Division Blindée

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Nom du groupe ADX
Nom de l'album Division Blindée
Type Album
Date de parution 16 Mai 2008
Style MusicalSpeed Metal
Membres possèdant cet album154

Tracklist

1. Avant l'Assaut 02:27
2. A la Gloire de Dieu 04:24
3. Les Stratèges 03:56
4. Division Blindée 05:25
5. Mary la Sanglante 04:19
6. Lycanthropie 05:33
7. Poison d'État 05:02
8. La Parodie du Fou 03:52
9. Souvenirs de Gambai 04:08
10. Livide 04:41
11. Dernière Morsure 06:06
12. Vestige d'un Chaos 04:03
Total playing time 54:00

Chronique @ largod

26 Mai 2013

Blitzkrieg dans l'Oise

Au petit matin, en rase campagne. L’atmosphère électrique tranche avec la quiétude des lieux. L’humidité ambiante et le voile de brume sur la lande donnent au théâtre des opérations son aspect à la fois lugubre et apaisant. Contraste saisissant entre cette nature offrant son sol et sa végétation à la chaleur des premiers rayons d’un soleil hésitant et cette terre bientôt dévorée et défigurée par la violence d’un assaut bref et massif.

Ce sixième album studio d’ADX fait l’effet d’une blitzkrieg, ordonnée et réalisée dans les règles de l’Art. Il aura fallu attendre 10 années entre un prometteur « Résurrection » sortant des limbes de l’oubli un quintette toujours aussi fringant et imaginatif et ce « Division Blindée » réveillant en 2008 la bête trop longtemps restée assoupie.
Durant cette période d’hibernation, les tentatives de réveil furent nombreuses. Il y eu tout d’abord l’épisode du Merlin suisse entre 1999 et 2003 qui remua sur la Toile les énergies bienveillantes à une reformation du groupe. Marquis ne donnant pas suite à ce désir des fans, l’idée mit le temps à faire son chemin et 2006 fut l’année de la tournée du retour d’ADX sur les planches des scènes de France et de Navarre.

Côté line-up, autour des membres fondateurs et historiques, Betov, Dog et Phil apparaissent l’ex-chanteur de Der Kaiser désormais bassiste, Claude « Klod » Thill, ainsi qu’un nouveau six-cordiste Bernard-Yves « BY » Queruel en provenance de Witches.
Par contre, l’approche artistique reste la même : pas de quartier côté tempo, de l’humour, du riffing assassin, des échanges de soli pas piqués des vers, un batteur cognant sans temps mort et une basse avançant à marche forcée. Pour couronner le tout, une mention spéciale au chant de Philippe "Phil" Grelaud qui atteint un seuil de maturité phénoménal.

Après avoir déniché un contrat chez les fameux Bernett Records (Exodus, Metallica, Venom etc…) ressuscités tel un phénix, nos amis Picards s’enfermèrent au Walnut Groove studio d’Amiens, si cher au cœur de Charles Ingalls, afin d’y enregistrer un missile bénéficiant d’une production enfin digne de leur statut et penchant ouvertement dans la catégorie du speed metal bleu-blanc-rouge.

Seul le titre « Livide » laissera en effet une trace épaisse et lourde, tel un heavy de labour. Super efficace, ce morceau semble taillé pour la scène. Offert à une foule en pleine communion, on imagine sans peine mille gorges reprendre « Livide… Putride » à s’en casser les cordes vocales. Le second vestige heavy, astucieusement dopé en fin de piste d’un coup de speed bien placé, correspond à « La Parodie du Fou », au refrain chantant de l’ami Phil, tracté par une grosse rythmique au riffing tortueux et une basse terrifiante alors que l’entame vielle, pipeau et tambourin comme les paroles pourraient laisser penser qu’ADX règle ses comptes avec le député vendéen Philippe de Villiers, créateur du parc d’attractions du Puy du Fou.

L’offensive continue sous une pluie de morceaux mid/up-tempo et de bijoux de speed metal durant lesquels BY s’affiche en digne successeur de Marquis et Klod en parfait héritier de Deuch.
L’ouverture « Avant l’assaut » ayant superbement introduit l’album, « A la gloire de Dieu » déboule dans un déluge d’harmoniques agressifs, style de fabrique des deux guitaristes et d’ADX depuis ses origines. Ce titre bien en speed s’appuie sur un couple basse/batterie solide et conquérant et d’un échange de soli permettant aux nouveaux arrivants de mettre en son leurs cartes de visite respectives. Phil y pose des vocaux maitrisés et des paroles toujours aussi riches. « Ils prient, les genoux meurtris » ne vous lâchera pas de sitôt.
L’enchainement avec « Les stratèges » et « Division Blindée » achève l’impression de puissance dégagée par ADX, provenant de la bonne production d’ Alex Wursthorn. Sur le premier, Klod a sorti la moissonneuse ‘basse’use derrière Dog et un riffing méchamment chargé en munitions perforantes. Là aussi, « Toute la puissance de l’attaque » clamé par Phil prend tout son sens dans le claquement des guitares, l’interlude mosh et le pré-chorus guerrier. Le title-track, quant à lui, invite à tirer à volonté au gros calibre. On gardera longtemps en mémoire la double grosse-caisse assassine, les guitares en fusion et ce chant libéré d’un Phil sans merci , assenant un inspiré « A croire que la mort n’a plus de frontière ».

Comment résister à l’ogive destructrice qu’est « Dernière morsure » et son outro « Vestige d’un chaos », déferlant comme un tsunami sonore. La mélodie charge en règle les lignes ennemies, portée par un hurleur en pleine possession de ses moyens, invectivant l’auditoire d’un « Quand viendra mon heure » annonciateur d’une lutte sans merci. Même s’il est difficile de sortir un artiste du lot, le chant s’avère cependant excellent de bout en bout, porté par une rythmique et une paire de guitaristes touchées par la Grâce. Quel titre !

Enfin, nos picards favoris s’essaient avec « Mary la sanglante » à un mélange de styles où l’on retrouve une pointe de Manowar dans l’introduction, une basse ronflante couplée à un riff autant béton que sonore et un refrain heavy des familles qui se termine sur une accélération où BY et Betov tartinent de concert. « Souvenir de Gambais » suit la même logique : on avance, ça balance dans tous les coins, gros son, riff gras, basse de bulldog. Manque juste une pointe d’originalité. On la trouve sur « Lycanthropie » qui réveille soudain Phil telle une bête sortie abruptement de son sommeil. « Le pouvoir de détruire, le pouvoir se déchire » est assené avec fougue alors que le pédalage en règle de Dog tente de suivre au près un Klod positif à la prise de pot Belge. Encore une fin de morceau dopée par des guitares survoltées.
Gavés d’harmoniques aiguisés et de soli divers des guitares, la démonstration s’achève sur un « Poison d’état » avec ses guitares en écho. Sur ce mid-tempo à la musicalité et au riffing travaillés, Phil chante, Dog blaste presque, BY et Betov se lâchent comme des furieux, le break made in ADX ressurgit, le comble du plaisir vous envahit.

Chapeau bas les artistes.
Ce retour s’opère dans une continuité qui crève les yeux malgré l’absence de membres historiques. Dix années effacées avec une facilité déconcertante et l’espoir d’un nouvel essor que tous les fans de la première heure espèrent définitif. En grands frères de la scène metal française, ADX se dresse avec un album au son clair et puissant, enfin me direz-vous, fait pour durer. Autant pour le jeu des guitares que les paroles, l’inspiration reste intacte. Nos gaillards ont encore des choses à nous dire, des mélodies à nous offrir. Portées par un vent de fougue retrouvée.

Comme celui de ce petit matin calme. Avant l’assaut. Avant que le feu des armes et la furie métallique ne prennent possession de ce morceau de terre et ne lui donne soudain cet aspect de morne plaine. Cette odeur âcre, de poudre et de mort mélangées, qui plane et vous prend à la gorge. La marque de la blitzkrieg.
Et le calme revient à nouveau.

Didier – Mai 2013
Si forte est cette pensée de détruire
Qu’on en oublie le prix du sang

12 Commentaires

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Elevator - 28 Mai 2013: Moi, c'est le contraire, j'ai l'impression qu'on retrouve (un peu) l'ambiance des débuts avec le dernier, alors que "Division Blindée" est un peu plus typé "speed metal consensuel".
samolice - 15 Fevrier 2014: Tu retrouves l'ambiance des débuts sur "Immortel"? Marrant parce que moi pas du tout. Trop sombre pour du Adx. J'attends le petit dernier car le morceau sur le sampler de Rock Hard m'a trop plu. Là oui, je parlerai volontiers de retour aux sources. Désolé d'arriver 9 mois après ton com' :-)
Elevator - 15 Fevrier 2014: Oui, en fait, c'est vrai qu'avec du recul, il est effectivement plus sombre. Cependant, je continue à l'apprécier malgré toutes les critiques qui pleuvent sur cet album. J'adore aussi "Resurrection" qui ne fait pas non plus l'unanimité.
LeMoustre - 14 Fevrier 2016: Excellent retour (après celui, raté, de l'album Résurrection) à un style bien plus adapté à la zone de confort du groupe, et c'est tant mieux. Si on pourra déplorer un ou deux titres moins aboutis (comme cité ci-dessus), force est de constater un retour de flamme convaincant de nos chers ADX. Mention donc au retour des titres speed metal, bien mis en valeur par un son à la hauteur. Mention à "Dernière Morsure" qui renvoie aux heures jouissives des premiers disques. Un superbe retour, et sans nul doute une franche réussite à laquelle pas grand monde devait croire. Il me semble même qu'il y a eu plusieurs pressages devant le succès de cette sortie (à vérifier). Chapeau bas messieurs - et bravo pour la chronique. Un gros 15/20.
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Chronique @ dark_omens

17 Juillet 2013

Un album où se mêlent admirablement le passé, le présent et, espérons-le, le futur...

Partir et revenir…

La Résurrection artistique d’un groupe tombé aux champs d’honneur ne se fait jamais sans la douloureuse épreuve d’une longue réflexion, et ce d’autant plus que cette entité profondément symbolique se nomme ADX. Alors acculé, le doute nait d’interrogations aussi nombreuses que cruciale telles que, par exemple, le positionnement musical d’une expression nouvelle produites par la renaissance de ces artistes à la musique certes emblématique mais révolues et terriblement passéistes ou encore sur le sens à donner à une telle démarche en ces temps où les préoccupations ultra-mélodique sont devenues, bien plus que prépondérantes, un genre et ce alors qu’à contrario ADX aura toujours excellé dans la simplicité âpre d’un Heavy Speed agressif au relents Thrashy allant, justement, à l’encontre de ces attentes contemporaine de la fin de ces années 90. Sortir vainqueur de cette introspection sera d’autant plus délicats que de nombreuses années ont ensevelis de leurs terribles conséquences tous les derniers assauts dudit groupe, laissant à nos souvenirs des triomphes bien trop lointains (Suprematie (1987)). Le théâtre de ces conflits avait alors tant changé que nécessairement le retour de ces hommes s’annonçait donc périlleux. Mais étaient-ils seulement capables de vaincre ? Car la conviction de l’artiste, aussi forte fut-elle, ne conduit pas nécessairement au triomphe.

Après la débâcle d’un Weird Vision (1990) vint donc la première tentative avortée de manière quelques peu incompréhensible d’une Résurrection, sur un album très justement intitulé Resurrection (1998). L’œuvre, pourtant respectable ne rencontrera qu’un succès d’estime.

Les raisons de cet échec sont sans doute nombreuses.

Sûrement contextuelles.
Un album aussi ouvertement désuet, simple et peu aventureux ne pouvait, en effet, pas éveillé les passions d’une foule attentive aux grandiloquences et aux exagérations toujours plus fastes d’une scène résolument novatrice (Rhapsody, Stratovarius, Hammerfall…).

Assurément qualitatives.
Un opus manquant aussi clairement de vivacité s’alourdissant de certains titres aux rythmes pesant semblait condamnés.


Revenir encore…
…Sans se retourner mais sans jamais oublier qui nous sommes…

Dix longues années après ce premier revers, et alors que tous pensaient que le corps décharné d’ADX reposait désormais définitivement en paix, la foi fit, une fois encore, renaître la bête. Toutefois la conviction ne fut plus seulement celle de l’artiste mais aussi celle d’un peuple tout entier qui réclamait, avec ferveur, le retour de ces héros. C’est en 2008 que sortit donc ce Division Blindée.

Dès les premières mesures ADX y est convaincant nous rappelant les doux souvenirs de ces belles heures à l’écho allant bien au-delà de nos frontières hexagonales exigües, et ce quoiqu’en pensent certains jeunes révisionnistes culturels prompts à réécrire l’histoire d’un contexte qu’ils ne vécurent pourtant pas méprisant ainsi, en un débat ridicule et sans fins, les arguments factuels de ceux qui eux pourtant le vécurent. Quoiqu’il en soit, bien plus vifs et belliqueux que sur son précédent effort, le groupe a retrouvé l’entrain salutaire de ce Heavy Speed aux riffs Thrashy pour lequel il partage, à l’évidence, un certain appétit avec d’autres (Killers, Vuclain). Sans pour autant dénaturer son identité, et sa musique, il aura, aussi, su insuffler à son propos une touche de modernité remarquablement séduisante en introduisant dans ses titres le fruit d’un travail mélodique assez remarquable.

Ainsi peut-on citer le superbe A La Gloire De Dieu véloce mais aussi les magnifiques Les Stratèges, Division Blindées, Mary La Sanglante et leurs refrains efficaces ou encore, par exemple, les excellents Souvenirs De Gambai et Livide.

Notons encore que les textes sont, eux-aussi, remarquablement recherchés et bien écrits. Le choix difficile de la langue française est un piège duquel certains ne parviennent pas vraiment à s’extraire. ADX, quant à lui, y excelle. Citons, par exemple, les lignes de Souvenirs De Gambai qui évoquent, tout en subtilité, l’histoire de ce lieu où le plus illustre des assassins de son époque, Henri Désiré Landru, perpétra quelques uns de ses crimes.

Division Blindée est donc un album de Heavy Speed aux relents Thrashy dans lequel se mêlent admirablement le passé, le présent et, espérons-le, le futur.

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samolice - 15 Fevrier 2014: Merci pour cette chro qui m'avait échappé. Un très bon disque, pour sur. Comme toi, j'ai un petit faible pour "Les stratèges" et son refrain qui doit cartoner en live!
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Commentaire @ metalpsychokiller

30 Mars 2009
Tout d’abord, en préambule à cette chronique, sachez que le promo reçu pour ce retour aux affaires des anciens d’ADX, consiste en un 2 titres « A la gloire de dieu », et « Division Blindée » suivi d’un medley d’une vingtaine de minutes du restant de l’album. Difficile donc de se faire une idée réelle et juste sur l’ensemble quand chacun se doute bien que les deux plages mises en avant sont certainement les plus accrocheuses… C’est un peu comme savoir si un gâteau est excellent en n’ayant que les cerises sur le dessus à déguster.

Ce qui est certain en tout cas, est que cet extrait d’album est particulièrement aguicheur. Un quart de siècle de carrière et 10 ans après leur dernier « Résurrection » -qui était déjà sorti 8ans après leur précédent « Weird Visions » en 1990-, les parisiens reviennent avec leur heavy speed chanté en français et calqué sur des mélodies simples immédiatement mémorisables et appréciables. Les tempos sont bien sur rapides, les riffs trashies sont résolument accrocheurs tout comme les soli déchirants bien, la batterie au son clinquant à l’ancienne martèle sans démesure, laissant ainsi la belle part au chant rageur et un tant soi peu éraillé de Phil.

Sans être Manowarien, on se surprendrait presque à reprendre dès la première audition des lyrics visant à cela tels les, « A croire que la mort n’a plus de frontières, une médaille aux funérailles », les « Ils prient les genoux meurtris » ou encore le refrain popy de « Division Blindée ». Il faut dire que les compositions aux lignes mélodiques simples, sont bien ficelées, emplies de lourdeur corrosive, sans temps mort et résolument énergiques. Cela suinte bien sur les eighties à plein nez –Légendaire Bernett Records oblige !!!- ; mais à l’image du dernier excellent opus des grenoblois de « Lonewolf », cette galette ravira tous les amateurs du genre.

Enfin si le restant de l’album est aussi réussi que les deux titres promotionnels gracieusement offerts en totalité.

16/20 METALPSYCHOKILLER

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