Somewhere Far Beyond

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Blind Guardian
Nom de l'album Somewhere Far Beyond
Type Album
Date de parution 29 Juin 1992
Labels Virgin
Enregistré à Karo Music Studio
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album428

Tracklist

1.
 Time What Is Time
 05:46
2.
 Journey through the Dark
 04:48
3.
 Black Chamber
 00:58
4.
 Theatre of Pain
 04:17
5.
 The Quest for Tanelorn
 05:56
6.
 Ashes to Ashes
 06:01
7.
 The Bard's Song - In the Forest
 03:10
8.
 The Bard's Song – The Hobbit
 03:54
9.
 The Piper's Calling
 00:58
10.
 Somewhere Far Beyond
 07:30

Bonus
11.
 Spread Your Wings (Queen Cover)
 04:15
12.
 Trial by Fire (Satan Cover)
 03:45
13.
 Theatre of Pain (Classic Version)
 04:15
14.
 Ashes to Ashes (Demo Version) (Re-Issue 2007)
 05:51
15.
 Time What Is Time (Demo Version) (Re-Issue 2007)
 05:09

Durée totale : 01:06:33


Chronique @ MightyFireLord

05 Juin 2011

l'album de la confirmation, regroupant tous les ingrédients qui feront la réussite des quatre bardes

Le cap du troisième album est souvent décisif pour un groupe, à l'image des "Vain Glory Opera", "Insanity and Genius", "Dreamspace" ou même "The Number of the Beast" et "Master of Puppets". Il est parfois synonyme de syndrome "ouroboros" (le serpent qui se mord la queue) et condamne des formations à rester dans l'ombre éternellement… Mais, c'est parfois tout l'inverse, en ce qu'il permet à un groupe prometteur de confirmer les espoirs mis en lui avec ses deux premiers efforts en sublimant la recette employée, ou bien permet de sortir du lot en opérant des changements inattendus. Blind Guardian avec son "Tales from the Twilight World" de 1990 est du second lot, le virage opéré laissant sur le bord du chemin le côté thrash et le speed épuré pour une musique plus mélodique, travaillée et personnelle. Mais qu'en est-il du quatrième album ? Il a la lourde tâche de succéder à cet opus "révélateur", et dans le cas des Bardes c'est "Somewhere Far Beyond" qui s'y colle. Avec des noms comme Piet Sielck ou Kai Hansen dans les parages, déjà présents sur les albums précédents, le quatuor sait s'entourer. Et le succès atteint paye par une signature chez Virgin, qui assurera au groupe un rayonnement international encore plus étendu. En témoigne l'album Live "Tokyo Tales" paru juste un an après.

"Somewhere Far Beyond" est la suite logique de "Tales from the Twilight World", continuant dans cette brèche mélodique au milieu du heavy speed ouverte par justement Kai Hansen et ses consorts, qui mènera vers ce qui est appelé aujourd'hui le power metal, ce descendant du heavy speed abordé avec un côté mélodique et parfois épique plus appuyé, poussant par la suite jusqu'à l'utilisation de claviers ou d'orchestres… J'en viens donc à un des points intéressants de cet album, en ce que le groupe s'est essayé à quelques parties orchestrales, chose peu commune encore à l'époque. Et le résultat sur l'épique "Theater of Pain" est bluffant. Les sons des cuivres et les violons se retrouvent imbriqués avec ceux des guitares électriques, sans avoir cette impression de superposition qui peut survenir. Le tout est très réussi, mais le groupe ne souhaite pas prendre cette direction orchestrale/symphonique (pour le moment), et ne reviendra dans ces eaux que bien plus tard, en 2002 avec la mythique "And Then There Was Silence", puis en 2010 avec plusieurs chansons de l'album "At the Edge of Time". J'ai précisé "pour le moment" car, quand j'écris ces lignes, un album orchestral serait dans les prochains projets du groupe…

Bref, mis à part cette incartade, le groupe nous gratifie de plusieurs brûlots speed dont il a le secret, désormais avec une qualité de composition et un niveau technique encore plus élevé que sur ses albums précédents. Que ce soit avec "Time What Is Time", "Journey Through the Dark", "The Quest for Tanelorn" ou "Ashes to Ashes", le groupe développe une musique relevant du speed metal de ses débuts, avec des passages endiablés où la guitare lead d'André Olbrich se déchaîne sur des rythmiques rugueuses et tranchantes de Marcus Siepen (curieusement crédité sous le pseudo "Magnus" sur cet album…), le tout sur des parties de batterie rapides à en perdre la tête. Le chant d'Hansi Kürsch s'y fait hargneux et agressif, et ne semble plus manquer de puissance comme ça pouvait être le cas auparavant. Toujours sur ces mêmes bombinettes, mais également sur l'album dans sa globalité, on notera l'utilisation de plus en plus fréquente de chœurs, non seulement pour les refrains mais aussi pour accentuer certaines parties d'Hansi Kürsch, et parfois donner une dimension épique, ce qui va bien avec les thèmes abordés. Sur "The Quest for Tanelorn" par exemple, le rythme se calme et les instruments s'effacent pour laisser place à un refrain mémorable. Cependant, l'accalmie est de courte durée et on retrouve des passages où les guitares lead partent dans des plans interminables, relançant la cavalcade, avec en prime un solo de Kai Hansen jouissif comme il n'en compose plus depuis des années... Même recette pour "Journey Through the Dark" qui vous fera perdre votre souffle mais où Hansi, lui, tient le coup admirablement.

L'une des chansons que l'on retiendra absolument de cet album, c'est le mythe "The Bard's Song - In the Forest". La chanson qui permet à Hansi de faire une pause pendant les concerts car désormais reprise par le public à chaque fois, qui fait partie de leurs plus belles ballades au même rang que les "Lord of the Rings" ou "A Past and Future Secret". Une mélodie entraînante à la gratte acoustique de Siepen et Olbrich, suivie par la voix claire de Kürsch, et le reste ne s'explique pas, l'alchimie est incroyable, l'auditeur est comme emporté à l'écoute de cette pépite. L'autre chanson de l'album se rapprochant d'une ballade, "Spread Your Wings", qui est pourtant loin d'être mauvaise, avec sa jolie ligne directrice au piano, est malheureusement dans l'ombre de La Chanson du Barde.

Le titre éponyme de ce "Somewhere Far Beyond", quant à lui, est un mélange, une synthèse de ce que le groupe sait faire, un morceau complexe aux changements de rythmes et passages lead mélodiques nombreux, au même titre que "Time What Is Time". On y retrouve une ambiance épique, portée par ces chœurs entraînants, cette batterie martelante et ces guitares vigoureuses. Et toujours le timbre si spécial de la voix claire d'Hansi qui se déploie notamment lors des pré-refrains plus calmes, tandis que le reste du temps c'est son chant crié et hargneux qui domine pour le plus grand bonheur de nos oreilles. A noter le passage de cornemuse qui s'invite au milieu du morceau et qui renforce le côté unique de la piste sur cet album.

Avec des titres à la fois directs et frappants, dans le meilleur de ce qui se faisait en heavy speed à l'époque de l'autre côté du Rhin, un sens de la composition qui parait inépuisable avec ces structures aux rythmes et mélodies multiples (et puis tous ces passages lead à tomber), mais aussi un talent certain pour les passages plus calmes et les ballades, Blind Guardian offre avec "Somewhere Far Beyond" un album qui confirme leur succès et fera décoller le groupe. Même s'il peut dans son ensemble montrer quelques petites faiblesses, comme le fait que plusieurs chansons soient semblables dans leur construction avec cette alternance couplet/passage lead ou solo, c'est vraiment sur cet album que le groupe à trouvé et affirmé son identité. Que ce soit le chant ou bien les instruments, chacun trouve ici le son qui fera dans les années à suivre de Blind Guardian un groupe unique et incontournable de la scène allemande. La production peut également paraître un peu fade par moments, manquant de relief et de force (chose amplement corrigée avec l'album suivant), mais la qualité de composition et d'interprétation déjà très haute compense ce point aisément.

Ce "Somewhere Far Beyond" est vraiment l'album de la confirmation, regroupant tous les ingrédients qui feront la réussite des quatre bardes teutons. Et ce, de manière encore parfois timide ou disparate, mais tout est là et, en tout cas, le groupe est désormais identifiable au milieu de la masse et ne cessera à chaque nouvel album de se remettre en question et d'évoluer. Une des clés d'une reconnaissance durable.

16/20.

10 Commentaires

14 J'aime

Partager

MightyFireLord - 05 Juin 2011: Le clip est beaucoup plus récent que l'album, il me semble qu'il est sorti en même temps que le EP "The bard's Song" de 2003. Donc la version du clip est la version réenregistrée du coup. Même si je t'accorde que ça fait partie des chansons infatigables ;)
EvilHarmony - 05 Juin 2011: J'avais complètement oublié le réenregistrement, mais justement il m'avait semblé entendre des différences avec la version de l'album, sans parvenir à les cerner, tout s'explique.

Mais je maintiens que même les autres chansons n'ont pas pris de rides :)
Brozzy21 - 29 Novembre 2014: Merci pour cette super chro Mighty, vraiment bien écrite !
Quand on parle de Blind Guardian, mon cœur vacille entre les morceaux speed comme sur cet album et les dernières productions plus orchestrales et variées, comme sur "At The Edge Of Time" que j'ai adoré.
witchfucker - 10 Mai 2017: Le meilleur Blind Guardian, selon moi.A cette époque la voix de Hansi ne me fatiguait pas.
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Chronique @ dark_omens

18 Juillet 2013

Avec cet opus, Blind Guardian, confirme son statut de groupe exceptionnel...

Chaque nouvelle œuvre de Blind Guardian est un pas supplémentaire vers une exemplarité évidente. Manquant de peu les éloges ultimes d’une reconnaissance glorieuse et pleinement méritée, les vertus, à peine entachées, d’un Tales from the Twilight World marquaient la formidable éclosion d’un groupe au talent immense et grandissant. De telle sorte que la délicieuse fébrilité ne pouvait que s’emparer de ceux qui, deux ans plus tard, acceptaient impatiemment cette nouvelle offrande des Allemands.

Il ne fallut d'ailleurs pas plus que les prémices délicieusement acoustiques, et délicieusement subtiles d’un Time What Is Time, avant que n’explosent littéralement les exceptionnelles qualités de ce Heavy rageur, composé avec un discernement hors normes. Et ce, surtout, lorsqu’on connaît l’incapacité parfois récurrente de la scène allemande à proposer d’autres visions que celle éminemment traditionaliste de son Heavy traditionnel, pour rassurer un auditoire crispé. Toujours encore animé de cette volonté éclectique, et "progressive", de nuancer son propos, Blind Guardian continue, dans l’idéal des fondements forgés sur son œuvre précédente, à composer une musique raffinée. Cette union, au goût d’une agréable plénitude, d’un Heavy agressif et d’une harmonieuse musicalité plus nuancée, ne peut que satisfaire pleinement nos sens. Sublimée encore par ces refrains évidents, fédérateurs, véritablement réussis et immédiatement communiants, l’œuvre prend ainsi une dimension remarquablement culte.

Ce statut, parfaitement mérité, s’exprime incomparablement sur des titres, que dis-je, des hymnes tels que les exceptionnels Time What Is Time, Journey Through The Dark, tels que l'excellent Quest For Tannelorn sublime au refrain superbe, Ashes To Ashes ou encore Somewhere Far Beyond. Dans l’esprit le plus ordinairement "Blind Guardien", ces morceaux essentiellement vifs et véloces enchaînent aussi des passages aux relents délicieusement mélodiques prononcés. Cet habitude évidente se trouve magnifiée par l’utilisation d’instruments inaccoutumés pour le genre tels les cornemuses sur Somewhere Far Beyond, ou sur son préambule instrumental The Piper’s Calling, mais aussi par certaines compositions à l’aspect épique souligné par des airs particuliers, d’inspiration médiévale pourrait-on dire, ou, encore une fois, l’usage d’instruments singuliers tels que sur les airs de The Bard’s Song : In the Forest.

Certaines versions de cet opus nous proposent de découvrir quelques morceaux supplémentaires. L'une d'entre elles comprend, en effet, une reprise de Queen, Spread Your Wings, incroyablement déplacée au milieu de cette atmosphère guerrière, ou encore un trop classique Trial by Fire, reprise extraite de l'album Court in the Act sorti en 1983 par le groupe Satan, ou encore une version classique de Theater of Pain, déjà préalablement présente dans une interprétation dont les différences avec la première apparaissent sinon subtiles, tout au moins superflues pour nous l’offrir à nouveau. Ces chansons sont autant de titres assurément inutiles. Ils alourdissant une œuvre qui, pourtant, était parfaite, mais ne sont, heureusement, pas de nature suffisante pour dissiper un plaisir démesuré.

Avec cet opus, Blind Guardian, confirme son statut de groupe exceptionnel. Véritablement indépendant au sein d’une scène créative germanique, qui l’eût cru, novatrice, le groupe s’affirme comme l’une de ses icônes les plus emblématiques.

8 Commentaires

3 J'aime

Partager

MightyFireLord - 18 Juillet 2013: @dark_o : merci, je n'en ai pas écrit depuis un moment car je manque de temps pour m'y mettre sérieusement, étant perfectionniste je n'aime pas lâcher une chronique faite à la va-vite...
Je comptais d'ailleurs un jour me lancer dans les chroniques des premiers albums de Blind Guardian, puisqu'alors ils n'avaient aucun texte conséquent sur leur page, finalement je suis content que ce soit toi qui t'y colles :)
theknot - 19 Juillet 2013: Très bonne chronique, merci. C'est mon préféré du groupe. Par contre je ne te rejoint pas quand tu parles des longueurs de l'album puisque tu mentionne uniquement les bonustracks, qui pour moi ne font pas partie de l'intégrité du disque, c'est juste en plus. D'autant qu'elles n'apparaissent pas sur le LP original.
dark_omens - 19 Juillet 2013: Remarque judicieuse. Tu as raison. Difficile de reprocher la longueur d'un album sur ses bonus tracks.

Je vais apporter quelques modifs à mon texte.

Merci pour cette précision.
hammerdave - 16 Novembre 2014: très bon album, je vien de le commender sur ebay en disque de vinyl, pour l' apprecier d'avantage.
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Commentaire @ Disarmonia

01 Décembre 2008
Ah quel bel album ! Il n'y a pas à dire, Blind Guardian est vraiment un groupe génial !
Dans la discographie du combo germanique cette galette est ce qu'on pourrait appeler un album culte (le terme cultissime étant, bien sûr, réservé à Nightfall in Middle-Earth !).
Plus mélodique que son prédécesseur Tales from the Twilight World, cet opus marque indéniablement un tournant dans la carrière du groupe qui commence vraiment à affirmer sa propre personnalité et à gagner en popularité (tiens, je fais des rimes !)
Riffs speed et percutants, guitares heavy, mélodies épiques, atmosphères médiévales, chant inqualifiable (une voix basse, puissante avec un timbre tout particulier), c’est ce que recèle Somewhere Far Beyond.
Les textes sont toujours aussi inspirés du bon vieux père Tolkien (ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre !) ce qui contribue à nous immerger totalement dans une ambiance héroïco fantasy ou se côtoient horribles dragons, courageux hobbits et nains hargneux (si possible gros, barbus et amateurs de bonne bière pour ces derniers !).
En fin de compte, un très bon album, contenant des morceaux aujourd’hui élevés au rang d’hymnes pour les fans du groupe (comme l’incontournable et merveilleux In the Forest !)

0 Commentaire

0 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire