Iced Earth, groupe d'Heavy-Thrash Américain, fait partie de ces grands groupes qui existent depuis le milieu des années 80, et qui ont eu parfois des petites baisses de régimes et des périodes d'expérimentations dont les résultats ne furent pas toujours au rendez-vous. Ce fut, en ce qui nous concerne, le cas pendant la période 2001-2011. Malgré les bonnes compositions des albums marquants cette période, nous n'arrivions pas à retenir grand'chose après les écoutes d'"
Horror Show" (2001), de "Framing
Armageddon" et de "The
Crucible Of Man", la faute à une attention beaucoup trop portée sur le concept de l'album pour le premier, et à la multitude d'interludes titrés qui noient l'auditeur dans sa connaissance de l'album pour les seconds.
The Glorious Burden (2004), bien plus efficace avec un Tim Owens au top de sa forme (suite au départ de Matt Barlow, devenu policier après le 09/11/2001), s'il était très bon, souffrait d'un américano-centrisme assez gênant. Le tout était encore déstabilisé par le retour trop passager de Matt Barlow pour l'enregistrement et la tournée de "The
Crucible of Man". Ces albums étaient bons, mais tout n'allait pas bien dans le meilleur des mondes pour le groupe californien.
Mais en 2011, le miracle survint. Schaffer avait trouvé un petit chanteur, un certain Stu Block, qui parvenait à progresser rapidement, à chanter aussi aigu qu'Owens et reproduisait à la perfection les chants plaintifs de Barlow. Il semblait ravi d'être là, souhaitait y rester longtemps et participait aux compositions.
Iced Earth avait trouvé un frontman et abandonnait les albums à thème. "
Dystopia" renouait avec une structure d'album simple, des refrains efficaces et calibrés pour la scène, abandonnés depuis "
Something Wicked This Way Comes". Encore aujourd'hui, cet album est l'un de nos favoris, et n'a rien à envier à "
Dark Saga" ou a "
Something Wicked This Way Comes". En bref, nous attendions beaucoup de son successeur: "
Plagues of Babylon", sorti en janvier 2014. Sans forcément devoir faire mieux, la formation devait essayer de faire aussi bien... Le défi était de taille.
L'album sortit, et nous l'écoutâmes plusieurs fois pour préparer le concert du Trabendo. La pochette de l'album, avec le pharaon tenant en chaîne des pestiférés et la "lyric vidéo" de "
Plagues of Babylon" nous avait chauffé à blanc. Un refrain magnifique et parfait pour la scène, des riffs efficaces, des paroles sombres et profondes, une intro plongeant dès les premières secondes l'auditeur dans un état d'immersion avancée. Il convenait cependant de voir si les autres titres allaient être de cette trempe-là...
Il est difficile, même avec des mots très précis, de rendre compte de l'émotion qu'on peut ressentir à l'écoute d'un album, d'autant qu'elles peuvent changer en fonction des personnes et des humeurs de chacun. Mais nous croyons pouvoir l'affirmer : comme dans "
Dark Saga", dans "
Something Wicked This Way Comes" ou dans "
Dystopia", l'album possède pléthore de titres puissants et bons. Certains seront plus efficaces que d'autres sur scène. Nous citerons l'excellent titre éponyme, "
The Culling" et "
Peacemaker"(chanson sur les westerns), notamment pour leurs refrains des plus efficaces, travaillés, et calibrés pour être chantés sur scène. Certains préfèrent jouer la carte du point de repère, plutôt que celui de la répétition du titre dans le refrain pour marquer l'auditeur. On retient peu leurs refrains, mais bel et bien le riff ravageur de " Democide" répété sur tout le titre, le "Wahaha-Wahaha-Wahaha !" suraigu de Stu pour "Among The Living
Dead" et le growl de "Is This
The End ?" pour "
The End ?". Hélas, tous les titres ne se gravent pas aussi vite dans la tête de l'auditeur. "Cthulhu", "
Parasite" ou "
Spirit of The Times", pourtant très bons, ne se retiennent que très peu après l'écoute. Quant à la ballade "If I Could See You Now" qu'on peut aisément reprendre sur scène avec le groupe, elle n'atteint pas l'émotion d'"
End Of Innocence" ou de "
Question of
Heaven" qui sont mes préférées du genre, mais elle égale aisément "Watching Over Me", ce qui reste très honorable. Un grand nombre d'excellents titres, mais avec des qualités différentiables, donc...
Des titres inutiles, on n'en trouve finalement que sur la version "augmentée" de l'album, avec la reprise d'"Highwayman" (Jimmy Webb) et de l'"Outro", une énième piste où l'on entend le groupe parler et délirer ensemble. Ajouter Piet Sielck (
Iron Savior) qui insulte un jeu vidéo en allemand pendant 30 secondes à la fin de la chanson "Cyber Hero" (album "Megatropolis") avant de passer à la chanson suivante, ça nous avait bien fait rire, en grande partie parce que c'était cohérent dans la chanson et bien amené. Mais placé à la fin de l'album derrière une reprise, ça tombe complètement à plat et on finit assez rapidement par le supprimer sur son MP3 pour ne pas gâcher un si bon album en clôturant l'écoute par deux gros points négatifs...Ne vous sentez donc pas coupable de ne pas avoir la limited edition pour cet album...
That's useless !
Parlons enfin de la couleur générale de l'album. "
Plagues of Babylon" se place dans la continuité de "Distopia", que ce soit en termes de structure, de son, ou de thèmes abordés. Comme dans son prédécesseur, il s'agit d'hommes qui doivent se révolter contre un pouvoir oppresseur, génocidaire et manipulateur. Néanmoins, il laisse, contrairement à "
Dystopia", une ambiance plus noire, car les textes parlent moins d'hommes s'interrogeant sur le bien fondé de leur combat, comme dans ceux d' "
Equilibrium" où les personnages semblaient hésiter entre une vie sans sentiment mais apaisée grâce à un sérum envoyé par l'Etat, et une vie "humaine" soumise à des sentiments destructeurs comme l'Amour, la Haine, la Jalousie, l'Orgueil etc...Ici, l'accent est encore davantage porté sur les atrocités commises et la nécessité de résistance. Moins de philosophie, moins de ballades, des riffs plus Thrash et agressifs.
La "
Dystopia" était à
Iced Earth ce que l'
Utopia était à Thomas
More (philosophe anglais): Un succès. Puissent les pestes de Babylone, qui font aussi bien en terme d'aliénation et de souffrance, se propager rapidement dans le monde entier. Votre pharaon vous l'ordonne : offrez donc vos corps à la maladie, rendant Pasteur colérique et la Sécurité sociale impuissante...
Note : 16/20
Quitte à acheter du IE Je préfère prendre un des premiers que je n'ai pas encore.
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