Destiny

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Nom du groupe Saxon
Nom de l'album Destiny
Type Album
Date de parution 20 Juin 1988
Style MusicalHard FM
Membres possèdant cet album182

Tracklist

Re-Issue in 2001 by Axe Killer records with 3 bonustracks.
Re-Issue in 2010 by EMI Records with 6 bonustracks.
1.
 Ride Like the Wind (Christopher Cross Cover)
 04:28
2.
 Where the Lightning Strikes
 04:18
3.
 I Can't Wait Anymore
 04:24
4.
 Calm Before the Storm
 03:52
5.
 S.O.S.
 05:52
6.
 Song For Emma
 04:46
7.
 For Whom the Bell Tolls
 03:54
8.
 We Are Strong
 03:55
9.
 Jericho Siren
 03:37
10.
 Red Alert
 04:32

Bonus
11.
 Live Fast Die Young
 
12.
 Rock the Nations (Live)
 
13.
 Back on the Streets (Live)
 
14.
 I Can't Wait Anymore (12 Mix)
 04:51
15.
 Rock the Nations (Live)
 04:43
16.
 Broken Heroes (Live)
 06:07
17.
 Gonna Shout (Live)
 04:40
18.
 Ride Like the Wind (Monitor Mix)
 04:26
19.
 For Whom the Bell Tolls (Monitor Mix)
 03:58

Durée totale : 01:12:23



Durée totale : 00:00


Chronique @ AlonewithL

08 Juin 2011

L’œuvre, sans être pour autant bâclée, était destinée à finir au fond d’un entrepôt.

Nous sommes en 1988. Le glam metal et le hard fm atteignent ensemble leur firmament. Les « Mötley Crüe », « Bon Jovi » et autre « Europe » deviennent les groupes du moment, attirant tous les regards. Cette explosion de frasques et de paillettes, plus exposée aux projecteurs et aux médias attisera la curiosité de certaines grandes formations, peu habituées au style, il faut bien le dire, et souvent à leur grand dam. « Celtic Frost » par exemple paiera cher cette adhésion au glam metal avec la sortie de son très controversé « Cold Lake », vécue comme une véritable trahison par les fans. « Saxon », déjà en grand manque d’inspiration paiera lui cher la sortie de son hard-fm « Destiny ». On ne parle néanmoins pas pour ce dernier de trahison comme pour « Celtic Frost », le décalage n’est pas aussi brutal. Cependant « Saxon » perdra immanquablement en popularité et atteindra le fond de sa carrière. Quelques changements sont à noter sur cet album: le remplacement du batteur Nigel Glockler par Nigel Durham, et le premier vrai album de « Saxon » avec le bassiste Paul Johnson, qui fit son entrée en 1986 suite au départ de Steve Dawson, mais n’avait pu participer à l’enregistrement de « Rock the Nations ». Curieusement « Destiny » n’est pas à proprement parler le pire album produit par le groupe, mieux qu’un certain « Rock the Nations », pour ne pas le nommer, qui avait quelque peu remué du vide. L’œuvre, sans être pour autant bâclée, était destinée à finir au fond d’un entrepôt.

C’est sur la reprise d’un titre pop que l’album va débuter. Choix étrange, qui aura certainement du interpeller l’auditeur de l’époque. Le placement en piste 1 d’une reprise n’est déjà pas chose courante. De plus « Saxon » réinterprète ici un titre du premier album du chanteur américain Christopher Cross, « Ride Like the Wind ». Un pas mauvais choix en vérité. Le morceau est repris avec une étonnante vigueur. La robustesse des guitares et les claquements de batterie aidant. On sent le chant de Biff Byford transcender le morceau. Ce placement en tête d’album se justifiera à l’écoute de la suite de l’opus. C’est en réalité son morceau le plus efficace. Une reprise, pas des plus évidentes à assumer, qui restera pour autant la meilleure et la plus connue des reprises faite par « Saxon ».

« Rock the Nations » nous avait déjà convié à une certaine évolution au profit d’un son acidulé dans la musique de « Saxon ». Le résultat en était d‘ailleurs particulièrement mitigé. Fini le heavy metal, place au hard rock. Mais un hard rock encore plus policé que sur son précédent. En témoignent « Song for Emma » co-écrit avec le nouveau producteur du groupe, Stephan Galfas (qui ne restera le temps d’un album), ou encore « We Are Strong », qui embrassent tous deux, avec beaucoup d‘allégresse la mode Jump-The Final Countown. Un hard fm, bien nappé par les claviers joyeux et vivifiant de Steven Lawes-Clifford. Un « Saxon » méconnaissable et ostensiblement kitch méduse l’assistance. Ce n’est pas pour autant dénié d’efficacité, bien au contraire. On a ici droit à de superbes refrains, même si la trop grande influence aux sonorités les plus kitchesques de « Van Halen » reste flagrante.

Au beau milieu de cela, la formation nous donnera droit à des titres plus tempérés, toujours dans cette fibre hard fm. Un tel dosage semblerait bien réussir à la ballade « I Can’t Wait Anymore », maintenu par la grande Performance de Biff Byford. Quant à la musique de celle-ci, elle se contente de débiter son eau de rose pour faire tourner le moulin. Mais quand « Saxon » agrémente ce hard fm à des tonalités plus rock, ce n’est plus pareil. La surprise fait doucement place au dépit, à la frustration. Des morceaux comme « Where the Lightning Strikes » ou « Calm Before the Storm » mourront à petit feu suivant l’écoute. On ne sent plus la moindre envie de la part de Biff Byford. Au contraire, un morceau comme « SOS » se montrera globalement plus inspiré. On tient un bon rythme, quelque chose de bien percutant, avec de vrais moments forts sur les refrains, si ce n’est que ça s’épuise aussi très vite. De plus le chant manque véritablement de motivation. On pourrait avoir l’impression que celui-ci est récité, totalement dépassé par la musique. Hormis un certain retour aux sonorités heavy, « For When the Bells Tolls » est un titre mal fichu, abusivement déconstruit. Bancal aussi bien au chant qu’à la musique, tournant en rond, cherchant à se frayer une sortie. L’un des premiers titres co-écrit avec Paul Johnson est un ratage complet. Bazar sur le plan des guitares, laid. On pourrait même douter de leur niveau technique.

Tout autre chose avec les deux autres titres que sir Johnson nous a co-écrit (même s‘il sera encore bien difficile de placer un hourra). Là « Saxon » attaque par la voie des airs et bombarde. Un rythme percutant, cogneur et stimulant prendra place dans le cockpit de « Jericho Siren ». Quelque chose de plus relevé, qui finira, à force de répétitions, par sentir le réchauffé. Le vrai pilonnage en bonne et dûe forme aura lieu sur « Red Alert ». La cadence s’emballe ici entièrement. Même si le refrain sonne plat, on sent véritablement monter l’adrénaline. Ce morceau finira comme son prédécesseur. Privé de véritable moment fort, « Red Alert » perdra indubitablement en efficacité.

La version de l’album sortie en 2010 fera figurer comme souvent des titres bonus bien inutiles. Rien de proprement nouveau, ni de très intéressant. Il y a inclus notamment trois titres live. « Rock the Nations » au Hammersmith Odeon de Londres est à oublier. Le son comme la qualité de la prestation sont d’un bien faible niveau. Inversement, « Broken Heroes » et « Gonna Shout » issus de la face b du single « I Can’t Wait Anymore » et joués à Madrid, procureront de meilleures sensations live à l’auditeur.

Bien mieux en comparaison de l‘album de 1986, « Rock the Nations », la formation s’est néanmoins détournée de sa base de fans. Les irréductibles accros au heavy metal ne comprennent plus ce qui est arrivé à leur groupe fétiche. Du hard fm de la part des eagles du heavy metal. Baaah! « Destiny » sera pour beaucoup d’entres eux, le pire album de « Saxon ». On est alors loin des grandes années de la formation. En 1988, on craignait alors de voir disparaître la NWOBHM.

13/20

31 Commentaires

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ZazPanzer - 12 Juin 2011: Perso, je préfère largement Innocence même si ce n'est plus du "vrai" Saxon.
Elevator - 12 Juin 2011: Je suis d'accord avec Zaz (ça arrive parfois ...).
holocaust_in_my_head - 25 Octobre 2013: Personnellement j'adore ce "destiny", mais c'est vrai que ça ne correspond pas à du pur Saxon, ils auraient peut être du le sortir sous un autre nom, un peu comme Accept avec son "eat the heat" que j'adore tout autant.
samolice - 20 Septembre 2015: Merci pour la chro. A mon goût, l'album n'est pas bien mieux que "Rock the Nations", il est même en dessous. Celui du groupe que j'apprécie et écoute le moins souvent. Perso, c'est avec "Forever Free" que je me suis remis à prendre beaucoup de plaisir à entendre Saxon. Un album un peu fourre-tout mais qui me plait vraiment.
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