Through the Ashes of Empires

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Machine Head (USA)
Nom de l'album Through the Ashes of Empires
Type Album
Date de parution 20 Avril 2004
Style MusicalThrash Technique
Membres possèdant cet album624

Tracklist

DISC 1
1.
 Imperium
 06:41
2.
 Bite the Bullet
 03:21
3.
 Left Unfinished
 05:32
4.
 Elegy
 03:55
5.
 In the Presence of My Enemies
 07:05
6.
 Days Turn Blue to Gray
 05:22
7.
 Vim
 05:11
8.
 Seasons Wither
 06:14
9.
 All Falls Down
 04:28
10.
 Wipe the Tears
 03:50
11.
 Descend the Shades of Night
 07:44

Durée totale : 59:23



DISC 2
1.
 Bite the Bullet (Demo Version)
 03:51
2.
 Left Unfinished (Demo Version)
 04:29
3.
 Elegy (Demo Version)
 03:47
4.
 All Falls Down (Demo Version)
 04:29
5.
 Descend the Shades of Night (Demo Version)
 03:53

Durée totale : 20:29


Chronique @ Eternalis

13 Mars 2009
A travers le temps et les années, Machine Head est devenu l’égal d’une institution dans le domaine du power thrash.
Lors de cette année 1994, relativement importante pour le metal car ayant vu l’arrivée de Korn (qui, malgré la médiocrité de sa musique et de sa carrière, fut très importante pour la renaissance du style auprès des plus jeunes), allait sortir un disque qui allait marquer au fer rouge le monde underground de la scène américaine et urbaine, j’ai bien sur nommé le cultissime "Burn My Eyes".

Mais des années de vaches maigres ainsi qu’une orientation musicale pas toujours frappée du dieu du bon gout lui auront fait perdre le statut de leader que les américains avaient acquis à la sortie de "No More Things Changes". Et même si "The Burning Red" comporte quelques morceaux très intéressants ("From This Day", "Desire to Fire"), sa trop grande inégalité est très loin de faire de lui un album important de la carrière du groupe. Quand à Supercharger, les virulentes critiques qui accompagnèrent sa publication furent les meilleures réponses d’un public déçu de voir tant de talent partir en fumée.
C’est donc contre toute attente que ce cinquième album "Through The Ashes Of Empire" aura collé une bonne claque dans la gueule à une horde de fans ayant sans doute enterrée un peu trop tôt la bande à Rob Flynn.

Les innovations ? Très peu dans le fond mais une inspiration retrouvée dans la forme, un son d’une épaisseur jamais vu pour le groupe, un vocaliste plus hargneux qu’à ses débuts encore, un nouveau guitariste en la personne du virtuose Phil Demmel qui, s’il ne prend pas encore beaucoup de place sur cet opus, marque déjà de son empreinte certains titres dont le génial "In The Presence Of My Enemies" de ses solos encore très peu exploités avant son arrivée.
Le bulldozer formé par Adam Duce à la basse et Dave Mc Clain à la batterie au poste de section rythmique est rodée de chez rodée, et nous assène de plans aussi alambiqués que très efficaces et de nouveau taillés pour le live (les morceaux des deux précédents albums étant plutôt faiblards en concert). Il n’y a qu’à écouter "Imperium" pour s’en convaincre, le morceau m’ayant personnellement fait connaître le groupe.
Le riff incroyablement épais d’ouverture, ce beat de batterie, cette montée en puissance autant progressive que destructrices sur laquelle vient se greffer de plus en plus d’éléments, jusqu’à l’arrivée de ce riff vicieux et puissant et surtout de ce hurlement de Rob qui nous fait bien comprendre que l’on va passer un grand moment.
Les nombreux sonars sont enfin de retours, la production surpuissante nous colle au mur tandis que les descentes de tomes s’enchaine à une vitesse folle. Mais c’est également la performance de Rob qui surprend car, en plus d’avoir transfiguré son chant hurlé (bien plus gras et agressif !), ses parties mélodiques sont enfin chantées, et non plus simplement murmurées, un chant juste qui trouvera sa forme définitive sur un morceau comme "Now I Lay Thee Down" de "The Blackening".

Mais "Through The Ashes Of Empire" déploiera également des atmosphères plus fusion, héritage de "The Burning Red", notamment le fantastique "Left Unfinished", aux allures que n’aurait pas renié un Incubus dopé aux amphétamines (particulièrement du côté des arpèges de grattes sifflantes) et aux vocalises sans doute un peu plus rappée, mais tellement emplie de feeling et de rage.
Une rage qui deviendra noirceur sur le très sombre et beau "Days Turn Blue to Gray" (le clip filmé pour cette chanson est simplement superbe et poingnant) traitant de l’enfance même du leader de Machine Head.
Une mélancolique ligne de basse ouvre le bal avant de voir s’effondrer sur l’auditeur un riff aussi épais qu’écrasant. Mais la teinte de ce titre sera résolument désespéré et mélancolique, Rob n’ayant jamais fait passé autant d’émotions à travers sa voix. Une mélodie lympide viendra couper le morceau en deux, puis le chant clair superbe de Rob se posera sur une atmosphère à la fois nostalgique et triste, même si la rage n’est jamais loin, comme le prouve cette attaque vicieuse de Dave à la fin de la chanson, déboulant sans que l’on s’y attende.

Mais malgré la qualité de ceci, l’album ne peut pas encore se targuer de tenir sur toute la longueur, certains titres paraissant anecdotiques face à ceux susnommés. Le très inspiré par Pantera "Vim", le fade "Wipe The Tears" ratant ici son incursion neo ou l’inégal "Elegy", sorte de fouillis de riffs sans cohérence donnant un titre agressif mais sans âme.
Mais le final "Descend The Shades of Night", premier de la série des longs titres, termine l’album sur une note épique et très progressive, particulièrement impressionnante en live. De son intro acoustique découlera une succession d’accélérations et surtout un Rob hurlant comme un damné, comme rarement le thrash l’a fait ses dernières années.

Marquant à la fois le retour au premier plan de Machine Head et l’arrivée du guitariste qui allait enfin permettre au groupe d’aller plus loin dans l’élaboration de leur morceaux, "Through The Ashes Of Empire" reste, malgré quelques maladresses, un de ses albums que l’on écoutera avec plaisir. Un très bon disque, à défaut d’être génial, mais qui permettra à tout bon fan de métal au sens stricte du terme, de se déplacer les cervicales. Et on connaît la suite…

10 Commentaires

4 J'aime

Partager

albundy57 - 07 Octobre 2011: Franchement, on m'en avait fait tout un foin de cet opus à l'époque, en m'affirmant que le grand MH était de retour...
Au final cet album se révèle assez chiant dans l'ensemble!
jeffff - 08 Octobre 2011: l'album qui m'a fait revenir a Machine head, d'accord avec cette chro et notamment sur la voix, bref un très bon disque selon moi et un plus que très grand groupe live
 
Demaquilator - 15 Octobre 2011: Encore un très grand album, en effet le 2e et dernier de MH . Le reste est du rechauffé . Ce qui compte , c'est "Burn My Eyes" 1994 et , dix ans après, "Through the Ashes of Empires", avec cette magnifique "Descend the Shades of Night", on a dansé comme dans des sardines dans ce Bercy gonflé a bloc, do you remember me, duchesse AngelOf Death? ... . Dix ans en arrière, dans un Zenit parisien gonflé pour Slayer, ils ont été la grosse claque . Voila, sachez que j'aime bien MH, et que j'ai tous leurs cds en ordre . Pour que les choses soient claires. :)
witchfucker - 20 Mai 2017: Ah nostalgie! J'y étais dans ce zénith parisien bondé pour slayer. Moi aussi je posséde tous les MH, mais il y en a quelques un de dispensables. Celui-ci n'en fait pas parti, en tout cas.
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Chronique @ supercheche

26 Octobre 2008
Après 2 très bons albums en début de parcours, définissant l’ouverture d’un nouveau style jamais reproduit et adoré par de nombreux puristes du Thrash, suivi de 2 albums très mal reçu par son ancien public mais accordant plus de facilité d’accès à la toutes les classes de public métal bien que conservant certaines ressources inventées par MH, nos amis d’Oakland décide de concilier tout ce petit monde en sortant un combiné, une fusion. Oserai-je dire parfaite ? J’ose…
Suite à un départ fulgurant en 1994 avec Burn My Eyes, MH s’impose auprès des critiques du monde entier comme un inventeur d’un nouveau style, le New Wave Of American Thrash Metal. Ovationné et connu de tous les amateurs de Métal et Rock de l’époque, les MH font vibrer les harmoniques et enchainent les roulements de toms sur les scènes du monde. Ils décident de relancer la bête en 1997 avec The More Things Change…, toujours dans le même esprit mais avec un nouveau batteur : Dave McClain remplace alors Chris Kontos. Probablement attiré par le côté business de leur succès, les MH s’investissent alors dans 2 albums très critiqués et rabaissés car ayant troqués leur puissance et profondeur pour l’accessibilité à un public plus large. Peut-être ont-ils eu conscience de leur erreur, car en cette année 2004, après le remplacement de Ahrue Luster par Phil Demmel (guitare lead), MH retourne le paysage du Métal avec un pur monstre du Thrash, conciliant puissance, férocité, sensation, engagement, musicalité, paroles hurlantes d’un appel à la révolution. En parlant de révolution, voilà la leur : Through the Ashes of Empires.

Mélodie profonde et rage contenue, les premières notes sensibles d’Imperium mettent en suspens la monumentale claque que l’on va se prendre lorsque les guitares saturées enverront la patate. Ca y-est. Et là ca fait mal. On retrouve dans les premières minutes de quoi agenouiller de nombreux auditeurs. Tout ce que MH fait de meilleur y-est : voix gueulée et chantée toujours mélodieuse, riffs guitares/basse sur-appuyés à la simple ou double croche, harmoniques des mancheux cinglantes et vibrantes, double pédale puissante et profonde.
2ème force de MH : toute cette énergie, pouvant être qualifiée à juste titre de « force de frappe » cache nombre de subtilités qui laisseront songeurs les musiciens de tout style. Les jonglages groovys de Mr.McClain alternant l’usage méthodique des toms dans les rythmes et l’usage mélodieux des cymbales est à l’affiche. Les effets vocaux sont multiples : doublages, harmonies, réverbes, et même (tout à fait sublime) la superposition de voix criées et chantées.
Après la première et violente claque d’Imperium, Bite The Bullet enchaîne sans laisser retomber la tension. On retrouve cette importance du découpage rythmique où le basse-batterie se retrouve doublé par les guitares ultra-précises. Toujours dans la même veine, Left Unfinished confirme la maîtrise des harmoniques et les rythmiques rappellent celles qui ont fait le bonheur de Burn My Eyes. Avec un refrain mélodique mais sans être pompeux pour le moindre du monde, la dépendance au son MH commence à faire son effet…
Très grosse claque avec la mélodie au découpage rythmique tordu de Days Turn Blue to Gray. On tape encore brutalement du pied sur la rythmique principale sur-entrainante. C’est avec un pont maîtrisé reprenant le thème principal à la guitare accompagné d’une voix tout simplement incroyable que la pression monte, les émotions se succédant dans une surenchère de rage.
Venu Descent The Shades Of Night, il ne vous reste plus qu’à fermer les yeux et ressentir. Magnifique et puissante, tout le talent mélodique est ressenti dans ce calme qui la caractérise. On appréciera le solo qui viendra relever encore plus haut le niveau de sensation. En effet MH se permet sur cet album quelque solos flamboyants venant endurcir le rendu final avec brio.

Au cœur d’un conflit entre les vieux de la vieille de Burn My Eyes et les nouveaux auditeurs victimes du « Métal Business » (et oui, bien que discret il existe) de la même manière qu’on est victime d’un blockbuster américain, MH concilie tout le monde en pondant un opus accessible tout en conservant ce qui à fait la rage de leur début, associé à un gros son et à des musiciens de talents. Agissant en véritable usine à riff, tous plus titanesques les uns que les autres, MH renouvelle son style imposé des années auparavant tout en peaufinant sa brutalité comme sa musicalité au service de la plus puissante des écoutes : l’émotion.


Titanesque. Oui c’est ca le bon mot. Titanesque…



3 Commentaires

2 J'aime

Partager
metalmat66 - 27 Octobre 2008: Ah, on sent le musicien derrière la chronique ! peut-être un poil trop technique d'ailleurs, mais ton enthousiasme fait plaisir. Au fait, par pitié, "thrash", avec un H comme tHrash ;)
BEERGRINDER - 27 Octobre 2008: Machine Head avait surfé sur la vague de l'immense succès de Far Beyond Driven de Pantera pour sortir Burn My Eyes, un énorme disque Power / Thrash au son d'une puissance jamais vu jusque là, grâce au son de Colin Richardson, mais aussi de compos ultra percutantes de la paire Mader / Flynn et un Chris Kontos d'une dextérité impressionnante derrière les fus.

Dès le deuxième ça à commençé à merder avec un mixage plus que douteux et des titres moins inspirés.

Sur les deux suivants ne sont que des erzatz de Thrash mou et influencé un maximum par le néo Metal qui cartonnait à l'époque.

Though The Ashes Of Empire est comme tu le soulignes, un retour en force de Machine Head avec un album efficace ou l'on retrouve le Machine Head puissant.

Cependant une note de 20/20 me paraît largement exagéré...
barback - 27 Octobre 2008: Bizarre, je considère le retour de MH vers un son plus Thrash avec leur dernier.Perso à part Burm My Eyes et The Blackening le reste me gonfle méchant, et 20/20 peut paraître effectivement exagéré...
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Commentaire @ Hard-As-A-Rock

13 Mars 2009
2003 : Machine Head nous revient avec nouveau line-up (Phil Demmel, nouvel arrivant au poste de guitariste et ex VIOLENCE) pour un nouvel album : Through the ashes of Empire. Sur ce disque, Machine Head n'a pas retrouvé ses racines mais a projeté plus loin les acquis de la période de Burn My Eyes, servi par le mixage clair, actuel, clinquant et puissant de Colin Richardson. Le son se veut plus ouvert, notamment au niveau des atmosphères, et de la rencontre entre l'énergie des guitares, la puissance rythmique de l'ensemble et une voix plus franchement mélodique, Rob Flynn y met du sien (bien que ses soufflements et ses cris, limites bestiaux, sont toujours aussi enthousiasmants). A trois reprises, Machine Head s'aventure vers des schémas musicaux qui flirtent les sept-huit minutes, et s'en tire bien. Le travail des guitares lead donne fréquemment de l'aération à une musique très typée Trash et Heavy et oui je dis bien Heavy. De tous les derniers disques régurgités par le quatuor, c'est celui-ci qui paraît le plus inventif, le plus carré, le plus Metal. Par moments, cette machine est brutale comme un marteau piqueur qui te martèle le cerveau mais sens jamais donner de maux de tête. Les ambiances sont très différentes d'un morceau a l'autre de "Days Turn Blue to Gray" avec une rythmique n'en finissant plus d'accélérer, ou "Descend the shade of night", étouffant et émouvant à la fois. En passant par "vim" et "Bite the bullet" aux riffs si efficaces ou encore un "Imperium" qui d'entrée replace la bande à Mr Flynn sur son trône passé... Finalement, tout cela mérite bien d'être nommé CHEF D'OEUVRE !
Alex

0 Commentaire

0 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire