Utilitarian

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16/20
Nom du groupe Napalm Death
Nom de l'album Utilitarian
Type Album
Date de parution 27 Fevrier 2012
Labels Century Media
Produit par Russ Russell
Style MusicalGrind Death
Membres possèdant cet album215

Tracklist

1. Circumspect
2. Errors in the Signals
3. Everyday Pox
4. Protection Racket
5. The Wolf I Feed
6. Quarantined
7. Fall on Their Swords
8. Collision Course
9. Orders of Magnitude
10. Think Tank Trials
11. Blank Look About Face
12. Leper Colony
13. Nom de Guerre
14. Analysis Paralysis
15. Opposites Repellent
16. A Gag Reflex

Chronique @ kristoff

27 Janvier 2014

Un album de Grind-Death puissant et novateur.

Napalm Death nous revient en cette année 2012 avec un « Utilitarian » haut de gamme.

Le groupe de Birmingham est devenu dès 1987 le fer de lance du Grind, en sortant deux brûlots du genre: « Scum »(1987) et « From Enslavement to Obliteration »(1988). Ces deux albums ont hissé le groupe parmi les leaders de la scène extrême du moment grâce à une violence inégalée jusqu'alors, et à une rapidité favorisée par les blast-Beats impressionnants de Mick Harris, le premier batteur du groupe. Les britanniques ont su par la suite traverser les décennies en se renouvelant, avec notamment l'intégration d'une touche Death-Métal apportant structure et longueur aux compositions. Napalm Death sort avec "Utilitarian" un album puissant et novateur, comparable à son illustre prédécesseur « Time Waits for No Slave », avec toutefois un côté "Grindcore" un peu plus prononcé.

L'album interpelle tout d'abord par une pochette noire et blanche, qui n'est pas sans rappeler les toutes premières pochettes d'album du groupe et les photos montages anti-fascistes des années 30. Le thème est d'entrée anti-establishment et contestataire. Au niveau musical, « Utilitarian » enchaîne blast, Grind, et déferlante de riffs hallucinants de vélocité. Le Death-Metal garde toutefois une bonne place dans les compositions.
L'album surprend tout d'abord par la qualité d'un son très profond. La production est léchée, et le couple basse/batterie de Shane Embury et Danny Herrera est absolument indéboulonnable. La guitare de Mitch Harris présente un son acéré bien typé Grind. Au niveau du chant, Barney a la locution incisive et parfaitement calée sur le tempo. Il scande de manière originale ces phrasés et est efficacement épaulé par la voix "écorchée vive" de Mitch Harris.

Passons le menu par le détail:

Nous avons tout d'abord droit à une intro nommée « Circumspect », qui nous Balance d'entrée dans un univers glauque et tourmenté. On sent un Napalm Death déjà implacable, et près à envoyer à l'auditeur toute l'étendue de son art.
« Errors in The Signals » déboule avec le chant doublé de Barney et Mitch, et on en prend plein la gueule en moins de temps qu'il ne faut pour s'en rendre compte. Il n'y a pour ainsi dire aucun temps mort dans l'album.
« Everyday Pox » nous retranche derrière une déferlante de riffs très inspirés, entre middle-tempo et vélocité accrue. Napalm Death se joue de nous et surprend notamment par l'utilisation d'un saxophone déjanté. « Protection Racket » est une bombe avec un refrain très accrocheur comme nos britanniques savent le faire, entre passages lents et ténébreux. « The Wolf I Feed » confirme la cohérence intransigeante de cet album, avec tous les ingrédients qui font l'intérêt de ce nouvel opus. A noter dans ce dernier morceau les terribles plans de basse de Shane Embury, ainsi qu'un chant clair utilisé à dose homéopathique.

« Quarantined », « Fall on Their Swords », « Collision Course » et « Orders of Magnitude » sont d’excellents morceaux accrocheurs, qui forment une rampe de décollage pour le cœur de l'album: un trio de titres d'anthologie. Tout d'abord, « Think Tank Trials » est de la trempe des meilleurs morceaux de Grindcore-Death, et on est étonné par cette Tension palpable et par une inspiration encore au rendez vous. On a envie de headbanger comme un fou, et on le fait ! « Bank Look About Face » est infernal. On est ici confronté à des plans décalés et sournois avec un refrain scandé et un final grandiose comprenant des chœurs puissants. Avec « Leper Colony », nous sommes à la douzième piste et la fièvre est à son apogée. Les quatre compères nous livrent un Grind-Death de haute volée, mâtiné à nouveau de ces chœurs virils surprenants.

Viennent ensuite « Aim Without an Aim » et « Everything in Mono » qui sont deux morceaux ajoutés pour l'édition limitée. Ils sont de bonne facture, mais pas indispensables car ils n'apportent rien de plus à l'ensemble. « Nom de Guerre » est le morceau le plus court de l'album, dense et direct, du Grind à l'état pur avec une intro parlé sur fond de guitare déchirée. Un larsen ouvre ensuite les 3 derniers morceaux: « Analysis Paralysis » est un bonheur à l'écoute, la rapidité d'exécution des riffs est remarquable et il se dégage une urgence irrépressible. « Opposites Repellent » est une déferlante de vocaux et de riffs ultra rapides, et « A gag reflex » clos brillamment le bal avec notamment des roulements de batterie précis de "maître Herrera".

Vous l'avez compris, « Utilitarian » est une œuvre très maîtrisée. Il y a peu de temps morts, tant les morceaux s'enchaînent avec fureur. Les membres du groupe ont su varier les plaisirs en incluant des éléments comme des chœurs et des parties ambiantes. Cet album s'écoute donc du début à la fin sans que l'auditeur ne ressente de sensation de déjà-entendu. Seul bémol, les deux pistes 13 et 14 ajoutées à l'édition limité n'apportent rien à un album qui est déjà suffisamment long et homogène.

Dans ce brûlot de 16 pistes en version normale (et suffisante), tout est bon, implacable, et bigrement cohérent. Napalm Death se pose donc en poids lourd incontournable de la scène Grind-Death. Un prochain album est attendu pour 2014, ce qui nous met déjà l'eau à la bouche...

5 Commentaires

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LeMoustre - 28 Janvier 2014: Certes. Tr-ès bon album quand même
 
fuji87 - 28 Janvier 2014: Cet album est excellent, encore meilleur que le précédent qui était déjà très très bon. On se demande comment ils vont réussir à égaler cette qualité avec leur prochain, peut-être en continuant à explorer l'alliance grind/death et approche plus expérimentale, comme sur le morceau "Everyday pox" sur lequel intervient John Zorn (à noter que Zorn n'est pas n'importe qui, c'est un musicien/compositeur mondialement connu et respecté, qui est aussi fan de Napalm). Je dois avouer que je suis particulièrement fan des albums sortis depuis "Enemy of music business" (même si j'aime les quatre premiers), après les errements de la fin des 90's, je trouve que la qualité est régulière (bien que je n'accroche décidément pas trop sur "The code is red", alors que pour beaucoup c'est un album de référence). Dernière chose sur "Utilitarian", la pochette rend bien hommage aux racines punk de ND, on dirait presque une pochette de CRASS !
deathDelirium - 01 Fevrier 2014: C'est de moins en moins grind. Celui-là, restant un album excellent à mon sens, fut une deception , j'ai commencé ce groupe avec Time Waits For No Slaves, bien plus rentre dedans et brutal. A voir au prochain !
kristoff - 04 Fevrier 2014: oui DeathDelirium, voir au prochain comme tu le dis. J'espère juste qu'ils ne perdront pas leur verve car en mon sens leur message mérite d'être entendu. Chez Napalm Death ce qui est bien c'est qu'il y a le fond et la forme. Il est intéressant à mon avis de visiter leur site officiel pour se rendre compte de la porter philosophique de leur démarche avec notamment les interviews de Barney sur le sens de chacune des chansons. Merci pour vos commentaires. Au moins ce que je peux dire c'est que Napalm Death reste un groupe fidèle au mouvement d'où il viens :)
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