Primal Fear

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Nom du groupe Primal Fear
Nom de l'album Primal Fear
Type Album
Date de parution Fevrier 1998
Labels Nuclear Blast
Enregistré à House of Music Studios
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album158

Tracklist

1. Primal Fear 00:34
2. Chainbreaker 04:24
3. Silver & Gold 03:13
4. Promised Land 04:24
5. Formula One 04:57
6. Dollars 03:58
7. Nine Lives 03:08
8. Tears of Rage 06:48
9. Speedking (Deep Purple Cover) 04:00
10. Battalions of Hate 03:50
11. Running in the Dust 04:38
12. Thunderdome 03:45
Total playing time 47:39

Chronique @ AlonewithL

14 Mars 2011

Une créature aux serres affutées et au bec carnassier est née. Et celle-ci prendra rapidement son envol

En 1995, Ralph Scheepers quitte la formation de power « Gamma Ray », en partie du à son éloignement du reste du groupe. Lui vivant à Stuttgart, les autres à Hambourg. Mais aussi du au fait que Scheepers a présenté sa candidature pour être le nouveau chanteur des « Judas Priest ». Peine perdue. Celui dont la voix était pourtant si similaire à celle de Rob Halford n’a pas été retenu par le groupe britannique. Ceux-ci lui ont préféré en 1996 Tim « Ripper » Owens, comme digne successeur (à leurs risques et périls). Ce n’est qu’à charge de revanche pour notre chanteur allemand. Il fondera par la suite ce qui va devenir son groupe, celui par lequel il sera reconnu comme un grand du power germanique.

C’est en 1997, que Scheepers et Mat Sinner, déjà bassiste et chanteur depuis 1982 de son propre projet, « Sinner », fonderont ensemble la formation « Primal Fear ». A ceux-ci s’ajouteront dans le sillage des deux hommes, Tom Naumann, déjà guitariste de « Sinner », et le batteur Klaus Sperling. Cette nouvelle association va très vite amener à la venue d’un premier album, simplement repris au nom du groupe et signé un premier temps chez le japonais JVC Records. Une seconde signature chez Nuclear Blast ira parfaire la diffusion internationale de ce premier chapitre. L’éponyme « Primal Fear » sort donc en 1998. Mat Sinner, en touche à tout, a tenu à personnellement s’occuper de la production de cette nouvelle créature.
Une créature aux serres affutées et au bec carnassier est née. Et celle-ci prendra rapidement son envol.

L’introduction de « Chainbreaker », le titre éponyme « Primal Fear », marque le réveil de l’oiseau cybernétique. Une très légère brise symphonique, vite entrecoupée de sonorités électro. Des ambiances modernes et robotiques que l’on retrouvera sur quelques entames au synthétiseur. Cet instrument particulier est à la fois tenu par Tom Naumann, Mat Sinner, mais aussi par le claviériste additionnel Frank Roessler. « Chainbreaker », en bête de combat libératrice, s’élance donc par des riffs crachant toute leur puissance de feu. La guitare lance quelques sons stridents au milieu de cette machine à compresser. Le chant de Scheepers donne de sa résonnance et fait vibrer avec énergie un morceau qui fait déjà pourtant dans un power/speed sans pitié, sans se soucier du nombres de cartouches. Sa voix deviendra plus étourdissante encore à l’arrivée du refrain. Un titre qui s’agrippera à la gorge et qui est dans la fibre de l’album « Painkiller » de « Judas Priest », tout comme « Battalions of Hate » ouvert lui par la voix de Mat Sinner, relayée ensuite par celle de Scheepers, tout cela au beau milieu de riffs rageurs et mécaniques qui en imposeront.

Outre cet heavy extrêmement rageur, on retrouve des titres d’une structure plus commune. Scheepers perd son ton énervé et s’exprime avec davantage de finesse sur l’hymnesque « Silver and Gold ». Les riffs et battements sont exécutés avec une impressionnante furie, mais sans ressortir la même brutalité que sur « Chainbreaker ». Même chose avec « Promised Land ». Le chant est neutre, pincé au cœur. La batterie est elle, bien perceptible et mise en avant, ce qui n’efface, pour autant, en rien le grondement orageux de la guitare.

« Primal Fear » prend un léger coup de vieux avec certains titres d’un heavy plus trivial en soi, mais toujours aussi efficaces. C’est-ce que l’on peut constater avec « Running in the Dust », agissant par vives secousses et un chant fonctionnant lui aussi par de brusques à coups. Un Scheepers que l’on pourrait sans problème confondre avec un Halford années 80. « Thunderstone » proviendrait pratiquement de cette noble époque. Les instruments se lancent dans une course folle. Cela prend du volume et de la vitesse. Course que Scheepers semble nous commenter en direct avec d’étonnantes prises d’adrénaline.

En évoquant les courses, on en vient directement au titre « Formula 1 ». Les instruments sont dans une branle que l’on pourrait croire maladroite. Puis ça s’élance nonchalamment, ça se déhanche de manière outrancière. Le refrain et surtout le milieu de piste, très harmonieux, agissent comme de grosses bouffées d’air. On y retrouvera au milieu des solis des 2/3 piste, un joué par Kai Hansen, invité pour l’occasion. L’ex-camarade et fondateur de « Gamma Ray » se fera à nouveau remarquer sur un soli du tout aussi nonchalant « Dollars ». Plus lent, plus outrancier, plus américain, avec des riffs plombés et freinés, en pleine contorsion. Le prestigieux guitariste s’occupera personnellement du solo de la superbe reprise de « Deep Purple », « Speed King » issu de l’album « In Rock ». Une reprise à la hauteur de l’original, mais avec un empressement calculé, qui vire à la folie pure.

En évoquant « Gamma Ray », on ferait étalage du titre « Nine Lives » comme un emprunt de l’ancienne formation de Scheepers. Les cordes deviennent plus expressives, l’ensemble saturé en mélodies furtives, plus dans la fibre classique du power. Et le chant si sec et crié de Sheepers se fait tout en harmonie et s’élève haut dans le refrain.
Une élévation, une transcendance qui aura son point mort sur le magnifique « Tears of Rage ». Ici la terre semble s’écrouler, la vie ne paraît plus se manifester. Une entame aux claviers et tout se meurt. Des coups de batteries tentent de ramener à la vie le corps. Un corps qui se ranime au fur et à mesure qu’apparait le chant ému et attristé de Ralph Sheepers. Là les images défilent, le son s’intensifie. Guitare et basse, à la moitié piste, croient la bataille gagnée. Ils lancent alors leurs cris victorieux. Mais Sheepers et l’ambiance ténébreuse, marquée des claviers ramènent tout le monde à la raison. C’est la mort qui prend finalement le trophée, silencieusement saluée par les symphonies timides des claviers. Le titre est un petit chef d’œuvre bien loin du power/speed et de la ballade classique. Se présentant comme une bribe de tendresse au sein d’un univers brutal, qui lui est bien représenté par toutes les autres pistes.

En 1997, « Judas Priest » avait présenté le très controversé « Jugulator ». Les détracteurs de Tim Owens ont parfois considéré que « Primal Fear » aurait du être la suite logique à « Painkiller », si le groupe avait choisi ce parfait imitateur vocal d’Halford qu’est Ralph Scheepers. Mais on ne refait pas l’histoire, Ralph a continué la sienne. Il n’est plus désormais dans un groupe d’emprunt, il est chez lui avec « Primal Fear ». Ce premier opus s’illustre comme le cri triomphant d’un aigle. Un cri qui aura par la suite plusieurs échos, jusqu’à se perdre quelque peu aujourd’hui.

17/20

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AlonewithL - 14 Mars 2011: En power mélodique s'en est pour le coup. Je savais que tu trouverais la voix un peu ado. Mais Ecliptica est un petit bijou de la discos. J'avais trouvé les opus Reckoning Night et Silence géniaux.
ZazPanzer - 14 Mars 2011: J'essaierai d'y jeter une oreille et de réécouter Ecliptica.
Vers 1999-2000, j'ai eu un énorme ras le bol des groupes prout prout que j'avais pourtant adoré comme Angra, Strato, Dream Theater et surtout Rhapsody que je ne peux plus blairer. J'ai fait un retour aux basiques à ce moment là, il faudrait peut-être que je retente.
AlonewithL - 14 Mars 2011: C'est une bonne résolution. Pas sur que ça marche néanmoins.
frankhammer - 31 Mai 2013: La voix de Ralf a tendance à me casser les baboules, m'enfin ça ne m'empêche pas d'avoir 6-7 cds du groupe (logique, non?).
Mais pour ma part, les premières fournées de Primal Fear m'ont fait l'effait d'un sous-Judas qui ne décolle jamais vraiment. Nuclear Fire est sans doute le meilleur puisque l'aboutissement de cette volonté de rendre hommage à "Painkiller" de-qui-vous-savez.
Le premier best-of est amplement suffisant pour se faire une idée des débuts de PF.
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Chronique @ dark_omens

26 Juillet 2013

Cet opus est un condensé de morceaux forts, témoignant de cette rigueur si typiquement teutonne...

La musique en particulier et l’art en général font partis de quelques uns de ces derniers bastions où l’on fait des choix professionnels essentiellement dictées par la passion. C’est Unleashed in the East des Anglais de Judas Priest et les talents de son chanteur, Rob Halford qui suscitèrent la vocation de l'Allemand Ralf Scheepers. Alors lorsque le Metal God quitte le navire britannique après de longue années, et surtout après avoir donné aux genres des albums magnifiques, dont notamment Painkiller, album culte s’il en est, Ralf est bien décidé à saisir cette opportunité que le destin lui offre. D’autant qu’il a su démontré, durant les années passées, rugissant au sein de différentes formations, qu’il pouvait avoir les qualités nécessaires pour assumer avec maestria la tâche qui serait la sienne, si d’aventure il était choisis. Et la besogne est ardue tant Rob a laissé une empreinte dans laquelle n’importe quel vocaliste de renom pourrait se sentir étriqué. Une ombre planante qui pèsera fatalement en défaveur de n’importe quel candidat. Mais Ralf Scheepers n’est pas un chanteur ordinaire, et Kai Hansen, qui le connaît, le sait mieux que quiconque. Lorsque Ralf envoie du matériel au management de Judas Priest, dont d’ailleurs les albums de Gamma Ray dans lequel tout deux officient, le guitariste apprécie moyennement car les deux hommes savent que les chances pour que Ralf devienne le prochain hurleur aux côté de Glenn Tipton, KK Downing, Ian Hill et Scott Travis sont plus que sérieuses. Or il ne peut être le chanteur du groupe saxon, et le chanteur du groupe britannique dans le même temps. Les deux décident de se séparer sans heurts.

Voilà donc Ralf libre, dans l’attente de passer cette audition promise afin de défendre ses chances. Une audition qui, en réalité, ne viendra jamais.

Après de longs mois d’attente, il finira par recevoir une lettre lui signifiant que malgré ses énormes qualités, il n’a pas été retenu. Sans réel projet sérieux et sous l’impulsion de Matt Sinner, renforcé de quelques musiciens teutons, ils forment alors Primal Fear.

Ce premier album éponyme sort, et nous offre dès l’entame de ce disque, après une courte intro, un Chainbreaker jetant les bases d’un Heavy Metal racé où les riffs, et la double grosse-caisse (dont on sait qu’elle est au Metal allemand ce que la tour Eiffel est à la capitale française), sont omniprésents. Difficile de nier l’évidente influence de Judas Priest, et ce dès ce premier vrai morceau ou on a l’étrange sensation d’entendre chanter Rob bien plus que Ralf. Un sentiment qui, fort heureusement, s’estompe un peu au fur et à mesure que les titres s’enchainent mais qui reste présent tant Primal Fear n’arrive pas réellement à se démarquer totalement du quintette de Birmingham. Ceci étant Chainbreaker, Silver and Gold, Formula One, Nine Lives sont des morceaux d’une efficacité assez exemplaire. Ajouté à cela un Promised Land au refrain énergique, un Speedking incroyable, reprise de Deep Purple où la voix du Ralf est un vrai régal, quelques mids-tempos bien construits tels que Dollars ou le très bon Tears Of Rage et vous obtenez un album de Heavy Speed Metal classique sacrément réussis.

Au final cet opus est un condensé de morceaux forts, témoignant de cette rigueur si typiquement teutonne dans laquelle la fioriture est souvent absente. On pourrait croire, si l’on était mal intentionnés que Primal Fear se contente d’appliquer les bonnes vieilles recettes maintes fois appliqués, sans y apporter la moindre nouveauté. Un constat qui ne serait pas totalement inexact. Toutefois là où le groupe se démarque c’est grâce au talent monstrueux de Ralf Scheepers qui maitrise sa voix dans les aigus de manière assez magistrale. C’est grâce aussi au soin apporté à la production pour rendre le tout très cohérent, puissant et contemporain. Et c’est grâce à la qualité de ces compositions.

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Hellsinner - 27 Juillet 2013: Très bonne chronique, qui semble confirmer mes avis sur Primal Fear. Je ne posséde que 16.6, je ne suis donc pas un expert sur le sujet, mais ta chronique est une véritable incitation à écouter cet album. Merci beaucoup !
MightyFireLord - 28 Juillet 2013: Les débuts de Primal Fear (comme beaucoup d'autres groupes d'ailleurs) sont autrement plus intéressants que leurs sorties plus récentes je trouve ;)
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