Turbo

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Nom du groupe Judas Priest
Nom de l'album Turbo
Type Album
Date de parution 14 Avril 1986
Style MusicalHeavy Speed
Membres possèdant cet album649

Tracklist

Re-Issue in 2017 by Sony Music
1.
 Turbo Lover
 05:32
2.
 Locked In
 04:19
3.
 Private Property
 04:29
4.
 Parental Guidance
 03:26
5.
 Rock You All Around the World
 03:38
6.
 Out in the Cold
 06:27
7.
 Wild Nights, Hot and Crazy Days
 04:39
8.
 Hot for Love
 04:11
9.
 Reckless
 04:20

Durée totale : 41:01


Chronique @ BEERGRINDER

10 Juin 2008
Episode XI : Le Priest opportuniste ?

Judas Priest avait fait très fort avec leur précédente réalisation Defender Of The Faith (1984), mais le mouvement Thrash Metal a désormais fait une percée et le Heavy Metal traditionnel n’est plus seul à avoir les faveurs du public. Hell Awaits, Ride The Lightning ont montré une musique largement plus violente et rapide que celle du divin chauve et de sa bande.

Les anglais, réalisant qu’ils ne pouvaient rivaliser avec des formations comme Metallica et Slayer sur leur propre terrain, décidèrent de changer de tactique et de prendre le train du Glam en marche sur ce Turbo (1986). Cela se ressent sur la pochette moins agressive qu’à l’accoutumé, une main de femme tenant………mais non ! Tenant un levier de vitesse bande de vicieux ! Les teints rouge vif annoncent la couleur si je puis dire, même à l’intérieur les bonhommes ont modifié quelque peu leurs tenues vestimentaires en les adaptant au contexte : cuir gris-bleu pour Rob, veste avec guirlande jaune de noël pour Dave Holland, débardeur en cuir pour Ian Hill,…. Ces messieurs se sont mis à la mode colorées(j’ignore si ils sont habillés par Christian Lacroix ou Jean-Paul Gauthier).

En tout cas musicalement aussi Turbo marque un tournant, les 5 de Birmingham ont abandonné le Heavy Metal flamboyant et entraînant de Screaming for Vengeance et Defender Of The Faith pour un Heavy / Rock / Glam plus posé et expérimental. En effet Turbo Lover surprend d’entrée avec des sonorités électroniques et des guitares beaucoup plus en retrait, le chant de Rob se fait plus discret et même susurrant (doublé sur certaines parties par une voix robotique) : y a t-il un truc que ce type est incapable de chanter ? Je crois que non. Une fois l’effet de surprise passé le morceau est de qualité, à part les synthés complètement niais au milieu du morceau et le solo simpliste et réduit à la portion congrue, chose une fois de plus inhabituelle. Heureusement sur Locked in on retrouve le chant puissant et caractéristique de Halford ainsi que les guitares incisives et la bataille de soli épique qui va bien, cependant les guitares sont un peu trop en retrait, atténuant la puissance des riffs, chose malheureusement volontaire…

Un des gros points forts de cet opus est la production, le son est puissant et clair comme jamais il ne l’a été auparavant et on regrette que le Priest n’en ai pas profité pour faire entendre un peu les guitares, trop souvent noyées derrière des samples comme sur Private Property truffé également de chœurs, donnant un peu une impression de surcharge.
Parental Guidance, le single de l’album est plus accrocheur et épuré avec en particulier un refrain imparable dont seul le Priest a le secret.
Mais ce Turbo est un peu trop monocorde et malgré des Rock You All Over The World ou Wild Nights, Hot & Crazy Days (vaste programme !) se concentrant sur les instruments primordiaux et qui délivrent des rythmiques et des mélodies plutôt catchy, on attend désespérément une ou deux chansons qui élèvent un peu le niveau mais elle ne viendront jamais. De plus les tempos sont cantonnés dans le mid voire dans le lent et on ne voit toujours venir aucun Exciter ou Freewheel Burning pour secouer tout ça.

Non la balade Out In The Cold n’est pas soporifique même si elle est à des années-lumières de Beyond The Realm Of Death, non les passages Electro / Rock de Hot For Love ne sont pas mauvais quoi qu’un peu bateaux, mais force est de constater que les morceaux de Turbo ne déclenchent pas la même folie chez les fans. Ils nous refont donc le coup de l’album plus calme comme sur Point of Entry mais cette fois avec beaucoup de travail derrière et le résultat s’en ressent.

En faisant le bilan on s’aperçoit que la plupart des titres sont tout à fait corrects mais qu’il émane de l’écoute générale de Turbo une sorte de platitude due à l’uniformité des titres. On ne va pas non plus les blâmer d’avoir tenter quelques expérimentations sur leur 10ième album au bout de 15 ans de carrière, mais ce revirement sent quand même un peu l’opportunisme. D’un autre côté sortir un Screaming Of Vengeance n°3 (le deuxième étant Defender Of The Faith) avec la certitude que cela plairait aux fans aurait aussi pu passer pour de l’opportunisme. Je laisse donc l’auditeur se faire sa propre idée là-dessus même si évidemment j’ai aussi la mienne.

K.K. Downing et ses comparses, vont-ils progressivement s’éloigner du Heavy Metal et se prendre pour des Rock Stars en annonçant régulièrement pendant 20 ans la sortie prochaine de leur nouvel album Chinese Democracy ? Vous le saurez en suivant le prochain épisode de Benny Hill et les Hill’s Angels…………………... Et ben quoi ? C’est bien anglais aussi.
To Be Continued…

BG

11 Commentaires

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Bertrand50120 - 08 Avril 2010: On peut effectivement un peu regretter le côté "surcharge" de la production mais il reste qu'à la base les morceaux, comme sont très bons comme "Locked in" et "Turbo lover" ou carrément grandioses comme l'ouverture de "Out in the cold".
sargeist - 01 Juillet 2011: Je sais pas si c'est l'âge, mais j'apprécie de plus en plus cet album. Il y a quelques années, j'aurais crié à la trahison, mais cet album est agréable. Ces guitares synths, ces sons bizarres, c'est carrément daté, mais ca le fait. "Turbo" ne contient certe pas de très grands titres, mais chacun a son petit côté accrocheur. Je trouve que "Out In The Cold" traine un peu en longueur, mais des chansons comme "Turbo Lover", "Locked In" sont très bonnes. J'aime beaucoup aussi les deux dernières. Le reste est parfois bien festif, suffisament varié. En somme, avec le temps, je trouve que c'est un bon petit disque, pas prétentieux, certes très ancré dans son époque, mais pas négligeable. Je l'écoute plus volontiers que les deux albums à moitié remplis qui l'entoure.
Lamikawet - 02 Juillet 2011: Personnellement, je n'ai jamais accroché à cet album, je le trouve trop propre et les compositions ne sont pas transcendantes.
On parle du Priest, quand même !
samolice - 22 Fevrier 2012: Pour paraphraser Sargeist, je sais pas si c'est l'âge, mais j'apprécie de moins en moins cet album.

Pas assez de guitares pour du Judas Priest, beaucoup de titres passables et une production pas si bonne que ça.
Et "Parental guidance" est à mon goût une véritable erreur.
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Chronique @ Eternalis

06 Avril 2009
Écouter Judas Priest est aujourd’hui l’égal d’une écoute d’un fragment d’histoire, de ce sentiment unique de vivre un moment fort de la musique au sens large du terme, de ressentir la jouissance de comprendre ce qui jadis a révolutionner, d’une manière ou d’une autre, le monde du heavy metal (dans le cas présent).
A l’égal d’Iron Maiden, Metallica, Morbid Angel et autres mastodontes métalliques, Judas Priest est l’un de ses groupes sans qui bien des choses seraient différentes aujourd’hui.

Sans jamais chercher à s’empêcher quelconque expérimentation musicale, le Priest sortira en cette année 1986 un "Turbo" qui désarmera plus d’un fan, empruntant une voie similaire à "Somewhere In Time", Maiden de la même année, c'est-à-dire l’intégration massive de synthétiseurs dans leur musique. Il fut d’ailleurs plutôt mal accueilli de clarifier une expression musicale qui combattait alors avec force l’invasion farouche et sauvage d’un thrash métal se préparant à tout dévaster sur son passage.
Mais force est d’admettre qu’en osant sortir des sentiers battus, ces groupes ont réussi à créer des albums marquants, modernes pour l’époque et ayant la particularité d’avoir à peine vieillis à l’heure d’aujourd’hui.

Faisant suite à des "Screaming for Vengeance" et "Defenders of the Faith" furieux, heavy (tout en restant très mélodique dans les solos, "The Hellion" pour ne citer que lui !), "Turbo", mis en scène avec une pochette tout aussi laide que celle de ces prédécesseurs (avec une touche glam très prononcée cette fois), surprendra par une profondeur d’interprétation que ne possédait peut-être pas ses prédécesseurs, une profondeur coutant en revanche une efficacité première quelque peu écartée.
Car si Judas Priest a la particularité d’être aussi accessible qu’il n’est puissant, Turbo s’affiche comme un ovni ne possédant ni l’une ni l’autre de ces distinctions. Mais est-ce pour cela qu’il affiche une médiocrité d’écriture ? Non, très loin de là.

S’ouvrant sur un morceau ("Turbo Lover") prenant la forme d’une ballade ( ?), armé de claviers à foison et d’une batterie étonnamment synthétique, le chant de Rob Halford se fait susurré dès le départ, loin des agressions habituelles, comme une invitation à plus de musicalité. Un riff simple et rock se greffe sur une rythmique entièrement cybernétique mais passionnante, usant d’effets provocants des allers-retours semblant être temporels (très science-fiction dans l’esprit). Le metal God fera doucement monter la sauce, tandis que l’on sent une pression nous envahir petit à petit jusqu’au refrain, calme mais terriblement hymnique et se scotchant dans le crâne avec une facilité déconcertante.
Un solo minimaliste se posera comme une offrande sur un pont ingénieux avant de voir repartir un refrain trop rarement entendu des concerts.

Peut-on dès lors évoquer le terme d’album expérimental ?

Pas complètement. Il faut garder à l’idée que Judas Priest a simplement transfiguré son art sans totalement le modifier dans ses fondements.
Ainsi, le terrible "Locked in", toujours accompagné de synthés futuristes (et un peu niais mais si charmant !), au refrain imparable, emplis de chœurs et inoubliable, où le retour du chant hurlé suraigu d’Halford se fait entendre. Les guitares et les synthés se partagent un mix très équitable, sans qu’à aucun moment l’un ne prenne réellement le pas sur l’autre, mis à part lors de l’inévitable solo, très blues dans son entame et paradoxalement moderne et mélodique dans sa finalité.
On ressent véritablement la sensation qu’avait la paire Tipton / Downing à vouloir sortir du carcan du heavy traditionnel dans lequel il commençait doucement à s’enfermer et à répéter ses propres schémas.

Forcément plus calme et difficile d’accès pour le metalleux avide de double pédale et de riffs hurlant, il était en revanche un parfait ticket pour introduire un individu inconnu de toute violence métallique.
Que ce soit l’entêtant "Private Property" (toujours navrant textuellement mais que voulez-vous ?) au refrain une nouvelle fois scandé par un Rob doublé par des chœurs robotiques, l’ultra moderne "Hot For Love" et son intro « dance » ou le très catchy "Rock You All Over The World", cet album regorge d’une nouveauté ayant toujours effrayée les fans du Priest et de heavy en général.

Il est d’ailleurs amusant d’analyser que le single de cet opus, "Parental Guidance", pur et heavy comme le faisait si bien les britanniques sur ses autres albums, parait ici anachronique et complètement décalé du reste, et, oserais-je dire, inintéressant.
Restera ce magnifique final orchestré par un "Reckless" magique, peu connu mais évocateur d’un génie sans précédent. Mid tempo, lourd mais néanmoins très mélodique (ce solo d’ouverture splendide), Halford se fait impérial, laissant apparaitre une grande sensibilité tandis que Dave Holland frappe sa caisse claire de manière aussi simple qu’efficace. Et ce refrain, se dilatant dans le temps mais s’encrant dans notre esprit pour une durée indéterminée et infinie.
Dire que "Reckless" symbolise la symbiose parfaite entre le Priest heavy et le Priest moderne serait un amalgame séduisant et proche de la vérité.

Au final, un album malheureusement perdu dans les abimes du temps, sans doute à cause d’une expression trop fine pour un auditoire manquant encore de discernement. Mais ne manquons pas d’espérer que les années passant, les jeunes fans ne manqueront pas d’écouter ce "Turbo" qui, dans son coin, offrit une seconde jeunesse à un groupe se préparant alors à sortir ses albums les plus marquants, entrant définitivement dans une histoire qu’il s’était eux-mêmes forgée.

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ZazPanzer - 09 Janvier 2010: Eternalis dit "Le priest est à l'agonie aujourd'hui scéniquement" : COMPLETEMENT D'ACCORD !!! Je ne sais pas si tu étais au Zénith en avril dernier, mais j'en étais malade. Rob persiste à vouloir chanter ses morceaux en mi ou mi bémol, et n'y arrive absolument plus, il fait de la peine à voir. Ils feraient bien d'accorder leurs guitares plus bas comme à l'époque Ripper, ça laisserait à Rob un peu de liberté, parce qu'il est au taquet en permanence. Le jeu scénique est merdique : pendant tout le concert, il a mimé le Metalian et ses gestes saccadés, y'en avait marre au bout de 20 min. Bref, c'était la 1ère fois que je voyais Priest, et malheureusement la dernière. Heureusement, le show de Megadeth était énorme, et j'ai raté Testament, mais apparemment c'était excellent aussi.. Et dire que la presse a encensé le concert de Priest, je comprends pas. Tout pareil pour Kiss au POPB.
 
Bertrand50120 - 09 Avril 2010: A Darklau: A l'époque, les dates de Scorpions aux Etats-Unis étaient phénoménales mais simplement le public américain est plus "large" que le public européen. Là où il peut y avoir 95% en Europe de métalleux fans du groupe dans un concert, le chiffre peut descendre à 60% aux States, le reste étant alors un public plus généraliste. Pour autant, je ne crois pas non plus au protectionnisme au niveau musical mais une valorisation de ses groupes nationaux, oui, c'est très logique. D'ailleurs, en France...
pielafo - 01 Mai 2010: un album beaucoup trop incompris. mal aime. Tous les gens avec qui j'ai eu une conversation a propos de Judas Priest mont tous dit que Turbo etait l'album le plus mauvais du priest. Meme la merde qu'est Demolition est meilleure selon eux snif. Cet album est mon prefere de Judas Priest ( et je les ai tous ecoutes pourtant) pour deux raisons:

-la premiere etant que c'est l'album qui m'a fait decouvrir Judas Priest.

-la deuxieme c'est que je sens que c'est une experience et un album un peu a part. je n'aurais pas aime en effet voir un troisieme Screming For Vengeance. par example Pantera eux aussi on eu leur periode glam mais cela ne les enpechent pas d'etre un tres grand groupe de metal.
Maiden37 - 24 Décembre 2010: Un album trop différent que je n'écoute pratiquement plus jamais qui ne représente pas vraiment Priest mais qui est bcp supérieur a Point of entry
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