Je ne remercie pas
Testament, vraiment. Cette rentrée metal 2025 est déjà assez blindée de grosses sorties, même en matière de thrash où pourtant les années récentes ont été plutôt pauvres. En quelques semaines, on a les retours dans les bacs attendus depuis trente ans de pointures comme
Dark Angel et
Coroner, et paf, le groupe de Chuck Billy déboule aussi avec un nouvel album. Leur précédent méfait "
Titans of Creation" , où même
Gene Hoglan était en mode sieste, ne m'avait pas emballé outre mesure, avec en plus un clip cartoon qui aurait pu passer entre deux épisodes de Pat' Patrouille. Alors que je pensais ignorer superbement leur nouvelle sortie, les deux singles, le thrash furieux de "
Infanticide AI" et le heavy et saccadé "
Shadow People" m'ont franchement donné envie d'écouter ce dernier né, et de le chroniquer, évidemment.
Les membres du groupe ont beaucoup valsé en quarante ans, mais on se rapproche d'un line-up idéal autour du chanteur Chuck Billy, avec la paire historique de guitaristes Alex Skolnick / Eric Peterson, le bassiste Steve Di Giorgio, et enfin Chris Dovas, à un poste où Louis Clemente, Dave Lombardo,
Gene Hoglan, Joey
Tempesta, Paul Bostaph, Jon Dette, Chris Kontos et j'en passe ont fait chauffer le siège du batteur. Intégré dans le groupe depuis 2023, le jeune Chris (vingt-six printemps) a auparavant joué avec
Seven Spires,
Vital Remains, Unflesh. Il possède aussi son propre projet DOVAS, un impressionnant melting-pot de black, de death et thrash, unis par une technique supersonique.
Le guitariste Eric Peterson, tout juste libéré de son divorce, et Chris Dovas se sont enfermés pour jammer et composer les morceaux de ce quatorzième album. Ce n'est qu'ensuite que Chuck Billy a pu préparer ses lignes de chant, un changement pour lui de ne pas le faire au fur et à mesure de la composition. Pour l'enregistrement, supervisé par Juan Urteaga, tout le groupe s'est réuni pour peaufiner les arrangements, Jens Bogren s'occupant du mixage.
Comme pour leurs albums précédents, c'est l'inévitable Eliran Kantor qui a peint la pochette, qui est carrément une version atomique de celle de "
Practice What You Preach". Ce qui est raccord avec leur label
Nuclear Blast Records, la boucle est bouclée.
Testament démarre à fond la caisse dès "For the Love of
Pain", en dispensant les riffs quatre étoiles sans compter, comme s'il en avait des tonnes en stock. La batterie thermonucléaire de Chris Dovas place le niveau très haut en sortant toute la panoplie rythmique, avec même des blastbeats sur les refrains, et aussi , hop, il en reste un peu, je vous le mets, sur un pont aux accords carrément black metal.
La base est sans surprise un thrash Bay
Area on ne peut plus classique, avec un niveau de déchaînement millimétré impressionnant, plus quelques teintes black assumées, un groove bien balancé, et des réminiscences heavy subtiles.
On pourrait dire l'oeil en coin que
Testament marche opportunément sur les plates bandes des anthologies de
Metallica,
Megadeth, ou encore
Exodus et
Slayer ; "
Witch Hunt" aurait pu être composé par Gary Holt... Le groovy "
High Noon" sent bon la poussière des cowboys de l'enfer,
Pantera, pour ceux qui dorment au fond. Dans l'exercice de la power balad acoustico-metallique où le groupe a déjà brillé par le passé (aaah, "The
Ballad" sur"
Practice What You Preach"), on a droit à une belle pièce aux accents symphoniques de plus de sept minutes, ornée de violons, ...comme
Metallica n'en fait plus.
Plus surprenant est le heavy metal d'airain de "Nature of the
Beast" plus Maidenien que nature (oups, je me répète), avec les harmonies et la basse qui vont avec : le pire est que ça marche, ce heavy aux stéroïdes est assez réjouissant !
Si j'ai cité beaucoup d'influences qui traversent le thrash de
Testament, la connection Peterson/Skolnick créée des harmonies typiques du groupe, associées au timbre unique de Chuck.
Même si
Testament reste égal à lui-même, un nouveau souffle l'anime avec l'arrivée de son jeune batteur, et ça s'entend !
Si la plus grande partie de l'album "
Para Bellum" défouraille de manière inspirée et fourmille d'idées, j'ai trouvé les trois dernières pistes un gros cran en dessous du reste, comme si le pilotage automatique s'était réenclenché tout seul. Dommage.
On sent qu'Eric Peterson s'est éclaté en composant les parties de guitare, ça n'a rien avoir avec les morceaux plutôt fadasses de l'album précédent. C'est percutant, efficace, et les intrications des deux épéistres sont aussi riches qu'étroites.
A force d'en mettre partout côté batterie, on dirait que Chris Dovas essaie de rendre la tâche impossible à d'éventuels successeurs, il n'y a guère que sur "Meant to Be" que le jeune loup a mis la pédale douce. Nul doute qu'il a insufflé du sang neuf, qui irrigue les morceaux.
Avec un des meilleurs bassistes du circuit -qui joue en fretless, il aurait été criminel de ne pas mettre la basse de Di Giorgio en valeur, même sur des morceaux brutaux comme "For the Love of
Pain" , et encore plus sur le solo de "
Para Bellum" où sa partie est complémentaire des harmonies des six cordes.
Sur ce disque, j'ai trouvé le chant de Chuck assez varié entre les vocaux thrash et death, et qu'il prend sa juste place dans chaque chanson. L'enchaînement de la ballade "Meant To Be", "
High Noon" et d'un "
Witch Hunt" dominé par les growls en tous genres en est une bonne illustration. Il y a quelques surprises comme ces harmonies de choeurs graves et aigus qui amènent le solo de Skolnick sur "
Witch Hunt".
Quel sursaut pour
Testament alors qu'il semblait hiberner dans un train-train déclinant : l'inspiration est revenue, boostée par la complicité créative de son compositeur et de son nouveau batteur : ça fait longtemps que le combo n'a pas affiché une telle forme. "
Para Bellum" réunit un peu le thrash d'école de "
Practice What You Preach" et la méchanceté de "
Demonic", avec une touche black metal qui rajoute encore en intensité. Le groupe ne s'est pas arrêté, mais c'est un retour impressionnant !
Merci pour la chronique, moi non plus je n'avais pas été emballé par le précédent album. Celui là remet les pendules à l'heure. Compos agressives et intenses sur les deux premiers titres, groove purement dans l'esprit Testament pour la suite puis une balade mélodique comme on n'en avait pas entendu depuis ccelle surLow. Cela permet de casser la linéarité et de rendre le titre suivant plus explosif.
Concernant la fin de l'album, je n'ai pas noté de baisse de qualité, plutôt un retour à des titres thrash plus classiques et rappelant les débuts. Le début flirtant parfois avec le black metal comme au temps de The Gathering.
Ce nouveau disque résume tout ce que Testament fait de mieux.D'ailleurs Le titre éponyme en est un excellent exemple. Il clot somptueusement l'album avec la même force que Ride sur Low et Ten Thousand Thrones sur Demonic (si on compte pas les minutes d'outro instrumentales de ces deux disqyes) ou Apocalyptic City sur The Legacy.
Avec Para Bellum Testament retrouve efficacité et inspiration avec de nombreux morceaux accrocheurs, je le trouve plus réussi que Titans of Creation ou Formation of Damnation.
Moi je trouve les derniers albums du groupe excellents depuis The gathering y'a rien à jeter je n'ai pas encore écouté ce dernier opus et si j'en juge par les différentes chroniques ça devrait me plaire.
écouté 2 fois pour l'instant, je le trouve plus plat que ce à quoi je m'attendais d'après les commentaires dans le sens où oui gros son, gros chant, batterie qui blast mais toujours un peu pareil d'un morceau à l'autre. Impression de monotonie comme datk roots of the earth auquel je trouve malheureusement qu' il ressemble avec un meilleur et plus gros son.
déçu car l'impression que le groupe réchauffe les vieilles recettes, la ballade par ex mais j'attends plusieurs écoutes avant de trancher
Après plusieurs écoutes il faut reconnaître que le groupe a voulu surprendre et c'est réussi de ce point de vue en tout cas il est moins trash classique que les opus précédents c'est assez varié et le chant de Billy plus extrême que d'habitude on n'avait plus entendu ça depuis The Gathering et par ailleurs les guitares sonnent plus modernes. Par contre la ballade est beaucoup trop longue déjà que ce n'est pas trop ma tasse de thé mais c'est 7 minutes assez ennuyeuses donc du coup ça donne un album qui ne manque pas d'idées mais qui ne va pas plaire à tout le monde. 15/20 pour moi.
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