Apex Predator - Easy Meat

Liste des groupes Grind Death Napalm Death Apex Predator - Easy Meat
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Nom du groupe Napalm Death
Nom de l'album Apex Predator - Easy Meat
Type Album
Date de parution 26 Janvier 2015
Labels Century Media
Produit par Russ Russell
Style MusicalGrind Death
Membres possèdant cet album130

Tracklist

1. Apex Predator - Easy Meat
2. Smash a Single Digit
3. Metaphorically Screw You
4. How the Years Condemn
5. Stubborn Stains
6. Timeless Flogging
7. Dear Slum Landlord…
8. Cesspits
9. Bloodless Coup
10. Beyond the Pale
11. Stunt Your Growth
12. Hierarchies
13. One-Eyed
14. Adversarial / Copulating Snakes

Chronique @ growler

24 Janvier 2015

Violent, oppressant, brutal, dérangeant et poisseux, « Apex predator – Easy meat » laissera des traces irréversibles.

Fer de lance du « grind » depuis 1987, Napalm Death n’a jamais laissé aucune espérance aux nombreux prétendants de son très envier trône, de pouvoir le conquérir, le groupe domine le style depuis plus de 25 ans, grâce à une discographie très fournie qui ne comporte aucun disque faible. Pourtant, la musique développée par le groupe a quelque peu évolué au fil des années, au « grind » pur et dur de ses débuts, s’est vu ajouté une bonne dose de « death », de nombreuses sonorités « punk/hardcore » et un « groove » entraînant, sans jamais être déficient au niveau de la violence. Aussi, ces dernières années, Napalm Death semblait avoir entamé une nouvelle mue, en incorporant des dissonances dans ses compositions, amenant un côté malsain à l’aspect brute de la chose, et, également, en se lançant dans quelques expérimentations plus ou moins réussies comme le très « free-jazz » « Everyday Pox » sur « Utilitarian », en collaboration avec le saxophoniste John Zorn (j’en vois qui grimacent encore). En ce début de troisième année post-apocalyptique, Napalm Death nous offre sa seizième livraison longue durée, intitulée « Apex-predator – Easy meat », qui fait suite au divisé « Utilitarian », semblant monter un groupe en pilotage automatique.

En préambule, il est nécessaire de signaler que l’artwork peu ragoutant, très réaliste et inédit chez les britanniques, est une fois de plus l’œuvre de Frode Sylthe (At The Gates, The Haunted), déjà responsable de « Utilitarian ». La thématique générale de l’opus traite du travail et des conditions de vie des esclaves dans le monde moderne et, son titre énigmatique, est inspiré de la tragédie du Rana Plaza, un immeuble de Daca, capitale du Bangladesh, qui s’était effondré en avril 2013 et abritant plusieurs ateliers clandestins de confection, plus de 1100 personnes y perdirent la vie.

« Apex predator – Easy meat » commence par le titre éponyme, qui n’est autre qu’une longue introduction solennelle et cérémoniale, évoluant vers une sorte de « tribal-indus » oppressant, froid et dérangeant. La déflagration sonore débute réellement par « Smash a single digit », qui frappe très fort d’entrée, tous blasts dehors, soutenu par les éructations d’un Mark Barney Greenway au meilleur de sa forme, avant que cette pièce du boucher ne s’achève sur un mid-tempo puissant et fracassant. Napalm Death nous attrape à la gorge et, tel un psychopathe sadique, il nous regarde dans les yeux, nous promettant une mort certaine, relâchant l’étreinte afin de prolonger notre agonie et pour que nous puissions l’écouter jusqu’au bout, nous violentant par la même occasion, à grand coup de genou dans les parties délicates. « Apex predator – Easy meat » fait très mal et, montre une violence et une brutalité qu’il n’a plus atteint depuis des lustres (c’est dire !!), « Metaphorically screw you », « One-eyed », « Stunt your growth » ou « Adversarial/Copulating snkes », pour ne citer que ces compositions, en sont des preuves flagrantes.

« Apex predator – Easy meat » ne se borne pas à une violence et une brutalité féroce, il semble être une sorte de condenser de l’ensemble de la carrière des britanniques, les blasts hystériques habituels sont bien présents, côtoyant toujours un « death-metal » frontal, hérité de la période « Harmony Corruption » et, associé à la période la plus décriée de la formation, comme le couplet massif de « How the years condemn » et, le riffing puissant et saccadé de « Timeless Flogging » qui semblent tous deux issus de « Diatribes » ou « Inside Torn Apart ». Aussi, les nombreuses dissonances émanantes des derniers opus et notamment « Utilitarian », sont toujours d’actualité et permettent d’ambiancer les morceaux du quatuor, en apportant une atmosphère dérangeante, oppressante et poisseuse (« Stubborn stains », « Beyond the pale » ou « Dear slum landford ») qui sied à merveille à la musique élaborée sur ce disque et surtout utilisée à meilleur escient, ce qui n’était pas forcément le cas sur son prédécesseur.
L’efficacité de l’art de Napalm Death réside également dans l’alternance des rythmiques, annihilant de ce fait, toute linéarité et renforçant l’impact des titres. Cette marque de fabrique est une tradition chez les bouchers de Birmingham mais l’effet est décuplé sur cet opus, la seconde moitié de « Stubborn stains », « Metaphorically screw you », « Bloodless Coup » ou « Stunt your growth » laisseront vos cervicales endolories pour longtemps.

De prime abord, les compositions de « Apex predator – Easy meat » semblent n’être qu’un concentré de sauvagerie compacte et homogène, dont le seul but est de ne laisser aucun survivant, mais, à y regarder de plus près, cette grosse barquette d’abats détient de nombreuses subtilités (toute proportion gardée, il s’agit de Napalm Death) comme le couplet en vocaux clairs complètement dérangés de « Cesspits », les chœurs mélodiques presque mystiques du redoutable « Hierarchies », l’harmonie guitaristique entêtante de « One-eyed », le final très malsain de « Adversarial/Copulating snakes » et « Dear slum landford », totalement rampant et sinueux dont la cadence pesante flirtent avec le « doom ».

Les membres de la formation sont au diapason et à l’avenant, notamment Barney qui vocifère toutes tripailles dehors avec une très grande conviction, soutenu par les chœurs écorchés vifs de Mitch Harris dont les riffs sont aussi tranchant qu’une feuille de boucher, rehaussé par une section rythmique qui hache « menu-menu ». Bien que nous soyons désormais habitué à la production de Russ Russell, celle-ci est assez surprenante, car moins claire qu’à l’accoutumé, conférant à l’ensemble un rendu plus rugueux et sale, en total adéquation avec les compositions que renferme « Apex predator – Easy meat ».

Là où le bât blesse et ce qui gêne (un peu) votre serviteur, ce sont, comme sur « Utilitarian », les nombreuses dissonances qui jalonnent l’opus. En effet, celles-ci apportent une oppression dérangeante bienvenue mais, y accorder moins d’importance, amènerait encore plus de force aux titres, elles enlèvent, à certains moments, un certain dynamisme.

Napalm Death fait du Napalm Death et, réussi le challenge d’offrir un résumer de l‘ensemble de sa carrière sur ce dernier skeud. Les britanniques sont dans une forme olympique et les morceaux de cet album détruisent tout sur leurs passages. Violent, oppressant, brutal, dérangeant et poisseux, « Apex predator – Easy meat » laissera des traces irréversibles.

Douloureusement jouissif !!

23 Commentaires

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tormentor - 28 Janvier 2015: Quand je disais pourrave pour le son et les vocaux c'est pas pour la puissance mais pour un son qui me casse les oreilles trop moderne trop mécanique et trop fouillis. Pour moi ce n'est pas du Napalm death pur jus. Puis moi j'suis 90% old-school, donc... Par contre le nouveau passe super bien.
LeMoustre - 28 Janvier 2015: Les bonus (en 14, 15ème et 17ème piste pour être précis) du Cd-Booklet sont dans l'esprit du disque, et ne nuisent nullement à la cohérence du tout. Peut-être un côté un peu plus retro pour "Oh So Pseudo" (de Harris) avec roulements de toms finaux sans équivoque et un dernier morceau plus court et aussi typé "vieille école". Cette édition comporte un autocollant (pochette de l'album) et est très soignée avec ses 40 pages (photos explicites). En outre, le track-listing n'y est pas résumé, rendant la première écoute obligatoirement concentrée. Un mal pour un bien, finalement.
kristoff - 21 Fevrier 2015: Ta chronique m'a quand même donnée envie d'écouter l'album
Arnorock - 05 Mars 2015: Effectivement bonne chronique, je ne l'ai pas encore acheté mais je vais passer commande pour avoir l'Edition Booklet. J'ai hate de l'entendre, ça fait plus de 20 ans que j'écoute ND, je les ai découvert avec Utopia. Depuis Enemy of the Music Business, ils ont sorti aucun album décevant à part peut-être pour moi Order Of The Leech. J'ai un gros faible pour Time Waits for no Slave, que je trouve très abouti. Sinon même si il a beaucoup divisé à l'époque je trouve que Fear Emptiness Despair est une tuerie, froid, monolithique et brutal.
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