfire Club’, mais la formation est sur la bonne voie. Le disque mérite que l’on s’y penche, car il ne déçoit pas. Encore un peu et Edguy reviendra dans deux ans avec, espérons-le, un nouveau ‘Mandrake’. Dans tous les cas, ce ‘Age of the Joker’ est la bonne surprise de cet été 2011.

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morgothduverdon - 29 Août 2011: Ah, Theater of Salvation est très bon également...

En fait, des premiers, excepté Kingdom Of Madness (qui est en fait sorti après Savage Poetry, bien plus inspiré, et bien réenregistré), c'est du tout bon jusqu'à Hellfire Club inclu.
Rocket Ride marque le début du changement, le speed du début se tournant vers d'autres horizons (ça fait pas de mal du changement, quand il est bien foutu en prime), relativement divers.
Un bien bon album encore.

Tinnitus Sanctus fâche. Globalement plus lent, plus sombre (bon, y'a Speedhoven, Aren't you a little pervert too). Mais putain, la plupart des refrains me restent imprimés dans la tête direct. Oui c'est relativement simpliste (mais pourtant y'a des petites subtilités dans le jeu de guitares, rien que sur Ministry of saints, les passages en guitare non distortionnée...), mais putain, ils s'impriment dans ma tronche direct. Je ne comprends pas pourquoi personne n'aime Dragonfly.

 
zitoune - 29 Août 2011: tout à fait daccord avec toi morgoth sauf peut etre pour l'album Kingdom Of Madness (perso j'adore Paradise, wings of dreams, et d'autres... enfin y en faut pour tout le monde). Dragonfly est superbe t'inquiète tu n'es pas seul!
Que demandé d'autre que des chanson que tu retiens du premier coup.
morgothduverdon - 29 Août 2011: Je n'ai pas dit que Kingdom of Madness contenait que des mauvais titres. M'enfin, le pas trop mal (voire bon) cotoie souvent le passable. Et pour ça, il est un cran en dessous de tous les autres, sans être totalement mauvais pour autant.
 
dericthebeast - 01 Novembre 2011: La plus décevante des album et de l'évolution du groupe. Étant fan depuis le début, c'est un virement dans le trou noir, c'est vrai nombreux sont les groupes qui passent dans le vide mais après 3 album merdique je suis vraiment déçu. Heureusement qu'il assure encore les Avantasia.
Je trouve pas du tout les mélodies de Tobias, et le nouveau style HARD US c'est pas du tout ma tasse de thé. Je l'ai acheté pour compléter la collection c'est tout et point barre.
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Chronique @ EndiMistery

01 Septembre 2011

Un retour en force, un retour d' Edguy...

On ne le cachera jamais, Tobias Sammet a un talent sans failles. Il y en a certains qui disent « avait ». Mais, c'est la tournure qui le veut. Les dernières productions de Sammet ne pouvaient que diviser les fans. Après la sortie des deux derniers Avantasia, annonce tout à fait inattendue d'ailleurs, mais qui a fait l'objet de satisfactions diverses et avec plus tôt un album du groupe principal du nain de scène, le sombrement nommé Tinnitus Sanctus, qui a fait l'objet de déceptions suite à l'orientation que prenait Tobias Sammet avec Edguy, ne demeurait pas sans reste un album montrant des qualités que n'avait jamais exploité le groupe auparavant. Près de trois ans se sont écoulés, depuis le dernier album d'Edguy et le groupe revient, prêt à présenter ce qu'est l'Âge du Joker..

Et chaque Joker porte un fardeau. Tous les titres de l'album en portent un...

Robin Hood débute, non sans avoir comme fardeau d'être un titre rendant hommage au film des années 30 avec, pour le rôle principal, Eroll Flynn. Le vent se fait entendre, dans une sorte de bulle où nous nous trouvons, et cette bulle explose dans une sonorité accrocheuse où la batterie de Felix vient commencer la ponctuation. La guitare arrive également, et le tout prend le dessus sur une introduction lorgnant vers le kitsch. On se souvient de propos de Tobias Sammet qui avait des hymnes et des mélodies pour le nouvel album. Eh bien, voici un exemple. Robin Hood est un titre de plus de huit minutes frôlant dangereusement le kitsch. C'est avec surprise et bonheur que l'on retrouve la voix du maestro Sammet. Abandonnant la semi-violence de Tinnitus Sanctus, le blondinet revient plus près vers le chant d'un Hellfire Club ou même d'un Mandrake, mais avec toujours ce côté viril et rocailleux. Le refrain est irrésistiblement accrocheur (malgré le côté toujours aussi kitsch et limite naïf) avec des paroles assez délirantes (Robin des Bois est après vous et il n'est pas d'humeur à plaisanter). Le titre se poursuit, avec une narration de Sammet qui rappelle celle de la chanson The Kingdom, sur l'album Kingdom of Madness. C'est un break comme Edguy n'en aura jamais fait, avec un orgue très typé « pour faire épique ». Le titre se termine après un refrain toujours aussi accrocheur. Et Robin des Bois part avec Marian*.

L'essence d'Edguy est toujours présente, mais représentée sous une autre forme sur cet opus. Un titre comme Rock of Cashel en fait très bien l'illustration. Il porte le fardeau d'être un parlant du Rock of Cashel, site historique situé en Irlande. Pas besoin d'être malin pour comprendre que ce morceau parle de près ou de loin de l'Irlande. L'introduction jouissive fait bien parler d'elle. C'est un morceau plutôt progressif et accrocheur, qui fait assez sourire à son écoute, et qui ne manquera pas de charmer certains fans, comme moi. Oui, ne vous inquiétez pas, je vous ai vus, chers lecteurs au fond de la salle en train de pointer un index accusateur sur moi. Le refrain fait rougir de plaisir et ce morceau en lui-même est un plaisir... et fait danser ! On aurait bien aimé aller en Irlande avec ce morceau dans la voiture, appeler des danseurs irlandais secouer les jambes. Les multiples solos du morceau ne laisseront pas un auditeur attentif indifférent. Une ambiance unique ! Un des meilleurs morceaux de l'album.

Morceau un peu plus typique d'Edguy, Two out of Seven obtient le fardeau du parfait single. L'auditeur attentif sera assez réceptif à ce morceau, grâce à ses claviers rappelant le sympathique 9-2-9 de Tinnitus Sanctus. Ce morceau parle de chroniqueurs, comme vous et moi. Mais le message est plus poussé. C'est une critique de ceux qui notent un album de façon sévère, sans voir le travail qu'il y a derrière. Comme l'a dit le sieur Sammet, tout le monde a son avis. Mais, si un fan à la chevelure grasse, étant fan de Trash Black Death Hyper Brutal, se retrouve à chroniquer un album de Power Metal, c'est sûr que quelque chose ne va pas. Ce morceau a un refrain simplet, mais néanmoins entêtant, pour enfin devenir morbide, l'auditeur ne se détachant pas de sitôt de cette mélodie. On retrouve dans ce titre la pointe d'humour typique d'Edguy (What the fuck, suck my cock, i'm ten out often my friend !) qui ne manquera pas de réjouir les fans.

Le groupe allemand affiche, non sans déplaisir, son côté FM sur le titre Fire on the Downline, qui commence comme une ballade (la mélodie peut rappeler The Asylum, sur l'album Rocket Ride). Mais ce n'est qu'illusion. La guitare arrive, (avec des sonorités rappelant également The Asylum !) ainsi que la batterie, pour progresser jusqu'à un solide refrain soutenu où on se surprend à penser à Kiss. Un solo de guitare simplet, mais tout aussi solide pour reposer l'auditeur bavant de plaisir, et le titre se termine sur le refrain. Bien que ce soit un très bon titre, Fire on the Downline se place malheureusement dernier parmi tous les autres. En gros, c'est le moins bon morceau de l'album. On sent un petit manque d'inspiration traîner par ici.

Le groupe retrouve une seconde jeunesse sur le superbe The Arcane Guild, incroyable morceau, incroyable hymne et retour en arrière à l'époque de Vain Glory Opera. Sans déplaisir de nous proposer ici un retour dans le temps, mais également un hymne, Edguy surpasse la dose de cachets autorisés et nous lance un refrain ayant l'effet d'une bombe atomique en pleine gueule (oui, en pleine gueule) et, toujours sans déplaisir, offre un des meilleurs solos de guitare que Jens Ludwig a faits depuis ses débuts. Un morceau qui saute rapidement aux oreilles. Un morceau comme Faces in the Darkness aurait fait bonne figure au beau milieu d'un Hellfire Club, avec son riff qui crache et son refrain qui retourne l'estomac comme si on avait mangé (c'est le mot !) un éléphant en conduisant dans une voiture de course et en écoutant du Joe Dassin. Faces in the Darkness est sans conteste un des plus beaux morceaux de la galette. L'ambiance est énorme, on a l'impression d'être dans un film de Tim Burton (Death is Just A Feeling ?) avec ce passage acoustique où Tobias Sammet est tout ce qui touche aux ténèbres... et l'explosion sur le riff de début... (I am the Faces in the Night !) jusqu'au refrain dont je vous ai énuméré toutes les facettes...

Je crois que j'en ai assez dit. Si après vous me demandez pourquoi je n'ai pas parlé de Pandora's Box et de son ambiance western, de Breathe et de ses sonorités à la Return to the Tribe, de Nobody's Hero et de son introduction agressive, de Behind the Gates to Midnight World, le titre le plus long avec son riff qui tue et de la ballade sucrée, mais très agréable Every Night Without You, c'était pour la simple raison que je ne voulais pas vous donner le mal de mer. Je ne voulais pas vous embêter avec une chronique trop longue. Bien que pour moi, Pandora's Box et Behind the Gates to Midnight World soient splendides, même Breathe qui est vraiment « kick-ass », la chronique s'arrête là, sur un album qui, pour moi, est un retour en force, un retour d'Edguy

17/20

*Le titre Robin Hood, comme vous le savez, a fait l'objet d'un clip délirant où Marian est en fait un homme déguisé en grand-mère. Retour à la couleur d'un clip comme Superheroes ? Je crois bien que oui.

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cilou013 - 12 Septembre 2011: Ta chronique me donne envie de l’acheter!Demain...peut être? ^^ Merci!
EndiMistery - 12 Septembre 2011: Si tu es fan d'Edguy c'est un bon plan, ;)
cilou013 - 15 Septembre 2011: Je connais pas vraiment...ce sera le premier album!
EndiMistery - 15 Septembre 2011: Si tu commences par celui-ci, tu seras déçu par les autres. Commence par le Kingdom of Madness et les suivants dans l'ordre pour comprendre l'évolution du groupe sur chaque album. ;)
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Chronique @ dark_omens

03 Mars 2014

Plus convaincant, plus entraînant, plus nerveux et plus fédérateur que son prédécesseur...

Tinnitus Sanctus, huitième album studio des Allemands d'Edguy, avait éveillé en nous, puristes de l'immaculé Power Metal, quelques craintes. En effet, le choix d'une nouvelle orientation artistique avec, notamment, ces guitares plus succinctes, cette musicalité plus accessible, ou encore cette énergie plus contenue qu'affichaient clairement les Allemands avec ce disque, allait-il être éphémère ou l'expression profonde d'une volonté immuable? Certaines déclarations récentes sonnèrent, quant à elles, définitivement le glas de nos derniers espoirs. Les Allemands y affirmèrent leur détermination à évoluer artistiquement et à ne plus reproduire des schémas aujourd'hui révolus. Loin de ces époques originelles où les Saxons défendirent un Power Speed très germanique, désormais, ils voulaient s'épanouir comme un groupe de Rock/Hard Rock aux guitares incisives parfois Heavy. Si la volonté de ce changement n'est pas condamnable en soi, ces conséquences le furent bien davantage au cœur de cette huitième réalisation.

Toutefois, un des aspects les plus regrettables de ce Tinnitus Sanctus, en réalité, ne fut pas tant ce bouleversement musical mais, selon votre humble serviteur, la perte de certaines des caractéristiques les plus fondamentalement liées à l'identité profonde de ce groupe. Ainsi pouvait-on y déplorer ces refrains moins fédérateurs, alors que Tobias, dans la composition de ces axes importants, avait toujours excellé.

Nous n'avions donc qu'appréhensions quant à ce nouvel effort, Age of the Joker.

Il nous faudra dire, en premier lieu, que cet album s'inscrit dans l'exacte continuité de Rocket Ride et de Tinnitus Sanctus, mais que, dès ses premières notes, il fait valoir quelques qualités bien plus estimables. Déjà le titre Robin Hood, qu'on l'apprécie ou non, nous offre un moment de bravoure, hommage au film Les Aventures de Robin des Bois (1938) dans lequel s'illustra Erol Flynn, plutôt réussi.

L'œuvre est globalement plus nerveuse, mais aussi plus équilibrée, avec des guitares plus présentes, plus agressives, (Nobody's Hero, l'entrainant Breathe, Two Out of Seven dans lequel Tobias fustige gentiment les chroniqueurs en tous genres parfois prompts à juger sans connaître, le rapide The Arcane Guild, ou encore, par exemple, le sombre Faces in the Darkness aux riffs lourds). Edguy fait naître, avec ces morceaux, de premières impressions assez bonnes.

Mais, au-delà de ce sentiment légitime de plaisir incontestable, arrivent rapidement quelques interrogations faisant vaciller quelques peu nos certitudes. L'espiègle trublion teuton et les siens ne seraient-ils pas en train de réciter, certes, formidablement, mais réciter tout de même, des leçons dans lesquelles la démonstration de leur maîtrise n'est plus à faire?

Car, en effet, en dehors des titres agréables à l'écoute, ceux-là mêmes déjà cités, et exception faite des quelques nuances de compositions intégrées çà et là, Edguy semble se laisser étouffer par un systématisme dont le résultat est une musique de qualité mais terriblement connue. Edguy fait du Edguy. Plutôt mieux que sur Tinnitus Sanctus, mais Edguy fait du Edguy tout de même. Et tout est dit, ou presque.

Ainsi, par exemple, Pandora's Box, même s'il s'affirme, quant à lui, comme un titre relativement intéressant et séduisant, ne parviendra pas à totalement nous ôter de l'esprit qu'il n'est rien d'autre qu'un exercice de style dans lequel les Allemands auront déjà exprimé toute l'étendue de leurs talents. Et ce, même si certains de ces passages Blues/Folk, issus des traditions de l'Amérique profonde, lui donnant un éclat moins terne, ne peuvent dissimuler des refrains, certes, attachants, mais qui ne sont que des répétitions de gammes.

Parlons encore de Rock of Cashel qui, plus encore que d'autres, s'inscrit dans cette impression de déjà entendu en nous proposant des intonations, des bribes ou des sonorités qui ne sont pas sans nous rappeler Jerusalem extrait de l'album Mandrake.

Et que dire encore, dans un autre registre, des déconvenues que nous offrent cet opus, d'un Beyond the Gates of Midnight Suns que sa complexité rend assez peu immersif ?

Age of the Joker, neuvième album studio des Saxons d'Edguy, malgré un certain conformisme, est donc, dans l'ensemble, un opus relativement agréable dans lequel les satisfactions ne manquent pas. Plus convaincant, plus entraînant, plus nerveux et plus fédérateur que son prédécesseur, cette œuvre tend à nous démontrer que son auteur, Tobias Sammet, a peut-être eu raison de faire le choix courageux d'abandonner ce Power Metal classique germain dans lequel, pourtant, lui et les siens excellaient tant.

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