Godspeed on the Devil's Thunder

Liste des groupes Black Gothique Cradle Of Filth Godspeed on the Devil's Thunder
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Nom du groupe Cradle Of Filth
Nom de l'album Godspeed on the Devil's Thunder
Type Album
Date de parution 28 Octobre 2008
Produit par Andy Sneap
Enregistré à Grindstone Studio
Style MusicalBlack Gothique
Membres possèdant cet album583

Tracklist

DISC 1
1. In Grandeur and Frankincense Devilment Stirs 02:27
2. Shat Out of Hell 05:03
3. The Death of Love 07:13
4. The 13th Caesar 05:35
5. Tiffauges 02:14
6. Tragic Kingdom 05:59
7. Sweetest Maleficia 05:59
8. Honey and Sulphur 05:37
9. Midnight Shadows Crawl to Darken Counsel with Life 08:58
10. Darkness Incarnate 08:55
11. Ten Leagues Beneath Contempt 04:58
12. Godspeed on the Devil's Thunder 05:36
13. Corpseflower 02:41
DISC 2 - SPECIAL EDITION
1. Balsamic and Anathema 06:05
2. A Thousand Hands on the Maid of Ruin 08:04
3. Into the Crypt of Rays (Celtic Frost Cover) 04:10
4. Devil to the Metal 06:17
5. Courting Baphomet 05:17
6. The Love of Death (Remix) 05:13
7. The Death of Love (Demo) 07:16
8. The 13th Caesar (Demo) 05:27
9. Dirge Inferno (Live) 06:45
10. Dusk and her Embrace (Live) 05:46
Total playing time 2:11:42

Chronique @ Hellboy27

15 Octobre 2008
Depuis quelques années déjà, les anglais de Cradle of Filth ne faisaient plus rêver grand monde, et semblaient condamnés à ne recevoir que rouleaux de papier toilette, cannettes, insultes et autres quolibets lors de leurs passages sur scène. Pourtant, voici sans doute l’album surprise de cet automne 2008, peut-être le meilleur de Cradle depuis leur tout premier que fut The Principle of Evil Made Flesh (1994).

En effet, on retrouve les rythmiques et le style général qui ont fait les beaux jours du groupe, et les déceptions affichées sur les albums Nymphetamine et Thornography seront vite dissipées et les mauvaises langues coupées.

L’ambiance générale du disque est d’abord incarnée dans sa riche pochette, magnifique, où s’entrecroisent la religion, le bucher, le démon, puis un personnage aux personnalités multiples, des thèmes toutefois classiques dirons-nous. A noter que l'album nous conte l'histoire de Gilles de Rais, alias Barbe-Bleue, aristocrate francais déclaré et exécuté comme hérétique au cours du XVème siècle.

Conditionnés par une excellente introduction mélodique et dramatique dont le groupe s’est fait une spécialité, avec notamment ce son de clavier si inquiétant, on est heureux dès le second morceau Shall out Hell, de retrouver toute l’agressivité et l’énergie dégagées par le groupe à ces débuts, donc adieu Nymphetamine et comparses, ici il n’est point honteux de parler de Black Metal, épique, pur et dur, étiquette souvent refusée au groupe en raison des précédents albums jugés moyens, et du fait que par sa réussite commerciale, Cradle n’est pas un groupe underground.

Quasiment l’intégralité des morceaux seront d’une beauté absolue, tous soignés de A à Z. On notera beaucoup de monologues en guise d’introduction, comme un enchevêtrement de personnalités, apportant chacun le fragment d’une histoire. Dani Filth nous surprend par ce regain de violence dans sa voix, les autres nous servent un instrumental irréprochable, et ce glorieux ensemble est servi par une production ahurissante.

On avait rarement connu cradle aussi convaincant dans ses compositions, les mélodies de clavier et de guitare étant d’une réelle fraicheur.

Parmi les très grands moments on notera les déjà cultes The Death of Love, le titre éponyme Godspeed on the Devil’s thunder, Tragic Kingdom, Ten Leagues beneath contempt, ou encore les très bons morceaux instrumentaux que sont Tiffauges et Corpseflower. Les excellentes guitares, un jeu de batterie soutenu, la voix métamorphosable de Dani Filth, tantôt basse tantôt aigue et torturée, et le célèbre clavier sont ainsi les grandes composantes habituelles.

Il demeure difficile d’isoler dans cet album le moins bon, car chaque morceau semble ici indispensable. Cradle of filth aura attendu quatorze longues années pour mettre au monde un digne descendant de The Principle of Evil Made Flesh. L’ensemble reste un album de Cradle, avec tous ses éléments habituels au rendez-vous, mais il est probable cette fois que même les plus réticents au Black Metal symphonique soient agréablement surpris, voire séduits.

Bluffant.

18/20

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Ryfalgoth - 24 Avril 2010: On ressent à travers cet album une véritable motivation de retourner aux sources bien que l'album n'est pas aussi marquant que les anciens. Mais ce qui est le plus notable c'est que mine de rien cela ressemble un petit peu à du Black, chose qui n'était pas le cas depuis bien longtemps malheureusement. Vocalement cela reste du bon Dani mais on ne retrouvera jamais ce chant extrème d'un Vempires ou un Dusk.
 
zvlorg - 29 Avril 2010: Cet album m'a littéralement sonné. Après un Thornography à moitié raté, (trop metalcore par endroit malgré de bons passages), Cradle revient au black metal, mais sans le côté gothique mielleux du pompeux Dusk And Her Embrace, sans pitié, mêlant la puissance de Nymphetamine (que j'ai aimé contrairement à pas mal de gens apparemment) et la somptuosité de Cruelty And The Beast, Godspeed On The Devil's Thunder est pour moi le meilleur album de Cradle Of Filth, tout y est réuni, les riffs acérés, à la fois froids et lourds, les claviers qui sortent de leur lethargie et contribuent à l'ambiance glaciale et macabre, ainsi que le chant impitoyable de Dani Filth, au sommet de sa forme après quelques ratés vocaux sur le précédent.
Constantine - 22 Octobre 2011: Mouais.... J'ai été deçu par cet album.
Je vais le ré-ecouter histoire de voir si j'arrive à l'appreçier vraiment...
Constantine - 06 Septembre 2012: En fait je n'ai jamais compris la comparaison entre cet album et le superbe Cruelty !
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Chronique @ Ebrithil

20 Octobre 2008
Haa, Cradle Of Filth .
Adulés à juste terme à leurs débuts (enfin... en tout cas, jusqu'à Cruelty & The Beast), puis (injustement ?) conspués depuis le début de ce millénaire, ce groupe fait clairement partie des groupes "metal" les plus controversés .
Pourtant, si le changement opéré sur Damnation & A Day, et à plus forte raison sur Nymphetamine (je n'aborderai pas le cas Thornography ici), avait de quoi désorienter les fans, le coté plus "heavy" de la musique du groupe n'avait rien de mauvais . Ce n'était plus du black, cela reste la seule certitude... le reste n'est que prises de positions (plus ou moins bien) argumentées .
Mais en cette année 2008, Dani nous dit avoir désirer, de par le parallélisme thématique entre ce nouvel album et celui de Cruelty & The Beast (celui-ci parlant, est-il besoin de le rappeler encore, de la Comtesse Bathory, et ce nouvel album parlant de Gilles "Barbe-Bleue" De Rais) un certain "retour aux sources"... il semblerait d'ailleurs que ce brave Dani se soit un peu emmêlé les pinceaux car dans une autre interview on l'entend dire qu'il avait désiré un retour aux sources, et donc avait décidé ce thème de Gilles De Rais... un peu embrouillé tout ça .

Mais, désir mercantile, nostalgie ou retour naturel aux sources, le résultat est là : ce Godspeed on the Devil's Thunder est clairement le plus "black" des albums de CoF (aucun rapport avec un certain Metallica mais bel et bien avec le style de musique...) depuis Midian .
De là à dire le meilleur, il n'y à qu'un pas, que je franchis allègrement .

Dès l'intro orchestrale, seule habitude jamais perdue par le groupe, on se sent en terrain connu... puis vient le premier titre de l'album, titre black comme CoF en pondait sans trop se forcer à l'époque... riff black (un peu trop répété sur la longueur...), chant étonnamment agressif (là aussi, le meilleur chant depuis Midian, on ne croyait plus Dani capable d'une telle agressivité), avant un retour sur le "refrain" (à vrai dire, juste un bref "shat out of hell") d'un coté plus accrocheur . Réussite toutefois .
Pour ce qui est du second morceau, que les abhorrateurs de Nymphetamine le zappent : si l'esprit CoF est bien là (ambiance black,intro parlée et clavier), un (magnifique selon moi...) chant féminin vient vite se greffer au chant de Dani, rappelant le morceau-titre Nymphetamine, en plus black cependant.
A ce stade-ci, il est bon de noter que les riffs particulièrement black signent également le retour fracassant du blast-beat... blast-beat également bien présent sur le morceau plutôt classique The 13th Caesar, très speed et se terminant sur des répétitions accrocheuses du nom de la chanson... à noter, toujours ces claviers omniprésents.
Tiffauges nous rappelle la beauté des interludes que CoF savait nous pondre à l'époque, avant que le déjà connu Tragic Kingdom ne vienne nous rappeler légèrement l'époque Thornography pour le chant et les riffs plus "accrocheurs", tout en restant extrêmement agressif (haa, ce retour de la batterie, quel bonheur !).

Le risque dans ce genre de chronique est de vite devenir répétitif, car on constate indéniablement la même chose sur chaque chanson : des riffs plus black que tout ce que CoF ne nous proposait depuis 2000, un chant étonnamment agressif sans atteindre le niveau de Midian et Cruelty & The Beast, des chansons toujours accrocheuses (on sent que le groupe a évolué et retenu des leçons de sa période Nymphetamine) mais terriblement black .
Et le tout sonne bien . Très bien . Que ça soit dans les riffs, le chant, le retour du clavier et des ambiances symphoniques, le coté très "narratif" de l'album (on rentre très vite dans cet univers sombre qu'est celui de Barbe Bleue)... tout est une réussite dans cet album, si on reste relatif compte tenu du fait que Godspeed on the Devil's Thunder n'est peut-être pas le chef d'oeuvre qu'était Cruelty & The Beast .

Si cet album ne suffit pas au groupe pour reprendre son trône de roi du black metal symphonique, c'est à n'y rien comprendre... reste à voir si la période Thornography et ses shows décevants à l'avenant de l'album n'auront pas eu raison de la popularité de Cradle Of Filth .

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nightmare34 - 23 Octobre 2014: Très bonne chronique. C'est aussi dans mon adolescence, avec cet album plus ou moins, surtout un de ses titres, que je me suis converti au Metal.
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Chronique @ Lunuy

07 Septembre 2011

Un retour en force ? Vraiment ?

La bande à Dani, chapitre IX

D’année en année, Cradle of Filth n’aura cessé d’évoluer, poussé par son frontman et leader à toujours sortir un album différent du précédent, et ce en dépit du problème récurrent des changements de line-up. Si cette prise de risque est tout à fait honorable, il n’en demeure pas moins que les années 2000 ont vu les productions du groupe s’avérer plus inégales que les précédentes.
Après l’orchestral et ultra-ambitieux Damnation and a Day, Bible noire personnelle de Daniel L. Davey ; après l’overdose Thrash mélodique correcte mais un brin longuette (et insipide) de Nymphetamine ; après l’archi-controversé épisode de Thornography (ou « quand Dani rencontra le Heavy mainstream »), le groupe annonce en 2008, dix ans après Cruelty and the Beast, un nouveau concept-album biographique. En effet, quoi de mieux pour Cradle afin de renouer avec ses racines black mélodiques (et au passage, changer de look sur scène) que de sortir le grand jeu en narrant « son conte le plus malsain [écrit] jusqu’à présent » ? De l’opportunisme flagrant ? J’y reviendrai.


I – Un peu d’histoire médiévale... (si vous y êtes allergiques, sautez ce chapitre !)

Né en 1404, le baron de Rais a dans sa prime jeunesse été tour à tour le pion de sa famille et un politicien aussi habile que brutal. En 1422, il a su ajouté à son domaine par moult manœuvres parfois violentes (dont des mariages sans lendemain mais bien dotés et le refus de se conformer à la justice royale) plusieurs seigneuries et forteresses de Bretagne, Anjou, Maine et Poitou autour de la Loire.
Il faut dire qu’à cette époque le gouvernement central du royaume était au bord du gouffre : d’abord fragilisé par la folie de Charles VI, puis déchiré par une guerre civile opposant les Armagnacs et Bourguignons, et enfin le retour de la guerre avec l’Angleterre et les chevauchés du roi Henri V de Lancastre qui défit brillamment l’armée française à Azincourt en 1415 avant de conclure cinq ans plus tard à Troyes un traité avec la reine Isabeau de Bavière visant à déshériter son propre fils Charles, livrant ainsi le trône de France à la couronne anglaise. Malheureusement pour la « perfide Albion », la résistance du « roi de Bourges » et les morts prématurées d’Henri V puis Charles VI en 1422 ne permit pas la réalisation du traité.
Dans ce contexte, la cour royale et le Parlement de Paris avaient parfois bien du mal à trancher les multiples cas litigieux existant entre les seigneurs de l’Ouest de la France dont les conflits familiaux ou féodaux étaient monnaie courante depuis le début de la guerre de Cent Ans ; citons, entre autres, l’âpre querelle dynastique entre les maisons de Blois et de Montfort concernant la suzeraineté du duché de Bretagne.

Tout ceci pour dire qu’intrigues et luttes de pouvoir ont pavé la vie du sire de Rais. Parmi les grands seigneurs de l'Ouest, il fut de ceux qui ne prit pas partie pour l'Angleterre ou ne chercha pas à faire alliance avec elle. Il eut l’occasion de participer durant deux ans à de grands combats contre les « Anglois », sous la bannière de Charles VII (1429-1430 ; Orléans, Patay, Reims...) et de devenir pour un temps maréchal de France. Mais pour un temps seulement.
Les disgrâces vont en effet s’accumuler pour Gilles de Rais, criblé de dettes, et une fois retiré sur ses terres dans son château de Tiffauges (ou dans d’autres, mais ça c’est du détail !) il sera de nouveau impliqué dans des querelles territoriales (comme tout gentilhomme guerroyant qui se respecte) jusqu’à ce qu’il soit arrêté en 1440. Doublement jugé à Nantes pour d’une part hérésie, évocations des démons, pratiques magiques et sodomie, et d’autre part, félonie envers son suzerain (le duc de Bretagne), enlèvements et meurtres d’enfants, il fut condamné à mort puis pendu le 26 octobre.
Quant à savoir si ce triste sire n’a finalement été que la victime d’accusations portées par ses ennemis (dont des membres de sa propre famille) afin de se débarrasser de lui et s’emparer de ses terres, c’est un débat qui continuent de diviser les historiens.

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II - Un concept-album prometteur...

Une fois n'est pas coutume, voici donc qu’entre (en scène) un personnage masculin central dans l’univers érotico-morbide et tragique du combo britannique - même si cette figure avait déjà utilisée par Dani dans certains de ses précédents textes de chansons (ex : " Lord Abortion "). Si l’on regarde sa biographie ou, pour être plus exact, le mythe qui l’entoure, le personnage est en effet un très bon candidat : le temps passant, la légende noire a grossi les traits du sire de Rais, connu de son vivant pour ses expériences d’alchimie, sa relative laideur physique et son caractère difficile, ainsi que la noirceur et l’étendue de ses crimes au point d’en faire le digne ancêtre spirituel du Barbe-Bleue de Charles Perrault.
Est-il besoin de dire que ce Godspeed... traite plutôt de cette version romanesque et haute en couleur de l’histoire, tissée bien après la mort de l'intéressé, dont l’invérifiable complicité qui aurait existé entre ce baron breton et son illustre contemporain Jeanne d’Arc ?

Pour dévoiler toutes les (noires) facettes de Gilles de Rais, ce neuvième effort studio du combo ne manquent visiblement pas d'atouts : assez complexes, bon nombre de compositions se veulent aventureuses ; les morceaux sont variés ; les interludes narratifs très graves de Doug Bradley, interprétant Gilles de Rais, sont somptueux et les instrumentaux ne sont pas en reste. Bien que seul guitariste, Paul Allender s’en tire avec les honneurs dans ses rythmiques thrash ou heavy et le jeu de batterie de " Marthus " Skaroupka est très précis.


III – ... qui pêche par trop d'ambitions ?


Néanmoins, on sent très vite que quelque chose cloche.

Alors que le groupe semble inlassablement jouer la carte du retour à une musique plus brutale, via de nombreuses accélérations et attaques de blast-beats, et user de progressions orchestrales ou de claviers qui auraient trouvé leur place sur Midian ou Damnation and a Day (sans compter Sarah J. Deva, il y a quand même 9 choristes qui officient sur l’album !), la plupart des morceaux n’arrivent pourtant pas à créer une atmosphère durable.
Pire encore, ils perdent vite de leur impact : l’ancien souffle de Cradle s’en est allé, brisé par une volonté d’en rajouter toujours plus avec des arrangements multiples, en particulier des coups de semonces criards du chanteur. Ce qui aurait pu être une force devient une faiblesse à cause d’un collage laborieux des chœurs, des claviers et des éléments « métalliques », élevant des murs massifs mais fort peu attrayants et, disons-le clairement, archi-pompeux. À ce niveau, ce n’est plus l’album mais les parties des compositions elles-mêmes qui sont très inégales.

Parmi les titres se voulant brutaux et sur-dosés mais qui ratent leur cible : l’entrée en matière " Shat Out of Hell ", " Sweetest Maleficia " ou le titre éponyme placé en dernier. " The 13th Ceasar ", quant à lui, répète sans cesse dans sa deuxième partie les mêmes paroles et finit par lasser. La grosse louche de riffs mélodiques en fait tout droit tirées de Nymphetamine (comme sur la piste 11) ne marchent qu’une fois sur deux.

Outre le fait que l'on retrouve des plans déjà usés, mais ici en beaucoup moins bien, sur les précédents albums, un autre grand point noir inonde ce Godspeed : les " shrieks ". La voix n’étant, semble-t-il, pas (trop) trafiquée par le studio, on pourrait s’attendre à une violence « sans commune mesure » mêlée à un certain lyrisme grâce à sa spontanéité... mais tout ceci tombe à plat et en devient même carrément désagréable en raison des cordes vocales décidément bien mal en point de Dani. Sans aller jusqu’à dire qu’il gémit plus qu’il ne crie, il est toutefois difficile de l’apprécier dans ses assauts vocaux sans concessions. Conséquence, l’émotion que pourrait susciter l’écoute en pâtit.

Dans le lot des morceaux dont la qualité évolue en montagnes russes, " Midnight Shadows... " et " Darkness Incarnate " remportent ex æquo la palme, ce qui n'est pas très étonnant, vu que ce sont les titres les plus longs et progressifs. Malgré des ponts difficiles et des passages virant à la surenchère gratuite de sonorités, plusieurs moments rehaussent (trop tard, hélas) leur côté dramatique : leurs breaks centraux et leurs fins. Pour le premier, un piano lugubre ; pour le second, la voix grave de Dani et la basse saturée de David Pybus se répondant ainsi qu’une inquiétante lamentation d’enfant – le rôle de " Child Victim " étant joué par une certaine Luna Scarlett Davey...


Heureusement, certains titres sont plus réussis... et ce sont ceux où les vocaux principaux sont assez supportables ou trouvent leur utilité (j’en rajoute une couche sur le chant torturé/criard ? Je l’assume !).
" Tragic Kingdom " et le choral "Honey and Sulphur" ne sont pas foncièrement originaux mais arrivent parfaitement à tenir en haleine. Sinon, quitte à passer aux yeux de certains pour une personne aux goûts étranges, je retiendrai aussi le single " Death of Love ", middle-tempo groovy très équilibré et touchant.

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Pour en terminer, revenons à la question que j’ai laissée de côté au début : opportuniste cet album ? Cela mérite d’être posé quand on sait le parallèle qui peut aisément être fait avec Cruelty and the Beast en plus du coup de l’autocollant " Cradle of Filth return with their most evil tale yet " scotché sur le devant du boîtier de ce Godspeed...
Si je mets de côté ce point d’irritation, un mot seulement me vient à l’esprit pour résumer mon ressenti sur l’ensemble : décevant. Une demi-surprise.

11/20


NOTA BENE :
En ce qui concerne l’édition spéciale à deux CD, il ne faut pas s’attendre à quelque chose d’extraordinaire même si le long instrumental " A Thousand Hands on the Maid of Ruin" est une bonne pièce. Je passerai sous silence l’inutile remix " The Love of Death " et la poussive reprise du mythique morceau de Celtic Frost " Into the Crypt of Rays "...

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Commentaire @ Pentaclis

25 Octobre 2008
Un nouveau Cradle ? Vraiment ? Je dois y jeter un oeil. Je vais tout de suite acheter l'album, ayant déjà vu l'artwork démarquante qui inspire la confiance et qui a les mêmes teintes que Midian. Donc, peu de temps après avoir acheté le disque, je l'écoute. Sa première écoute m'a contrarié car les commentaires laissaient croire que c'était le retour aux sources et que parfois, dans certaines chansons, la nostalgie faisait revivre un peu de Dusk ou de Cruelty parmi la voix. J'ai dû le réécouter attentivement sans arrêt, et avec analyse réceptive, j'en suis venue à une conclusion : Le retour n'est pas véridique. Et cet album est le mélange d'un Nymphetamine plus hard que l'original et d'un semi Midian. Cessons les vaines affirmations, car pour le groupe, l'espoir n'a pas fait son effet et même si les cris sont un peu mieux que dans Thornography, ils restent dignes d'un épuisement baroque et traumatisant d'une voix en puberté retardé et d'une épiglotte cartilagineuse toujours trop relevé.

Autre chose : Où est passé ma Sarah Jezebel Deva ? La belle voix travaillée ? À-t-elle vraiment laissé place à une voix fade, sans saveur et exercé par le biais de la faciliter ? Sans oublier quelques voix à la Luciano Pavarotti embarquant par-dessus celle de Dani Filth, ce qui donne un effet imposant et bordélique. Les voix ne sont même plus rauques, aigus, elles sont ridiculement satiriques. C'est surtout les pleurs de Dani qui rendent cet album comme une rigolade caustique. Ce dernier gémit plus qu'il n'hurle et sa voix suit parfois trop la mélodie et les rythmes de la batterie, ce qui rend certaines chansons, pas simplistes, mais banales.

Je peux parfaitement remarquer que Tragic Kingdom a été la première parution pour une raison : C'est celle qui ressort le mieux du lot et qui a le plus de distinction. C'est clair, ils ont essayé de refaire quelque chose de surprenant, ils ont presque réussi, mais, ce n'est pas assez. Le studio fait bien des miracles et Cradle nous le prouveront en live. Dani est épuisé et il ne suit plus ses musiciens, qui eux, sont totalement rendues à un autre niveau, un peu plus travaillé, dommage.

Donc, un retour en forces ? Pas vraiment. Vous voulez un grand retour ? Metallica en ont fait un avec Death Magnetic. Cradle, eux, n'ont fait qu'enfoncer le deuxième pied dans une tombe énormément creuse. Les funérailles glorieux et mélancoliques de Cradle Of Filth ont eu lieux en 2003 et comme tout le monde en est conscient, seul Jesus ressuscite les morts, mais il est déjà mort depuis deux millénaires.

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deviat - 17 Septembre 2009: bien d'accord "damnation and a day" est superbe bien que pas trop long à mon gout. Dire que des albums de plus d'une heure ne se vendent pas bien parce que c'est trop long, je trouve ça con -_-
Ryfalgoth - 24 Avril 2010: Je suis d'accord pour dire que vocalement c'est moyen comparé à son style vocal de Dusk, Vempires ou Cruelty. Dani donne un peu l'impression qu'il est essouflé ( cigarette probablement ).
Mais le gros atout de cet album réside dans la somptueuse ambiance créée par les claviers mais également grâce à des riffs qui ressemblent un petit peu plus à du Black, un bon batteur.
Goneo - 07 Juin 2010: Je suis d'accord avec Pantaclis, cette album est loin d'être bon, ya plus comment dire, d'émotion ou une âme frissonnante, enfin le truc qui avait dans "dusk ... and her embrace". L'album passe, et un sentiment de vide me traverse, malgré tous les grisgris de Cradle. 10/20
zarkhan - 23 Août 2010: Je partage en grande partie l'avis de Pentaclis même si je serais moins sévère concernant Godspeed. Il est loin de briller avec le même éclat par rapport à ce qu'ils ont fait par le passé, mais reste assez agréable avec de très bon passages (et non morceaux). Ce qui me gêne, c'est encore ce manque réel d'émotions et de profondeur. Je ne sais pas mais je trouve le groupe beaucoup moins impliqué sur le travail des détails. Et les arrangements sont pas géniaux et sonnent vraiment logiciels de MAO (Symphony of Voices et Symphonic Orchestra ). Il manque un(e) claviériste à plein temps, c'est flagrant.
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Commentaire @ lucifred

01 Décembre 2008
J'attendais avec impatience la sortie du nouvel opus de COF, comme à chaque fois, même si l'idée d'un concept album m'inquiétait quelque peu. Il faut dire que je suis resté sur ma fin avec le plus que moyen "Nostradamus" de Judas Priest, que je vénère par ailleurs.

Je voudrais également préciser, n'en déplaise aux fans de la première heure, que je ne déteste pas "Nymphétamine" et "Thornography". Le fait est que je ne suis pas fan de Black Métal pur et dur type Burzum ou Gorgoroth. Et c'est peut-être pour cela que j'adore COF : c'est du Black mais c'est beaucoup plus riche, varié et technique.

La presse spécialisée a par ailleurs "vendu" ce nouvel album comme un retour à la période "Cruelty and the Beast". Ça tombe bien, c'est mon album préféré.

Il faut plusieurs écoutes afin de vraiment rentrer dans cet album. Mais ce qui m'a tout suite marqué, c'est le retour d'un son plus Black Métal, en particulier sur de nombreuses parties de batterie. Quel frappeur que ce Martin SHAROUPKA ! Il imprime un rythme et une densité énormes, tout en alternant avec des passages plus heavy. Respect.

Après une superbe introduction symphonique, mettant en place le décor tragique et oppressant de l'histoire, "Shat ouf of Hell" démarre sur les chapeaux de roue. Le rythme est soutenu, les riffs puissants et la batterie énorme. En entrée de concert, ça va saigner...

Hélas l'effet s'estompe rapidement avec le très étonnant "Death of Love". Les détracteurs du groupe vont s'en donner à cœur joie. Le rythme s'en trouve brisé. Cela ressemble à "Nymphetamine" en plus mièvre. Mais pourquoi l'avoir placé si tôt dans la set-list? Dommage.

Heureusement, cela repart de plus belle avec "The 13th Caesar", plutôt péchu malgré un refrain que je qualifierais de trop "commercial".

Le superbe "Tiffauges" (mais comment font-ils pour créer à chaque fois de nouvelles ambiances aussi magnifiques?) introduit une des 3 chansons phares de l'album, "Tragic Kingdom", dotée d'une entrée surpuissante et de changements de rythme fort agréables. Et puis qu'ouïs-je? Un solo de guitare, suffisamment rare pour être souligné. Car de mémoire, le seul qui précède se trouve sur "Tonight in Flames". Nouvelle tendance?
Cela se pourrait bien, car ils remettent ça sur "Sweatest Maléficia", titre accrocheur dont la fin est carrément énorme.

"Honey and sulphur" est la 2ème bombe de l'album. Les chants en intro sont superbes, le batteur énorme et la voix de Dani déchirée à souhait. L'alternance Black/Heavy plus ou moins rapide en fait pour moi un hit.

Arrive ensuite un triptyque que je qualifierais de moyen : "Midnight Shadows Grawl to Darkness Councel with Life" rappelle les plus mauvais passages de "Thornography", quant à "Darkness Incarnate" (plus rapide) et "Ten Leagues Beneath Contempt" (plus lente), je les trouve quelconques, manquant de profondeur.

Cela ne gâche pas le final néanmoins, car "Godspeed on the Devil's Thunder" enfonce le clou par son intensité. C'est le 3ème moment fort de l'album, mon préféré en tout cas, "Corpseflower" clôturant magnifiquement l'ensemble.

En conclusion, c'est du bon COF, avec une énergie Black retrouvée, des compositions d'une densité remarquable. Le concept autour de Gilles de Rais, avec une mention particulière à la pochette et au livret (remarquables), colle parfaitement à l'univers COF. Dani s'y montre très accrocheur, le nouveau batteur est au RDV et les passages symphoniques créent une ambiance malsaine comme jamais.

Le moins bon réside dans certaines compositions trop éloignées de leur style original, trop "commerciales", même si j'adore certaines chansons des 2 albums précédents, honnis par les puristes ("Gilded Cunt", "Nemesis", "Mother of Abominations", "Dirge Inferno", "Tonight in Flames"). Je trouve également qu'il manque LA chanson, celle qui met tout le monde d'accord, à l'instar d'un "Cruelty Brought Thee Orchids".

Quoi qu'il en soit, je lui met un bon 17/20, car encore une fois j'admire leur créativité sans cesse répétée. C'est une nouvelle pierre à l'édifice COF, tout à fait digne de la richesse de leur œuvre et de leur talent.

LUCIFRED

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