Ultimatum

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Nom du groupe ADX
Nom de l'album Ultimatum
Type Album
Date de parution 24 Fevrier 2014
Labels Verycords
Style MusicalSpeed Metal
Membres possèdant cet album94

Tracklist

1. Ultimatum 01:28
2. Commando Suicide 05:04
3. Paracelse 04:12
4. Red Cap 07:10
5. Le Brave des Braves 04:36
6. 1572 05:01
7. Le Dernier Carré 04:27
8. La Caresse du Tyran 04:18
9. Les Cœurs Eteints 06:01
10. Divine Menace 05:03
11. King of Pain 04:26
Total playing time 51:46

Chronique @ largod

05 Septembre 2014

Douce France

Cet « Ultimatum » a bien failli ne pas voir le jour.
Après un pourtant excellent « Immortel », ADX va essuyer pépin et galère. Maladie pour certains et perte d’être cher aussi, la vie marque au fer rouge le bande de copains mais l’approche de leurs trente années de carrière les voit revenir en force, comme indestructibles et vivants parmi les vivants. Abreuvés à la fontaine de jouvence, nos pistoleros Picards retrouvent l’entrain de leurs jeunes années et nous offrent un magnifique album, sentant bon les produits du terroir et profondément enraciné dans un univers heavy-speed moderne aux couleurs bleu-blanc-rouge.

Désormais débarrassés du mauvais œil, ADX recrute un nouveau bassiste début 2013 alors que Klod s’est résolu la mort dans l’âme à quitter ses compagnons. Assez bizarrement, la quatre cordes est reprise par Julien Rousseau, en provenance de Fallen Joy, plus connu dans un contexte Death mélodique que heavy-speed traditionnel. Néanmoins, là où Klod éclaboussait le son du combo de sa patte lourde et énergique, Julien fait le boulot avec efficacité et précision, laissant entrevoir une éclosion en live du jeune bassiste au fur et à mesure des semaines passées au milieu des anciens de la troupe.
En matière de sonorité globale, la production de Didier Chesneau, Renaud Chenu et Bruno Gruel donne aux guitares une teinte résolument moderne et puissante. Côté chant, il faut souligner la magnifique prestation de Philippe Grelaud qui se permet notamment de nous offrir sur « Les cœurs éteints » une interprétation plus grave, posée et pleine de feeling d’un texte posé sur une ligne mélodique tout en finesse, même si Dog cogne sacrément sec. Globalement les efforts de Phil consentis sur le chant de cet album redonnent du souffle à chacune des chansons et mettent en valeur des textes toujours inspirés.

Même si ADX replonge ses riffs dans le bain speed qu’on lui connait, Ultimatum n’est pas une copie conforme d’Exécution par exemple. La fougue se confond avec une maturité certaine et les structures ciselées des compositions sauront passer l’épreuve du temps sans difficulté. Notons d’ailleurs l’apport indéniable de Bernard-Yves Queruel dans la signature du nouveau son d’ADX qui soulage Betov en grande partie des soli et l’épaule avec fracas sur les riffing en doublette.
« Commando suicide » ouvre le bal des affamés de décibels et galopade ventre à terre. La frappe sèche de Dog, de retour aux affaires en pleine possession de ses moyens, et le riffing acéré laissent présager que ce morceau deviendra un classique du groupe sur scène qu’il fera bon de reprendre à tue-tête en pleine communion avec le chant clair de Phil. L’affutage à la meule de pierre des guitares de BY et Betov continue sur « La caresse du tyran » propulsé par une section basse/batterie phénoménale de violence contenue. Le petit Julien deviendra grand… L’orgie de guitares atteint un paroxysme quasi jouissif. La bonne synthèse de ces deux premiers brulots est sans nul doute « Divine menace », petite perle de musicalité et d’agressivité. Le chant et les chœurs sur le refrain font dresser les poils, derrière un socle massif de batterie et un break de basse de diplodocus.

En matière de tranche heavy, « 1572 » aborde dans une registre lourd et sombre le thème inépuisable de l’histoire de France et en particulier le massacre des protestants lors de la Saint Barthelemy. L’accélération de milieu de piste libère le climat devenu indigeste et presque malsain et correspond mieux à l’univers classique d’ADX. Phil rend hommage aux vieux grognards dans « Le dernier carré » au travers d’un texte et d’un chant d’excellente facture, à moins qu’il ne s’agisse d’un témoignage autobiographique d’une bande de musiciens continuant contre vents et marées à avancer sur le chemin de la gloire. Quoiqu’il en soit, ce morceau heavy aux racines bien lourdes brique les oreilles avec bonheur.

Aux frontières du thrash mélodique, « Le brave des braves » oscille entre heavy sur-vitaminé et speed contrarié. La copie de BY et Betov autant en riffing qu’en soli s’avère à nouveau fluide et détonante. Phil se délecte de son texte avec gourmandise. Certainement le morceau sur lequel il convient de s’attarder pour en tirer la pleine quintessence. Nouvelle incursion dans le heavy thrash avec « Paracelse » rappelant la vie de l’alchimiste suisse du XVème siècle. On aborde soudain un univers plus proche de celui de BY et Julien sur lequel les talents de conteur de Phil font merveille. La recette fonctionne entre les différentes générations de musiciens et leurs apports respectifs se marient dans une saine osmose.
Gardons pour la fin le morceau de bravoure qu’est « Red cap ». Julien est désormais bien présent derrière son instrument et balance une ligne de basse de terrassier que martèle Didier « the beast » Bouchard sur sa double grosse-caisse. Le travail en doublette des duettistes de la six-cordes colle au plafond l’auditeur le plus sceptique sur la capacité du groupe à envoyer du riffing moderne et imaginatif. Le chant de Phil tout en maitrise se fait animal sur la reprise du thème principal à mi-course.

Douce France comme le chantait Charles. Malgré un fort accent de titi Parisien, il parvint à conquérir les territoires outre-Atlantique tout en inscrivant à jamais son répertoire au Panthéon du patrimoine musical tricolore. Assumant pleinement le chant en français, ADX ne désespère pas d’être reconnu pas seulement comme un groupe de vétérans de la scène Metal mais aussi comme de fiers défenseurs d’un genre ayant acquis ses lettres de noblesse. On leur souhaite de percer un peu plus au-delà de nos frontières.
En attendant les 10 nouveaux titres de cette galette complètent un univers discographique déjà riche d’hymnes et de chansons passées à la postérité. Une modeste contribution de leur part au patrimoine musical national.


Didier – septembre 2014
Pour Sandrine et Jocelyn

Après le souffle il ne reste que les armes
Plantées au sol comme les croix d'un cimetière
Happé par l'insolence du devoir
Hanté par les crimes de la gloire

10 Commentaires

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norz - 30 Septembre 2014: Excellente chro! Excellent album!
AmonAmarth55 - 03 Novembre 2014: le meilleur ADX depuis SUPREMATIE
samolice - 08 Mars 2017: Merci Didier! Ayant enfin ce disque depuis quelques temps, je me régale. Nettement supérieur au précédent à mon goût.Du très bon Adx. Il n'y a que l"Le dernier carré" dont je ne suis pas fan.
samolice - 31 Mars 2017: Et bien "Le dernier carré" passe très bien maintenant! C'est "Les coeurs éteints" dont je ne suis pas fan désormais. A suivre :-)
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